vignette|Champ de lavandin à Valensole (Alpes-de-Haute-Provence).
Les lavandes (Lavandula en latin) sont un genre de plantes à fleurs de la famille des LamiaceaeNom en français d'après Dictionary of Common (Vernacular) Names sur Nomen.atMeyer C., ed. sc., 2015, Dictionnaire des Sciences Animales (En ligne). Montpellier, France, Cirad. [12/05/2015]., anciennement nommées Labiées.
Ce sont des arbrisseaux dicotylédones, à fleurs le plus souvent mauves ou violettes disposées en épis, dont la plupart des espèces très odorantes, sont largement utilisées dans toutes les branches de la parfumerie, en particulier le lavandin (Lavandula ×intermedia). Elles poussent surtout sur les sols calcaires secs et ensoleillés, à l'exception de Lavandula stoechas, qui préfère les sols siliceux.
Toutes les lavandes sont des plantes mellifères, c'est-à-dire très recherchées par les abeilles.
Historique Venue de l'ouest du bassin méditerranéen, la lavande était déjà utilisée par les Romains pour conserver le linge et parfumer les bains. En Provence, la lavande fut utilisée au Moyen Âge, pour la composition de parfums et de médicaments, mais c'est à partir du que sa culture se développa.
Ce genre botanique a été décrit pour la première fois en 1753 par le naturaliste suédois Carl von Linné (1707-1778).
L'essor de la production française d'huile essentielle de lavande est . La mise en culture organisée systématique du lavandin, dans les années 1950, .
La culture de la lavande du Quercy apparut également sur les derniers versants du sud-ouest du Massif central avant 1936 à Roquecor en Tarn-et-GaronneAndré Puyeo, Les petites industries d'un département agricole, éd. Forestier, Montauban, 1946.. Celle-ci atteignit son apogée dans les années 1950 et 1960, et seuls quelques cultivateurs perpétuent encore cette tradition.
Après plusieurs crises qui entraînèrent la chute de la production et une régression des cultures, les plantations furent relancées par la stabilisation des surfaces à cultiver et le développement des moyens de distillation.
De nos jours, la plus grande fête consacrée à la lavande en France est célébrée depuis près de 70 ans à l'occasion du « Corso de la Lavande » à Digne-les-Bains et s'achève par un défilé de chars décorés de lavande.
Le phytoplasme du stolbur a détruit 50 % de la récolte française d'huile essentielle de lavande entre 2005 et 2010, la réduisant à environ 30 tonnes en 2011. La Bulgarie avec une production de 45 tonnes en 2010 et entre 55 et 60 tonnes en 2011 est devenue le premier producteur mondial de lavande devant la France. Les deux pays fournissent les trois quarts de la production internationale et entre 80 % et 90 % de l'huile essentielle de lavande bulgare est vendue en France.. En 2017, La Bulgarie est toujours en première position, avec 187 tonnes, tandis que la France produisait 120 tonnes.
Il existe un musée de la lavande en Ardèche méridionale, dans le village de Saint-Remèze, et un autre à Coustellet dans le Luberon.
La Chine cultive naturellement la lavande dans le bassin supérieur du Fleuve Jaune depuis la fin du XVe siècle.
Répartition géographique
vignette|gauche|Champ de lavande en Provence (0,51 % seulement des surfaces de Provence)Lavande-lavandin. Anciennement, les lavandes poussaient en Provence et dans quelques pays du bassin méditerranéen, puis la culture s’est répandue en Europe de l’Est (Bulgarie, Russie, Ukraine…) et même en Tasmanie ou encore au Canada où des plants mutés peuvent maintenant résister au gel.
