Sergueï Viktorovitch Lavrov (en Prononciation en russe retranscrite selon la norme API.), né le à Moscou (URSS), est un diplomate et homme politique russe.

Membre du parti Russie unie, il est ministre des Affaires étrangères depuis 2004.

Biographie Origines et études Sergueï Lavrov naît à Moscou d'un père arménien originaire de Tbilissi, dont le nom de famille serait KalantarianIsabelle Lasserre, « Sergeï Lavrov, le Tayllerand de la diplomatie russe », in Le Figaro, 17 avril 2014, p. 8.. Sa mère russe, originaire de Noguinsk, est fonctionnaire au ministère du Commerce extérieur soviétique.. Il étudie à l'école secondaire de Noguinsk, puis reçoit une médaille d'argent de l'école de Moscou avec enseignement renforcé en anglais, à la fin de ses études secondaires.

En 1972, il sort diplômé à Moscou de l'Institut d'État des relations internationales du ministère des Affaires étrangères de l'URSS.

À cette époque, il parle couramment le cinghalais (langue officielle du Sri Lanka), le maldivien (langue officielle des Maldives), l'anglais, et a un niveau correct en françaisLa fabrique des diplomates de Poutine, lexpress.fr, 11 mars 2016.

En 1971, Sergeï Lavrov épouse Maria LavrovaLavrov méprise la “décadence de l'Occident”, mais sa belle-fille mène la grande vie à Londres, 7 sur 7, 12 mars 2022.

Carrière de diplomate En 1972, il est nommé attaché diplomatique auprès de l'ambassadeur de l'URSS au Sri Lanka. De 1976 à 1981, il travaille au département des organisations internationales du ministère des Affaires étrangères de l'URSS. De 1981 à 1988, il est premier secrétaire, conseiller puis conseiller en chef de la représentation permanente de l'URSS auprès de l'ONU. De 1988 à 1990, il est le chef adjoint du département des relations économiques internationales du ministère des Affaires étrangères de la Russie. De 1990 à 1992, il est le directeur du département des organisations internationales et des problèmes globaux du ministère des Affaires étrangères.

De 1992 à 1994, il est vice-ministre des Affaires étrangères de la fédération de Russie, sous la présidence de Boris Eltsine. De 1994 à 2004, il est le représentant permanent de la fédération de Russie auprès de l'ONU.

Ministre des Affaires étrangères Il remplace Igor Ivanov au poste de ministre des Affaires étrangères de la Russie le . Il possède le rang d'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de Russie.

Il entretient de mauvais rapports avec la secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice. Le révèle le que le ministre a employé dans une conversation téléphonique avec son jeune homologue britannique David Miliband, dans le contexte du conflit russo-géorgien en Ossétie du Sud d' : , ce qui fait la une des tabloïds anglais'Who the f*** are you to lecture me?': Russian minister's extraordinary rant at David Miliband, dailymail.co.uk, 13 septembre 2008. Entre 2008 et 2012, sous la présidence de Dmitri Medvedev, plus libéral que son prédécesseur et successeur Vladimir Poutine, Sergueï Lavrov se fait plus mesuré, s'abstenant de critiquer l'intervention militaire franco-britannique en Libye et s'opposant à des lois anti-américaines votées par la DoumaPierre Avril, « Sergueï Lavrov, diplomate charmeur et intransigeant », Le Figaro Magazine, semaine du 16 décembre 2016, page 24..

À partir de 2013, il est particulièrement actif dans la défense d'un statu quo à propos de la guerre civile syrienne en refusant une intervention militaire non encadrée par l'ONUPierre Avril, « Lavrov, le nouveau "M. Niet" russe », in Le Figaro, vendredi 13 septembre 2013, page 6. et en signant avec son homologue américain John Kerry à Genève une résolution mettant sous contrôle international les armements chimiques de l’État syrienLéa Baron, Russie : qui est Sergueï Lavrov, le négociateur de Poutine ?, tv5monde.com, 18 septembre 2013. La médiation de Lavrov et l'intervention russe en Syrie seront analysées comme un véritable « succès international » pour la Russie. Il n'a par ailleurs pas donné suite à la entre les États-Unis et la Russie voulue par Barack Obama.

