Cittanova est une commune italienne de 9 584 habitants située dans la ville métropolitaine de Reggio de Calabre, en Calabre.
Accrochée aux pentes de l'Aspromonte et surplombant la plaine de Gioia Tauro, elle se caractérise par la présence de nombreuses églises et palais du ainsi que d'un parc public qui s'étend sur 2,65 hectares.
Géographie La ville se trouve au pied de l'Aspromonte, sur des sols alluviaux quaternaires constitués de sable et de gravier meubles qui couvrent de larges terrasses en pentes se dégradant vers le golfe de Gioia. Cittanova domine la plaine de Gioia Tauro depuis sa terrasse la plus élevée, qui borde le massif des Serres, presque en contact avec deux formations lithologiques : alluviale et cristalline.
Cette conformation géologique favorise la propagation des séismes, car l'incohérence de la couverture alluviale est augmentée lors des séismes par la formation cristalline adjacente et sous-jacente. Le territoire de Cittanova est traversé par la faille du même nom qui fait partie du système de failles Serres-Aspromonte, longue de 30 kilomètres et toujours active.
L'altitude moyenne de la municipalité est de 400 m au-dessus du niveau de la mer, l'altitude minimale atteint 77 m tandis que la maximale atteint les 996 m. La superficie est de 61,98 km² (65 % du territoire est plat et planté d'oliviers et 35 % est montagneux, entre bois et pâturages naturels). 21 % du territoire de Cittanova (1 921 ha sur 6 136) fait partie du parc national de l'Aspromonte.
Les cours d'eau principaux sont les fiumare Serra et Vacale.
Plus hauts sommets : Zòmaro (920 m), mont Cùculo (725 m).
Zòmaro Localité montagnarde à sept kilomètres de Cittanova, Zòmaro est situé sur l'Altopiano della Melìa, au sein du parc national de l'Aspromonte.
La flore qui le caractérise est composée surtout de hêtres, chênes, sapins et genêts. Est également présente la Woordwardia radicans, une ancienne plante géante ayant survécu au Cénozoïque.
La faune comporte de nombreux sangliers, en plus des écureuils, blaireaux, renards, hiboux et milans.
L'altopiano (« haut plateau ») est en outre riche en sources d'eau.
Climat Le climat est méditerranéen. La plaine de Gioia, ouverte sur la mer mais abritée des vents, augmente l'humidité de Cittanova, rendant ses terres particulièrement fertiles.
Histoire Par convention historique, la naissance de cette ville est placée le 12 août 1618, date de publication de la proclamation de l'édification du Nuovo Casale di Cortoladi, à l'instigation du prince de Gerace, Girolamo Grimaldi.
Le Nuovo Casale di Cortoladi, dénommé par la suite plus simplement Casalnuovo, selon les intentions du seigneur doit recueillir les populations des villages de ses latifundia dépeuplés par les tremblements de terre et les épidémies survenus en 1616 et aurait servi également à contrôler aisément l'importante route qui relie la Tyrrhénienne à l'Ionienne via le Passo del Mercante. Pour ces raisons, le site de Cortoladi est choisi comme lieu de construction, près de l'ancien village éponyme complètement détruit par les secousses telluriques de 1616 près de Radicena.
