Emmy von N. est le pseudonyme de la baronne Fanny Moser, née le Fanny Moser (1848-1925), une patiente dont Sigmund Freud décrit la cure dans les Études sur l'hystérie (1895), livre écrit avec Joseph Breuer. Le cas « Emmy von N… » est à l'origine chez Freud de son abandon de l’hypnose en faveur de la méthode des associations libres, règle fondamentale aujourd'hui de la cure psychanalytique pour l'analysant.

Biographie C'était une femme séduisante, dans la quarantaine, épouse d'un riche industriel. De médecins en médecins (entre autres Auguste ForelYves Ranty : Les Somatisations, L'Harmattan, coll. « Santé, sociétés et cultures », 2000, ) elle aboutit chez Freud qui regroupe ses troubles sous le terme d'hystérie (diagnostic qui a été par la suite souvent remis en cause). Elle présente des troubles spasmodiques de la parole allant jusqu'au bégaiement, agitation spasmodique des doigts, mouvements convulsifs de la face et un claquement de la langue.

En 1918, à la suite d'une lettre de la fille de Fanny Moser à Freud dans laquelle elle lui écrit que sa mère n'est pas du tout guérie, Freud répondra : O. Andersson, « A supplément to Freud's case history of "Frau Emmy von N." », Studies on Hysteria (1895), Scandinavian Psychoanalytic Review, vol. 2, 1979, , ».

Hystérie C'est une époque où les hystériques étaient déconsidérées dans le milieu médical, et Freud a été l'un de ceux<ref>Pierre Briquet en 1859 avait déjà pris la défense des hystériques en disant de l'hystérie qu'elle n'était pas cette maladie honteuse dont le nom seul rappelle au monde étranger à la médecine et à beaucoup de médecins ce vers de notre grand poète tragique : "C'est Venus tout entière à sa proie attachée", mais qu'elle était au contraire due à l'existence, chez la femme, des sentiments qu'elle seule est capable d'éprouver". Cité par Raymond de Saussure et Léon Chertok,Naissance du psychanalyste, Empêcheurs de penser en rond, 1997, </ref> qui s'est intéressé à ces patientes sans les déconsidérer.

Selon Jean-Michel Quinodoz, , ..

Le cas d'Emmy von N. La cure d'Emma von N. commence le 1er mai 1889, elle durera six semaines. Au départ, l'objectif de Sigmund Freud est d'ordre cathartique : il recourt à des massages ainsi qu'à l'hypnose pour activer la remémoration. Il s'aperçoit alors qu'une conversation menée avec la patiente en complément de l'hypnose a le même effet cathartique que cette méthode. , sa patiente lui demande bientôt .

En rapportant ses souvenirs, elle est parfois et invective son thérapeute avant de se calmer : , lui dit-elle.

Pour Freud, le cas d'Emmy von N. présente moins une hystérie de conversion que des . Il établit que joue un rôle déterminant, .

Bibliographie Sigmund Freud et Josef Breuer : Études sur l'hystérie, 1895, Puf, 2002,

Michel Neyraut: Le transfert. Études psychanalytiques'', Puf, coll. « Le fil rouge », 1974, , .

Références

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