Palmi (API : ; en calabrais : Parmi) est une commune italienne d'environ 18 000 habitants située dans la ville métropolitaine de Reggio de Calabre, en Calabre. Industrieuse cité agricole, commerciale et balnéaire, elle figure parmi les villes les plus importantes de la plaine de Gioia Tauro et de la province entière.
Géographie Topographie centré|vignette|La baie de la Tonnara di Palmi. Palmi se dresse en bordure de la mer Tyrrhénienne, au pied du mont Sant'Elia, sur une terrasse qui surplombe la Costa Viola (« côte violette »).
Le territoire communal est majoritairement constitué d'une succession de collines en terrasses qui se dégradent rapidement vers la mer entre falaises, petites plages et écueils. Le centre-ville est positionné sur une terrasse qui s'élève à 228 m d'altitude en moyenne tandis que, plus au nord, le hameau de Taureana n'excède guère les 100 m. Le reste de la municipalité est occupé au sud par le mont Sant'Elia (582 m) et au nord-ouest, près du littoral, par un terrain plat accueillant la station balnéaire du Lido di Palmi.
Par-delà les limites municipales s'étend vers le nord la piana di Gioia Tauro (« plaine de Gioia Tauro », parfois dite de Palmi), deuxième plaine de Calabre en termes de superficie.
C'est au promontoire situé à l'extrémité occidentale de la ville, le Capo Barbi, que commence la Costa Viola. Cette appellation touristique tire son nom des profondeurs marines élevées qui sont attenantes à la côte, conférant à l'eau une couleur sombre que le crépuscule teint de reflets violacés caractéristiques. La punta Motta se situe juste au sud du Capo Barbi. vignette|Plage du Lido di Palmi avec le Scoglio dell'Ulivo. La bande côtière de Palmi, dessinée par les baies de la Marinella et de la Tonnara, est riche en grottes marines, plages et écueils, parmi lesquels on compte les grottes des Sirènes, de l'Arcudace et Perciata, les plages de la Marinella, Trachini, la Tonnara et Pietrenere-Scinà, ainsi que les rochers Trachini, la Pietra Galera, le Scoglio dell'Isola et le célèbre Scoglio dell'Ulivo, imposant rocher maritime au sommet duquel a poussé un olivier pluriséculaire. centré|vignette|La plage de Trachini.
Hydrographie Le cours d'eau le plus important est le fleuve Petrace, qui matérialise la limite nord-est de la commune depuis la localité de Pontevecchio jusqu'à son embouchure en mer Tyrrhénienne. Son débit moyen est d'environ .
Climat Le climat de Palmi est typiquement méditerranéen, caractérisé par des sécheresses estivales bien marquées et des hivers assez humides.
Toponymie La tradition attribue l'étymologie du nom de Palmi à l'abondance de palmiers qui poussent naturellement sur son territoire. La première mention attestée de « Palmis » apparaît dans un acte de donation de Roger , comte de Calabre, en 1085. Au , Gabriele Barrio la nomme « Parma » mais elle apparaît sous le nom de « Palma » sous la plume de Fra Lando Alberti. Ce n'est qu'en 1669 que l'on commence à trouver la forme « Palmi », qui ne prévaut définitivement sur ses concurrentes qu'à partir de l'unification italienne en 1861.
Histoire
Le site de Palmi est peuplé dès l'âge du bronze, comme en témoignent les découvertes révélées lors des fouilles menées dans la grotte de la Pietrosa et les restes de cabanes découverts à Taureana.
Des débuts de l'Antiquité classique jusqu'au , la cité de Tauriana s'est développée sur l'actuel territoire communal de Palmi. Certaines légendes attribuent sa fondation aux Achéens. L'hypothèse historique la plus accréditée la date plutôt de la seconde moitié du , lorsque des peuplades bruttiennes, les Tauréens, se seraient séparées des Lucaniens pour s'établir en Calabre méridionale. La cité est mentionnée dans des documents d'époque ultérieure, notamment par Tite-Live qui affirme que, contrairement à la majorité du Bruttium, les Taureani sont restés fidèles à Rome lors de la deuxième guerre punique (218-202 av. J.-C.). En 951, Tauriana est détruite par les milices de l'émir Al-Hasan ibn Ali de Palerme et une partie de ses habitants, qui vivent du commerce maritime, s'installe sur les hauteurs de la côte, entre le mont Aulinas et le fleuve Métaure, où quelques fermes peuplent déjà la localité de Palmis.