Les lavandes « vraies » poussent à partir de 1200 mètres, sur les versants ensoleillés des montagnes. La qualité des lavandes est réputée augmenter avec l’altitude. Le lavandin, une lavande hybride entre lavande vraie et lavande aspic est produite notamment à Sault, et elle est la principale activité agricole de cette zone du Vaucluse, on la retrouve en Drôme provençale où elle est très bien représentée et également dans le Diois dans les villages comme Chamaloc (production la plus au Nord de lavande) où se trouve la distillerie des 4 vallées. La lavande est également produite dans le sud du département des Hautes Alpes dans le Buëch dans des villages comme la Faurie qui possède également une distillerie et dans d'autres villages comme Ribiers et Orpierre. Les pratiques de culture des lavandes dans les Alpes-de-Haute-Provence ont été inscrites à l'inventaire du patrimoine culturel immatériel en France en 2018.
Des expériences ont été également menées en Quercy en 1936, où la culture de la lavande de population s'est implantée et développée dans le Lot et le Tarn-et-Garonne. L'ouvrage Les petites industries d'un département agricole rédigé par André Pueyo (éditions Forestié à Montauban) reprit en 1946 l'historique de son développement pour relancer l'économie départementale de l'après-guerre. Ainsi, des agriculteurs et des distillateurs produisirent la lavande du Quercy jusque dans les années 1970. Cette activité renaît progressivement depuis le milieu des années 2000, grâce au travail de producteurs locaux.
La lavande aspic, par contre, est récoltée dans le bassin méditerranéen entre 0 et 600 m d’altitude.
Les lavandes du groupe stoechas se développent sur tout son pourtour, notamment en Andalousie et dans la partie sud du Portugal.
Les lavandins sont les lavandes les plus cultivées (historiquement de 800 à tonnes d’essence par an en France) et les plus répandues, car ils sont les plus résistants. Ils se développent spontanément dans le sud de la France. Cependant, on observe un dépérissement de deux variétés de lavandins, l'abrialLavandula x intermedia abrial et le sumianLavandula x intermedia sumian, qui sont en voie de disparition.
Récolte de la lavande
vignette|Récolte de la lavande, Le Poët-en-Percip (Drôme, France).
La récolte de la lavande se fait avant l'ouverture de la fleur de fin juillet à fin août, pour les lavandes « vraies ». À part l’aspic et la lavande « vraie » qui sont sauvages, les plantes sont généralement cultivées. Il existe cependant quelques distillations de lavandes sauvages de montagne, véritable lavande « vraie », destinées à l’aromathérapie et les quantités en sont très limitées. La récolte a lieu en été, car les fortes chaleurs favorisent la montée de l’essence dans les cellules et les glandes sécrétrices de la fleur. Les brins sont plus odoriférants s'ils sont cueillis juste avant l'ouverture des fleurs. Après, l'essentiel de l'arôme se perd.
Les lavandes du groupe stoechas sont plus précoces : elles sont récoltées de mars à mai à l’état sauvage, mais elles sont plus rarement exploitées. Pour les cultures, la récolte s’effectue mécaniquement, sauf pour les bouquets qui sont coupés manuellement à la faucille.
Les lavandes clonales (issues d’un individu et multipliées par bouturage) arrivent à maturité en même temps, contrairement aux lavandes de population (non clonales) qui ne mûrissent pas de façon homogène, car chaque plante est un individu différent de son voisin. Les lavandes clonées sont plus susceptibles d'être massivement attaquées par des insectes ravageurs. Hormis quelques espèces, dont le chrysomèle de la lavande (ou du romarin), Chrysolina americana, la lavande a peu de prédateurs, en raison de sa teneur en substances répulsives.
L'huile essentielle de lavande de la meilleure qualité est celle de la sous espèce Lavandula angustifolia angustifolia, originaire des Alpes françaises et italiennes où elle pousse généralement à plus de 1500 m d'altitude. L'autre sous-espèce Lavandula augustifolia pyrenaica, originaire des Pyrénées et de qualité insuffisante, reste sauvage et non commercialisée.
