Le Parti socialiste unifié (PSU), anciennement Parti de la gauche socialiste unifiée, est un parti politique marocain de gauche socialiste. Fondé en 2005, il se réclame du socialisme démocratique.

Crée à la suite du regroupement de plusieurs composantes de la gauche démocratique marocaine, le parti défend la démocratisation de la vie politique, les libertés publiques, la justice sociale et l'égalité, et promeut les valeurs progressistes et de la modernité. Il milite notamment en faveur de l'évolution du système politique marocain vers une monarchie parlementaire..

Son secrétaire général est depuis , Jamal El Asri, succédant ainsi à l'universitaire Nabila Mounib..

Historique Les origines Les origines du PSU, comme beaucoup d'autres partis de la gauche marocaine, sont à chercher dans le Mouvement national, dont il se présente comme l'un des héritiers spirituels. L'un des ancêtres du Parti socialiste unifié, l'Organisation de l'action démocratique populaire (OADP), a été fondé par Mohamed Bensaid Aït Idder, résistant contre le protectorat franco-espagnol et opposant politique à la monarchie dès 1960.

Mohamed Bensaid Aït Idder était membre dirigeant de l'ALM Histoire. Abattre Hassan II — Oubliez Skhirat et le Boeing… Révélations sur 10 coups d’État manqués entre 1958 et 1983, Telquel. (Armée de libération nationale) dans le Maroc espagnol (zone nord) puis, après l'indépendance, se déplaça au sud du Maroc vers les confins sahariens.

L'ALM menait des opérations de guérilla contre les forces espagnoles et françaises, De 1955 à 1958, date de l'opération Écouvillon ayant détruit la structure de l'ALM dans les régions de M'hamid El Ghizlane et les environs des confins sahariensIgnace Dalle, Les Trois Rois, éd. FayardMehdi Bennouna, Héros sans gloire, éd. Paris-Méditerranée.

Mais si Bensaid Aït Idder représente l'aspect historique et l'héritage revendiqué de la résistance, d'autres ont aussi contribué à fonder l'histoire partisane. Ces militants, plus jeunes, sont les héritiers des mouvements marxistes-léninistes, maoïstes, nasséristes, trotskystes et bien d'autres factions d'extrême-gauchehttp://74.53.192.83/?artid=31075 qui se créèrent après le renvoi du gouvernement Abdallah Ibrahim (1958-1960) et à la suite d'une politique de plus en plus répressive à l'égard du Mouvement national, de la part du Palais: En 1960, le Parti communiste marocain est dissout, et en 1963, des résistants comme M Ait Idder ou Fqih Basri sont inculpés dans le cadre du « Complot de juillet 1963»

Après les émeutes du , de jeunes intellectuels d'extrême-gauche, las de l'attentisme de l'UNFP, font scission, grossissent de fait les rangs de l'UNEM, et fondent les organisations «Mouvement du 23 mars» et «Au service du peuple» ().

Aux côtés de leurs camarades d'Ila Al Amame (الى الامام), une scission étudiante et radicale de l'ex-Parti communiste marocain, ils tentent, le , lors du congrès de l'UNEM, de créer un mouvement de contestation structuré et organisé, à l'instar de Mai 68 en France. Ce congrès marque la rupture avec l'UNFP, qui contrôlait l'appareil étudiant Le mouvement marocain des droits de l'homme — Entre consensus national et engagement citoyen, Marguerite Rollinde, éditions Karthala, 2002, ; sur Google Livres..

Cette tentative de création d'un front de gauche radicale a rapidement échoué, essentiellement à cause de la répression policière qui s'abat sur les étudiants dans les universités, les écoles et les lycées, mais aussi à cause des nombreux désaccords entre les différentes factions. Les arrestations se multiplient entre 1972 et 1973, puis reprennent en 1977, détruisant les structures de ces groupuscules d'extrême-gaucheProcès du groupe Sarfati et du Mouvement 23 mars.

Vers une action politique légale : après 1983 En 1983, le retour d'exil de Mohamed Bensaid Aït Idder est une étape importante dans la création d'un des ancêtres du PSU: l'Organisation de l'action démocratique populaire.

