Mad Max : Au-delà du dôme du tonnerre (Mad Max Beyond Thunderdome) est un film de science-fiction australo-américain réalisé par George Miller et George Ogilvie et sorti en 1985. C'est le troisième volet des films de la saga Mad Max. Mel Gibson y reprend pour la troisième et dernière fois son rôle de « Mad » Max Rockatansky. L'histoire a lieu trois ans après Mad Max 2 : Le Défi.
Synopsis Une guerre nucléaire a achevé la société mourante, les hommes s'organisent sous la forme de tribus qui luttent pour leur survie.
Trois ans après, alors qu'il sillonne le désert dans sa voiture tractée par des dromadaires, Max est agressé et dépouillé de ses biens par Jedediah qui circule à bord d'un mini-avionLe mini-avion est un . avec son fils. En poursuivant ses voleurs, il arrive dans la ville de BartertownBartertown est littéralement « la ville du troc ».. Dédiée au troc, la ville est régie par (« Tata Entité »), qui tente d'organiser un début de civilisation en remplaçant le vol par le troc. La ville est alimentée par du méthane, créé à partir du lisier de porcs élevés sous la ville ; l'élevage et l'usine à méthane sont dirigés par (« Maître Bombe »), un duo formé du nain nommé (« Maître »), qui est particulièrement intelligent, et de (« Bombe »), un colosse stupide, très attaché à son camarade qu'il porte sur ses épaules. Lors du conflit avec , décrète un embargo, privant Bartertown d'énergie.
« Entité » convoque Max, voyant en lui un combattant plein de ressources et lui propose de provoquer « Maître Bombe » en duel pour tuer « Bombe » et prendre le contrôle du « Monde d'en dessous » en détenant « Maître ». Max se retrouve dans le « Monde d'en dessous » et se prend d'amitié pour un prisonnier à vie condamné pour avoir tué un porc pour nourrir ses enfants. Max y trouve « Maître Bombe » en train de parader sur son véhicule et le provoque.
Dans cette ville, les conflits et querelles interpersonnels sont réglés par un duel à mort dans une arène, le « Dôme du Tonnerre » (), afin de concentrer en un lieu unique les règlements de compte et d'éviter des vengeances hors du dôme, des luttes de clans ou vendettas qui mèneraient à l'effondrement de cet embryon de société qui est soumise à des règles simples, rédigées par sous la forme de slogans : « » (« deux hommes entrent, un homme sort »), pour les duels à mort sous le Dôme, ou encore « » (« viole l'accord, affronte la roue »), la condamnation étant choisie au hasard par une loterie.
Max affronte « Bombe » sous le Dôme et vainc ce colosse attardé mental mais refuse de l'achever ; Bombe est tué par des membres de l'assemblée scandant . Ainsi, Max affronte la roue qui le condamne au goulag. Attaché, dos à la direction choisie, sur un cheval guidé par une bouteille d'eau attachée au bout d'une canne, il s'enfonce dans le désert.
Il est recueilli par Savannah qui dirige une bande d'enfants, descendants des survivants du crash d'un Boeing 747 de Qantas qui ont formé une tribu autour d'une oasis et qui cultivent l'espoir d'un retour à la civilisation grâce au messianique « », censé réparer l'avion et les aider à revenir dans le monde civilisé. Ces enfants sont persuadés que Max est le capitaine car il ressemble étrangement au sauveur de la légende qu'ils se transmettent oralement. Max reprend des forces et révèle aux enfants que la seule civilisation qu'ils vont retrouver est la violente et corrompue Bartertown et insiste pour qu'ils restent à l'abri dans l'oasis.
