Les Elfes sont une race de l'univers de la Terre du Milieu inventé par l'écrivain britannique . Ils apparaissent dans Le Hobbit et dans Le Seigneur des anneaux, mais leur histoire complexe est plus complètement décrite dans Le Silmarillion, édité et publié après la mort de Tolkien. On donne plus de détails sur eux dans d'autres écrits de l'auteur, édités et publiés par la suite, comme les Contes et légendes inachevés et l’Histoire de la Terre du Milieu. L’Histoire de la Terre du Milieu révèle aussi leur histoire textuelle et conceptuelle, puisque Tolkien avait écrit des textes sur les Elfes bien avant que Le Hobbit ne soit publié.
Les Elfes sont les aînés des Enfants d'Ilúvatar, les cadets étant les Hommes. Ce sont des êtres immortels : vieillesse et maladies n'ont presque aucun effet sur eux. Seule une blessure grave ou une profonde mélancolie peuvent séparer leur âme de leur corps. Lorsqu'un Elfe disparaît, son âme se rend dans les cavernes de Mandos, où il attend d'être réincarné.
Les Elfes sont grands et imberbes, sauf les plus âgés, les exemples connus étant Círdan et Mahtan, le beau-père de Fëanor, père de Nerdanel.
De toutes les créatures mythiques du Seigneur des anneaux, les elfes sont de loin les plus doués. Leur capacité à l'arc et à la lame elfique ont fait d'eux des guerriers redoutables. Ce sont aussi les ennemis du Seigneur des anneaux et, l'ayant vaincu à plusieurs reprises (notamment dans le cadre de la Dernière Alliance ou de la Grande Bataille), Sauron les craint.
Leur attitude par rapport aux Nains est empreinte de défiance depuis la Chute du Doriath mais cela n'empêche pas leur coopération contre le Maître des ténèbres.
Conception et évolution
Premiers écrits
La représentation victorienne traditionnelle des fées et elfes dansants apparaît fréquemment dans les premiers poèmes de Tolkien, et a influencé ses œuvres ultérieuresDimitra Fimi, « » (pdf), . Consulté le 10 septembre 2009., en partie à cause de l'influence du roman de Peter Pan, publié à Birmingham en 1910, et de sa familiarité avec le travail du poète mystique catholique Francis Thompson, dont Tolkien avait acheté les ouvrages en 1914..
En tant que philologue, l'intérêt de Tolkien pour les langues le poussa à en inventer plusieurs de son propre cru, comme passe-temps. S'interrogeant sur la nature des locuteurs de ces langages, et sur les histoires qu'ils pourraient raconter, Tolkien se tourna à nouveau vers le concept d'Elfes..
Le Livre des Contes Perdus
Dans les toutes premières versions des histoires qui fournissent le contexte des langues elfiques, Le Livre des Contes Perdus, Tolkien développait l'idée que la petite race d'elfes semblables aux fées avait été autrefois un peuple grand et puissant, mais que, quand les Hommes ont pris possession du monde, ces Elfes ont « diminué »Dimitra Fimi, « "Mad" Elves and "elusive beauty": some Celtic strands of Tolkien's mythology », Folklore, volume 117, numéro du 2 août 2006, ..
Ces Elfes plus grands sont influencés par ceux de la mythologie nordique, spécialement par les Ljósálfar, divins et de taille humaine., ainsi que d'œuvres médiévales comme Sir Orfeo, le Mabinogion gallois, les romans arthuriens et les légendes des Tuatha Dé Danann.. John Garth fait aussi référence aux Tuatha Dé Danann en suggérant que Tolkien a essentiellement réécrit les traditions féériques irlandaises.
La mythologie celtique eut une grande influence sur les écrits de Tolkien concernant les Elfes.. et certaines des histoires que Tolkien écrivit sont directement inspirées de leurs « légendes ». Par exemple, La Fuite des Noldoli est basé sur les Tuatha Dé Danann et Lebor Gabála Érenn, et leur nature migratoire provient de la première histoire irlandaise/celtique.
