Les Journées cinématographiques de Carthage () ou JCC sont un festival de cinéma créé en 1966. Il se tient à Tunis, capitale de la Tunisie, et a lieu au mois d'octobre ou de novembre tous les ans depuis 2015. À l'origine, il se tenait les années paires en alternance avec les Journées théâtrales de Carthage, qui sont simultanément devenues annuelles. Les JCC sont la plus ancienne manifestation de ce genre en Afrique..

Histoire

gauche|upright|vignette|Tahar Cheriaa, créateur des Journées cinématographiques de Carthage.

Imaginée par le cinéaste Tahar Cheriaa et lancée officiellement en 1966 par le ministre tunisien de la Culture, Chedli Klibi, cette manifestation, une première du genre dans le monde arabe, a pour objectif premier de mettre en avant les cinémas d'Afrique et du monde arabe, créer des ponts de dialogues entre le Nord et le Sud et proposer une rencontre entre cinéastes et amoureux du cinéma de tous bords..

C'est ainsi que Klibi dit alors : Nous espérons d'abord un dialogue. Un dialogue, franc, lucide, sans arrière-pensées. Mais nous sommes sûrs qu'un tel dialogue ne peut conduire qu'à une meilleure connaissance réciproque entre Africains et Européens, entre Méditerranée du Sud et Méditerranée du Nord.

Durant les trois premières éditions, pour permettre au festival d'exister, les adhérents des ciné-clubs de toute la Tunisie ont assuré bénévolement une grande partie de l'organisation des Journées, notamment l'accueil des invités à l'aéroport et leur transfert vers les hôtels avec leurs propres voitures privées..

À l'occasion de la édition en 2008, Fawzia Zouari souligne l'aspect plus glamour du festival qui , en rupture avec l'esprit militant qui l'a longtemps caractérisé, ce que confirme le cinéaste Moncef Dhouib. De plus, la concurrence accrue entre festivals réduit d'autant les inédits dont pouvaient bénéficier les JCC jusque-là, sans compter que le cinéma d'Afrique subsaharienne a vu le nombre de ses productions diminuer (quatre films représentés sur un total de 18 en 2008). Le fait que le festival ne dispose pas d'une structure administrative permanente pose également problème selon les organisateurs eux-mêmes.

La édition des JCC se tient du au dans 22 salles de cinéma en Tunisie. La présidence du jury est confiée à l'acteur et producteur américain Danny Glover.. Cette édition est dirigée par Dora Bouchoucha..

Les sessions 2015 et 2016 sont dirigées par le réalisateur Ibrahim Letaïef, qui est limogé de son poste. et remplacé par le producteur Néjib Ayed...

La édition, qui a lieu du au , met le cinéma algérien à l'honneur..

En 2022, la décision de revenir à un festival biennal (devenu annuel en 2015) est prise à la suite de la polémique déclenchée par ce que les réseaux sociaux considèrent comme des exhibitions lors de l'arrivée des invités à l'ouverture...

Le cependant, la ministre tunisienne des Affaires culturelles, Hayet Guettat, annonce que l'édition 2023 sera consacrée au cinéma tunisien pour en célébrer le centenaire.. Elle revient cependant le lendemain sur le sujet en précisant que le festival continuera à prôner le cinéma arabo-africain tout en repensant son format et ses mécanismes de fonctionnement.. Ces annonces ne sont pas sans déclencher une polémique qui s'étend au-delà des frontières de la Tunisie.. Le cependant, la direction du festival indique que, sur décision du ministère tunisien des Affaires culturelles, cette session du festival est annulée . Cette décision déclenche l'incompréhension.., un concert de protestations., la déception de l'équipe du festival. et un communiqué commun du milieu artistique demandant ..