Malgré les avertissements de Max, Savannah et un groupe d'enfants partent de nuit, déterminés à affronter le désert pour retrouver la Terre Promise de leur tradition orale, « ». Au matin, Max et quelques enfants suivent leurs traces pour les sauver malgré eux des périls du désert. Ils rejoignent le groupe de Savannah, non loin de Bartertown et décident de s'infiltrer dans la ville pour y trouver « Maître », réduit à l'état d'esclave depuis qu'il n'est plus protégé par « Bombe ». La bande décide de libérer « Maître » et de détruire Bartertown. Prenant la fuite à bord d'un camion sur rails, Max trouve par hasard la cachette de Jedediah, le pilote qui lui avait volé sa caravane ; il le menace et l'oblige à prendre les enfants dans son avion pour fuir Entité. L'avion ne pouvant décoller à cause de la charge trop importante, Max décide d'affronter seul la horde à bord d'un camion volé et ouvre la piste à l'avion en percutant les véhicules d'Entité. L'avion décolle, laissant Max dans les mains d'Entité qui, reconnaissant le courage de Max, choisit de l'épargner.
Voyageant à bord de l'avion de Jedediah, la tribu traverse un nuage de poussière et découvre les ruines de Sydney. Quelques années plus tard, Savannah raconte l'histoire de l'homme qui leur sauva la vie. Max, de son côté, continue d'errer dans le désert.
Fiche technique
Titre original : Mad Max Beyond Thunderdome Titre français : Mad Max : Au-delà du dôme du tonnerre Réalisation : George Miller et George Ogilvie Scénario : George Miller et Terry Hayes Musique : Maurice Jarre Décors : Graham Walker Costumes : Photographie : Dean Semler Effets spéciaux : Mike Wood Production : Terry Hayes Société de distribution : Warner Bros. Pays de production : et Langue originale : anglais Format : couleur - 35 mm, 70 mm - 2,20:1 - son mono Genre : action, science-fiction post-apocalyptique et dystopique Durée : 107 minutes Dates de sortie : États-Unis : Australie : France : Classification : tout public avec avertissement lors de sa sortie en salles (France)
Distribution
Mel Gibson : « Mad » Max Rockatansky Tina Turner : Aunty Entity (Entité en ) : Savannah Nix Frank Thring : le collecteur Bruce Spence : Jedediah, le pilote : le tueur de cochons Angelo Rossitto : Master (Maître en ) Angry Anderson : Ironbar (Acier en ) Adam Cockburn : Jedediah Jr. Paul Larsson : Blaster (Bombe en ), le colosse Stephen Hayes : le visage démasqué de Blaster (non crédité) : Blackfinger (Doigts noirs en ) : Dealgood : le marchand d'eau Andrew Oh : Ton Ton Tattoo Mark Spain : Skyfish : Gekko Rod Zuanic : Scrooloose : Anna Goanna Shane Tickner : Eddie Tony Allaylis : Cusha James Wingrove : Tubba Tintye Adam Scougall : Finn McCoo Tom Jennings : Slake Tushka Bergen (sous le nom de Tushka Hose) : une gardienne Geeling Ching : une garde d’Entity : un gardien Katharine Cullen : un enfant
Production Genèse et développement vignette|droite|Mel Gibson en , à la Mostra de Venise.
Ce film est le premier Mad Max à se faire sans le producteur Byron Kennedy, décédé en 1983 dans un accident d’hélicoptère. Juste avant le générique, on peut lire l'hommage . George Miller hésitait à continuer sans son partenaire et déclarera plus tard :
George Miller coréalise le film avec George Ogilvie, avec lequel il avait déjà travaillé sur , une mini-série sur la crise constitutionnelle australienne de 1975 diffusée en 1983. Ils utilisent la même équipe de techniciens avec les mêmes techniques de répétitions qu'ils avaient déjà développées. George Miller déclare à propos du choix de prendre un coréalisateur :
Attribution des rôles Bruce Spence, qui interprétait le pilote de l'autogire dans Mad Max 2 : Le Défi, joue aussi un pilote dans ce film, mais c'est un nouveau personnage, nommé Jedediah. L'appareil de ce dernier est également nouveau : l'autogire construit pour les besoins du précédent film. laisse la place à un aéronef de travail agricole modifié, le .
Lindsay Wagner et Jane Fonda ont été envisagées pour incarner Entity..
Pour les rôles des enfants, la production a fait le tour de toutes les écoles pour rechercher des jeunes à la fois talentueux et en parfaite condition physique. Finalement, pas moins de 60 enfants âgés de 20 mois à 16 ans ont été choisis. Ils ont par la suite passé deux mois à apprendre à chasser et à escalader.
