Leonard Cohen Prononciation en français canadien standardisé retranscrite selon la norme API. (en anglais : Prononciation en anglais canadien retranscrite selon la norme API.), né le à Westmount (Québec) et mort le .Son décès, survenu le , n'a été annoncé que le 10 novembre. à Los Angeles (Californie, États-Unis), est un auteur-compositeur-interprète, musicien, poète, romancier et peintre québécois.
Son premier recueil de poésies paraît à Montréal en 1956 et son premier roman en 1963.
Les premières chansons de Leonard Cohen (principalement celles de , 1967) s'inscrivent dans la tradition de la musique folk et sont interprétées avec une voix grave. Dans les , ses influences se multiplient : musique pop, de cabaret et du monde. À partir des années 1980, il chante accompagné de synthétiseurs et de choristes.
Dans toute son œuvre, Leonard Cohen reprend souvent les mêmes thèmes : l'amour-passion, la religion, la solitude, la sexualité et la complexité des relations interpersonnelles. Leonard Cohen assume sa dépression chronique. dont il ne se cache pas, allant jusqu'à en parler aux journalistes rassemblés à l'occasion de la conférence de presse sur son album Compte rendu par Dominique Simonet, journaliste musical à la Libre Belgique, de la conférence de presse à L'Hôtel Crillon de Paris, le (Bonjour quand même, chronique en radio du par Jean-Pierre Hautier)..
Les poèmes et les chansons de Leonard Cohen influencent de nombreux auteurs-compositeurs-interprètes et plus de de ses chansons sont réalisées .. Cohen est introduit au Panthéon de la musique canadienne en 1991, au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens en 2006, puis en 2008. Il est un compagnon de l'Ordre du Canada (CC) depuis 2003 et grand officier de l'Ordre national du Québec (GOQ) depuis 2008, les plus hautes distinctions décernées respectivement par le gouvernement du Canada et le gouvernement du Québec.
Son œuvre poétique est récompensée par le prix Prince des Asturies des Lettres 2011..
Biographie
Origines familiales Leonard Norman Cohen (Eliezer ben Nisan ha'Cohen selon l'onomastique juive.) naît dans une famille juive ashkénaze de Montréal, au Québec.
Son père, Nathan Cohen (1891-1944), d'origine polonaise, propriétaire d'un magasin de vêtements à Montréal, est le fils de (1868-1937)Notice biographique de Lyon Cohen sur le site Dictionnaire biographique du Canada., né à Suwałki dans le royaume de Pologne sous tutelle russe. Homme d'affaires notable de la communauté juive de Montréal, il est élu président du Congrès juif canadien lors de sa fondation en 1919, puis crée le , premier journal juif de langue anglaise au Canada.
Sa mère, Marsha « Masha » Klonitsky (1905–1978)., est d'origine russe. Elle est la fille de Solomon Klonitsky-Klein (1868-1958), né à Kovno en Lituanie (alors dans l'Empire russe), rabbin connu comme étant le Sar Hadikduk, le « prince des grammairiens » car expert en langue et grammaire hébraïques, et qui vit en partie chez les parents de Cohen quand ce dernier est enfant. Sa mère chante souvent pour son fils des chansons traditionnelles, en russe ou en yiddish plutôt qu'en anglais.
Leonard a une sœur aînée, Esther (1930-2014). La famille réside dans le quartier aisé de Westmount, municipalité huppée et essentiellement anglophone enclavée dans celle de Montréal, ville où le français est majoritaire, comme dans l'ensemble du Québec.
