La seconde bataille de Messines, du 7 juin 1917 au est une offensive de la britannique du général Plumer près de la ville de Messines en Flandre occidentale belge pendant la Première Guerre mondiale contre la armée allemande dirigée par le général von Armin sur le front occidental.
Après l'échec de l'offensive du général Nivelle au Chemin des Dames en avril et mai 1917, les troupes françaises sont secouées par une série de mutineries modifiant les plans stratégiques franco-britanniques pour l'année 1917. L'armée britannique déclenche l'offensive de Messines pour forcer l'armée allemande à déplacer des réserves vers la Flandre et ainsi réduire la pression sur les troupes françaises. L'objectif tactique de cette bataille est de capturer les positions allemandes sur la colline de Messines afin de priver la armée allemande des positions dominantes du sud du saillant d'Ypres. Cette bataille est le prélude d'une opération plus ambitieuse, menée par l'armée britannique au cours de l'été et de l'automne 1917, visant la capture de la crête de Passchendaele puis la percée du front jusqu'à la frontière hollandaise afin de capturer la côte belge.
La britannique est formée de cinq corps d'armée, trois d'entre eux sont impliqués dans l'attaque, et les deux autres sont positionnés sur le flanc nord et ne participent pas à l'attaque. La dispose d'un dernier corps d'armée de la réserve générale. Les troupes allemandes sont au cours des combats renforcées par une division provenant d'Ypres. La bataille débute par l'explosion de détruisant les défenses allemandes de première ligne, suivie d'un barrage roulant qui permet l'avancée des troupes britanniques appuyées par des chars, des troupes de cavalerie et des avions et la capture de la colline de Messines.
Contexte militaire sur le front Ouest vignette| Croquis cartographique du plateau de Gheluvelt lors des batailles d'Ypres de 1917. Dès 1916, les Britanniques prévoient de repousser l'armée allemande de la côte belge pour les empêcher d'utiliser les ports côtiers comme bases de sous-marins et limiter les attaques de navires marchands et de navires de transports de troupes dans la Manche et la mer du Nord. Le lieutenant-général Herbert Plumer recommande au maréchal Douglas Haig de capturer la crête de Messines qui fait partie de l'arc sud du saillant d'Ypres avant l'opération principale de prise du plateau de Gheluvelt plus au nord. Les opérations dans les Flandres ne sont pas réalisées en 1916 en raison de l'offensive allemande à Verdun et du déclenchement de la bataille de la Somme. En , après les faibles résultats de la bataille du Chemin des Dames dirigée par le général Robert Nivelle, l'armée française est affaiblie moralement entraînant des mutineries. Nivelle est remplacé à la tête de l'armée française par Philippe Pétain qui temporise.
Haig décide, malgré l'affaiblissement des Français, la capture de la crête de Messines-Wytschaete par la . Cette attaque va attirer les troupes allemandes loin des armées françaises sur l'Aisne et la capture de la crête de Messines va permettre aux Britanniques d'avoir une position stratégique sur le flanc sud du saillant d'Ypres. Cette capture raccourcit la ligne de front et prive les Allemands d'observatoires des positions britanniques plus au nord. Les Britanniques peuvent maintenant observer le versant sud de la crête de Menin à l'ouest du plateau Gheluvelt, en vue d'une plus grande offensive dans le saillant d'Ypres.
La ligne de front autour d'Ypres a peu changé depuis la fin de la deuxième bataille d'Ypres des au . Depuis cette bataille, les Britanniques tiennent la ville, tandis que les Allemands tiennent la crête de Messines-Wytschaete au sud, les crêtes inférieures à l'est et le terrain plat vers le nord. Le front d'Ypres forme un saillant dans les lignes allemandes, mais il est négligé par les observateurs d'artillerie allemands. Les Britanniques ont peu de possibilité d'observation des lignes arrières allemandes et des vallées à l'est des crêtes. Les crêtes du saillant d'Ypres sont situées au nord et à l'est de Messines. La plus haute crête est à () au-dessus niveau de la mer passe « Clapham Junction » à l'extrémité ouest du plateau de Gheluvelt haut de () à () d'Ypres. Une autre crête, haute de , à Passchendaele située à () d'Ypres. Le nord du saillant est une plaine formée d'argile, de sable et de limon où se trouvent les villages de Hooge et de Zonnebeke. La crête de Messines est drainée par de nombreux ruisseaux, des canaux et des fossés, qui ont besoin d'entretien régulier. Depuis 1914, une grande partie de l'évacuation est détruite même si certaines parties ont été restaurées par les « sociétés de drainage des terres » amenées d'Angleterre. La zone est considérée par les Britanniques comme plus sèche que les parties du front à Loos-en-Gohelle, Givenchy et Plugstreet Wood plus au sud.
Préparatifs de la bataille Préparation de l'offensive britannique La conçoit un plan d'artillerie centralisé très sophistiqué, comparable à celui établi pour la bataille d'Arras en . La précision de l'artillerie britannique est améliorée par l'utilisation d'observateurs sur le terrain, des données météorologiques, de nouvelles cartes très précise à l'échelle 1: et par l'étalonnage des armes à feu. L'analyse et la détection de l'artillerie allemande devient systématique grâce à l'utilisation de nouvelles techniques d'analyses sonores et d'études de la lumière émise lors de la mise à feu. Ces observations sont ensuite centralisées à la direction de la britannique au château de Locre. Au , seules douze batteries d'artillerie ont pour tâche de contre-battre les canons allemands. Ce nombre augmente pour atteindre dans les 10 derniers jours précédant l'attaque 438 batteries. Après cette bataille, l'étude du terrain a montré que 90 % des positions d'artillerie allemande ont été identifiées et touchées par l'artillerie britannique. Le renseignement de la identifie, grâce aux photographies aériennes, de nouvelles positions d'artillerie à aménager par les troupes du génie au sein des lignes allemandes pour y positionner de l'artillerie et pouvoir l'utiliser au cours de la bataille.
