Maureen O'Hara est une actrice irlando-américaine née le à Ranelagh, Dublin (Irlande) et morte le à Boise, Idaho (États-Unis).

Elle commence à faire carrière au cinéma à 19 ans, sous la direction d'Alfred Hitchcock dans La Taverne de la Jamaïque et dans Quasimodo où elle est Esmeralda pour William Dieterle. Elle poursuit à Hollywood, sous contrat avec la RKO (qui la cède bientôt à la Fox). Elle est l'actrice fétiche de John Ford depuis Qu'elle était verte ma vallée (1941), et celui-ci la dirige encore à quatre reprises. Elle est aussi la partenaire féminine préférée de John Wayne avec qui elle partage l'affiche de cinq films, Rio Grande, L'Homme tranquille et L'aigle vole au soleil trois réalisations de Ford, puis Le Grand McLintock et Big Jake.

Biographie Des débuts prometteurs gauche|vignette|Maureen O'Hara en 1950. Maureen O'Hara est la fille de Marguerita Lilburn, une contralto et comédienne irlandaiseL'encyclopédie du cinéma - Tome 2 - Roger Boussinot - Les Savoirs Bordas ., dont très tôt elle suit les conseils, en prenant des leçons de diction et de danse. Possédant une voix de soprano, elle rêvera longtemps d’une carrière de cantatricewikipedia anglais.. Son père, Charles FitzSimons, gère une entreprise à Dublin ; il est également propriétaire d’une équipe de football, le Shamrock RoversBiographie IMDb..

Maureen O'Hara participe, dès l’âge de dix ans, à un show radiophoniqueallmovie.com.. Puis elle se forme au théâtre et à 15 ans, intègre le prestigieux Abbey Theatre en IrlandeDictionnaire du cinéma - les acteurs - Jean Tulard - Éditions Robert Laffont – 2004 – . où elle pratique le théâtre classique et l'opéra. Son père ne croit pas aux aspirations de sa fille et insiste pour qu’elle apprenne un autre métier. Elle prend des cours de comptabilité et de dactylo, une compétence qui s’avérera bien utile quand John Ford lui demandera de taper ses notes et le script lors de la mise en chantier de L'Homme tranquille.

Elle est remarquée dans une interprétation d’une pièce de Shakespeare par Harry Richman, un chanteur populaire de music-hall américain. Il la recommande dans un de ses films, pour un petit rôle, Kicking the Moon Around (1938) comédie musicale de Walter FordeAlice cinéma..

Le célèbre acteur Charles Laughton la remarque également dans un bout d’essai et est tout de suite séduit par le charisme de l’Irlandaise, ses yeux verts et sa flamboyante chevelure rousseBiographie Allociné.. Il la présente à son associé Erich Pommer le producteur et lui fait signer un contrat de sept ans dans leur société de production Mayflower Pictures Corporation. Sur les conseils de Pommer, Maureen Fitzsimons change son nom en O’HaraFilms des années 1940 - Jürgen Muller - Éditions Taschen - 2005 - p. 53..

Elle est tout de suite dirigée aux côtés de Charles Laughton par Alfred Hitchcock, dans sa dernière réalisation britannique, L'Auberge de la Jamaïque, film d’aventures maritimes qui remporte un grand succès commercial malgré de mauvaises critiquesAlfred Hitchcock par Robert A. Harris et Michael S. Lasky – Henri Veyrier .. Enthousiasmé par sa prestation, Charles Laughton déclara qu’elle avait fini par voler la vedette à tous les acteurs et que non seulement c’était une comédienne mais de plus une très bonne actrice. Il embarque avec la jeune actrice sur le Queen Mary et appareille pour l’Amérique, direction Hollywood pour tourner un nouveau film pour la RKO. droite|260px|vignette|Maureen O'Hara dans Quasimodo. Laughton est désigné pour incarner le Bossu de Notre-Dame et Maureen est proposée par l’acteur pour interpréter le rôle d’Esméralda dans une superproduction particulièrement coûteuseWilliam Dieterle, un humaniste au pays du cinéma – Hervé Dumont – CNRS éditions Cinémathèque française . Quasimodo d'après le roman Notre-Dame de Paris de Victor Hugo, remarquable adaptationLe film obtient 100 % de critiques positives sur le site Rotten Tomatoes. « The Hunchback of Notre Dame », sur rottentomatoes.com (consulté le 18 avril 2019). dirigée par William Dieterle. La RKO fit construire d’immenses studios et Van Nest Polglase, le décorateur, reconstitua la façade de la cathédrale Notre-Dame de Paris et tout un quartier médiéval. Le tournage mobilisa trois mille cinq cents figurants en costumes. Le film est un nouveau succès.La société de production RKO rachète alors le contrat de Maureen O’Hara à Charles Laughton. Profitant du talent de chanteuse et de danseuse de l’actrice, la RKO l’emploie dans divers films musicaux comme Dance, Girl, Dance ou mais malgré ses capacités pour la comédie musicale elle ne sera que très rarement employée dans ce genre.