Des premières siècles d'histoire de la bourgade de Palmi, hameau dépendant de Seminara, on dispose de peu d'informations. Le comte Roger y réunit sa flotte en vue de conquérir la Sicile, mais les seuls événements dont on connaisse les détails pour la période normande jusqu'au début du sont ceux relatifs à la présence des couvents de Sant'Elia et de San Fantino. Le roi aragonais Ferdinand II trouve refuge à Palmi en 1495 après avoir subi une défaite à Seminara face aux troupes du général Robert Stuart d'Aubigny.
En 1549, la ville est saccagée par des pirates sarrasins qui la détruisent intégralement. Le duc Carlo Spinelli, feudataire de Palmi, fait redresser la cité et la munit de puissantes fortifications. Sa refondation donne un second souffle à Palmi, qui croît jusqu'à devenir l'un des ports les plus actifs de la Calabre méridionale.
Elle est officiellement détachée de Seminara en 1632 et poursuit son développement urbain et commercial tout au long des deux siècles suivants, notamment grâce à l'action énergique du marquis Andrea Concublet, qui institue une foire marchande. Des faubourgs se forment aux portes de la ville, et ses murs orientaux sont abattus afin de permettre son expansion, témoignage de la forte croissance démographique qui a eu cours à cette époque.
Cette période florissante est interrompue par le séisme de 1783 qui ravage toute la Calabre méridionale ; la ville de Palmi est rasée au sol et perd 1 400 habitants. La reconstruction qui s'ensuit correspond au plan régulateur conçu par l'ingénieur De Cosiron, avec un schéma urbain orthogonal articulé autour de la nouvelle Piazza del Mercato (« placé du Marché »). Peu après, elle est élevée au rang de chef-lieu de district en 1806.
Le déparquement de Giuseppe Garibaldi et de l'expédition des Mille en 1860 met en fuite la nombreuse garnison des Bourbons stationnée à Palmi, qui abandonne la ville sans combattre. Avec l'unification italienne, le district de Palmi est supprimé et remplacé par la circonscription homonyme (supprimée à son tour en 1927). En 1894, la ville se trouve à l'épicentre d'un tremblement de terre qui engendre de nombreuses destructions et cause la mort de neuf personnes. vignette|Palmi au début du . Le 28 décembre 1908, Palmi est une nouvelle fois ébranlée jusque dans ses fondations par un violent séisme qui fait près de 600 victimes dans la ville. Le noyau urbain est entièrement reconstruit selon les plans de l'ingénieur Pucci, qui transforme radicalement l'aspect traditionnel de la cité palmaise. La reconstruction, qui occupe toute la première moitié du , met à l'honneur les constructions de style néo-classique.
Après la Seconde Guerre mondiale, le secteur tertiaire connaît un essor spectaculaire qui propulse la ville au rang de pôle administratif, commercial et éducatif du versant tyrrhénien de la province grâce à la création d'établissements d'enseignement secondaire, d'infrastructures militaires, sanitaires et judiciaires, ainsi que les sièges d'organismes publics et privés.
