No Border (parfois écrit No Borders) désigne un réseau transnational de collectifs et d'individus investis dans les luttes pour la liberté de circulation et l'abolition des frontières., contre les politiques de contrôle de l'immigration. au sein et en dehors de l'Espace Schengen, ainsi que pour la régularisation des étrangers en situation irrégulière, la fermeture des centres de rétention administrative et l'arrêt des expulsions. Il est habituellement classé à l'extrême-gauche. Par extension noborder désigne un activiste de ce réseau.

Fondé en 1999 Ayse Deniz Temiz, Gens Inconnus : Political and Literary Habitations of Postcolonial Border Spaces, ProQuest, 2008, page 66., ce réseau qui ne fait mention d'aucun organigramme et refuse le principe même d'une hiérarchie., s'est depuis étendu à l'ensemble de l'Europe et s'est doté d'un site relayant les différentes initiatives en 2000.

Des initiatives No Border ont vu également le jour hors de l'Union européenne, comme en Australie (Woomera, 2002), au Mexique (Mexicali, 2007), en Ukraine (Oujhorod, 2007) ou en Turquie (Dikili, 2008).

En France, depuis 2009, le réseau apporte un soutien inconditionnel aux migrants de Calais qui veulent rejoindre la Grande-Bretagne. Il les aide à entreprendre des démarches administratives et ouvre parfois des squats pour les accueillir.. En 2013, les No Border sont les premiers à prendre l’initiative de la mise à l'abri des femmes migrantes à Calais..

Fonctionnement et positionnement politique No Border qui réunit des activistes de plusieurs pays européens milite , revendique , la fermeture des centres de rétention administrative et . Le réseau appelle .

No Border s'affirme comme anticapitaliste et s'oppose à toutes les formes de dominations et de pouvoirs, inscrivant ainsi son combat dans les luttes portées par les réseaux anarchistes-libertaires. Il est considéré comme faisant partie de l'ultra-gauche ou de l'extrême gauche. En 2010, les services de police assimilent le réseau aux Black Bloc..

Fonctionnant sur le principe autogestionnaire et anti-hiérarchique, le réseau est dépourvu de structures dirigeantes et de leaders.

Les collectifs et individus qui le constituent défendent la diversité des tactiques, respectant toutes les formes et modalités d'action au nom d'une stratégie globale de lutte contre les systèmes de contrôle des frontières et des migrations.

Les réunions du réseau sont ouvertes à tous ceux qui respectent ses principes et s'organisent de manière transfrontalière et multilingue, appliquant la démocratie directe et fonctionnant sur le mode du consensus.

Réseaux Le réseau britannique : No Border Network vignette|alt=Manifestation No Border à Crawley, Royaume-Uni, |Manifestation du réseau No Border à Crawley en Angleterre, septembre 2007.

Le réseau No Border est particulièrement implanté en Grande-Bretagne où existent douze groupes locaux (Birmingham, Brighton, Bristol, Écosse, Leeds, Londres, Manchester, Nord-est, Nottingham, Oxford, pays de Galles, Sheffield), dont on peut trouver les contacts sur un site internet commun à l'ensemble du réseau britanniqueSite du réseau No Borders au Royaume-Uni.. Ce réseau, qui organise de nombreuses actions contre le Home Office, l'UK Border Agency et leurs partenaires, a appelé à une convergence en Appel de la convergence de Londres (février 2012)..

Le réseau français En France, le réseau No Border est représenté par différents collectifs locaux (Calais, Lille, Paris). Le point crucial de l’activité française du réseau est localisé à Calais« Tensions à Calais : qui sont ces "No Border" accusés d'enrôler les migrants ? », lci.tf1.fr, 11 novembre 2015..

Calais Migrant Solidarity vignette|left|Manifestation No Border à Calais, 27 juin 2009.

