Plassans est une ville fictive qui apparaît dans la série de 20 romans des Rougon-Macquart écrits par Émile Zola entre 1871 et 1893 et qui figure dans le titre du quatrième volume, La Conquête de Plassans (1874). Plassans est la ville d'origine des Rougon-Macquart qui, de là, vont se disperser à travers la France.
Pour décrire la ville, Zola s'inspire d'Aix-en-Provence, la ville de son enfance.
L'insurrection varoise de est le fil conducteur de La Fortune des Rougon, le premier roman de la série, qui s'inspire de ce qui s'est passé à Lorgues, ville du Var.
Divisions sociales alt=Aix-en-Provence|vignette|Aix-en-Provence Dans La Fortune des Rougon, la ville est décrite comme : le vieux quartier, où s'entassent les classes populaires et la petite bourgeoisie ; le quartier Saint-Marc où vivent l'aristocratie et le clergé ; et la ville neuve, domaine de la bourgeoisie installée. Comme Aix-en-Provence, un de ses modèles, c'est une ville moyenne de habitants, nichée au flanc des Alpilles ; elle a peu d'industrie, le commerce vit surtout de l'écoulement des denrées locales, huile, vins, amandes ; les classes populaires n'y comptent guère. En revanche, c'est un siège de tribunaux qui rassemblent bon nombre de magistrats et de gens de loi. La noblesse, refermée sur elle-même depuis la chute de Charles X, se tient à l'écart du reste de la société. Les portes des remparts sont fermées , pratique anachronique qui symbolise l'esprit conservateur et craintif de la ville. Même les bourgeois cultivés du quartier neuf, qui se disent libres penseurs, sont prêts à se ranger derrière l'autorité .
Dans la première moitié du , Adélaïde Fouque, aïeule des deux branches des Rougon-Macquart, possède deux maisons avec jardins maraîchers à la lisière de la vieille ville qui reviendront à Pierre Rougon, ancêtre de la lignée petite-bourgeoise et ambitieuse ; le jardinier Macquart, un contrebandier qui devient l'amant d'Adélaïde après son veuvage, habite une cabane dans une ruelle mal famée, l'impasse Saint-Mittre. Pierre Rougon épouse Félicité, fille d'un marchand d'huile d'olive appauvri, et vend les jardins pour développer son commerce, première étape de l'ascension sociale de la famille. Trois ans avant la révolution de 1848, le couple Rougon se retire du commerce, achète un appartement de trois pièces donnant sur la place de la Mairie et commence à tenir un salon fréquenté par les différentes classes de l'élite locale, ce qui lui permet d'aspirer à de plus hautes ambitions. Au milieu du siècle, le cimetière Saint-Mittre, désaffecté et devenu un terrain vague, sert de rendez-vous aux amoureux Silvère et Miette : c'est là que Silvère annonce à Miette qu'il part pour rejoindre les insurgés républicains qui s'opposent au coup d'État du 2 décembre 1851 ; ils se rendent dans le centre de la ville pour se joindre à la colonne des volontaires.
Dans La Conquête de Plassans, Pierre et Félicité, devenus des protégés du régime après avoir contribué à la victoire du coup d'État, intriguent pour franchir la « Place » et passer symboliquement de leur quartier besogneux à celui des nouveaux riches. L'appropriation de l'espace par le regard, puis par le calcul électoral, joue un rôle central dans ce roman où l'abbé Faujas, agent du ministre Eugène Rougon, arrive pour servir à la fois les intérêts du bonapartisme et ceux du clan Rougon dans une ville encore dominée par l'aristocratie légitimisteDavid Baguley, 1980-1981, p. 80-92.. La victoire du nouveau régime se concrétise par l'arrivée du chemin de fer au bénéfice du nouveau quartier :
Notes et références
Bibliographie David Baguley, « Les paradis perdus : espace et regard dans La Conquête de Plassans de Zola », Nineteenth-Century French Studies, 1980-1981, no 9, p. 80-92. . . . Alain Marcel, " Lorgues, le Temps Retrouvé". P257 : 1851. Lorgues et l'insurrection varoise. P259 : Emile Zola écrit "La Fortune des Rougons". Editions Equinoxe, 2018.
Annexes Lorgues, Plassans et Émile Zola.
Catégorie:Émile Zola Catégorie:Ville fictive en France Catégorie:Lieu de fiction dans la littérature