Borgonovo Val Tidone est une commune italienne de la province de Plaisance, dans la région Émilie-Romagne, située à une vingtaine de kilomètres à l'ouest de Plaisance, dans la basse vallée du Tidone.
La localité constitue un exemple de fondation urbaine volontaire du Moyen Âge italien. Créée en 1196 par les consuls de la commune de Plaisance sur le site du village de Casarnerio, elle est conçue comme une place forte destinée à contenir les incursions de la gibeline Pavie, dans une zone de confins longtemps dépendante de l'abbaye Saint-Colomban. Son plan orthogonal demeure lisible dans le centre historique ; détruite dès 1199, la place est reconstruite et dotée d'un château, la , siège de la mairie depuis 1875.
Commune agricole de la plaine intégrée à l'aire viticole des , Borgonovo Val Tidone conserve un patrimoine médiéval réparti entre le chef-lieu — avec la collégiale Santa Maria Assunta — et ses sept hameaux, dont plusieurs abritent des vestiges castraux antérieurs à la fondation du bourg.
Géographie
Situation et relief
La commune s'étend sur à l'extrémité occidentale du territoire plaisantin, aux confins du Pavesan, dans la basse vallée du Tidone, entre la rive gauche du cours d'eau et le Pô tout proche. Le chef-lieu, entièrement de plaine, se situe à d'altitude et à une vingtaine de kilomètres du chef-lieu provincial. Le territoire est classé en zone sismique 3, correspondant à une sismicité faible.
Voies de communication historiques
Le secteur constitue un axe de liaison ancien entre la Lombardie, la Ligurie et la Toscane, le long de la route menant à Bobbio, laquelle servait également de jonction entre la via Francigena et la . La zone était par ailleurs traversée par la via Postumia romaine.
Communes limitrophes
Agazzano, Alta Val Tidone, Castel San Giovanni, Gragnano Trebbiense, Pianello Val Tidone, Rottofreno, Sarmato et Ziano Piacentino.
Hameaux
La commune compte sept hameaux : Agazzino, Bilegno, Breno, Castelnovo Val Tidone, Corano, Fabbiano et Mottaziana.
Toponymie
Le nom associe les termes et , soit « bourg neuf », par opposition au village préexistant de Casarnerio ; le déterminant renvoie au torrent Tidone qui coule à proximité. La forme latine médiévale attestée est . En dialecte plaisantin, la localité se nomme .
Histoire
Le peuplement antérieur
Le territoire est occupé dès l'Antiquité, comme l'attestent des découvertes archéologiques dans la zone comprise entre Bilegno et Castelnuovo. Longtemps intégrée aux possessions de l'abbaye Saint-Colomban de Bobbio, la région constitue une zone de confins disputée entre Plaisance et Pavie.
La première construction de la de Bilegno, devenue par la suite collégiale, remonte à la seconde moitié du . À la fin du , plusieurs fortifications structurent déjà le secteur : la de Castelnuovo, dont les origines remontent au début du et qui accueille l'empereur Frédéric Barberousse en 1155 ; celle de Corano, détruite par le même souverain ; l'église Sant'Ilario de Breno, mentionnée en 1151 ; et un fortin à Mottaziana, impliqué à plusieurs reprises dans les luttes entre Guelfes et gibelins.
La fondation de 1196
En 1196, les consuls de Plaisance décident l'édification d'un près de Casarnerio, destiné à défendre le territoire plaisantin des incursions de Pavie.
La place forte reçoit un tracé rectangulaire, dont les voies parallèles et transversales se coupent à angle droit selon un plan d'urbanisme régulier. Deux portes en commandent l'accès, l'une au sud, l'autre au nord ; l'enceinte associe murailles, tours et un fossé profond que l'on remplissait d'eau en temps de guerre. Cette trame orthogonale demeure perceptible dans les trois rues rectilignes du centre, que les habitants désignent encore comme première, deuxième et troisième rue.
Trois ans après la fondation, alors que les travaux ne sont pas achevés, les milices pavesanes mettent le bourg à feu et à sang. Les consuls plaisantins le reconstruisent et entreprennent au nord l'édification d'un château de défense, la .
Le Moyen Âge
Dépourvue d'édifice religieux à l'origine, la localité dépendait de l'église Sainte-Marie du village voisin de Casarnello, détruite lors du sac de 1199 ; ses pierres sont réemployées pour bâtir l'église de Borgonovo, achevée en 1218, qui reçoit son premier curé en 1228. À la différence de Casarnello, Borgonovo est reconstruit, l'église étant cette fois intégrée au projet.
En 1238, selon les historiens, le bourg est démantelé sur ordre du podestat de Plaisance afin d'empêcher son occupation par l'armée de Frédéric II.
Aux siècles suivants, la place passe entre les mains de plusieurs lignages : après la commune de Plaisance, les Arcelli, puis les Sforza de Borgonovo et les Zandemaria en détiennent successivement le contrôle. Les Visconti, les Dal Verme et les Farnèse figurent également parmi les familles qui y résidèrent.
