Les Orientais (Orientaux dans l'ancienne traduction, ou en anglais) sont dans l'univers fictif de l'écrivain britannique un groupe de peuplades humaines de la Terre du Milieu. Originaires de la région de Rhûn, située dans l'est de la Terre du Milieu, ils furent alliés et tributaires de Morgoth, puis de son successeur Sauron. Ils attaquèrent régulièrement le Gondor au cours du Troisième Âge, en particulier lors de la guerre de l'Anneau. Plus généralement, le terme d'Orientaux s'applique à tous les peuples humains qui ne sont ni des Drúedain ni des Edain (ceux qui restèrent à l'est de la Terre du Milieu).

Dénominations et étymologie

Au Premier surtout, mais aussi au Troisième Âge existent plusieurs dénominations pour évoquer les Orientaux. Ainsi, Tolkien utilisa les termes anglais suivants : (s) (traduit en français par : « Oriental(aux) »), et (« Hommes Orientaux »), et (« Hommes de l'Est »). La plupart de ces termes sont courants, mais n'est pas usuel en anglais : c'est de fait à la base un terme anglo-saxon désignant au Moyen Âge, en Angleterre, les Hommes venus de l'Est, c'est-à-dire, à l'époque, essentiellement des marchands de la ligue hanséatiqueétymologie installée sur les rives de la mer Baltique. On le retrouverait surtout aujourd'hui dans le terme numismatique . Tous ces termes sont génériques et utilisés assez indistinctement, quoique

On trouve aussi les noms et , dont la traduction en français reste approximative : « Hommes bistrés », « Hommes basanés », « Hommes sombres ». La forme anglaise , dont est un altération, provient de l'ancien anglais , lui-même issu de la racine proto-indo-européenne *swordo- (que l'on retrouve par exemple dans le mot français sordide)Etymoline. Il est à noter, de plus, que le terme (s) utilisé pour désigner les Haradrim est traduit par « moricaud(s) » (connoté cependant depuis la colonisationTolkiendil) dans la version française des Lettres.

Enfin, au Premier Âge uniquement, le terme quenya , « Homme de l'Est », est utilisé.

Histoire Premier Âge Origines à l'Est des Montagnes Bleues L'origine des Orientaux remonte aux origines des Humains. Des premiers qui s'éveillèrent dans l'Est lointain, près de la mer d'Helcar, en Hildórien : certains partirent vers l'Ouest. Ces hommes furent connus comme les Trois Maisons des Edain (humains en elfique). Cependant, certains restèrent dans l'Est : ce sont les Orientaux. Et ils furent largement séduits par Morgoth.

Durant cette période, les Orientaux furent largement en contact avec les Nains, avec lesquels ils entretinrent des échanges ; ainsi le khuzdul, la langue des Nains influença de façon significative les dialectes orientaux : (les langues des Orientaux montrent des relations avec le parler des Nains plus qu'avec ceux des Elfes). Il restait, parallèlement, de nombreux Elfes à l'Est de la Terre du Milieu : ce sont les Avari qui refusèrent de suivre les Valar.

Cette triple cohabitation peut s'appliquer jusqu'au frontières occidentales de Rhûn ; au-delà étaient aussi implanté des descendants des Edain (les Nordiques) qui n'avaient pas poussé plus avant leur voyage vers Beleriand, et des Drúedain. Les relations entre Orientaux et Edain étaient alors déjà mauvaises, car beaucoup d'Orientaux étaient dès cette époque sous le joug de Morgoth, le considérant très tôt comme un Dieu. Cette situation fut à l'origine de conflits répétés : les Edain (plus ou moins errants) étaient par conséquent « toujours en guerre ». Au contraire, plusieurs maisons naines de l'Est joignirent le pouvoir de Morgoth, ce qui contribua à les rapprocher des Orientaux : (il semble probable que les Nains des maisons les plus orientales passèrent sous l'Ombre de Morgoth et qu'ils devinrent mauvais).

Malgré cela, les relations entre Edain et Orientaux était parfois bien meilleures, notamment avec les Orientaux qui avaient refusé l'influence de Morgoth (la maison de Bor, par exemple). Des échanges se développèrent d'ailleurs avec le peuple de Bëor surtout, dont la culture montre un , et dont la langue : et .

