Le Soleil est un poème de Charles Baudelaire publié dans Les Fleurs du mal en 1857.

D'abord placé dans la section « Spleen et Idéal » de l'édition de 1857, entre « Bénédiction » et « Élévation », il est ensuite déplacé dans la nouvelle section « Tableaux Parisiens » de l'édition de 1861, entre « Paysage » et « À une mendiante rousse ».

Forme Le poème est composé de trois strophes, respectivement de 2 huitains et 1 quatrain, il est écrit en alexandrin et les rimes sont suivies.

Le poème LE SOLEIL

Le long du vieux faubourg, où pendent aux masures Les persiennes, abri des secrètes luxures, Quand le soleil cruel frappe à traits redoublés Sur la ville et les champs, sur les toits et les blés, Je vais m'exercer seul à ma fantasque escrime, Flairant dans tous les coins les hasards de la rime, Trébuchant sur les mots comme sur les pavés Heurtant parfois des vers depuis longtemps rêvés.

Ce père nourricier, ennemi des chloroses, Éveille dans les champs les vers comme les roses ; Il fait s'évaporer les soucis vers le ciel, Et remplit les cerveaux et les ruches de miel. C'est lui qui rajeunit les porteurs de béquilles Et les rend gais et doux comme des jeunes filles, Et commande aux moissons de croître et de mûrir Dans le cœur immortel qui toujours veut fleurir !

Quand, ainsi qu'un poète, il descend dans les villes, Il ennoblit le sort des choses les plus viles, Et s'introduit en roi, sans bruit et sans valets, Dans tous les hôpitaux et dans tous les palais.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes

Léo Ferré chante Baudelaire

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