Afin de pouvoir édifier le nouveau casal, Grimaldi a toutefois besoin de l'accord du souverain Philippe III d'Espagne, obtenu précisément en raison des séismes ; l'édification de Casalnuovo commence immédiatement après et le prince y fonde son palais de résidence, en faisant ainsi le centre de pouvoir de ses fiefs et en accroissant l'importance. Le casal, pour cette raison et grâce aux immunités notables établies dans la proclamation, se développe assez rapidement et encore plus après le tremblement de terre du 28 mars 1638. Sont construites des maisons très basses (en prévision d'éventuels séismes à venir) ainsi que de nombreuses églises et couvents. La population continue à augmenter : en 1669 elle contient déjà 128 unités familiales, arrivant à 638 en 1732. Au début de l'année 1783, Casalnuovo compte 5 590 habitants. vignette|Le 5 février 1783, une secousse très violente déclencha une série de tremblements de terre qui causèrent des milliers de morts et modifièrent à jamais le paysage, provoquant des glissements de terrain, des coulées de boue, des fractures du sol, des phénomènes de liquéfaction et la formation de petits lacs. Ces tremblements de terre furent causés par la faille de Cittanova ; le séisme de 1783 fut probablement le premier à être étudié sur place par des sismologues et des expéditions scientifiques, et l'un des plus destructeurs de la région méditerranéenne. Le dessin ci-dessus, réalisé par Pompeo Schiantarelli, montre la dislocation de la plaine de Cittanova et du Passo del Mercante due à l'événement du 5 février. Deux niveaux sont visibles : le niveau inférieur, mesuré par deux membres de l'expédition Bourbon ; le niveau supérieur, affecté par un glissement de terrain, comme indiqué au centre de l'image. Cette gravure est probablement la première dans l'histoire de la sismologie à montrer une faille superficielle. Le 5 février 1783, un séisme d'une puissance incroyable, surnommé il Flagello (« le Fléau »), détruit complètement le village causant 2 017 victimes (dont la noble Maria Teresa Grimaldi).
Casalnuovo finit par être reconstruit sur le même site et recommence à s'étendre, à tel point qu'en 1807 les Français ordonnent d'en faire le chef-lieu d'une juridiction ayant autorité sur Radicena, Jatrinoli, Vatoni, Gioia et San Martino. Le janvier 1842, le circondario de Casalnuovo est divisé en deux circondari distincts : l'un formé de Casalnuovo, l'autre composé des communes de Radicena et Jatrinoli, ainsi que des villages de San Martino et Terranova. Le avril 1852 avec le décret n°129 de Ferdinand II de Bourbon, à la demande du décurionat, le conseil communal de l'époque adopte le nom de Cittanuova, ensuite simplifié en Cittanova.
Dans les années précédant immédiatement l'explosion de la Seconde Guerre mondiale, Cittanova, avec ses 16 000 habitants, est la troisième commune de la province. Son économie ne repose pas exclusivement sur l'oléiculture mais aussi sur un artisanat de qualité qui, avant le conflit, présentait de bonnes perspectives de croissance.
Seconde Guerre mondiale Pendant la Seconde Guerre mondiale, à partir de 1941, plusieurs offensives aériennes sont menées par les Alliés sur la province de Reggio de Calabre. Les bombardements s'intensifient en 1943, en vue du débarquement sur la péninsule. Les raids font de nombreuses victimes parmi les civils et Cittanova paye l'un des plus lourds tributs en sang.
Le soir du samedi 20 février 1943, 10 bombardiers américains B-24D, venant de la mer, larguent des dizaines de bombes et d'engins incendiaires sur la ville, faisant 103 morts (dont 38 enfants de moins de 10 ans) et 200 blessés, en plus de la destruction totale de 150 maisons. Les corps sont temporairement placés à l'intérieur de l'église de la Sacra Famiglia ; après l'incident, de nombreuses personnes essayent de trouver une raison et la vox populi veut attribuer le bombardement à une erreur tragique, due à une tente de cirque confondue avec une cible militaire. Selon divers rapports de mission, les avions ont décollé de l'aérodrome de Benina (Libye) avec l'objectif initial de détruire des navires marchands dans le port de Naples, mais en raison des conditions météorologiques terribles et de la visibilité réduite, de nombreux bombardiers qui sont arrivés près du port campanien ont fait face à l'impossibilité du bombardement et sont retournés à leur base. Certains, sur le chemin du retour, sont partis à la recherche de cibles secondaires, finissant par frapper Amantea, Crotone, Palmi, des réservoirs de carburant près de Platì, ainsi que « ce qui semblait » être un camp militaire à environ 15 miles à l'est de Rosarno et deux villes non identifiées. centré|vignette|Bunker de la Seconde Guerre mondiale dans l'Aspromonte.