Incursions et installation en Beleriand

Par la suite, certains Orientaux décidèrent de se diriger à leur tour vers l'Ouest, vers le Beleriand. Ainsi est-il fait mention d'eux durant le Premier Âge :

Arrivés en Lothland, en l'an 463 du Premier Âge selon la plupart des versions (bien que Karen Wynn Fonstad dans son révisé en 1991 retienne la date 457 P.A.), rameutés en grand nombre par lunion de Maedhros pour faire face à la menace de Morgoth, les Orientaux restèrent environ 12 années à l'Est du Beleriand, le long des contreforts des Montagnes Bleues. Ils se dispersèrent ensuite.

On distingua alors deux grandes tribus orientales : celle de Bór et ses fils, qui se joignirent à Maedhros et Maglor, et la tribu d'Ulfang, qui prêta allégeance à Caranthir, mais qui se soumit parallèlement et secrètement à la volonté de Morgoth. D'autres Orientaux entrèrent encore par la suite en Beleriand, presque tous déjà secrètement sous le joug de Morgoth : ; cette arrivée constante augurait une nouvelle menace de Morgoth à l'encontre des Elfes.

C'est ce que pressentirent Galadriel et Celeborn, qui prônèrent le retrait des Elfes de Beleriand pour contrer le pouvoir de Morgoth en s'attirant l'amitié des peuples de l'Est : les Elfes Noirs (ou Avari) et les Orientaux. Mais ils ne furent guère écoutés par les autres Elfes, et les deux époux se retirèrent seuls de Beleriand avant la fin du Premier Âge : .

Finalement, les Orientaux trahirent les Ñoldor et se battirent contre eux aux côtés de Morgoth lors de la Nírnaeth Arnoediad, la Bataille des Larmes Innombrables. Les fils d'Ulfang furent fidèles à Morgoth et moururent des mains des fils de Bor qui, selon Le Silmarillion, restèrent fidèles aux Elfes (mais périrent à leur tour durant la bataille). Cette bataille se solda par une défaite des Elfes, qui furent submergés par la trahison des nombreux Orientaux :

Mais en 472, malgré leur allégeance à Morgoth, celui-ci enferma par la suite les Orientaux en Hithlum (Aryador dans la langue des Orientaux : ), où ils réduisirent en esclavage le reste du peuple de Hador). L'un des seigneurs les plus puissants de cette époque, le dénommé Brodda, épousa de force Aerin une parente de Húrin. D'autres Orientaux ouvertement liés à Morgoth affluèrent encore en Beleriand.

Après la guerre de la Grande Colère et la chute de Morgoth, les Orientaux furent quelque peu oubliés. Ceux qui survécurent retournèrent en Eriador et au-delà des Montagnes Blanches et de l'Anduin, dans le Rhovanion.

Version du Livre des Contes Perdus

Le Le Livre des contes perdus I parle aussi d'un certain Fankil (aussi Fangil), qui fut chargé par Melko de corrompre les Hommes. Ainsi, Fangil engendra la séparation entre les Elfes et les Hommes, qui s'enfuirent peu à peu dans la nature, formant des .

Second Âge Premiers siècle et domination de Sauron

Au commencement du Second Âge, la majorité des descendants des Edain, notamment ceux issus du peuple de Hador, quittèrent la Terre du Milieu pour Númenor. C'est à cette époque que s'établit vraiment l'influence du Mal sur le reste de la Terre du Milieu : autant Morgoth durant son règne s'était concentré sur Beleriand, autant après sa chute, les nombreux Orientaux revenus en Beleriand : (Ceux des Hommes mauvais qui ne furent pas détruits fuirent vers l'Est où beaucoup de leur race erraient toujours à travers les terres incultes) semèrent véritablement la peur chez les autochtones.

Sauron refait surface en Terre du Milieu à partir de et s'établit en Mordor autour de ; il envoie alors des émissaires parmi les Orientaux encore à l'Est de son royaume, et y met en place sa domination. Les rois orientaux le suivirent, comme leurs parents avaient suivi Morgoth. Sauron est de fait considéré, au même titre que Morgoth en son temps, comme un roi-dieu. Sous son impulsion les Orientaux s'arment et se multiplient. Sauron étend véritablement son influence à l'Est à partir des années .

