Le parti de la justice et du développement, PJD (, ) est un parti politique marocain conservateur de droite, d'idéologie islamiste., fondé en 1967 par Abdelkrim El Khatib. Il est dirigé par Abdelilah Benkirane depuis 2021..

Le parti se définit par son attachement aux valeurs traditionnelles ainsi qu'à l'identité arabo-musulmane du Maroc, et met l'accent sur la moralisation de la vie publique.

Histoire Création La création du parti remonte aux années 1960 quand le docteur Abdelkrim El Khatib proche du palais et un des fondateurs politique de l'Armée de libération nationale, s'oppose à la déclaration de l'état d'exception et annonce la constitution du Mouvement populaire démocratique et constitutionnel en . Le parti demeure néanmoins initialement une coquille vide, sans véritable activité politique.

En , à l'instigation du ministre de l'Intérieur Driss Basri, le parti s'ouvre à des membres du Mouvement Unité et Réforme (MUR), regroupant notamment des ex-membres ayant renoncé à la violence de la Chabiba Islamiya, un mouvement islamiste violent des années 1960 et 1970. Cette approche offrait l'avantage de donner au MUR une façade politique légale, tout en évitant pour l'État, le précédent de la création d'un parti islamiste ex nihilo. L'État s'assurait en outre l'ancrage du parti au sein du Makhzen, du fait de la proximité du fondateur du parti Abdelkrim El Khatib avec le palais royal. Il faut rappeler que ce fut ce même Abdelkrim El Khatib qui milita pour que la notion d'Amir Al Mouminine (Commandeur des croyants) qui fait du roi le chef religieux soit inscrite dans la première constitution marocaine.

Idéologie Le PJD est considéré au Maroc comme conservateur et islamiste.

Ses critiques lui reprochent d'être un parti fondamentaliste, bien que le PJD s'en défende et se revendique attaché aux valeurs traditionnelles et légaliste.

Connu pour son opposition à l'occidentalisation des mœurs marocaines, le PJD qualifie en 2016 de «gauchisants» ceux qui importent au Maroc des idées et des pratiques politiques .

Son objectif est . Il fait de la lutte contre l'économie de rente et la corruption son slogan de campagne Lahcen Daoudi, interviewé par Zineb Gaouane et Madeleine Elie, Analyse et perspective d’un parti islamique au Maroc sur institut-gouvernance.org, .. Le PJD voit l'islam comme l'unique alternative au libéralisme.

Le PJD a adopté un ton beaucoup moins véhément après les attentats de Casablanca du 16 mai 2003, perpétrés par la mouvance terroriste. Inquiet d'une possible interdiction, le parti fait le ménage en interne et alors à se construire une image de respectabilité. Le PJD se considère comme inspiré du parti islamiste AKP au pouvoir depuis 2002 en Turquie.

Appuyé par d'autres conservateurs, le PJD a demandé en 2011 au Palais et la Commission Mennouni que la liberté de conscience soit supprimée de la nouvelle constitution marocaine de 2011.

Son aile idéologique, le MUR (Mouvement Unicité et réforme) avec qui les responsables du PJD entretiennent des relations croisées, prône un islam rigoriste en pratiquant la da'awa via son quotidien de presse Attajdid, et accueille les tribunes des membres du PJD lorsque l'idéologie qu'ils défendent n'est pas conforme à la ligne officielle du parti visant à la respectabilitéOmar Dahbi, Le jeu caché du MUR et du PJD, ..

Organisation Le PJD est considéré comme l'une des formations politiques les mieux organisées du MarocGouvernement: Comment le PJD choisit ses ministres, l’Économiste..

Le parti dispose d'une importante politique de communication sur internet et est extrêmement présent sur les réseaux sociaux comme Facebook et YouTubeLa politique découvre timidement le marketing digital - Médias 24..

Selon une étude de la radio néerlandaise, le PJD est de très loin le premier parti politique au Maroc sur internet..

Législatives de 1997 Aux élections législatives de 1997, il décroche neuf sièges malgré les fraudes qui les ont caractérisées. Le parti décline la proposition de participer au gouvernement d'alternance et opte pour le soutien critique. En 1998, le parti changea son nom et devient « Parti de la justice et du développement ». À la suite du non-respect par le gouvernement de ses engagements, le parti passe du soutien critique à l'opposition. En 2001, le parti présente un « mémorandum pour des élections transparentes et saines » comportant ses propositions sur les conditions politiques et légales pour organiser des élections crédibles. Après les élections législatives de 2002, le parti devient le premier parti d'opposition (). En 2004, le parti organise son cinquième congrès national et fait élire le docteur Saad Dine El Otmani au poste de secrétaire général.