En 2014, il est en première ligne face au secrétaire d'État américain John Kerry, qu'il rencontre plusieurs fois dans le cadre de la crise de Crimée et des suites de la révolution de Maïdan.

Lorsque la Russie attaque l'Ukraine fin février 2022, il continue d'exécuter fidèlement la politique du président russe. Sa crédibilité internationale, longuement construite au fil des décennies, en est grandement affectée. Il est sanctionné le par le Conseil européen, en applicaton du Règlement UE 2014/269, ce qui implique le gel de ses actifs et l'interdiction de lui fournir des resspufes économiques. La sanction est ainsi motivée "En tant que membre du Conseil de sécurité de la Russie, il a soutenu la reconnaissance immédiate par la Russie des deux républiques autoproclamées.Sergueï Lavrov est responsable d'actions compromettant l'intégrité territoriale, la souveraineté et l'indépendance de l'Ukraine, ou la stabilité ou la sécurité en Ukraine, et soutient activement ces actions".

En , son intervention à l'ONU est ainsi boycottée par de nombreuses délégations, dont celles des pays occidentaux, en signe de solidarité avec le peuple ukrainienStuart Williams, « Sergueï Lavrov, le roi de la diplomatie russe devenu un paria », latribune.ca, 2 mars 2022.. Il nie également les frappes russes sur une maternité à Marioupol, et rejette la responsabilité sur l'Ukraine.

Le , Sergueï Lavrov a été décoré de l'ordre de Saint-André, la plus haute distinction de la fédération de Russie, par le décret présidentiel n° 160 de la fédération de Russie pour ses « services éminents rendus à la Patrie, sa contribution significative au développement et à la mise en œuvre du cours de la politique étrangère de la fédération de Russie, ainsi que de nombreuses années de service public fructueux ».

Doctrine politique vignette|Sergueï Lavrov avec Hillary Clinton (Washington, 7 mai 2009). vignette|Sergueï Lavrov avec Ban Ki-moon, John Kerry et Lakhdar Brahimi (Montreux, 21 janvier 2014). Sergueï Lavrov se donne pour modèle Alexandre Gortchakov, ministre des Affaires étrangères d'Alexandre II, qui après la défaite de la guerre de Crimée avait restauré la position de la Russie face aux puissances européennes« Sergueï Lavrov, pilier géopolitique de Poutine », Frédéric Pons, Conflits, 10, juillet-août-<, p.16-19. Il a été marqué par la gestion américaine de la guerre du Kosovo, confirmant le déclassement international de la Russie. La proclamation unilatérale de l’indépendance du Kosovo (2008) formera un précédent que Lavrov rappellera lors du rattachement de la Crimée à la Russie en 2014Lavrov reminds of Kosovo recognition in connection with Crimea's reunification with Russia, tass.ru, 4 février 2015Interview by the Russian Foreign Minister, Sergey Lavrov, in a special edition of the programme “Voskresny vecher s Vladimirom Solovyovim” on the “Russia 1” TV channel, Moscow, 11 April 2014.

Il est l'un des hommes clefs du gouvernement de Vladimir Poutine et l'un des rares dirigeants à occuper un tel poste depuis le début de ses présidences. La Russie, par son entremise, bloque par veto cinq résolutions devant ouvrir la voie à une intervention militaire en Syrie sous couvert de l'ONU, ce qui lui vaut dans les chancelleries occidentales le surnom de « Minister Niet ». Suivant le président russe dans son entreprise de retrouver l'influence de son pays du temps de l'URSS, il est un défenseur résolu de la non-ingérence et de l'inviolabilité des frontières (en particulier lors de la première guerre civile libyenne et de la guerre civile syrienne), ce qui l'a parfois placé dans une situation délicate, notamment après la crise ukrainienne de 2014.

Condamnant l'extension de l'OTAN vers l'Est, « toujours plus près de la frontière russe », il affirme qu'elle constitue « la source de tous les problèmes systémiques qui ont surgi dans les relations que la Russie entretient avec les États-Unis et l'Union européenne » ; c'est à ce titre que l'historien Georges-Henri Soutou le comparait à un « nouveau Metternich ».

