La Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) est une société publique locale, fondée en 1877 à Strasbourg. Elle a pour objectif l'exploitation du réseau de transports en commun de voyageurs sur le territoire de l'Eurométropole de Strasbourg.
La Compagnie des transports strasbourgeois exploite actuellement les six lignes du tramway de Strasbourg, le réseau de bus (dont deux lignes de BHNS) ainsi que les douze parkings relais associés, pour le compte de l'Eurométropole. Elle participe également au système de location de vélo de l'Eurométropole via sa filiale Strasbourg Mobilités, Eurométropole de Strasbourg.
En 2024, selon le rapport d'activité annuel de la Compagnie des transports strasbourgeois, son réseau a assuré une moyenne de 507 000 voyages par jour, soit un peu plus de de voyages par an.
Historique thumb|Tramway CTS de la ligne 1 traversant le Rhin au début des années 1920. Naissance de l'entreprise Le , on assiste à la création de la (pour Compagnie strasbourgeoise des chemins de fer à chevaux), renommée en 1888 (pour Compagnie des tramways strasbourgeois). En 1919, après le retour de l'Alsace-Lorraine à la France, elle devient la Compagnie des tramways strasbourgeois (CTS).
Le verra la mise en service de la première ligne de tramway hippomobile. La compagnie continue à étendre son réseau avec l'appui financier de banques tels que la Straehling-Valentin, développant aussi une activité de chemin de fer d'intérêt local..
Ce n'est qu'en 1894 que débute l'électrification du réseau de tramway à la suite d'un partenariat entre la ville et la Allgemeine Elektricitäts-Gesellschaft (AEG).. Les premières lignes sont électrifiées dès l'année suivante à l'occasion de l'Exposition Industrielle qui se déroule cette année-là.
En 1900, le réseau compte près de quinze lignes pour cinquante kilomètres de voies. La ville de Strasbourg devient en 1912, l’actionnaire majoritaire de la compagnie avec 51 % des parts : c’est le début du régime d’économie mixte. La ville concède alors un contrat exclusif d'exploitation du réseau et la construction des futures lignes ; la ville y trouve ainsi un moyen de pouvoir intervenir directement sur le développement de l'agglomération.
L'entreprise mise à mal par la première guerre thumb|Tramway CTS de la ligne 3 sur l'avenue de la Marseillaise, dans les années 1920. La déclaration de guerre en 1914 mobilise la plupart des effectifs de la compagnie (plus de sur l'effectif total de 540 agents). L'entreprise a recours à plus de pour continuer à faire rouler le réseau..
À la fin de la guerre, le réseau est fortement endommagé et scindé en deux par la scission : les lignes outre-Rhin sont ainsi cédées à la République de Bade en 1922. C'est à cette époque que le département prend une participation financière dans la société, qui fait face à des difficultés financières.
Les premiers autobus apparaissent en 1928, mais le tramway transporte encore plus de de passagers pour l'année 1930. Malgré tout, le trafic décline. La CTS se tourne vers l'activité touristique dès 1932 avec la création de la société ASTRA, dotée d'autocars de grand tourisme.
La Seconde Guerre mondiale thumb|Ancienne ligne 6 du tramway sur le Pont du Corbeau. Pour faire face à la pénurie de carburant, le trolleybus fait son apparition en 1939 sur la ligne Roethig - Ostwald. Le réseau de tramways servira à évacuer Strasbourg, puis sera arrêté, seul le réseau suburbain continuant à circuler pour assurer l'approvisionnement de l'armée française.. Mais les autorités allemandes remettent le réseau en service dès qu'elles prennent le contrôle de la ville en juin 1940. Durant la guerre, le réseau tram est un des seuls moyens de transport et enregistre des pics de fréquentation, avec près de de déplacements en 1943. Lorsque Strasbourg redevient française, la CTS doit faire face à une crise, des pertes humaines et matérielles conséquentes.