Législatives de 2007 Lors des élections législatives de 2007, le parti arrive en avec , mais préfère rester dans l'opposition. En 2008, le parti organise son sixième congrès national et fait élire Abdel-Ilah Benkiran au poste de secrétaire général, il a obtenu sur les . vignette|Les leaders du PJD fêtent leur victoire aux élections législatives de 2011, au Maroc.

Victoire de 2011 À la suite du printemps arabe de 2011, le parti islamiste sort vainqueur du scrutin législatif de novembre 2011, en obtenant sur les 395 constituant la chambre basse marocaine. Le , le secrétaire général du PJD, Abdel-Ilah Benkiran, est nommé chef du gouvernement par le roi , donnant ainsi droit au parti de constituer le nouveau gouvernement.

Élections communales de 2015 Lors des élections communales de 2015, le PJD arrive deuxième en nombre d'élus derrière le PAM. Néanmoins, il enregistre une très forte percée en milieu urbain en obtenant ainsi une majorité dans les villes de Rabat, Casablanca, Salé, Agadir, Tanger, Kenitra, Marrakech, Fès et Meknès.

Élections législatives de 2016 Pour les élections législatives marocaines du , après un scandale sexuel touchant deux membres du MUR et l'ayant éclaboussé, le PJD nomme un salafiste très controversé comme tête de liste dans la circonscription de Marrakech-Gueliz, Hammad El Kabbaj..

Élections législatives de 2021 Les élections législatives marocaines du sont un désastre pour le PJD, qui passe du premier parti du Maroc au , perdant 90 % de ses sièges de députés..

Le PJD avait notamment déçu une partie de ses sympathisants en signant, en , l’accord tripartite relatif à la normalisation des relations avec Israël, puis en validant le projet de loi légalisant l’usage thérapeutique du cannabis. Après les élections, plusieurs dirigeants du parti démissionnent de leurs responsabilités et des tensions internes conduisent à la suspension de trois députés..

En , le parti fait volte-face en se déclarant opposé à la normalisation entre les deux pays et accuse la diplomatie marocaine de ..

Résultats électoraux Élections législatives AnnéeVoix%RangSiègesStatut19974,1 Opposition200212,92 Opposition200710,9 Opposition201127,08 Coalition (Benkiran et Benkiran )201631,65 Coalition (El Othmani I, II)20214,30 Opposition20267,20

Élections régionales AnnéeVoix%RangSièges201525,66 %

Élections communales AnnéeVoix%RangSièges20095,5 %201515,94 %

Représentation au sein du gouvernement marocain

Gouvernement El Otmani I +MinistrePortefeuile  Saad Dine El OtmaniChef de gouvernement  El Mostafa RamidMinistre d’État chargé des Droits de l’Homme  Abdelkader AmaraMinistre de l’Equipement, du Transport, de la Logistique et de l’Eau  Aziz RabbahMinistre de l’Énergie, des Mines et du Développement durable  Bassima HakkaouiMinistre de la Famille, de la Solidarité, de l’Égalité et du Développement social  Mohamed YatimMinistre de l’Emploi et de l’Insertion professionnelle  Lahcen DaoudiMinistre délégué auprès du chef du gouvernement chargé des Affaires générales et à la Gouvernance  Mustapha El KhalfiMinistre délégué auprès du chef du gouvernement chargé des Relations avec le Parlement et la Société civile, Porte-parole du gouvernement  Mohamed Najib BoulifSecrétaire d'État auprès du ministre de l’Équipement, du Transport, de la Logistique et de l’Eau chargé du Transport  Jamila El MoussaliSecrétaire d'État auprès du ministre du Tourisme, du Transport aérien, de l’Artisanat et de l’Économie sociale chargée de l’Artisanat et de l’Économie sociale  Khalid SamadiSecrétaire d'État auprès du ministre de l’Éducation nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique  Nezha El OuafiSecrétaire d'État auprès du ministre de l’Énergie, des Mines et du Développement durable chargée du Développement durable

Gouvernement El Otmani II +MinistrePortefeuille  Saad Dine El OtmaniChef du Gouvernement  El Mostafa RamidMinistre d’État chargé des Droits de l’Homme  Abdelkader AmaraMinistre de l’Equipement, du Transport, de la Logistique et de l’Eau  Aziz RabbahMinistre de l’Énergie, des Mines et du Développement durable  Mohamed AmakrazMinistre de l’Emploi et de l’Insertion professionnelle  Jamila El MoussaliMinistre de la Solidarité, du Développement social, de l’Égalité et de la Famille  Nezha El OuafiMinistre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération africaine, et des Marocains résidant à l’étranger chargée des Marocains résidant à l’étranger et aux Affaires de la migration

Bibliographie

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Politique au Maroc Partis politiques marocains Abdelkrim El Khatib Islamisme

Liens externes

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