C'étaient des peuples considérés comme païens se tuant les uns les autres par vanité : (les rois païens, sous la domination du Pouvoir Noir, faisaient ainsi, se tuant par fierté et désespoir, assassinant ceux de leur peuple pour atténuer leur propre mort).

Il est possible qu'avant l'arrivée et l'installation des Númenóréens, les Orientaux aient été en guerre avec d'autres peuples. Le conte de Tal-Elmar () fait ainsi référence à une guerre que la tribu de Tal-Elmar, installée près des bouches de l'Anduin : , et alliée à un « roi du Nord » (en anglais : ""), qui mena au Second Âge une guerre contre un peuple de l'Est. . Elmar est sans doute une femme de ce peuple.

Il existait cependant aussi des descendants des Orientaux au Nord d'Eriador, issus du peuple de Bor. En effet, dans les Annales Grises, . Le même passage affirme, de plus, qu'ils étaient assez doués en tant que « cultivateurs » (en anglais : ). Certaines études supposent que ce fut les Ent-femmes qui leur enseignèrent ce savoirThe Indigenous Population of Eriador and Gondor and their Relationships to the Númenóreans and their Allies : . La descendance de cette branche d'Orientaux est cependant incertaineLalaith & Lalaith.

De plus, certaines tribus orientales (ainsi que la plupart des Hommes non Orientaux, comme les Drúedain par exemple) essayèrent de résister à l'influence de Sauron, mais ceux-ci durent fatalement fuir dans les forêts et les montagnes : .

Les Orientais et l'arrivée des Númenóréens

Après l'arrivée des Númenóréens en Terre du Milieu , on a peu de renseignements concernant les Orientaux. Cette période fut cependant marquée par une contestation du pouvoir de Sauron sur la Terre du Milieu. Il est concevable que, comme certains autochtones, les Orientaux eurent des échanges avec les Númenoréens, notamment au niveau des côtes occidentales du Harad et Proche Harad, et les Númenoréens établirent de principalement l'Umbar, fondé aux alentours de . En témoigne, au Troisième Âge, l'usage du mot Mûmak par les Hommes du Gondor. De même, les Númenoréens apportèrent aux Hommes de Terre du Milieu de nouvelles techniques et cultures : .

Parallèlement, les Númenoréens entreprirent des voyages très loin à l'Est de la Terre du Milieu, la contournant par le Sud et la Mer de l'Est (en anglais : ), par bateau, et même à l'aide de bateaux volants : à l'origine destinés à atteindre la Voie Droite. Ils arrivèrent finalement aux Portes du Matin, à l'extrême Est. Cependant, à chaque fois qu'ils accostaient, ils étaient frappés par la désolation des terres. C'est aussi l'époque de la Guilde des Aventureux du roi Númenoréen Tar-Aldarion.

Les Númenoréens fondèrent ainsi des colonies, des forts et des ports sur les côtes Est, en contact avec les Orientaux : de cette façon, les à Númenor pouvaient avertir le roi des mouvements de troupes ennemies. Cependant, parmi tous ces seigneurs installés au Sud et à l'Est, la plupart était sous la coupe de Sauron, ou du moins tombèrent plus tard sous son pouvoir, si bien que de nombreux descendants de Númenoréens composaient, avec les Orientaux, les cohortes d'Hommes que Sauron faisait venir de l'Est et du Sud pour la guerre.

thumb|alt=Deux Haradrim : un noble et un garde|Scène représentant deux Haradrim par Merlkir Ces seigneurs étaient relativement puissants et possédaient une influence sur les populations locales ; c'est notamment alors que les renégats Númenoréens Herumor et Fuinur prirent la tête de l'armée des Haradrim. Cependant, pour éviter la confrontation avec les Elfes, les Númenoréens avaient souvent préféré s'installer , et ils ne participaient donc pas directement aux conflits de la fin du Second Âge.

L'Umbar fut, de fait, à la chute de Númenor, rapidement conquis par les populations belliqueuses locales, bien que parallèlement subsista un genre d'aristocratie constituée de Númenoréens renégats.

Guerre de la Dernière Alliance