Saint-Pierre-Quilbignon est une ancienne commune du Finistère, située à l'ouest de Brest, et fusionnée avec cette dernière le . Il s'agit désormais d'un quartier de Brest situé à l'ouest de la ville.
Géographie thumb|Vue du phare du Portzic et de Maison Blanche à Saint-Pierre-Quilbignon depuis la pointe des Espagnols. La situation géographique de l'ancienne commune de Saint-Pierre-Quilbignon était ainsi présentée à la fin du :
Même si cette description mérite d'être actualisée (Saint-Pierre-Quilbignon est désormais un quartier englobé dans la ville de Brest, sa population est beaucoup plus élevée et tous les anciens villages cités sont désormais englobés dans le tissu urbain), elle reste en bonne partie valable même si le tissu économique s'est diversifié et si la ceinture de forts (les forts du Portzic, de Montbarey, de Keranroux et du Questel situés sur le territoire communal, faisaient partie du système de défense de Brest côté terre) a perdu son rôle militaire désormais.
Le bourg de Saint-Pierre s'est construit sur un mamelon situé vers d'altitude. Du bourg au pont de Recouvrance, l'altitude va décroissant en dépit de quelques remontées sporadiques : au Petit-Paris, aux Quatre-Moulins, à Prat-Lédan en bas de la côte du Grand Turc, en haut de la rue de la Porte. Bien que Saint-Pierre-Quilbignon ait disposé d'une façade maritime, c'était initialement un village rural « tournant le dos à la mer » : les falaises littorales de la rade de Brest n'étaient guère attractives et la mer elle-même peu accessible sauf à la hauteur des vallons ravinant le plateau (ravins des Quatre-Pompes et de Maison-Blanche). Il fallut attendre les extensions du port de guerre et de l'arsenal de Brest vers l'ouest à partir du Second Empire pour que le littoral soit véritablement occupé, mais les emprises militaires de la Marine nationale ont ensuite freiné et même par endroits bloqué l'urbanisation littorale, par exemple à proximité des réservoirs souterrains de la Marine dominant le vallon de Maison-Blanche et construits en 1929, sauf au profit de l'ancienne École navale construite à partir de 1928. La commune dispose toutefois de plages ou de grèves comme celles de Laninon (disparue en raison des extensions du port militaire), des Quatre-Pompes, de Maison-Blanche et de Sainte-Anne-du-Portzic, qui valaient à la commune d'être qualifiée de « station balnéaire » dans plusieurs encyclopédies ou dictionnaires de la fin du ou du début .
Bien que la façade littorale soit au sud du bourg, la majeure partie du plateau qui forme le finage communal est un plan incliné vers le nord-ouest, ce qui explique que l'Aber-Ildut prend sa source sur le territoire de Saint-Pierre-Quilbignon à près de d'altitude tout près de la rade de Brest avant de couler vers le nord-ouest en direction de l'océan Atlantique. Par contre les cours d'eau qui descendent vers le sud ne sont que de courts ruisseaux à pente forte ravinant le plateau.
Les anneaux de fer fichés dans les murs de nombreuses maisons anciennes du bourg de Saint-Pierre rappellent qu'on avait besoin d'y attacher les chevaux, du temps où il y avait plus de 130 fermes sur le territoire de la commune.
L'approvisionnement en eau de Saint-Pierre-Quilbignon a longtemps reposé sur les nombreuses sources, fontaines et puits et il a fallu attendre la décennie 1930 pour voir l'installation d'un réseau d'adduction d'eau (avec une borne-fontaineMémoires de Saint-Pierre d'eau tous les 100-150 mètres) à partir du captage d'eau de l'Arc'Hantel et des deux châteaux d'eau de KerourienWiki-Brest.
Toponymie Le nom de Saint-Pierre, Kerber en breton, proviendrait du lieu de résidence dénommé Kerber ou Kerper d'un ermite gallois prénommé Pierre, qui aurait été un compagnon de Paul Aurélien qui, après avoir débarqué en Armorique au début du devint le premier évêque de Léon.
Le suffixe Quilbignon provient peut-être du vieux breton kil qui désigne un mamelon, un tertre (le bourg est effectivement sur une hauteur à d'altitude), les syllabes finales Bignon désignant peut-être le nom d'une famille ayant par la suite habité là. Mais cette hypothèse reste très incertaine.
Histoire Préhistoire et Antiquité Sous les eaux devant la plage de Sainte-Anne-du-Porzic se trouvent les restes d'une forêt enterrée datant d'environ 5 500 ans, ensevelie dans la tourbe : des troncs furent mis au jour lors de la construction de la digue d'IFREMER en 1970.
Quelques traces de l'ancienneté de l'occupation humaine pendant la Préhistoire ont été trouvées dans la commune : une dalle-hublot (peut-être la porte d'une ancienne allée couverte), provenant de la ferme du Vern désormais disparueDésormais exposée à l'entrée du Centre funéraire du Vern, voir aussi Mémoires de Saint-Pierre, des pointes de flèchesWiki-Brest.
Les vestiges datant de la Rome antique sont plus nombreux : la fontaine Sainte-Brigitte (Brigitte était une déesse celte), à proximité du bourg de Saint-Pierre fut un lieu de culte celte puis romainMémoires de Saint-Pierre ; des pièces et des poteries ont été trouvées, entre et la Fontaine-Margot et deux voies romaines traversaient le territoire communalMémoires de Saint-Pierre. D'autres vestiges encore ont été repérés, par exemple près des villages de Traon Bian, de Kerléo, Kérivin Vao et de Pen MesmadecL'archéologie à Saint-Pierre, consultable http://www.wiki-brest.net/index.php/Arch%C3%A9ologie_%C3%A0_Saint-Pierre#Promenade_.C3.A0_Traon_Bian.