Après les dommages causés par les épisodes guerriers successifs, l'église fait l'objet de transformations structurelles dans la première moitié du et est reconsacrée par l'évêque de Plaisance Giovanni Campesio le .
Époque contemporaine
La est affectée aux services municipaux à partir de 1875. Les courtines, les terrassements, le fossé et les portes qui protégeaient le bourg sont démolis entre 1868 et 1874 ; leur tracé est aujourd'hui repris par les avenues bordées d'arbres qui ceinturent le centre historique, interrompues seulement par les places Garibaldi et De Cristoforis.
Administration
Liste des maires
Mandat en cours
Aux élections des 3 et , Monica Patelli l'emporte à l'issue d'un scrutin serré face au maire sortant Pietro Mazzocchi, en fonction depuis 2016. Elle conduisait la liste civique , soutenue par le centre gauche plaisantin. Le conseil municipal issu de ce scrutin réunit, outre la liste majoritaire, des représentants d'une coalition de centre droit et d'une troisième liste civique.
Démographie
La commune compte habitants, soit une densité d'environ . Au recensement du , la population résidente s'établissait à personnes, alors que les registres municipaux en enregistraient , soit un écart négatif de 143 unités.
Économie
L'économie communale repose sur l'agriculture de la basse vallée du Tidone et sur la viticulture, la commune appartenant à l'aire des et à l'itinéraire œnogastronomique de la .
Patrimoine
La Rocca
Édifiée à partir de la fin du au nord du bourg, à la suite de la destruction de 1199, la occupe une position stratégique à l'entrée de la localité. Le monument, dont les phases de construction s'échelonnent du au , conserve une tour, des courtines et des accès fortifiés.
La cour intérieure, remaniée au , présente un portique à trois ordres et un escalier monumental à balustres de terre cuite. Ces transformations furent commandées par les marquis Zandemaria, qui firent du château une demeure seigneuriale dotée d'une pinacothèque réunissant, selon les sources locales, quelque 240 œuvres. Le dernier étage, visible de l'extérieur, abrita un établissement pénitentiaire jusque dans les années 1980. L'édifice accueille la mairie depuis 1875 ; sa cour est accessible aux heures d'ouverture des bureaux municipaux.
La collégiale Santa Maria Assunta
Élevée dans les premières décennies du , la collégiale conserve un clocher roman de la première moitié du Duecento, le reste de l'édifice étant plus tardif et résultant des reconstructions consécutives aux destructions des .
La façade néogothique présente trois rosaces et un portail à jambages de marbre surmonté d'une lunette peinte figurant la Vierge entre des saints ; à l'arrière, l'abside polygonale est percée de quatre fenêtres à arc surbaissé. Les vitraux sont dus à Gasparini (1974) et à Corradini (1998). L'historienne de l'art Angiola Maria Romanini y a vu une interprétation aboutie du gothique, inscrite dans une conception équilibrée de l'espace dont les origines remontent aux créations romanes lombardes.
Le patrimoine des hameaux
Le château de Castelnovo Val Tidone remonte au début du .
À Mottaziana, dont le nom dérive des Ziliani, seigneurs du lieu ayant succédé aux Arcelli puis aux Scotti da Sarmato, le château a disparu : ses matériaux ont été réemployés dans la construction des maisons. L'église Sant'Alessio y porte une plaque à la mémoire des morts des deux guerres mondiales.
Bilegno conserve une ancienne collégiale consacrée à saint Georges, fondée au , qui disputa la prééminence à celles d'Olubra et de Borgonovo et dont dépendaient de nombreuses églises des environs ; l'édifice ne conserve plus d'éléments architecturaux d'origine.
Culture et traditions
Gastronomie
La commune possède un produit de dénomination communale d'origine (De.C.O.), la , focaccia aux rillons de porc préparée à partir d'ingrédients de la cuisine paysanne : farine blanche, couenne de porc, levure de bière, saindoux, eau et sel. La fête qui lui est consacrée, organisée par la depuis sa première édition en 1966, se tient le premier week-end de septembre dans le centre historique et a reçu en 2019 le label de l'Union nationale des d'Italie.
Manifestations
La fête patronale de l'Assomption est célébrée le 15 août et la se tient le premier week-end d'octobre. La commune accueille une étape du , manifestation musicale estivale itinérante consacrée au jazz et aux répertoires classique et contemporain, ainsi qu'une étape du . Le centre-ville dispose d'une salle de cinéma et de théâtre.
Personnalités liées à la commune
Giovanni Battista Guadagnini (1711-1786), luthier, né à Bilegno et mort à Turin, considéré comme l'un des plus grands facteurs d'instruments à cordes de l'histoire. Flaviano Labò (1927-1991), ténor, né à Mottaziana. Francesco Alberoni (1929 - 2023), sociologue, journaliste et écrivain.
Le hameau de Mottaziana est également présenté par les sources locales comme le lieu de naissance de l'architecte Alessio Tramello, auteur à Plaisance des églises San Sisto, Santa Maria di Campagna et San Sepolcro.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
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Articles connexes
Province de Plaisance Tidone Alta Val Tidone Giovanni Battista Guadagnini
Liens externes
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