Louis-Gabriel Guillemain () est un compositeur et violoniste français du début de la période classique. Il est l'un des premiers compositeurs français de symphonies et l'égal de Jean-Marie Leclair au violon, .

Biographie

Élevé chez le comte de Rochechouart, il apprendra le violon et étudiera notamment à Turin en Italie pour compléter sa formation. Élève de Giovanni Battista Somis et peut-être de Jean-Marie Leclair, lui aussi élève de Somis, comme Jean-Pierre Guignon et Gaetano Pugnani.

En 1729, à vingt-quatre ans, et pour une brève période, il est membre de l'orchestre à l'opéra de Lyon en tant que « symphoniste ». Le , il obtient le poste de premier violon à l'Académie royale de Dijon et publie son premier opus la même année, dédié à Monsieur Chartraire de Bourbonne, son soutien, président au parlement et également violoniste, tout comme l'œuvre 3. Un autre voyage en Italie à cette période n'a laissé aucune trace.

Après s'être installé à Paris en 1737, il officie dans de nombreux domaines de la musique, composant différentes sonates et continuant à jouer du violon, notamment avec le célèbre Guignon. Il obtient un poste important à la cour de Versailles, « ordinaire de la musique et de la Chapelle et de la Chambre du roi » (avec une pension de à partir de , en outre le musicien le mieux payé de la cour, avec en 1760 alors que Guignon n'en perçoit que ) et dans l'orchestre du théâtre des petits cabinets de la Marquise de Pompadour, de 1747 à 1750.

Pendant les années 1750, ses œuvres sont jouées dix-neuf fois au Concert Spirituel, mais volontairement, il n'y paraît jamais comme soliste, sauf peut-être le , pour un de ses concertos. L'écrivain Pierre-Louis d'Aquin de Château-Lyon (1720–1795 ou 1796, fils de l'organiste Louis-Claude Daquin) a écrit dans sa sixième Lettre sur les hommes célèbresLettre sur les hommes célèbres, Paris, 1754, (rééd. sous le titre de Siècle littéraire de Louis XV). :

En 1757, il épouse Catherine Langlais (née le ) et entre en 1759 au service de Louis XV comme violoniste. Ses dernières publications datent de 1762.

De caractère sombre, mélancolique, alcoolique et appauvri par des achats extravagants (tapisseries et meubles) traqué par ses créanciers dit Bachaumont, dans ses Mémoires secrets à la date du 5 octobre 1770, tome V, ., alors qu'il se rend à Versailles à pied, il se suicide en se poignardant au pied d'un saule. Certains récits contemporains font le tableau de quatorze coups. Même si ces détails sont pour le moins surprenants, il semble qu'il se soit bien suicidé. Il est enterré le jour-même. Sa veuve se voit attribuer une pension de qu'elle touche de 1772 à 1779.

Style Les dix-huit opus de Guillemain publiés entre 1734 et 1762, uniquement de la musique instrumentale, sont très différents. Dans son premier opus, il conserve un schéma à trois mouvements, mais il dépasse parfois la virtuosité de Leclair ( dit Lionel de La Laurencie) et fort peu de violonistes en 1734 auraient pu aborder ces sonates. En revanche, son opus 2 (1738) pour quatuor avec flûte, est beaucoup moins virtuose. L'opus 11 (1742), son troisième livre pour violon, annonce le langage classique. Quant à l'opus 12 (1743), il contient la plus charmante des musiques de l’auteur. Il en reprendra le même effectif pour l'opus 17, en 1756. Dans ces quatuors, il donne une part égale aux instruments mélodiques où chacun joue d'imitation. Dans l'opus 13 suivant, écrit pour Clavecin en sonate, il donne un rôle secondaire au violon, suivant l'exemple de Mondonville qui publiait dès 1734, d’innovantes sonates avec violon obligé, opus 3.

Guillemain est l'un des premiers compositeurs français à écrire pour la symphonie d'orchestre, avec son opus 6, dès 1740 et l'opus 14 en 1748, qui montre des allegros de sonate déjà très accomplis d'une structure intéressante dans une découpe à l'italienne (vif–lent–vif).

Son ultime opus, Amusement pour le violon seul (1762) est l'une des premières œuvres françaises pour violon seul. Elle est composée sur dix-huit airs de divers auteurs, variés de toute sorte de manière, suivis par des caprices .