Alors que la édition 2025 s'est bien déroulée, le jury long métrage boycotte la cérémonie de clôture. Au nom du jury, sa présidente, la réalisatrice palestinienne Najwa Najjar, s'en explique de manière détaillée dans une lettre qu'elle rend publique, indiquant qu'il lui avait été stipulé que les prix seraient remis par d'autres personnes que le jury et que ses motivations ne seraient pas lues..

Programme

Le programme officiel comprend plusieurs sections : la « compétition officielle » et la « section panorama » qui sont ouvertes aux films arabes et africains, la « section internationale » qui est ouverte aux films récents et de grande qualité artistique, une « section hommage » destinée au cinéma national ou à un cinéaste de renom, ainsi qu'un « atelier des projets » destiné à favoriser le développement des projets de films africains et arabes par l'octroi de « bourses au scénario » et une section vidéo compétitive.

Le principal prix, le Tanit d'or, tirant son nom de la déesse phénicienne Tanit, est doté en 2008 d'un prix de .

Palmarès Session Dates Tanit d'or Tanit d'argent Tanit de bronze - La Noire de… d'Ousmane Sembène (Sénégal) Le Premier cri de Jaromil Jireš (Tchécoslovaquie) Non décerné - Non décerné Le veilleur de nuit de Khalil Chawki (Irak) Mokhtar de Sadok Ben Aïcha (Tunisie) - Ensemble de l'œuvre de Youssef Chahine (Égypte) dont Le Choix de Nabil Al Maleh, Marouane El Mouadhen et (Syrie) Wechma de Hamid Bénani (Maroc)Une si simple histoire d'Abdellatif Ben Ammar (Tunisie)Khlifa le teigneux de Hamouda Ben Halima (Tunisie) - Les Dupes de Tawfiq Saleh (Syrie)Sambizanga de Sarah Maldoror (République du Congo)Mon village, un village parmi d'autres de Taïeb Louhichi (Tunisie)  Le Charbonnier de Mohamed Bouamari (Algérie) Et demain... ? de Brahim Babaï (Tunisie)Lambaye de Mahama Johnson Traoré (Sénégal)La Mer cruelle de (Koweït) - Les Bicots-nègres, vos voisins de Med Hondo (Mauritanie)Kafr kasem de Borhane Alaouié (Liban / Syrie) Sejnane d'Abdellatif Ben Ammar (Tunisie) Non décerné - Les Ambassadeurs de Naceur Ktari (Tunisie / Libye / France) Muna Moto de Jean-Pierre Dikongué Pipa (Cameroun) Nationalité : immigré de Sidney Sokhona (Mauritanie) - Les Aventures d'un héros de Merzak Allouache (Algérie) Baara de Souleymane Cissé (Mali) d'Ali Badrakhan (Égypte) - Aziza d'Abdellatif Ben Ammar (Tunisie) Ali au pays des mirages d'Ahmed Rachedi (Algérie) Fad'jal de Safi Faye (Sénégal) - Le Vent de Souleymane Cissé (Mali) Wend Kuuni de Gaston Kaboré (Burkina Faso) Non décerné - Les Rêves de la ville de Mohamed Malas (Syrie) Porté disparu de Mohamed Khan (Égypte) Les Coopérants d'Arthur Si-Bita (Cameroun) - L'Homme de cendres de Nouri Bouzid (Tunisie) Le Moulin de monsieur Fabre d'Ahmed Rachedi (Algérie) Nyamanton, la leçon des ordures de Cheick Oumar Sissoko (Mali) - Noce en Galilée de Michel Khleifi (Palestine) Zan Boko de Gaston Kaboré (Burkina Faso) Arab de Fadhel Jaïbi (Tunisie) de Fadhel Jaziri (Tunisie) - Halfaouine, l'enfant des terrasses de Férid Boughedir (Tunisie) La Rose