Production de l’huile essentielle vignette|Distillerie traditionnelle. vignette|Distillerie en action, dans les Alpes-de-Haute-Provence. vignette|Stand d'huiles essentielles de lavandin. Il existe deux procédés principaux de production d’huile essentielle de lavande : La distillation traditionnelle : la récolte doit subir un temps de séchage, avant distillation, afin de perdre l’excès d’eau. Un préfanage d’environ un ou deux jours est indispensable pour la lavande fine, il évite de modifier la qualité des huiles essentielles qui sont obtenues par entraînement à la vapeur d’eau des sommités fleuries. On fait circuler un courant de vapeur d’eau dans la lavande coupée et bien tassée (temps de distillation relativement court, 30 à 45 min). La distillation en « vert broyé » : qui depuis 1990 s’est développée pour améliorer la productivité de la récolte (de lavandin surtout). Sitôt cueilli, le végétal est haché à l’aide d’une ensileuse et il est placé au fur et à mesure, sans séchage préalable, dans une benne ou caisson mobile de distillation qui sera directement monté sur chaudière. Le fait de distiller broyé modifiant la qualité, cette technique n’est pas adaptée pour obtenir une huile essentielle de lavande aux normes AOC. De façon générale, les qualités ensilées auront des teneurs en alcools qui augmentent alors que celles en esters diminuent (phénomènes d’hydrolyse), elles ont une odeur plus verte, peu appréciée des parfumeurs. Des études sont faites pour améliorer les qualités ensilées et aider les producteurs dans ce sens.
A noter qu'une nouvelle technique de récolte a fait son apparition depuis 2015. Il s'agit de ne récolter plus que les fleurs, les tiges sont broyées et restituées au sol. Cette technique de récolte est réalisable avec une machine spéciale, appelée Espieur, dont le principe est de peigner les plantes. Ceci a pour conséquence de réduire le volume de transport et l'énergie utilisée à la distillation. La qualité de l'huile est également modifiée, avec une odeur moins herbacée.
Les rendements en huile essentielle de lavande sont très variables selon les régions, le climat, l’année, l’âge de la plantation et la variété : ils sont d’environ 15 kg par hectare, 25 à 50 kg pour les lavandes clonales, 80 kg pour le lavandin en zone de montagne sèche, près du double en plaine (jusqu’à 180 kg).
Les rendements massiques de production d’huile essentielle (rapport de la masse d’essence obtenue par la masse de plante distillée) sont les suivants : Lavandes fines = 0,5 % Lavande Aspic = 0,8 à 1,0 % Lavandins = 1,0 à 1,8 % Lavandula stoechas L. = 0,3 à 0,8 % Lavandula pedunculata L. = 0,15 % Lavandula luisieri (Riv) Mart. = 0,2 %
Les lavandins ont un meilleur rendement, car leurs fleurs sont plus développées, et plus productrices en huile essentielle. Leur essence, de bonne qualité olfactive (notamment celle obtenue par distillation traditionnelle), est plus camphrée que celle de la lavande.
Utilisations de la lavande vignette|gauche|Champ de lavandin en Provence. vignette|Navettes de lavandes (usage dans les armoires de vêtements). Parfumerie Le mot lavande est un dérivé du verbe laver, peut-être issu de l'italien lavando (action de laver), et qui remonte au latin lavandaria : linge à laver, sans doute à l'origine de l'anglais lavender (lavendre vers 1265). Cette étymologie laisse penser que très tôt on a utilisé la lavande pour parfumer le linge fraîchement lavé. Des sachets de fleurs séchées sont traditionnellement placés dans les armoires, pour éloigner les mites et parfumer la garde-robe.
Les fleurs de lavande, séchées, sont très résistantes et conservent leurs arômes très longtemps. Un autre usage très ancien est celui de mettre de la lavande dans l'eau du bain pour son parfum et ses propriétés antiseptiques et calmantes.
L'essence de lavande contient des composants différents selon les espèces (voir ci-dessous). On l'obtient traditionnellement par distillation des sommités florales. Au et au début du , la Provence était parsemée de petites distilleries familiales, qui ont peu à peu toutes disparu, victimes de crises de mévente et de l'industrialisation de la production.