Dès 1916, les Britanniques commencent une guerre des mines sous la crête de Messines-Wijtschate occupée par les Allemands. Cette lutte souterraine est rendue très complexe par la présence de nombreuses nappes phréatiques. En , deux géologues militaires aident les mineurs dans la réalisation des galeries. Les troupes du génie creusent les sapes dans une couche d' située entre () sous la surface, les galeries atteignent une longueur de mètres ( yards) sous la ligne de front de la crête. Les troupes allemandes ne restent pas inactives, par des contre-mines elles tentent de perturber le travail des troupes du génie britannique. Les mineurs allemands trouvent la sape de « la ferme de la petite Douve » et la détruisent à l'aide de camouflet. Les Britanniques détournent l'attention des mineurs allemands des galeries les plus profondes en réalisant de nombreuses attaques de diversions à des profondeurs plus faibles. Les troupes du génie britannique, canadien, australien et néo-zélandais réalisent 22 mines chargées de d'explosif ammonal. La mise en place de ces mines se justifie car les Britanniques savent l'importance pour les Allemands de la crête de Messines-Wijtschate. Un document, pris sur un prisonnier allemand, reçu par Haig le , indique que « le saillant doit être tenu à tout prix ». Au cours de la semaine précédant l'attaque, et obusiers bombardent les tranchées allemandes pour couper les fils téléphoniques, détruire des points fortifiés et pour contre-battre l'artillerie allemande forte de 630 canons, à l'aide de .
En mai, les et et la australienne sont déplacées d'Arras, pour devenir les divisions de réserve des corps de la en prévision de l'attaque de la crête de Messines. Soixante-deux des nouveaux chars Mark IV arrivent en mai et sont cachés au sud-ouest d'Ypres. 300 avions britanniques provenant de la sont déplacés d'Arras vers le nord dans la zone d'action de la . Pour optimiser l'utilisation de l'artillerie, des observations directes et photographiques sont réalisées par douze puis dix-huit avions de reconnaissance. L'application stricte des procédures de radiophonie sans fil permet de réduire la distance minimale entre les avions d'observation. Cette distance passe de ( yards) lors de la bataille d'Arras d'avril à (400 yards) à Messines. Le , les premiers réglages d'artillerie débutent, il est prévu de rallonger la durée du bombardement de deux jours pour contre-battre efficacement les batteries allemandes. Le bombardement principal a lieu à partir du , avec un seul jour de mauvais temps avant l'attaque. Les escadrilles d'observation sont employées dans un premier temps pour la détection des batteries allemandes puis pour des « vols de bombardements » pour attaquer les batteries et les tranchées. Ces vols deviennent des vols de « contact-patrouille » pour observer les positions des troupes britanniques une fois l'assaut commencé. Le barrage est stoppé momentanément le pour permettre aux observateurs aériens britanniques d'identifier les batteries allemandes cachées. Une nouvelle interruption le permet l'identification d'un plus grand nombre de batteries allemandes cachées.
vignette|Ligne du front avant la bataille de Messines des 7 au 14 juin 1917.
La d'infanterie commence ses préparatifs entre la route Wulverghem-Messines et la route Wulverghem-Wytschaete sur un front de (). Ce front se réduit par la suite à ( yards) sur la crête de Messines située à () derrière neuf lignes défensives allemandes. Les troupes de la doivent franchir une colline pour atteindre la vallée de Steenbeek, réaliser l'ascension de la crête de Messines pour atteindre les fermes des quatre Huns, la ferme du milieu sur la crête principale et la ferme Lumm sur le flanc gauche de l'attaque. Les emplacements de l'artillerie divisionnaire de la et de la d'artillerie sont construits, l'artillerie de campagne de la division de la garde est positionnée sur des emplacements cachés. Entre le 12 et le puis du au , des voies d'accès, des abris et des tranchées de liaison sont construits. Dans la nuit du au , une tranchée est creusée, complétée par des tranchées de communication et de barbelés à des lignes allemandes. Des ponts et des échelles sont livrés deux jours avant l'attaque pour franchir les tranchées. Plus de () de câble téléphonique sont posés à (7 pieds) de profondeur pour résister à l'artillerie allemande.
De nombreux postes de mitrailleuses sont créés pour réaliser un barrage. Des fosses sont construites pour protéger les mules chargées de transporter les charges de cartouches aux troupes avancées. Trois compagnies du génie et un bataillon de pionniers sont gardés en réserve, pour reconstruire les routes et remettre en défense les positions capturées. L'artillerie divisionnaire prépare un barrage roulant dont le chronométrage est adapté à l'avance des unités d'infanterie. Un barrage fixe est prévu à mètres ( yards) derrière les lignes allemandes. Les obusiers de , de et de sont chargés du barrage roulant et placent leurs tirs à moins de (300 yards) des troupes attaquantes puis allongent la portée des tirs de . Les canons 18-pounder sont chargés de détruire des objectifs spécifiques avant de participer au barrage d'artillerie. Les canons de l'artillerie de la Garde rejoignent le barrage roulant le jour de l'attaque à 4 h 50 du matin. À partir de 7 h 00, les pièces de la d'artillerie de campagne commencent les tirs de barrage derrière les premières lignes allemandes capturées pour soutenir les troupes britanniques lors des contre-attaques allemandes supposées débuter à 11 h.