L'organisation territoriale de Madagascar est le découpage du territoire national malgache en subdivisions administratives hiérarchisées. Elle repose sur un équilibre entre des collectivités territoriales, administrées par des conseils élus et dotées d'une autonomie de gestion réelle, et des services déconcentrés de l'État non élus mais chargés de garantir l'unité de la République et le principe d'égalité devant la loi.
Il existe trois niveaux de collectivités territoriales : les communes, les régions et les provinces, dites collectivités territoriales de droit commun. Les collectivités à statut particulier – Antananarivo, Nosy Be et Sainte Marie – complètent le dispositif.
L'État quant à lui se réforme également périodiquement dans le cadre d'un processus de déconcentration, afin de rapprocher l'administration des citoyens tout en tentant de rationaliser les moyens. Les circonscriptions administratives sur lesquelles les services déconcentrés de l'État exercent leurs compétences sont éminemment variables selon la nature de l'organisation. Ainsi, la restauration à la fin de la première République du fokonolona a conduit à la création des fokontany, circonscription administrative de base, puis des districts, circonscription intermédiaire entre la commune et la région.
Historique Sous la monarchie Les premières subdivisions administratives à Madagascar trouvent leurs racines dans la politique centralisatrice du roi au début du . Dès 1822, alors qu'il entreprenait d'annexer les royaumes voisins pour unifier l'île sous son autorité, il mit en place une administration territoriale en nommant des gouverneurs, issus de la noblesse des Maroseranana, pour le représenter et administrer les villes portuaires stratégiques, véritables relais du pouvoir royal. Cette structure préfiguratrice fut formellement institutionnalisée et rationalisée en 1881, sous le règne de la reine Ranavalona II.
vignette|gauche|Carte de Madagascar divisée en 19 provinces et comprenant les îles Comores et Bourbon sous la monarchie merina
Le royaume de Madagascar fut alors divisé en provinces clairement définies, chacune placée sous l'autorité d'un gouverneur (governor) nommé par le monarque et incarnant son pouvoir exécutif sur le territoire. Pour renforcer l'unité du royaume et l'application uniforme de la loi, chaque province fut également dotée d'une cour d'appel judiciaire, créant ainsi une armature administrative et juridique centralisée qui perdura jusqu'à la colonisation française.
Sous le régime colonial Les provinces, abolies au même moment que la monarchie, ont été rétablies en 1946 par l'administration coloniale française. Elles étaient initialement au nombre de cinq, tandis que la sixième (Diego Suarez) a été créée plus tard, avant les élections provinciales de 1957Deschamps : Histoire de Madagascar. Paris 1960. Pages 268 et 274.. Les mêmes provinces ont continué d'exister après l'indépendance en 1960.
Après l'indépendance En 1959, lorsque l’île de Madagascar officialise la république de son indépendance, sa constitution définit les provinces et les communes comme collectivités territoriales décentralisées, art. 55..
Entre 1975 et 1991, à l’époque de la deuxième république malgache, le pays était divisé en cinq niveaux : six faritany (provinces), qui deviendront temporairement faritany mizaka-tena (provinces autonomes) les fivondronana (ou fivondronam-pokontany, anciennes préfectures et sous-préfectures devenues districts et communes) les firaisana (ou firaisam-pokontany, anciens cantons) les fokontany (villages, hameaux ou quartiers) (en moyenne 10 par commune) les fokonolona (anciennes communautés villageoises traditionnelles) (en moyenne 30 par commune).
En 1992, la constitution de la république, art. 126. reporte sur la loi 93-005, art. 4. les règles de définition des collectivités territoriales qui seront les régions, les départements et les communes. Sur cette base, la loi 94-001. dénombre alors 28 régions, 158 départements et 1295 communes.
La révision 1998, art. 2 et 126. de la constitution de 1992 réintroduit les provinces : Les régions et communes se fondent sous l’autorité de ces provinces autonomes.