Le début des années 1980 est marqué un ralentissement de la répression policière contre les mouvements gauchistes (qui ont été presque tous dispersés), et quelques militants souhaitent reprendre une activité politique mais cette fois-ci légale. On retrouve ainsi des militants de l'UNFP qui souhaitaient un engagement plus actif dans la scène politique, des détenus du «» libérés, des reconvertis d'Ilal Amam, et ont tous commencé à discuter de la mise en place d'un parti politique, reconnu par le pouvoir, mais qui garde un ton critique vis-à-vis de la monarchie:

Le , donc, un des ancêtres du PSU est né: l'OADP puisait dans un référentiel marxiste-léniniste, mais cherche aussi à se démarquer de son rôle de «séminariste de la gauche»Sehimi, 1984, en soutenant les listes de l'USFP lors des élections de , puis en présentant eux-mêmes des candidats en , date à laquelle M. Aït Idder réussit à décrocher un siège au ParlementLa Grande Encyclopédie du Maroc, .

L'OADP est considérée alors comme la «conscience de la gauche marocaine», c'est-à-dire, à l'époque, l'USFP et le PPS. N'ayant pas le poids pour négocier avec le pouvoir, l'OADP garde malgré tout un ton critique vis-à-vis de ses partenaires de la Koutla et du pouvoir. Il s'agissait surtout de créer une alternative crédible et une structure de base pour la démocratisation du Maroc. L'une des actions les plus médiatiques de l'OADP consistait en une intervention courageuse de Bensaîd Aït Idder en 1989, puis en 1991, qui interpellait l'ancien ministre de l'intérieur, Driss Basri et le ministre de la justice, sur le sort des détenus de Tazmamart, à une époque où la simple évocation de ce nom relevait du tabou le plus absolu.

La réforme constitutionnelle de 1996 thumb|right|200px|M. Ait Idder lots du congrès du PSU, 2007.

Malgré le résultat des élections de 1993 (où l'intervention du ministère de l'intérieur falsifie les résultats électorauxDéclaration de M. Boucetta à l'émission Canadienne Le Point, 1994), l'USFP, et la Koutla acceptent une nouvelle fois de se mettre à la table des négociations avec le souverain, Hassan II. En effet, la Koutla estime avoir des preuves qu'il y a eu « intervention de l'administration»M. Boucetta, Le Maroc de Hassan II, Le Point, 1994.

L'USFP, fatiguée par des années d'opposition, traversée par des courants contradictoires, bouleversée par la mort d'un chef mythique en la personne de Abderrahim Bouabid, assiste à un changement radical de sa politique vis-à-vis du pouvoir. l'USFP accepte comme les autres partis politiques, la proposition royale du référendum de 1996.

L'OADP a été la seule formation politique — avec l'UNFP — à refuser le référendum, en tout cas, à rejeter la nouvelle constitution dans la forme proposée, puisqu'elle signifie une reconnaissance institutionnalisée de la prééminence de la monarchie, une confirmation de ses pouvoirs déjà étendus, et surtout, un recul par rapport aux ouvertures de la réforme constitutionnelle de 1992.

Alors que la Koutla avait longtemps milité pour une assemblée constituante, étape préliminaire à la rédaction d'une constitution réellement démocratique, le référendum signait la défaite des partis du mouvement national, qui reconnaissant de fait la prééminence et la victoire de la monarchie et sa consécration en tant que force politique dominante.

L'OADP, qui est un petit parti, ne peut faire entendre sa voix pendant la campagne du référendum, qui est un plébiscite pour le «Oui» et, comme punition pour son opposition à la constitution royale, le ministre de l'intérieur de l'époque, Driss Basri, orchestra une scission qui aboutit à la création du PSD (Parti socialiste démocratique de Aïssa Oudghiri) dont les membres étaient plus enclins à suivre le consensus, et à participer à ce qui sera plus tard le gouvernement d'alternance. Le PSD se fondera dans l'USFP en 2006. L'OADP a subi un coup sévère, conjugué à la position devenue de plus en plus conciliante avec le pouvoir de la part de ses partenaires de la KoutlaPierre Vermeren, Histoire du Maroc après l'indépendance, La Découverte 2007.