Le nom Inwë, ou Ing dans les premiers brouillons, donné par Tolkien à l'aîné des Elfes et à son clan. est similaire au nom trouvé dans la mythologie scandinave comme Ingwi-Freyr (Ingui-Frea dans le paganisme anglo-saxon), un dieu qui donne en cadeau Álfheim (le monde elfique) pour régner. Terry Gunnell affirme aussi que les relations entre les Elfes et les beaux navires sont une réminiscence de Njörðr et Skíðblaðni, les vaisseaux de Freyr.
Les plus grands Elfes ont aussi été inspirés à Tolkien par la théologie catholique — comme représentatifs de l'état des Hommes dans l'Eden avant la « Chute » — semblables aux humains, mais plus justes et plus sages, avec de grands pouvoirs spirituels, des sens plus aigus, et une empathie plus proche de la nature. Tolkien écrivit à leur sujet :
Dans Le Livre des contes perdus Tolkien inclut aussi bien le type plus sérieux d'Elfes « médiévaux », comme Fëanor et Turgon, que le type plus frivole et jacobite, comme les Solosimpi et Tinúviel. Ces deux types d'Elfes se retrouvent encore dans Le Hobbit (1937), où les Elfes frivoles de Fendeval ont pour seigneur le majestueux Elrond. Tolkien conserve aussi l'utilisation du terme celtique et populaire « fée » pour ces mêmes créatures..
À côté de l'idée d'Elfes plus grands, Tolkien développa aussi l'idée d'enfants visitant Valinor, l'île-foyer des Elfes, dans leur sommeil. Les Elfes visiteraient également les enfants la nuit et les réconforteraient s'ils avaient été punis ou réprimandés. Ce thème, liant les elfes aux rêves des enfants et au voyage nocturne fut en grande partie abandonné..
La Quenta Silmarillion
En 1937, ayant vu son manuscrit du Silmarillion refusé par un éditeur qui dénigra tous ces « noms celtiques et tape-à-l'œil » que Tolkien avait donné à ses Elfes, Tolkien nia que ces noms aient une origine celtique :
Dimitra Fimi suggère que ces commentaires sont un produit de son anglophilie davantage que d'un commentaire des textes eux-mêmes ou de leur influence actuelle sur ses écrits.
Le Seigneur des anneaux
Terry Gunner note que les titres des dieux germaniques Freyr et Freyja (seigneur et dame) sont aussi donnés à Celeborn et Galadriel dans Le Seigneur des anneaux. D'après Tom Shippey, le thème de la diminution des Elfes vers les « fées » resurgit dans Le Seigneur des anneaux dans les dialogues de Galadriel..
Écrivant en 1954, au milieu des corrections typographiques des épreuves du Seigneur des Anneaux, Tolkien affirma que le sindarin était de Dans la même lettre, Tolkien continue à dire que les elfes avaient très peu en commun avec les Elfes européens ou les Fées et qu'ils représentent vraiment des hommes avec une capacité artistique plus grande, une beauté et une durée de vie plus longue. Tolkien dit aussi qu'une lignée elfique était la seule « noblesse » réelle que les Hommes de la Terre du Milieu pouvaient avoir.
Tolkien écrivit aussi que les Elfes du Seigneur des anneaux étaient les premiers à blâmer pour beaucoup de maux qui affectaient la Terre du Milieu, pour avoir créé de manière indépendante les Trois Anneaux dans le but d'empêcher leurs domaines de 's'effacer' dans les terres mortelles et de tenter d'arrêter le changement inévitable et la nouvelle croissance..
Histoire
Origines
Originellement, dans les années 1910 et 1920, Ingwë, Finwë et Elwë (leurs noms définitifs) étaient les plus âgés des Elfes. Vers 1959 ou 1960, Tolkien écrivit un conte détaillé sur le réveil des Elfes, intitulé Cuivienyarna, dans Quendi et Eldar. Ingwë, Finwë et Elwë devinrent alors les premiers ambassadeurs et les Rois des Elfes. Ce texte a seulement été publié dans The War of the Jewels, un des tomes de la série analytique Histoire de la Terre du Milieu, en 1994, mais une version similaire a été incluse dans le Silmarillion en 1977.