La reine du Technicolor Son prochain film va être décisif pour la suite de sa carrière. L’attention d’un grand réalisateur, John Ford, va se porter sur cette rousse aux yeux verts qui lui rappelle ses origines irlandaisesÀ la recherche de John Ford - Joseph McBride - Institut Lumière/Actes Sud p. 445.. John Ford vient de reprendre les rênes d’un film commencé par William Wyler et choisit Maureen O’Hara pour interpréter le rôle d’Angharad dans Qu'elle était verte ma vallée à la place de Katharine Hepburn et de Gene Tierney alors pressenties. Ce bouleversant hommage à une communauté de mineurs gallois, révèle la véritable nature passionnée et volontaire de l’actrice. Maureen O’Hara trouvera ses meilleurs rôles dans les films de John Ford et en tournera quatre autres avec lui. Elle est désormais une star à la 20th Century Fox qui a racheté son contrat à la RKO.

Son tempérament et ses aptitudes sportives cultivées pendant l’enfance lui valent d’être spécialisée dans de nombreux films d’aventures exotiques et de cape et d'épée. Magnifiquement mise en valeur par la couleur elle sera surnommée « La Reine du Technicolor » et un journaliste écrit à ce sujet : « photographiée en Technicolor, Maureen O'Hara est plus éblouissante qu'un coucher de soleil ».gauche|vignette|260px|Maureen O'Hara et Tyrone Power dans Le Cygne noir. Elle est remarquable dans un des meilleurs films de pirates de l’histoire du cinémaEncyclopédie alpha du cinéma - Le cinéma d’aventures Volume 2 - Éditions Grammont S.A. - Alpha Éditions Le Cygne noir d'Henry King. Elle reste dans le thème de la piraterie avec des films comme Pavillon noir, Tripoli ou À l'abordage. On la voit l’épée à la main en fille d’Athos dans Les Fils des Mousquetaires, en princesse exotique dans des fantaisies orientalisantes Sinbad le marin, Bagdad ou Les Frères Barberousse. Beaucoup de ses films ont des connotations exotiques : Les Rivages de Tripoli, Aventure en Libye, La Loi du fouet, La rousse mène l'enquête, L'Homme de Lisbonne, Notre Agent à La Havane...Parmi tous ces films, bien souvent tournés avec des réalisateurs médiocres et sur des scénarios légers certains sont devenus des classiques du genre, comme Le Cygne noir, premier film de pirates entièrement en couleurs (Technicolor)Le Cinéma d'Aventures, Patrick Brion, Éditions de la Martinière, , où elle joue aux côtés de Tyrone Power, digne successeur d’Errol Flynn et de son Capitaine Blood et de George Sanders remarquable en « méchant » arborant tignasse et barbe roussesLe Cinéma Grande histoire illustrée du . Volume 3. Éditions Atlas.La RKO fait souvent appel à elle, notamment pour un autre classique de films de pirates, Pavillon noir. Maureen demande Frank Borzage comme metteur en scène après un rendez-vous manqué en 1944 pour le film Ce n'est qu'un au revoirFrank Borzage - Sarastro à Hollywood – Hervé Dumont- Mazzotta – Cinémathèque française – . C’est son retour à l’écran après une absence causée par sa maternité et la naissance de sa fille Bronwyn.À la fois exercice de style et œuvre de commande, Pavillon noir est conduit par l’enthousiasme communicatif des interprètes et la réalisation flamboyante de Borzage rehaussée par le Technicolor. Couvert d’éloges, il reçoit un accueil triomphal du public et les recettes sauveront momentanément la RKO alors en difficulté.