Leonard Cohen grandit dans une ambiance fortement religieuse, au sein de la congrégation Shaar Hashomayim de Montréal, l’une des plus importantes institutions juives du Canada, co-fondée par ses ancêtres, où son grand-père et son père sont présidents. On lui rappelle souvent qu’il descend du grand-prêtre Aaron Williams, P. (n.d.) « Leonard Cohen: The Romantic in a Ragpicker's Trade », sur webheights.net., frère de Moïse, donc prêtre lui-même consacré au service divinEn tant que Cohen (hébreu : litt. « dédié, dévoué »), Leonard Cohen est un prêtre du dieu d'Israël, « consacré à Dieu ». Le nom-titre de Cohen est conférée aux seuls descendants mâles d’Aaron, le frère de Moïse de la tribu de Lévi. Le Cohen biblique et antique avait pour tâche d'assurer le culte du Temple de Jérusalem, l'offrande des sacrifices, la bénédiction du peuple d'Israël, l'évaluation des marques d'impureté et l'application de la loi divine. Consacré au culte, le Cohen voit les enfants d'Israël le sanctifier et lui remettre une part de leurs récoltes, bétail et offrandes. En raison de sa sainteté, il est attendu du Cohen qu'il soit en état de pureté lorsqu'il les consomme ou qu'il officie au rituel, et qu'il se garde scrupuleusement de l'impureté rituelle qui touche tous les domaines de la vie. Le Cohen contemporain assure certaines de ces anciennes fonctions et jouit d'un statut d'exception dans le judaïsme : premier appelé à la lecture de la Torah, dispenseur de sa bénédiction en certaines occasions, officier au rachat des premiers-nés.
Jeunesse Leonard Cohen grandit rue Belmont à Westmount. Il effectue sa scolarité primaire à la de Westmount et sa scolarité secondaire au .., à partir de 1948.
En 1950, âgé de quinze ans, il découvre la poésie de Federico García Lorca et écrit ses premiers poèmes. La même année, il achète une guitare, apprend quelques accords de base et découvre qu'elle peut être un moyen d'attirer l'attention des filles. Il formera plus tard un groupe d’inspiration , les . En 1951, il entre à l'Université McGill de Montréal, où il étudie le droit. Il y rencontre Irving Layton et Louis Dudek, qui l'aident à publier ses premiers poèmes dans une revue d'étudiants, CIV, abréviation de « civilisation » inventée par Ezra PoundEzra Pound, Kenneth White, Robert-Laffont, 1983..
Son premier recueil de poésies, , paraît en 1956, édité par ., alors qu'il n'est encore qu'un étudiant de premier cycle.
En 1957, un album de poèmes lus. paraît, comportant huit poèmes de Leonard, lus par lui-même. Sur le même album, on trouve notamment Irving Layton et Abraham Moses Klein. En 1959, Leonard Cohen obtient une bourse d'études et part pour Londres où il achète une machine à écrire Olivetti et l'imperméable bleu Burberry qui apparaît sur la photographie de l'album . Il lui sera volé en 1968.
En , il s'installe en Grèce, sur l'île de Hydra qui accueille une colonie d'artistes anglo-saxons. Il y achète une maison (qu'il gardera quarante ans) et y écrit , qui le rend célèbre dans les cercles de poètes canadiens. Il publie en 1964 et les romans (1963) et (1966).
Dans le Montréal anglais des années 1960, Leonard Cohen se proclame sympathisant du mouvement nationaliste québécois, qui désire réaliser l'indépendance politique et linguistique de la province : .
est un roman d'apprentissage autobiographique sur un jeune homme trouvant son identité dans l'écriture. En revanche, , s'il peut également être considéré comme un roman d’apprentissage, ne conduit pas au succès du personnage principal (« »). Selon une mode postmoderne contemporaine, Leonard Cohen détruit l'identité des personnages principaux en mêlant sacré et profane, religion et sexualité dans une langue riche et lyrique, mais aussi très cruePour avoir un aperçu des travaux écrits de Cohen, voyez Steven Scobie, Leonard Cohen, Douglas & McIntyre, Vancouver, 1978..
Leonard Cohen parolier Leonard Cohen s’installe aux États-Unis et commence à chanter dans des festivals de musique folk. En 1966, Judy Collins fait de sa chanson Suzanne un succès. Cette chanson se réfère à Suzanne Verdal, l'ancienne épouse d'un ami personnel, le sculpteur québécois Armand Vaillancourt« Suzanne, la femme qui fit chanter Leonard Cohen », sur lejdd.fr, .. Leonard Cohen ne touche pas d'argent pour la chanson Suzanne : il s'est lié à un arrangeur qui doit retravailler la chanson, mais les deux hommes ne s'entendent pas, et l'arrangeur, après avoir travaillé sur la partition, lui apprend qu'il a signé les documents pour en posséder les droits. La bataille judiciaire dure jusqu'en 1984, et l'arrangeur propose à Leonard de lui revendre les droits au cours d'une rencontre dans un hôtel à New York. À la question de savoir combien il comptait les lui racheter, Leonard répondit : Un accord est signé en 1987.