L'après-guerre Après la guerre, les autorités réfléchissent à la reconstruction du réseau et remplacent deux lignes de tram par des trolleybus en 1947/50, avant de se tourner définitivement vers l'autobus. Celui-ci est plus facilement réquisitionné en cas de conflit, et les comptes de la CTS empêchent d'acheter de nouvelles motrices pour le réseau..
Dès 1953, la compagnie commence à remplacer des lignes de tramways urbains par des lignes de bus. Le , la dernière ligne de tramway (4/14 Hœnheim - Neuhof Forêt) est fermée et le lendemain un cortège d'adieu rassemblant est organisé. Le trafic de marchandises par tramway a été stoppé dès avril 1957, sauf pour le transport des ordures ménagères qui continue jusqu'en 1960.
En 1954, la CTS cède la ligne de Rosheim à Saint-Nabor (via Ottrott) aux carrières de Saint-Nabor, ce qui engendre l'arrêt du trafic voyageur de cette ligne.. Des trains touristiques ont toutefois continué à circuler sur cette ligne jusqu'en 1988 avec des locomotives à vapeur. Une locomotive 030T Borsig T3. ainsi qu'un fourgon postal, tous les deux classés Monuments historiques, étaient d'ailleurs conservés par la CTS dans son dépôt de la Kibitzenau jusqu'en 2017.
Le renouveau du réseau vignette|gauche|Autobus Somua type OP5/2 de la CTS sur la place Kléber en . vignette|droite|Autobus Chausson-Saviem APHA de la CTS sur la place Kléber en . Au printemps 1962, les derniers trolleys sont supprimés après avoir circulé sur les trois lignes 28 (Rœthig - Ostwald), 5/15 (place Broglie - Conseil des XV) ou encore la 10 (ligne de ceinture). La disparition du tramway engendre une baisse de la fréquentation de 20 % dans les années 1960.. Le réseau connaît une révolution en 1967 avec la suppression du receveur. Les conducteurs cumulent alors la fonction de conducteur et celle de receveur. La reconquête des usagers se poursuit avec la création de couloirs réservés aux bus sur et l’introduction de bus articulés.
À partir de mars 1970, la CTS exploite un petit train touristique qui permet de découvrir la Petite France, les ponts couverts et les quais de l'Ill au départ de la place du Château..
En 1975, l'entreprise compte 230 véhicules et transporte 32 millions de passagers par anIl y a 50 ans à Strasbourg : les catherinettes "à la fête", un ancien Premier ministre en promo, Dernières Nouvelles d'Alsace, le 30 novembre 2025.. Le tarif unique débarque à Strasbourg en 1976, les lignes urbaines sont alors étendues à l’ensemble de la communauté urbaine de Strasbourg.
La CTS se recentre sur son activité de transport public, et revend sa société de tourisme ASTRA ainsi que ses véhicules dédiés aux transports de marchandises. Elle est l’une des premières entreprises françaises à introduire un système d'aide à l'exploitation permettant des échanges d'informations entre les véhicules et le poste de commande centralisée.
Le retour du tramway vignette|gauche|Lors des essais du nouveau tramway, place Kléber, 1994. vignette|Le Renault SC 10 R était l'autobus standard du réseau CTS à la fin des années 1980 et dans les années 1990. À la fin des années 1980, la municipalité se lance dans le projet d'un nouveau type de transports en commun. Un système de métro est tout d'abord privilégié, avec la mise en avant du VAL., mais après les élections municipales de 1989, la nouvelle municipalité décide de se tourner vers le tramway. C'est la CTS qui est chargée de la maîtrise d’ouvrage pour le chantier qui débute dès janvier 1991. La ligne A est mise en service le . D'une longueur initiale de , elle effectue la liaison entre Hautepierre Maillon et Illkirch Baggersee.
Parallèlement à la mise en service du nouveau tramway, le petit train touristique est rebaptisé Minitram et adopte un design inspiré de l'Eurotram.
La CTS tente d'associer une multitude de service avec le tramway. Dès 1997, une navette effectue la liaison entre l'aéroport et la station du tramway Baggersee, des Véloparcs sont installés à certaines stations, etc. Dès 1998, la ligne A est prolongée depuis Baggersee jusqu'à Illkirch-Lixenbuhl, et un embryon de la ligne D est créé à cette occasion, doublant en partie la ligne A en effectuant le trajet : Rotonde et Étoile Polygone.