des sables de Rachid Benhadj (Algérie) Mortu Nega de Flora Gomes (Guinée-Bissau) - La Nuit de Mohamed Malas (Syrie) Samba Traoré de Idrissa Ouedraogo (Burkina Faso) Les Yeux bleus de Yonta de Flora Gomes (Guinée-Bissau) - Les Silences du palais de Moufida Tlatli (Tunisie) Bab El-Oued City de Merzak Allouache (Algérie) Le Ballon d'or de Cheik Doukouré (Guinée) - Salut cousin ! de Merzak Allouache (Algérie) Po di sangui de Flora Gomes (Guinée-Bissau) Haïfa de Rashid Masharawi (Palestine) - Vivre au paradis de Bourlem Guerdjou (Algérie) La Sueur des palmiers de Redwan al-Kashif (Égypte) Faraw, une mère des sables d'Abdoulaye Ascofaré (Mali) - Dôlè de Imunga Ivanga (Gabon) Les Portes fermées d'Atef Hetata (Égypte) Sois mon amie de Naceur Ktari (Tunisie) - Le Prix du pardon de Mansour Sora Wade (Sénégal) Poupées d'argile de Nouri Bouzid (Tunisie) d'Oliver Schmitz (Afrique du Sud) - À Casablanca, les anges ne volent pas de (Maroc) Lettre d'amour zoulou de (Afrique du Sud) de (Syrie) - Making of de Nouri Bouzid (Tunisie) Daratt de Mahamat Saleh Haroun (Tchad) de Rashid Masharawi (Palestine) - Teza de Haïlé Gerima (Éthiopie) L'Anniversaire de Leila de Rashid Masharawi (Palestine) Khamsa de Karim Dridi (Tunisie) - Microphone d'Ahmad Abdalla (Égypte) Le Voyage à Alger d'Abdelkrim Bahloul (Algérie) La Mosquée de Daoud Aoulad-Syad (Maroc) - La Pirogue de Moussa Touré (Sénégal) Mort à vendre de Faouzi Bensaïdi (Maroc) Sortir au jour de Hala Lotfy (Égypte) - Omar de Hany Abu-Assad (Palestine) C'est eux les chiens... de Hicham Lasri (Maroc) Before Snowfall de Hisham Zaman (Irak) - L'Orchestre des aveugles de Mohamed Mouftakir (Maroc) La Rivière sans fin d'Oliver Hermanus (Afrique du Sud) À peine j'ouvre les yeux de Leyla Bouzid (Tunisie / France / Belgique) - Zaineb n'aime pas la neige de Kaouther Ben Hania (Tunisie) Eshtebak de Mohamed Diab (Égypte) Trois Mille Nuits de Mai Masri (Palestine) - Le Train de sel et de sucre de Licínio Azevedo (Mozambique) Les Initiés de John Trengove (Afrique du Sud) Volubilis de Faouzi Bensaïdi (Maroc) - Fatwa de Mahmoud Ben Mahmoud (Tunisie) Yomeddine d'Abu Bakr Shawky (Égypte) Le Voyage inachevé de Joud Saïd (Syrie) - Noura rêve de Hinde Boujemaa (Tunisie) Atlantique de Mati Diop (Sénégal) de (Arabie saoudite) 7- festival annulé (Covid) festival annulé festival annulé - Plumes d'Omar El Zohairy (Égypte) L'Indomptable Feu du printemps de (Lesotho) Insurrection de Jilani Saadi (Tunisie) - Les Révoltés d'Amil Shivji (Tanzanie) Sous les figues de Erige Sehiri (Tunisie) Sharaf de (Égypte) - festival annulé (guerre à Gaza). festival annulé festival annulé - Les Enfants rouges de Lotfi Achour (Tunisie). de Mahdi Fleifel (Palestine) Demba de Mamadou Dia (Sénégal) - Notre histoire : Chroniques du Caire (The Stories) d'Abu Bakr Shawky (Égypte). Un jour avec mon père de (Nigeria) de (Jordanie)

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Articles connexes Liste de festivals de cinéma Liste de festivals de cinéma en Afrique De Carthage à Carthage

Liens externes