La loi 2004-001, art. 3 et 4. du recrée 22 régions sans supprimer le rôle administratif des provinces :
La révision 2007, art. 138. de la constitution de 1992 entérinera cette hiérarchie territoriale en régions et communes, et ôtera tout rôle aux provinces et aux départements.
Avec la 4 république et la constitution de 2010, art. 2., les provinces, les régions, et les communes deviennent les nouvelles collectivités territoriales décentralisées. Les Fokonolona sont représentés par les responsables de fokontany qui participent au fonctionnement communal.
6 provinces, 22 régions, et 1549 communes urbaines ou rurales, forment alors l'ensemble des Collectivités territoriales décentralisées d'après la loi 2014-020., avant que le décret 2015-592. redécoupe le pays en 1693 communes. 180px|droite|Régions de Madagascar Les 6 provinces de Madagascar ont été découpées en 22 régions en 2004, et la constitution de 2010 conserve ces niveaux de territoires :
Service public et administration
Service public À Madagascar, le service public désigne, d'une part, une activité d'intérêt général effectuée sous le contrôle de la puissance publique par un organisme public ou privé, et d'autre part, l'entité publique gérant cette activité.
Administration et fonction publique Le mot administration peut revêtir deux sens différents, selon une approche organique ou fonctionnelle. Sur le plan fonctionnel, l'administration désigne l'ensemble des activités dont le but est de répondre aux besoins d'intérêt général de la population (ordre public, bonne marche des services publics…), tels qu'ils sont définis à un moment donné par l'opinion publique et le pouvoir politique.
Sur le plan organique, l'administration est constituée de l'ensemble des personnes morales (État, collectivités territoriales, établissements publics…) et physiques (fonctionnaires, contractuels…) qui accomplissent ces activités. Sur un plan organique élargi, les organismes privés chargés d'une action administrative peuvent faire partie de l'administration.
Pour la comptabilité nationale, les administrations publiques sont les unités institutionnelles dont la fonction principale est de produire des services non marchands, de réguler l'économie, ou d'effectuer des opérations de redistribution des revenus et des richesses.
La fonction publique quant à elle désigne l'ensemble des agents, titulaires et contractuels, occupant un poste au sein de la fonction publique d'État, d'une collectivité territoriale, ou des établissements publics de santé.
Circonscriptions administratives Une circonscription administrative est une zone géographique résultant d’une division du territoire national à des fins de gestion administrative. Dépourvue de personnalité juridique, elle sert de cadre à l'action de l'État dans les territoires au travers de ses services déconcentrés ou de ses représentants, qui se distingue de la collectivité territoriale, entité décentralisée.
Il existe deux types de circonscriptions administratives : les circonscriptions de droit commun au nombre de cinq (fokontany, commune, district, région, province) et diverses circonscriptions administratives spécialisées. Le canton était jusqu'en 1976 une circonscription administrative de droit commun, initialement territoire d'exercice des services de sécurité, et supprimée en tant que circonscription administrative pour fusionner avec la sous-préfecture afin de former le district.
Typologie actuelle Le tableau ci-après présente la typologie des circonscriptions administratives en vigueur. TypeLibelléAutorité administrativeFinalitéCirconscription de droit communFokontanyChef de fokontanyAdministration généraleCommuneMaireDistrictChef de districtRégionPréfetProvinceCommissaire généralCirconscription spécialisée (Toute circonscription administrative n'étant pas une circonscription générale)Arrondissement municipalDélégué au maireCirconscription scolaireInspecteur de l'Éducation nationaleGestion de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieurDirecteur régionale de l'Éducation nationale (DREN)Directeur régional de l'Éducation nationaleDirection provinciale de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifiqueDirecteur provincial de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique
Circonscriptions spécialisées Circonscriptions judiciaires Chaque province constitue une circonscription d’appel. Les juridictions situées dans une province relèvent de la cour d’appel dont le siège est fixé au chef-lieu de cette province. Par ailleurs, chaque tribunal de première instance possède également sa propre circonscription, définie en fonction des découpages administratifs que sont les districts.