Monuments et lieux d'intérêt Architecture religieuse Les principaux édifices de culte de la ville sont :
L'oratoire du Santissimo Rosario (1966), chapelle d'aspect moderne renfermant un vieux tableau de la Madonna del Rosario. L'église de Maria Santissima Immacolata e San Rocco (1954), édifice moderne construit sur l'emplacement de deux anciennes églises dédiées aux deux saints éponymes. Elle abrite les statues très vénérées de San Rocco et de l'Immacolata Concezione. L'église de Maria Santissima del Soccorso (années 1930), de style baroque, conserve sur son maître-autel une statue de la Madonna del Soccorso, qui date du . L'église du Santissimo Crocifisso (), de style baroque, est le plus ancien lieu de culte encore debout dans la ville. Sur le maître-autel se trouve un Crocifisso en bois du tandis que le Sacrario diocesano, qui contient les reliques de plusieurs saints, est conservé dans la crypte. Le sanctuaire de Maria Santissima del Carmelo (1927), de style baroque, renferme de précieux trésors artistiques parmi lesquels la statue miraculeuse de la Madonna del Carmine, réalisée en 1782. vignette|La cathédrale.La cathédrale San Nicola (1932), ou Duomo, est la co-cathédrale du diocèse d'Oppido Mamertina-Palmi. Édifiée dans le style néo-roman, elle préserve une peinture du de la Madonna della Lettera ainsi qu'une de ses reliques, le Sacro Capello (saint cheveu). L'église de Maria Santissima del Rosario (1937), de style néo-roman, renferme la statue très vénérée de Sant'Antonio di Padova. L'église de la Santa Famiglia (2005), exemple d'architecture moderne conçue par les architectes Flavio Bruna et Aimaro Isola. L'église Sant'Elia (1958), petite église située au sommet de la montagne du même nom, bâtie sur l'emplacement de l'ancien lieu de culte fondé en 884 par Sant'Elia lo Juniore. À l'intérieur se trouvent les statues de la Madonna della Montagna et de Sant'Elia profeta. L'église San Fantino (1953), église moderne située à Taureana qui conserve en son sein la statue de la Madonna dell'Altomare.
Architecture civile
Palais Les principaux palazzi de la ville sont :
Le palazzo della Banca Popolare, conçu dans un style rationaliste par l'architecte Marcello Piacentini pour abriter le siège de la banque populaire de Palmi. Le palazzo San Nicola (1932), siège actuel de l'hôtel de ville, conçu dès 1915 par l'architecte Vittorio Alberto Storchi.
Théâtres Les principales infrastructures théâtrales de la ville sont :
Le cinéma-théâtre Nicola Antonio Manfroce (1950), bâtiment d'une grande capacité doté d'une scène pour décors mobiles et rotatifs. Des artistes aussi renommés qu'Adriano Celentano, Gino Bramieri et Domenico Modugno s'y sont produits, permettant à l'établissement de réaliser les meilleures recettes de toute la Calabre. Il a été construit en remplacement de l'ancien théâtre du même nom, inauguré le 26 avril 1893 avec un opéra dirigé par Francesco Cilea puis démoli en 1938 après avoir subi de sérieux dégâts lors du séisme de 1908. Le théâtre en plein air de Motta (2000), creusé sur un terrassement qui surplombe le détroit et d'où il est possible admirer le village perché de Scilla. La structure, conçue par les architectes Rosaria Zoccali et Domenico Abbia, accueille de nombreux événements de l'estate palmese (festivités estivales) avec sa capacité d'accueil de 1 000 places.
Fontaines monumentales La ville s'enorgueillit de posséder plusieurs fontaines monumentales, dont les trois plus importantes sont :
La Fonte di San Rocco (« source de saint Roch », 2010), exécutée par l'artiste Maurizio Carnevali d'après un projet de l'architecte Bagalà, située sur la place du même nom. La fontaine représente une sculpture en bronze de saint Roch près de son chien en train de s'abreuver dans la source. La Fontana della Palma (« fontaine du Palmier », 1922), située au centre de la Piazza Amendola et construite dans le style baroque par le sculpteur Giuseppe Sutera, qui s'est inspiré de l'ancienne fontaine qui ornait la placé du marché (actuelle Piazza I-Maggio) jusqu'en 1886. En 1977, un timbre reproduisant l'œuvre a été émis dans la série « les fontaines d'Italie ».
Fontaine monumentale de la Piazza Matteotti (), ornée en son centre d'une colonne romaine provenant des ruines de l'ancienne Tauriana.
Autres monuments