Il faut souligner la présence d'Angry Anderson, chanteur du groupe de hard rock , dans le rôle d'Acier ( en ).
Tournage Les prises de vues débutent en 1984. Le principal lieu de tournage est la ville minière de Coober Pedy en Australie-Méridionale. Le camp des enfants perdus est tourné dans les Blue Mountains en Nouvelle-Galles du Sud.
La production construit le plateau de tournage de la ville de Bartertown dans une ancienne briqueterie de la banlieue ouest de Sydney.
Bande originale
La musique originale est composée par Maurice Jarre, qui succède à Brian May à l'œuvre sur les deux premiers films.
Tina Turner, qui vient de renouer avec le succès avec son album sorti en 1984, enregistre par ailleurs deux chansons inédites pour le film. Le titre se classe aux États-Unis et au Royaume-Uni ; il est nommé au Golden Globe de la meilleure chanson originale et vaut à la chanteuse une nomination au Grammy Award de la meilleure chanteuse pop, en 1986. Le second titre, , n'atteint que la du .
En 2010, la partition complète de Maurice Jarre sort en double édition , contenant également des compositions non utilisées pour le film, en raison de la présence des titres de Tina Turner. Disque 1
Disque 2
Accueil Critique
Le film reçoit des critiques globalement positives. Sur l'agrégateur américain Rotten Tomatoes, il récolte 80% d'opinions favorables pour 51 critiques et une note moyenne de . Le consensus suivant résume les critiques compilées par le site : . Sur Metacritic, il obtient une note moyenne de pour 18 critiques.
Box-office Aux États-Unis, le film réalise le meilleur score pour un film Mad Max. Il sera détrôné par Mad Max: Fury Road en 2015. En France, le film enregistre plus de d'entrées, soit le résultat d'un film au box-office France 1985.
Distinctions Récompenses NAACP Image Awards 1986 : meilleure actrice pour Tina Turner « Distinctions » sur l'Internet Movie Database.
Nominations Golden Globes 1986 : meilleure chanson originale pour We Don't Need Another Hero Golden Reel Awards 1986 : meilleur montage des effets sonores pour Tim Chau Saturn Awards 1986 : meilleur film de science-fiction, meilleur réalisateur pour George Miller, meilleurs costumes pour , meilleur scénario pour George Miller et Terry Hayes
Commentaires Analyse
Après avoir exploré le western, George Miller revisite le péplum. Le film paraît plutôt aseptisé par rapport aux deux premiers opus, mais cela correspond aussi à la renaissance d'un monde civilisé. Au-delà du Dôme du Tonnerre, on trouve une communauté isolée d'enfants, qui pourrait être inspirée par Sa Majesté des mouches de William Golding, et qui incarne un espoir de fonder un monde neuf sans le passif qui aurait été transmis par les adultes.
Par ailleurs, George Miller situe pour la première fois clairement le lieu de l'action, l'Australie, puisque l'on aperçoit les ruines de l'Opéra de Sydney. Deux références plus discrètes figuraient toutefois déjà dans Mad Max 2 : un cadavre de kangourou était visible au début du film et un personnage exhibait, pour prouver l'existence d'une « terre promise », un dépliant publicitaire de la Sunshine Coast (tronçon de la côte est australienne).
Le film comporte plusieurs références au premier épisode de la série, comme le joueur de saxophone (la femme de Max jouait du saxophone), ou bien l'évocation du métier de Max avant la guerre nucléaire () ; il se conclut par la chanson de Tina Turner, We Don't Need Another Hero (« nous n'avons pas besoin d'un nouveau héros »), qui fait écho à la phrase du capitaine de la police « Fifi » McAfee dans le premier film : (« on va leur rendre leurs héros »).
Références à d'autres œuvres Le film comporte quelques références à la culture française : Blackfinger chante l'air du toréador du Carmen de Georges Bizet ; le disque écouté par les enfants lors de la fuite de Bartertown est un cours de français (mais dans la version française, il s'agit d'un cours d'italien).