Sur le site internet de Calais Migrant Solidarity (CMS)Calais Migrant Solidarity., les activistes présents sur Calais publient quotidiennement des informations sur la situation et dénoncent les conditions de vie pour les migrants et les « brimades » policières. Ces témoignages, sous forme de vidéos, sont rendus publics une première fois par l'intermédiaire des sites internet de Rue89 et des Inrockuptibles. en , puis, quelques semaines plus tard, en juillet, un rapport réunissant l’ensemble du travail de collecte d'informationsNo Border, Calais Migrant Solidarity, Calais : cette frontière tue, Rapport d’observation des violences policières à Calais depuis juin 2009, juin 2011, lire en ligne. est transmis au tout nouveau défenseur des droits (Dominique Baudis).

L'action de CMS se situe entre le témoignage rendant compte des actions de la police et le soutien direct aux migrants pour « rendre la vie des gens un peu plus facile ». En , la préfecture du Pas-de-Calais estime leur nombre entre « 150 et 200 » autour du camp de « La Lande »..

Le réseau international De nombreux collectifs, qui ne portent pas forcément l’appellation No Border, se retrouvent dans le réseau international. Ainsi, des collectifs plus ou moins importants ont vu le jour dans différents pays européens, luttant localement contre les centres de rétention et les expulsions, organisant régulièrement des blocages de centres (notamment en Belgique, le centre fermé pour réfugiés 127bis de Steenokkerzeel.), des actions antiracistes et antifascistes (notamment en Allemagne) ou contre Frontex, l'Agence européenne de contrôle des frontières extérieures (notamment en Pologne où sont organisées chaque année des journées anti-FrontexJournées anti-Frontex : "Révoltons-nous contre l'Euro-Apartheid !").

Actions notables Campements et Actions No Border Le réseau organise chaque année des campements de plusieurs jours dans des lieux situés à proximité des frontières ou symboliques des politiques européennes de contrôle de l’immigration : à Strasbourg en 2002 (Parlement européen et base du Système d'information Schengen), à Bruxelles en 2010 (siège de l’Union européenne).Site du camp No Border à Bruxelles., à Stockholm en 2012 (ville où a été mise en place la politique judiciaire de l'Union européenne, dite « programme de Stockholm », en 2009).

En 2004, le réseau No Border a également appelé à la première journée internationale d'action Europe sans frontières pour la régularisation des , l'ouverture des frontières. Des actions sont organisées dans différents pays d’Europe au nom du réseau No Border, reprenant ses revendications et slogansVidéo de la manifestation No Borders d’Oujhorod (Ukraine) le 16 août 2007.Vidéo de l'action No Borders contre le camp de Pagani (île de Lesbos) le 20 août 2009.Vidéo de la journée d'action No Borders de Copenhague le 14 décembre 2009..

À la frontière franco-britannique près de Calais 2015 En , plusieurs milliers de migrants tentent de pénétrer dans le tunnel sous la Manche. Selon le correspondant de l'AFP, ils sont accompagnés de militants appartenant vraisemblablement au collectif No Border..

Le , 113 migrants pénètrent à l’intérieur du tunnel sous la Manche. La circulation est interrompue pendant plusieurs heures. Selon la représentante de la société Eurotunnel, évoquant de la présence de militants No Border, il est ..

Début , des affrontements opposent des migrants aux forces de police durant trois nuits consécutives aux abords de la « Jungle de Calais » où vivent quelque 4500 réfugiés. Le ministère de l'Intérieur met en cause des militants No Border pour leur participation à ces événements....

La préfecture du Pas-de-Calais compte No Border en semaine à Calais, un chiffre pouvant « doubler le week-end ». Les No Border assurent être . Selon Philippe Wannesson, un observateur de la situation migratoire à Calais, , .

2016 Début , le collectif No Border « Calais Migrant Solidarity » met en ligne une vidéo de sept minutes qui montre des jets massifs de gaz lacrymogènes des forces de l'ordre sur des cabanes où vivent femmes et enfants dans la « Jungle de Calais »...