Œuvre

Musique de chambre Premier livre de Sonates pour violon avec basse continue, op. 1 (Dijon 1734, Paris Boivin) Sonates en trio pour les violons et la flûte, op. 2 [12 sonates] (1738) Deuxième livre de sonates, pour violon et basse continue, op. 3 (Paris 1739) Sonates pour deux violons sans basse continue, op. 4 [6 sonates] (Paris 1739) Second livre de sonates, pour 2 violons (ou flûte), op. 5 (Paris 1739) Premier amusement à la mode pour 2 violons ou flûte et basse, op. 8 (Paris 1740) Pièces, pour 2 vielles ou 2 musettes, 2 flûtes ou 2 violon, op. 9 (Paris 1741) perdu Troisième livre de sonates, pour violons et basse continue, op. 11 (Paris 1742) Sonates en quatuor ou conversations galantes et amusantes entre une flûte traversière, un violon, une basse de viole et la basse continue, op. 12 (1738 ; éd. Paris 1743) Pièces de clavecin en sonates avec violon, op. 13 (Paris 1745) Second livre de sonates en quatuor, pour flûte, violon basse de viole et basse continue, op. 17 [6 sonates] (Paris 1756) Amusement pour le violon seul, op. 18, accompagné de plusieurs airs variés de différents auteurs et 12 Caprices (1762)

Orchestre Symphonies dans le goût italien en trio, op. 6 [6 symphonies] (1740). Six concertinos à quatre parties, pour 2 violon, alto et basse continue, op. 7 (Paris 1740). Second livre de symphonies dans le goût italien en trio, pour 2 violons et basse continue, op. 14 (Paris, Le Clerc 1748). Divertissements de symphonies en trio, pour 2 violons et basse continue, op. 15 (Paris 1751). Dédié à de Pompadour. Symphonies d'un goût nouveau en forme de concerto pour les Musettes, vielles, flûtes ou hautbois, op. 16 (1752, éd. Boivin) perdues.

Scène L'opérateur chinois, ballet-pantomime (Théâtre des Petits Cabinets, Paris ) — paroles de François-Augustin Paradis de Moncrif et ballet dirigé par Jean-Baptiste Dehesse, de la Comédie-Italienne. L'œuvre est redonnée sur la même scène le . La Cabale sur un livret de Saint-Foix, comédie épisodique (1748) créé le à la Comédie-Italienne de Paris.

Discographie Sonate pour violon et basse continue, op. 1 - Simon Standage, violon ; Lars Ulrik Mortensen, clavecin (19-, Chandos CHAN0531) — La sonate de Guillemain se trouve accompagnée d'autres de Leclair et Mondonville et quelques pièces de clavecin. Conversation, Galantes, Amusantes : Sonates en quatuors extraites des opus 12 et 16 - Ens. Les Conversations : Valerie Balssa-Jaffres, flûte ; Catherine Girard, violon ; Emmanuel Balssa, viole de gambe ; Alix Verzier, violoncelle ; Blandine Rannou, clavecin (1/, Verany PV797011) Caprices, op. 18 - Gilles Colliard, violon baroque (9-, EMEC E-048) Amusement, op. 18 - Gilles Colliard, violon baroque (10-, EMEC E-054) Amusements : extraits des opus 1, 8, 11, 13 et 18 - Ens. Aliquando : Stéphanie Paulet, Bérengère Maillard, violons ; François Lazarevitch, flûte ; Lucile Boulanger, basse de viole ; Claire Gratton, violoncelle ; Maude Gratton, clavecin (2010, Muso) Six quatuors avec flûtes, op. 12 - Wilbert Hazelzet, flûte ; Ens. Fantasticus : Rie Kimura, violon baroque ; Robert Smith, viole gambe ; Guillermo Brachetta, clavecin (3-, 2 SACD Resonus Classics RES10222) Second Livre de Sonates en quatuor, œuvre XVII, Ensemble La Française. CD Musica Ficta 2020

Notes et références

Bibliographie . . Gerald Richard Castonguay, The Orchestral Music of Louis-Gabriel Guillemain, thèse, Université Rutgers, New Brunswick, 1975 Laurence Boulay (trad. Renate Albrecht), « Guillemain », dans «Die Musik in Geschichte und Gegenwart», Bärenreiter-Verlag 1986, (5) . Robert E. Preston, « Guillemain, Louis Gabriel » dans .

Thomas Vernet, « La destinée tragique de Louis-Gabriel Guillemain (1705-1770) »

Liens externes

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