Grâce à la chanteuse Judy Collins, Leonard Cohen fait sa première apparition scénique à New York le ...
Interprète John H. Hammond fait signer Leonard Cohen chez Columbia Records. Son premier album, , sort en 1967 et contient une version de Suzanne. L'album, empreint de noirceur, sera bien reçu par la critique. En 1969, sort l'album . Il est considéré comme l'album classique de Leonard Cohen, avec les tubes , et , le premier titre que Leonard Cohen chante en français.
Le , Leonard Cohen chante lors du Festival de l'île de Wight 1970 : il se produit au pied levé, à du matin, juste après la prestation de Jimi Hendrix.
En 1973, alors qu'il est déprimé, disant ne pouvoir aller plus loin en musique et qu'il annonce qu’il va prendre sa retraite, il quitte l'île de Hydra où il réside pour se rendre en Israël via Athènes. Il franchit le canal de Suez pour initialement, cueillir des fruits dans un kibboutz mais finalement, retrouver et soutenir sur les lignes de front du Sinaï les soldats de l'armée israélienne, en risquant sa vie durant la guerre de Kippour, armé d'une guitare et de ses chansons pour y donner de petits concerts impromptus.
En 1977, l'album est produit par Phil Spector, loin du minimalisme habituel de l'artiste. L'album est enregistré dans une atmosphère déplaisante. Cohen reniera le disque et n'interprètera que très rarement des chansons de Death of a Ladies' Man sur scène. Son disque suivant, , plus classique, sort en 1979.
En 1982, il rencontre Dominique Issermann, qui réalise plusieurs portraits de lui et qui devient sa compagne. La même année, il écrit une comédie musicale, , qui fera l'objet d'un film présenté au festival de Cannes de 1985.
En 1984 sort , un album très spirituel, voire mystique, qui contient deux des chansons les plus célèbres de Cohen, Dance me to the end of love et Hallelujah. L'album remporte un bon succès en Europe, mais Columbia refuse de sortir l'album aux États-Unis, où Cohen a toujours eu un succès bien moindre qu'en Europe ou au Canada. La parution de Various Positions est suivi d'une tournée de plus de 80 concerts qui conduiront notamment Cohen en Pologne pour la première fois de sa carrière.
En 1986, il apparaît dans un épisode de Deux flics à Miami. Cette même année, la chanteuse Jennifer Warnes enregistre un album de chansons de Cohen qui contient deux compositions inédites (First we take Manhattan et Ain't no cure for love) et des reprises de classiques dont Joan of Arc, que Warnes et Cohen interprètent en duo. L'album, intitulé Famous Blue Raincoat, est un succès. Il sera disque d'or au Canada et atteindra la huitième position aux États-Unis. Il écrit une chanson pour Diana Ross, Summertime, qui sort en 1987.vignette|Leonard Cohen (1988).En 1988, Cohen propose un nouvel album de chansons originales, . Dédié à son amie Dominique Isserman, l'album est enregistré à Montréal, Paris et Los Angeles, mais n'en est pas moins très homogène. Il marque un changement dans l'écriture, la composition et l'orchestration. Les synthétiseurs sont très présents, et l'écriture est plus engagée et teintée d'humour noir. Cohen chante ses propres versions de First we take Manhattan et Ain't no cure for love. L'album contient également une adaptation d'un poème de Federico García Lorca (Take This Waltz) et une composition coécrite par Cohen et Sharon Robinson, Everybody Knows.
En 1991, le magazine français Les Inrockuptibles produit un album hommage intitulé I'm your fan sur lequel des chanteurs et des groupes alternatifs, comme R.E.M., Peter Astor ou Geoffrey Oryema, interprètent des chansons de CohenCritique de la compilation I'm your Fan - Albert Labbouz, Site (non officiel) de Leonard Cohen. Pour la circonstance, Cohen accorde un long entretien au magazine dans lequel il fait le point sur sa carrière.