Moyen Âge
L'actuelle tour Tanguy, construite en bordure de la rivière de Caprel (nom ancien de la Penfeld) sur une ancienne motte féodale encore visible, date du : elle était dénommée par le passé Tour de la Motte-Tanguy ou encore Tour de Quilbignon car à l'époque la paroisse s'étendait jusqu'aux rives de la Penfeld, englobant le quartier de Recouvrance initialement dénommé Sainte-Catherine au . Cette tour ronde était le point central de la seigneurie du Bas-Léon et fut construite par les Tanguy, sires du Chastel, qui détenaient la châtellenie de RecouvranceH. Le Jannic de Kerzival, Les Tanguy ou Tanneguy du Chastel-Tremazan, Annales de Bretagne, 1890, tome V, page 446. Dans la première moitié du , ce n'était plus qu'« une ancienne tour ronde à demi ruinée [...] sous laquelle il y a quelques maisons qui appartiennent aux seigneurs du Chastel Tremazan »Albert Le Grand, Les vies des saints de la Bretagne Armorique : 1637, Gallica.
Des Gilard furent seigneurs de Larchantel en Quilbignon, participant aux réformations et montres de 1503 et 1534René Kerviler, Répertoire général de bio-bibliographie bretonne, tome 16, Gallica. Vers 1560, Jean de Kernezre est seigneur de Quilbignon.
Époque moderne
À la veille de la Révolution française, la famille Le Rodellec était seigneur du Porzic depuis six générations : cette famille était déjà représentée aux montres de 1481 et 1538 ainsi qu'à la réformation de 1669J. Baudry, Étude historique et biographique sur la Bretagne à la veille de la Révolution, à propos d'une correspondance inédite (1782-1790), tome 2, 1905, Gallica.
La construction des remparts ceinturant Brest en 1692-1694, qui entraîne la destruction de quartiers du Carpont et du SalouWiki-Brest, contribue à isoler davantage Saint-Pierre-Quilbignon par rapport à Brest, le seul accès étant pendant plus de deux siècles l'étroite porte du Conquet.
En 1750 Recouvrance obtient son indépendance paroissiale par rapport à Saint-Pierre-QuilbignonPetites histoires, géographie à Saint-Pierre-Quilbignon, consultable http://www.wiki-brest.net/index.php/Petites_histoires,_g%C3%A9ographie_%C3%A0_Saint-Pierre_Quilbignon. et fut ensuite englobé dans la commune de Brest.
En 1759, une ordonnance de Louis XV ordonne à la paroisse de Guilbignon [Saint-Pierre-Quilbignon] de fournir 18 hommes et de payer 118 livres pour « la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne »"Ordonnance... portant imposition pour la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne", 1759, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97412315/f8.image.r=Plovan.
En 1770, le ralentissement de l'activité des arsenaux a provoqué de la pauvreté dans les villages alentour :
La commune de Saint-Pierre-Quibignon (1790-1944)
Comme la plupart des communes de France, Saint-Pierre-Quibignon est une ancienne communauté d'habitants de paroisse transformée en commune par le vote de l'Assemblée constituante en date du .
Pendant la Révolution française
Guillaume Scouarnec, curé de Saint-Pierre-Quibignon en 1790 devint prêtre réfractaire, refusant de prêter serment à la Constitution civile du clergé, dut se cacher et fut remplacé par un prêtre constitutionnel mal vu des fidèles. Alors qu'il se trouvait à Brest, M. de Squasen, curé de Saint-Pierre-Quilbignon, allait être en 1792 pendu par la populace à un réverbère et fut sauvé par la Garde nationale qui le mena en prisonLudovic Sciout, Histoire de la Constitution civile du clergé (1790-1801). L'Église et l'Assemblée constituante, 1881, Gallica. Guillaume Jean Marie Jestin, né à Locmaria-Plouzané le fut par la suite prêtre constitutionnel de la paroisse, l'étant encore en 1805Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, 1924, Gallica.
Le et le début du
La pratique de la langue bretonne
Saint-Pierre-Quilbignon a continué à parler breton plus longtemps que le bourg de Brest même qui fut très tôt un foyer de francophonie en raison de la présence de la Marine de guerre. Toutefois , compte tenu de la proximité de Brest, la langue française y a été pratiquée très tôt, comme en témoigne une enquête faite en 1902 par la République afin d'éradiquer le catholicisme et la langue bretonne : Saint-Pierre-Quilbignon est alors l'une des trois seules communes du Finistère, avec Brest et Le Relecq-Kerhuon où l'enseignement du catéchisme est donné exclusivement en français, alors que dans 169 communes du département il est donné en breton et en français, que dans 123 autres communes le catéchisme est donné en breton alors que les élèves savent le français et que dans une seule commune (Guengat) les instituteurs déclarent que les élèves sont incapables de comprendre le françaisÉmile Combes., Campagne laïque (1902-1903), Gallica.
Toutefois en 1903, le curé de Saint-Pierre-Quilbignon écrit : « Il nous est impossible de ne pas employer la langue bretonne, sous peine de n'être pas compris d'un bon nombre de nos paroissiens qui ne pourraient suivre d'une manière fructueuse une instruction [religieuse] française ».
L'ivrognerie
L'ivrognerie était alors un fléau très répandu ; le témoignage qui suit date de 1893 :
Pourtant, dès 1867, une surtaxe sur les alcools est mise en place à l'entrée de la commune de Saint-Pierre-Quilbignon, perçue à l'octroiJournal des débats politiques et littéraires n° du 3-12-1867, Gallica.
Les épidémies