Le samedi , 2000 manifestants (dont des Français, des Anglais, des Italiens, des Belges mais aussi de nombreux migrants) défilent à Calais pour réclamer « des conditions d’accueil dignes ». Des heurts ont lieu en marge de la manifestation avec deux habitants calaisiens, dont l’un brandit un fusil en forme de menace.. En fin de cortège, 150 personnes pénètrent dans l’enceinte du port. Une cinquantaine d’entre elles s'introduisent à bord du ferry « » en provenance de Douvres. Le port est bloqué pendant plus de trois heures avant que les migrants ne soient évacués par la police. 35 personnes sont interpellées : 26 migrants et 9 militants. Finalement, seuls six migrants sont inculpés pour .. et les deux Français (présentés à tort comme des militants No Border) pour . Ils sont jugés à Boulogne-sur-Mer le . Le tribunal correctionnel condamne les six migrants à un mois de prison ferme (qui couvre l’intégralité de leur période de détention provisoire) et les deux activistes français à des amendes de 300 € avec sursis (total ou partiel). Agnès Chareton, « À Calais, les No Borders dans le collimateur », lavie.fr, 27 janvier 2016..

Le lundi , 150 à 200 réfugiés et militants s'opposent aux CRS lors de la première journée du démantèlement de la partie sud de la « Jungle ». Trois No Borders et un migrant sont interpellés... Sur les trois militants interpellés, l'un est libéré et les deux autres (une Allemande et un Britannique) inculpés pour et sont relaxés par le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer le ...

Dans la nuit du mercredi , une patrouille de police a aperçu une BMW immatriculée à l’étranger, aux abords du camp de la Linière, et qui contenait huit personnes. Voulant la confisquer, ils ont reçu des jets de pierres de la part de personnes identifiées comme proches du courant « No Border ». Les policiers ont réussi à interpeller trois de leurs assaillants, deux Irlandais et un Allemand, qui seront jugés dans le cadre d’une comparution immédiate pour outrage, violences et rébellionGrande-Synthe : trois jeunes proches de la mouvance « No Border » interpellés à la Linière .

À la frontière franco-italienne Plus de 500 personnes, dont des « No Border », se rassemblent le à Menton (Alpes-Maritimes), ville frontalière avec l'Italie, pour exprimer leur solidarité avec les migrants et réclamer l'ouverture des frontières..

Soutiens et critiques Soutien et liens avec le mouvement anarchiste plus général Les membres de No Border sont à l'origine de l'organisation du Village alternatif anticapitaliste anti-guerre en 2003, contre le G8. Ce village organisé de concert avec l'Internationale des fédérations anarchistes (IFA) et d'autres organisations anarchistes, s'inspire largement des camps mis en place par le réseau No Border.

Le réseau No Border est discuté et soutenu de manière importante à Anarchy 2023, l'un des principaux rassemblements du mouvement anarchiste au siècle.

Critiques de figures étatiques Selon le secrétaire régional Nord du Syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI), ..

Pour la maire de Calais, Natacha Bouchart, . Ils sont décrits par le premier adjoint au maire de Calais, comme des et qui utilisent les migrants . D'autres sources les décrivent comme .

Des associations locales et nationales dénoncent la volonté des autorités de faire du réseau Communiqué inter-associatif, À Calais, un bouc émissaire parfait : les No Border, Groupe d'information et de soutien des immigrés, 7 mars 2016, lire en ligne.Communiqué inter-associatif, Non, le mouvement No Border n’est pas responsable de l’augmentation de la tension dans le Calaisis, 17 novembre 2015, lire en ligne.. Pour Thierry Kuhn, le président d’Emmaüs France, la focalisation sur les No Border lors des incidents de 2015-2016 à Calais n’est qu’une manière pour les autorités de : ..

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Ouvrage Jennifer Bickham Mendez, Border Politics : Social Movements, Collective Identities, and Globalization, NYU Press, 2014, extraits en ligne.

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