+Organisation territoriale du système judiciaire malgache en 2023 Cour d'appel Tribunal de première instance Circonscription (districts ou région)Cour d'appel d'Antananarivo Tribunal d'Antananarivo Antananarivo, Manjakandriana, Ambohidratrimo, Atsimondrano, Andramasina Tribunal d'Avaradrano (Talata Volonondry) Avaradrano, Anjozorobe, Manjakandriana Tribunal d'Ankazobe Ankazobe Tribunal de Tsiroanomandidy Tsiroanomandidy, Fenoarivobe Tribunal de Miarinarivo Miarinarivo, Soavinandriana Tribunal d'Arivonimamo Arivonimamo Tribunal d'Antsirabe Antsirabe, Antsirabe II, Betafo, Faratsiho, Mandoto Tribunal d'Ambatolampy Ambatolampy, AntanifotsyCour d'appel de Fianarantsoa Tribunal de Fianarantsoa Haute Matsiatra Tribunal d'Ambositra Ambositra, Fandriana, Manandriana Tribunal d'Ambatofinandrahana Ambatofinandrahana Tribunal de Manakara Manakara, Vohipeno Tribunal d'Ikongo Ikongo Tribunal de Mananjary Vatovavy Tribunal de Vaingandrano Vaingandrano, Befotaka Sud, Midongy Atsimo Tribunal d'Ihosy IhorombeCour d'appel de Toliara Tribunal de Toliara Toliara, Toliara II, Benenitra, Sakaraha, Betioky Sud Tribunal de Morombe Morombe, Manja Tribunal d'Ankazoabo Sud Ankazoabo Sud Tribunal de Beroroha Beroroha Tribunal d'Ampanihy Ampanihy Tribunal d'Ambovombe Ambovombe, Beloha, Bekily (partagé avec Betroka), Tsihombe Tribunal de Tôlanaro Tôlanaro, Amboasary Tribunal de Betroka Betroka, Bekily (partagé avec Ambovombe) Tribunal de Morondava Morondava, Mahabo Tribunal de Belo sur Tsiribihina Belo sur Tsiribihina Tribunal de Miandrivazo MiandrivazoCour d'appel de Mahajanga Tribunal de Mahajanga Mahajanga, Mahajanga II, Ambato Boeny (partagé avec Maevatanana et Mampikony), Marovoay, Soalala, Mitsinjo Tribunal de Maevatanana Maevatanana, Ambato Boeny, Kandreho, Tsaratanana Tribunal d'Antsohihy Antsohihy, Analalava (partagé avec Analalava) Tribunal d'Analalava Analalava (non entièrement) Tribunal de Bealanana Bealanana Tribunal de Befandriana Nord Befandriana Nord Tribunal de Mampikony Mampikony, Ambato Boeny Tribunal de Boriziny Boriziny Tribunal de Maintirano Maintirano, Morafenobe, Ambatomainty, Antsalova Tribunal de Besalampy BesalampyCour d'appel de Toamasina Tribunal de Toamasina Toamasina, Toamasina II, Vohibinany Tribunal de Vatomandry Vatomandry, Antanambao Manampotsy Tribunal de Mahanoro Mahanoro, Marolambo Tribunal d'Ambatondrazaka Ambatondrazaka, Amparafaravola, Andilamena, Tsaratanana Tribunal de Moramanga Moramanga, Anosibe An'ala Tribunal de Fenoarivo Atsinanana Fenoarivo Atsinanana, Vavatenina, Soanierana Ivongo Tribunal de Maroantsetra Ambatosoa Tribunal de Sainte-Marie Sainte-MarieCour d'appel d'Antsiranana Tribunal d'Antsiranana Antsiranana, Antsiranana II Tribunal d'Ambanja Ambanja Tribunal d'Ambilobe Ambilobe Tribunal de Nosy Be Nosy Be Tribunal de Sambava Sambava, Vohimarina, Andapa Tribunal d'Antalaha Antalaha
Zones de défense et de sécurité