Le renouveau : la gauche socialiste unifiée Vers la fin des années 1990 s'était constitué le G5, une sorte de d'alliance réunissant divers mouvements de gauche, parmi lesquels Annahj Addimocrati (ex Ilal Amam), ainsi que les quatre mouvements qui créeront plus tard la GSU. Puis, en 2002, Le projet d’unité de la gauche radicale des années 1970 commence à se concrétiser Politique : Un front de gauche est né, Telquel.

Au terme d’un congrès constitutif, organisé les 13,14 et à Casablanca, quatre composantes de l’extrême gauche marocaine ont fusionné en un seul parti, à savoir : L'OADP ; Les Démocrates indépendants ; Le Mouvement pour la démocratie ; Potentialités de gauche.

Ces quatre mouvements se sont fondus en une seule structure partisaneBaptisée la Gauche socialiste unifiée (GSU), la nouvelle formation politique, fruit d’un long processus unitaire engagé depuis deux ans, 'semble avoir un projet politique clair. La « déclaration politique », rendue publique à l’issue du congrès, met en effet, l’accent sur deux idées centrales: l’urgence de la réforme constitutionnelle et le primat de la question sociale.

Le document traite également d’autres questions déterminantes pour le devenir de la communauté nationale: la question du Sahara et la réhabilitation du patrimoine amazigh'..

Pour la première, la GSU, bien que milite pour une « gestion ouverte » du dossier (c'est-à-dire, ouverte à tous les citoyens), semble cautionner la solution politique (l'autonomie élargie) proposée par l’État marocain et reprise à leur compte par le secrétaire général de l’ONU et son envoyé spécial pour la région. Quant à la seconde, le document recommande « la reconnaissance constitutionnelle (de l’amazigh) en tant que langue nationale au côté de l’arabe et la sauvegarde des droits culturels et linguistiques de la composante amazighe ». Dans l’optique des dirigeants du nouveau parti, toutes les réformes économiques, sociales et culturelles indispensables au Maroc demeurent tributaires de « grandes réformes constitutionnelles et politiques ». (Le Reporter)Tel Quel.

À l'origine, la GSU avait comme logo 4 bougies, symbolisant les 4 mouvements fondateurs. En 2005, avec la fusion de la GSU et de l'association « Fidélité à la Démocratie » une seule bougie a été gardée. Le choix politique de la bougie est clair : la GSU affiche par là un lien très fort avec la culture ou les mouvements des droits de l'homme, au Maroc comme l'AMDH, ou au niveau international comme Amnesty International.

Lors des élections législatives du , le parti a obtenu trois sièges à la Chambre des représentants. À noter que la GSU boycotte les élections de la deuxième chambre, cette position faisant partie de la réforme constitutionnelle demandée.

En 2005, le PGSU et le parti « Fidélité et Démocratie » ont fusionné pour donner naissance au Parti socialiste unifié.

En 2007, il met en place avec le Parti de l'avant-garde démocratique et socialiste et le Congrès national Ittihadi un système de liste commune sur 75 % des circonscriptions et des listes libres sur les 25 % restantes. En la liste Rissala (« Lettre ») obtient quate sièges au Parlement.

Après les élections communales de , la décision a été prise de développer l'Alliance de la gauche démocratique (le PSU, le CNI et le PADS), dans le sens d'une fusion des trois formations politiques en un seul parti.

L'émission Hiwar Il s'agit d'un fait rare dans les annales de la télévision publique marocaine, puisqu'une personnalité de gauche radicale a été invitée à s'exprimer librement et en direct.

200px|vignette|droite|Mohamed Sassi lors de l'émission Hiwar.

Le passage de Mohamed Sassi, secrétaire général adjoint du Parti socialiste unifié, dans l’émission Hiwar (TVM), a été en effet une première dans l'histoire d'une chaîne de télévision pratiquant par le passé la langue de bois. Mohamed Sassi a eu l'occasion d'exprimer pleinement les vues du parti, sans auto-censure aucune de sa part.