D'après le premier conte, les premiers Elfes furent réveillés par Eru Ilúvatar près de la baie de Cuiviénen pendant les Années des Arbres. Ils se réveillent sous le ciel étoilé, la Lune et le Soleil devant encore être créés. Les premiers Elfes à se réveiller furent les trois couples : Imin (« Premier ») et son épouse Iminyë, Tata (« Deuxième ») et Tatië, et Enel (« Troisième ») et Enelyë.
Imin, Tata, Enel et leurs épouses se rejoignent et marchent dans les forêts alentour. Ils rencontrent par hasard six, neuf, et douze couples d'Elfes, et chaque « patriarche » réclame ces couples comme ses gens. De là, soixante Elfes habitent près des rivières, et ils inventent la poésie et la musique en Terre du Milieu (le continent). En voyageant plus loin, ils rencontrent dix-huit couples d'Elfes regardant les étoiles, que Tata réclama pour siens. Ils étaient grands et aux cheveux bruns, les pères de la plupart des Ñoldor. Les quatre-vingt-seize Elfes qu'ils étaient désormais inventèrent de nombreux nouveaux mots. Continuant leur voyage, ils trouvèrent vingt-quatre couples d'Elfes, chantant sans langage, et Enel les ajouta à son peuple. Ils furent les ancêtres de la plupart des Lindar ou « chanteurs », plus tard nommés Teleri. Ils ne découvrirent pas d'Elfe supplémentaire ; le peuple d'Imin, le plus petit groupe, est l'ancêtre des Vanyar. En tout, les Elfes étaient 144. Comme tous les Elfes s'étaient trouvés par groupes de douze, douze devint leur base numérique et 144 leur plus grand nombre (pendant très longtemps), et aucune des langues elfiques plus tardive n'a de nom courant pour un nombre plus grand..
Ils furent découverts par le Vala Oromë, qui apporta la nouvelle de leur réveil à Valinor.
Le Silmarillion affirme que Melkor, le Seigneur des Ténèbres, avait déjà capturé quelques Elfes errants, et les avait tordu et mutilé jusqu'à ce qu'ils deviennent des Orques. Cependant, Tolkien finit par trouver inconfortable cette origine elfique, et envisagea de nouvelles théories sur l'origine des Orques..
Scissions centré|vignette|800x800px|Les divisions des Elfes telles que données dans La Guerre des Joyaux Dès leur éveil, sur les rives de Cuiviénen, les Elfes comprenaient trois clans : les Minyar (« Premiers »), les Tatyar (« Seconds ») et les Nelyar (« Troisièmes »). Les Valar décidèrent de convoquer les Elfes à Valinor plutôt que de les laisser demeurer à l'endroit où ils s'étaient éveillés pour la première fois, près du lac de Cuiviénen à l'extrémité orientale de la Terre du Milieu. Ils envoyèrent Oromë, qui choisit Ingwë, Finwë et Elwë (différents d'Imin, Tata et Enel) comme ambassadeurs pour Valinor. En retournant en Terre du Milieu, Ingwë, Finwë et Elwë convainquirent une grande partie des Elfes de faire le voyage vers Valinor. Mais tous les Elfes n'acceptèrent pas, et ceux qui refusèrent, uniquement composés de Tatyar et de Nelyar, sont les Avari, tandis que les autres reçurent le nom d'Eldar. Ces derniers conservèrent la division en trois clans : les moins nombreux, les Vanyar (issus des Minyar), menés par Ingwë ; les Ñoldor (issus des Tatyar), menés par Finwë ; les plus nombreux, les Teleri (issus des Nelyar), menés par Elwë et Olwë.
Tous les Eldar n'arrivèrent pas en Valinor. Certains choisirent délibérément d'abandonner la marche et de s'établir dans la vallée de l'Anduin : ce sont les Nandor, dont le chef était Lenwë. Plus tard, son fils Denethor mena une partie de son peuple en Beleriand, et celui-ci prit le nom d'Elfes Verts ou Laiquendi. Pendant ce temps, la marche se poursuivait, et les Elfes finirent par atteindre le Beleriand, à l'extrémité occidentale de la Terre du Milieu. Ils ne pouvaient aller plus loin, et Oromë retourna seul en Valinor demander conseil aux autres Valar.