Les lignes B et C voient le jour en septembre 2000. La B entre Elsau et Hœnheim Gare et la C entre Elsau et le quartier de l'Esplanade.
Une nouvelle forme de billettique est mise en place en septembre 2004 : la carte Badgeo remplaçant les cartes papiers standards sur le réseau urbain. Elle est étendue au réseau interurbain en 2006..
Maillage du réseau et nouvelles énergies vignette|gauche|La navette aéroport, rue de Sébastopol, arrêtée depuis décembre 2008. vignette|L'autobus hybride Solaris Urbino 18. vignette|Un autobus de la CTBR avec la livrée du réseau 67. À la suite des élections municipales de 2001, une nouvelle phase d'agrandissements du réseau est approuvée. La mise en service est prévue entre 2006 et 2008, mais plusieurs associations et trois particuliers (dont deux élus verts) ayant déposé des recours, les travaux se sont vu retardésRevue Villes et Transports , éditions La vie du Rail, Paris, 12 décembre 2007. et cette suite d'extensions ne sera inaugurée qu'à partir du . et s'achève en et permet la création de de voies et de de lignes commerciales.. En aout 2007 une nouvelle ligne de tram, la ligne E, est créée entre les stations Wacken et Baggersee, elle est prolongée jusqu'à l'entrée de la Robertsau en fin d'année.
En , avec la mise en service de la première phase du tram-train, la navette aéroport de la CTS cesse de circuler car remplacée par le nouveau service du TER Alsace.. Fin 2008, la CTS lance une expérimentation d'un bus hybride. : un Solaris Urbino 18. Circulant sur la ligne 6 avec d'autres autobus diesel, il a permis de comparer les performances des deux motorisations. Après un an de circulation, l'entreprise n’a pas jugé les tests concluants et a annoncé ne pas acquérir d'autres véhicules hybrides. La Compagnie des transports du Bas-Rhin (CTBR) est créée le . Cette société par actions simplifiée est une filiale commune de la CTS, de Transdev et des transporteurs Mugler et Striebig. La CTBR exploite environ 80% des lignes interurbaines du Réseau 67.
Le , le réseau de tramway est remanié et s'agrandit avec la création de la ligne F. reliant l'Elsau à la Place d'Islande et préfigurant le tram-train, et la ligne C effectue le trajet de la station Gare centrale jusqu'à Neuhof Rodolphe Reuss.. Fin 2010, la ville et la CTS déposent un projet de création d'un tramway sur pneus sur l'axe Wolfisheim – Vendenheim via Strasbourg dans le cadre du à projet de TCSP du Grenelle II.. Cette hypothèse est très critiquée par les associations locales, les riverains ainsi que l'opposition municipale. Finalement, Roland Ries annonce qu'il y aura un nouveau délai pour la ligne afin de définir quel mode de transport est le plus adapté.. Cette hypothèse est finalement exclue en 2013 au profit d'un tramway classique, compatible avec le réseau existant..
En parallèle de l'annonce de l'abandon de l'énergie hybride, l'entreprise a décidé de poursuivre son achat de véhicules au gaz naturel. Ainsi, dès , le dépôt de Cronenbourg qui ne disposait pas d'équipements pour d'accueillir des autobus au gaz naturel., est équipé et met simultanément en service une trentaine de véhicules Irisbus Citelis au gaz..
En , la SNCF et Keolis remportent l'appel d'offres d'assistance technique et de conseil, au détriment de Veolia Transdev (devenu Transdev depuis). D'une valeur de par an, ce contrat dure cinq ans avec une entrée en vigueur dès le .. Transdev avait attaqué le groupement en justice pour pratiques anti-concurrentielles..
En 2013, le projet de tram-train est abandonné de par les coûts importants du tunnel permettant l'interconnexion entre les réseaux CTS et SNCF..