Monuments et lieux d'intérêt
Architecture religieuse
Église paroissiale vignette|Façade de l'église paroissiale. L'église paroissiale de Cittanova, dédiée à saint Jérôme, est construite peu d'années après le séisme de 1783. La construction de l'œuvre est supervisée par Maria Antonia Grimaldi Serra, fille de la princesse de Gerace Maria Teresa Grimaldi, morte à cause du tremblement de terre, dont la dépouille - déplacée du couvent dévasté des pères alcantarins en 1793 - repose dans la chapelle de l'Immacolata, à l'intérieur de l'église même.
L'église a une architecture du , d'inspiration baroque. À l'origine avec une nef unique, deux nefs latérales sont ajoutées par la suite et l'intérieur est refait en style néoclassique.
Œuvres sculpturales :
Crucifix en bois de 1600 ; Statue en bois de saint Jérôme du , œuvre de Domenico De Lorenzo ; Statue en bois du Christ resuscité du , œuvre de Domenico De Lorenzo ; Statue de l'Immaculée Conception de 1800 ; Varette (29 statuettes en bois, période : 1821-1893), œuvres de Francesco et Vincenzo Biangardi ; Vierge à l'Enfant en bois de 1866, œuvre de Francesco Biangardi ; Statue de la Vierge, œuvre de Michele Guerrisi.
Sanctuaire de Maria Santissima del Rosario vignette|Vue du sanctuaire de Maria Santissima del Rosario. Édifié en 1823, à l'emplacement d'une église détruite par le Fléau. D'une nef, de style baroque, l'intérieur abrite fresques, stucs, anges et statues en plâtre. Elle est élevée au rang de sanctuaire en 1999. Œuvres sculpturales :
Statue en bois de Notre-Dame du Rosaire, attribuée par certains érudits à Domenico De Lorenzo, par d'autres au sculpteur Francesco Morano ; Trinité couronnant la Vierge : statue en bois réalisée à Naples en 1830.
Église San Rocco vignette|L'église San Rocco. De nef unique, l'église est construite sur le site où s'élevait le couvent des Alcantarins édifié en 1728. Le tremblement de terre de 1783 détruisit complètement le complexe monastique, dont seules survécurent les statues de saint Roch et de saint Pascal, un calice en argent ciselé ainsi qu'une colonne de pierre surmontée d'une croix en fer. La reconstruction est entreprise à partir de 1835, selon le projet de l'architecte Vincenzo Tarsitani, et l'église San Rocco est complétée dans les premières années du grâce aux efforts du prêtre Giacomo Petropaolo. Œuvres sculpturales :
Statue en bois de saint Roch du ; Statue en bois de saint Pascal du ; Orgue à tuyaux de 1919 construite par la société Bussetti de Turin.
Église des Santi Cosma e Damiano Édifiée au milieu du par le notaire Tommaso Marvasi sur les restes d'une petite chapelle détruite par le tremblement de terre, et restaurée progressivement aux époques successives, l'église dédiée aux saints Côme et Damien abrite des statues en bois napolitaines et des toiles des . Œuvres :
Fresque de Notre-Dame des Grâces de 1600, déjà présente dans l'ancienne chapelle ; Statues en bois des saints Alphonse de Liguori, Éloi, Côme et Damien.
Église de la Madonna della Catena vignette|Madonna della Catena. La plus ancienne du village, les historiens rapportent que sur son site se trouvait précédemment une église byzantine intitulée Santa Maria del Campo. La structure d'origine est construite grâce au travail des habitants de San Giorgio Morgeto sous le nom de Santa Maria di Campoforano et dédiée à l'Assomption. À la suite d'une épidémie de choléra qui a frappé la plaine au milieu du , la vieille église fut reconstruite et agrandie par les soins de l'archiprêtre Domenico Luzio en remerciement à la Vierge Marie en 1854, et dédiée à la Madonna della Catena. Toutefois l'ancienne dédicace n'est pas tombé dans l'oubli, tout comme la vénération de l'Assomption, célébrée jusqu'à ce jour par des processions et des prières. Œuvres sculpturales :
Statue en bois de l'Assomption de Marie.
Église San Giuseppe vignette|Église San Giuseppe.