Elle fait désormais partie des plus célèbres rousses d’Hollywood, aux côtés de Rita Hayworth et de Susan Hayward, sans oublier deux autres « rouquines », dans cette « bagarre ».

Du mélodrame au western Pendant vingt ans Maureen O’Hara tourne énormément : elle enchaîne film sur film et ne fera pas que des films d’aventures. Après sa composition dramatique de Qu'elle était verte ma vallée, elle joue dans plusieurs drames dont Aventure en Libye et La Fière Créole de John M. Stahl qui la dirigera trois foisLe troisième sera une comédie Father Was a Fullback., Vivre libre avec son ami Charles Laughton, réalisé par Jean Renoir alors exilé aux États-Unis. La RKO « emprunte » à nouveau la vedette à la Fox pour Secret de femme, un mélodrame mis en scène par Nicholas Ray, alors à ses débuts, mais le film est accueilli par les sarcasmes des critiques et s’avère décevantRoman américain – Les vies de Nicholas Ray – Bernard Eisenschitz - Christian Bourgois, 1990 .. En 1944, elle tourne son premier Western, Buffalo Bill de William A. Wellman, un genre qu’elle pratiquera fréquemment dans les années 1950.

Mais c’est avec un film auquel personne ne croit qu’elle va connaître un de ses plus grands succès populaires. Le Miracle de la , comédie sentimentale qui raconte avec une gentillesse et un optimisme à la Capra50 ans de cinéma américain par Jean-Pierre Coursodon et Bertrand Tavernier – Éditions Nathan - 1991, 1995 - . l’histoire d’un vieil homme (Edmund Gwenn) qui prétend être le Père Noël. Succès retentissant, le film recevra trois oscars et sera l’un des plus programmés de la télévision américaine à l’occasion des fêtes de Noëlcommeaucinema.com..

Après cette décennie variée et marquée par de grands réalisateurs comme Henry Hathaway, Henry King, John M. Stahl, Jean Renoir, William Wellman, Frank Borzage, Nicholas Ray... Maureen O’Hara aborde les années 1950 avec son réalisateur fétiche John Ford. Il lui offre ses plus beaux rôles avec les personnages de Kathleen, Mary Kate, Mary et Min, qui donneront au réalisateur une brillante période de maturité dans ses portraits fémininsJohn Ford – Le pionnier du 1884/1973 Scott Eyman/Paul Duncan – Éditions Taschen (1973) ..

L'héroïne fordienne vignette|260px|John Wayne, Maureen O'Hara et Victor McLaglen dans Rio Grande de John Ford. Depuis l’expérience heureuse de Qu'elle était verte ma vallée, l’équipe du film se retrouve chaque année autour de John FordÀ la recherche de John Ford - Joseph McBride - Institut Lumière/Actes Sud p. 446.. Un lien fort presque familial continuait à unir les interprètes du film et Maureen a même prénommé sa fille Bronwyn, prénom du rôle que tenait Anna Lee dans le film.

De son côté, John Ford souhaite toujours retravailler avec son Angharad de Qu'elle était verte ma vallée. Un projet lui tient d’ailleurs particulièrement à cœur. Depuis 1936, il a acquis les droits d’une nouvelle de Maurice Walsh, The Quiet Man, qu’il n’arrive pas à monter faute de producteur désireux de le financerdvdclassik.com et très vite il voit John Wayne et Maureen O’Hara comme les meilleurs interprètes capables de jouer les rôles principauxAllocine mais la production s’éternise à se monter.

Entre-temps, John Ford monte une pièce de Maxwell Anderson What Price Glory en 1949 pour un spectacle de bienfaisance donné pour les vétérans décorés de la Purple Heart, décoration attribuée aux blessés de guerreJohn Ford en était alors le président.. Il réunit une partie de sa « famille » cinématographique : John Wayne, Maureen O’Hara, George O'Brien, Ward Bond, Harry Carey Jr.... mais également Gregory Peck pour quelques représentations en février/John Ford - Patrick Brion - Éditions de la Martinière – 2002 .