Pour Evguenia Obitchkina, professeur au MGIMO, .

Controverses vignette|À droite, Sergueï Lavrov avec le président russe Vladimir Poutine, le président américain Joe Biden et Antony Blinken, à gauche (Genève, 16 juin 2021).

Sanctions Dans le cadre des sanctions de 2022, sa fille Ekaterina Vinokourova et Polina Kovaleva, fille de sa maîtresse supposée Svetlana Poliakova, sont sanctionnées par les autorités britanniques« Guerre en Ukraine : Londres sanctionne les filles de Poutine et de Lavrov », Le Figaro, 8 avril 2022..

Antisémitisme Le , lors d'une interview pour la télévision italienne, Sergueï Lavrov déclare à propos du président Zelensky qu'être à la fois juif et nazi n'est pas incompatible, en affirmant que «Hitler avait aussi du sang juif» : Israël fustige les propos de Sergueï Lavrov, Le Figaro avec AFP, 2 mai 2022.Louis Imbert, Les provocations antisémites de la Russie obligent Israël à sortir de sa réserve, Le Monde, 4 mai 2022.Thierry Oberlé, Guerre en Ukraine: les déclarations antisémites de Lavrov poussent Israël dans le camp de Kiev, Le Figaro, 3 mai 2022.. Israël s'alarme alors de propos , tandis que le gouvernement ukrainien dénonce des révélatrices d'un . Le , Moscou répond en accusant Israël de soutenir le , en affirmant dans un communiqué que Moscou accuse Israël de «soutenir le régime néonazi de Kiev», Le Figaro avec AFP, 3 mai 2022.. Le , Israël affirme avoir reçu des excuses de la part de Vladimir PoutinePropos de Lavrov sur Hitler : Poutine a présenté ses excuses à Israël, Le Figaro avec AFP, 5 mai 2022..

Décorations vignette|Sergey Lavrov recevant les insignes de la première classe l'ordre du Mérite pour la Patrie de la main du président russe Vladimir Poutine (Moscou, 21 mai 2015).

Décorations russes Collier de l'ordre de Saint-André (2025).. Héros de la fédération de Russie (2020).. Médaille Stolypine (2020). Première classe de l'ordre du Mérite pour la Patrie ( en 2015, en 2010, en 2005 et en 1998). Médaille de la promotion de l'Union économique eurasiatique (2015). Médaille de l'Honneur diplomatique (2014). Médaille de l'ordre du Mérite de la région de Kaliningrad (2014). Médaille de l'ordre de l'Étoile polaire (2012). Médaille de l'ordre de l'Honneur (1996).

Décorations étrangères Première classe de l'ordre de l'Honneur (, 2023). Première classe de l' (, 2010). Médaille de l' (, 2006). Grand commandeur de l' (, 2025). Commandeur de l'ordre de l'Étalon (, 2024).. Grand-croix de l' (, 2021).. Seconde classe de l'ordre du Drapeau national (, 2025). Collier de l'ordre de la fédération (, 2021).. Commandeur avec étoile de l'ordre du Mérite (, 2021). Grand-cordon de l' (, 2021).. Première classe l'ordre de l'Amitié (, 2012. ; en 2005). Médaille de l'ordre Danaker (, 2017).. Commandeur de l' (, 2008). Commandeur de l'ordre national du Mali (, 2023).. Médaille de l'ordre de la Gloire (, 2010). Médaille de l'Ordre de l'amitié (, 2020).. Grand-croix de l'ordre du Soleil (, 2007). Collier de l' (, 2018).. Grand-croix de l'ordre de Sainte Agathe (, 2019). Grand-cordon de l' (, 2016). Médaille l' (, 2009).

Distinctions Docteur honoris causa de l'université d'État d'Erevan. Docteur honoris causa de l'université du Pirée. Docteur honoris causa de l'université de Tromsø.

Notes et références

Annexes Articles connexes Gouvernement russe

Liens externes

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