La Société nationale des chemins de fer luxembourgeois (CFL) est l'entreprise ferroviaire publique luxembourgeoise créée le . Elle est présente dans le domaine du transport de voyageurs, du transport de marchandises, et réalise la gestion et l'exploitation du réseau ferré du Luxembourg, du funiculaire Pfaffenthal-Kirchberg, de lignes d'autobus et ce majoritairement pour le compte du Régime général des transports routiers et d'un service d'autopartage nommé Flex.
Les parts de la société sont réparties comme suit : 94 % l'État luxembourgeois, 4 % l'État belge et 2 % l'État français.
Histoire
thumb|left|La locomotive Diesel 1604 des CFL.
Les premières lignes de chemins de fer luxembourgeoises sont ouvertes en . Elles appartiennent à la Société royale grand-ducale des chemins de fer Guillaume-Luxembourg (GL), fondée en 1857, mais sont exploitées par la Compagnie des chemins de fer de l'Est (Est).
De son côté la Compagnie des chemins de fer Prince-Henri ouvre en ses propres lignes ; la compagnie fait faillite en 1877 et est remplacée par la Société anonyme luxembourgeoise des chemins de fer et minières Prince-Henri (PH).
À partir de 1872, le réseau Guillaume-Luxembourg est exploité par la Direction générale impériale des chemins de fer d'Alsace-Lorraine (en allemand : Kaiserliche Generaldirektion der Eisenbahnen in Elsass-Lothringen) (EL) à la suite de l'annexion de l'Alsace-Lorraine à l'Empire allemand.
L'Administration des chemins de fer d'Alsace et de Lorraine (AL) est créée en 1919, lors du retour de l'Alsace-Lorraine à la France, et reprend l'exploitation du réseau Guillaume-Luxembourg (GL).
Le , le réseau GL entre dans le giron de la nouvelle Société nationale des chemins de fer français (SNCF) mais dès 1940, celui-ci est exploité par la Deutsche Reichsbahn jusqu'à la fin du conflit, où le réseau est lourdement endommagé, par exemple la ligne du nord est rendue inutilisable.
Le un arrêté grand-ducal est pris afin que l'État reprenne directement l'exploitation de l'ensemble des lignes de chemin de fer à voie normale et à voie étroite du grand-duché, avec effet rétroactif au ..
Le , une convention est signée entre le Luxembourg, la France et la Belgique. La Société nationale des chemins de fer luxembourgeois (CFL) est officiellement créée le et reprend les concessions des réseaux Guillaume-Luxembourg et Prince-Henri, ainsi que celles des Chemins de fer à voie étroite (CVE) étatisés en 1934. La convention est approuvée par la loi du , qui annule notamment les concessions des anciennes compagnies..
À partir de la fin des années 1940, la fermeture progressive des lignes de chemin de fer secondaires permet l'émergence du service d'autobus des CFL, dont les lignes font partie depuis 1996 du réseau du Régime général des transports routiers (RGTR).
La loi du transfère à l'État luxembourgeois la propriété du réseau et de ses infrastructures, qui en confie l'exploitation à la Société nationale des chemins de fer luxembourgeois (CFL) ; elle crée aussi le Fonds du rail chargé de financer les projets de remise en état, de modernisation et d’extension du réseau ferré ou de suppression de lignes et le Fonds des raccordements ferroviaires internationaux chargé de financer les infrastructures à l'étranger dans le but de raccorder le réseau grand-ducal aux réseaux ferroviaires étrangers.. À la suite de cette loi, les statuts des CFL sont renouvelés par la loi du , suivant le protocole additionnel du qui modifiait la convention de 1946..
Au , l'attribution des sillons horaires est un rôle désormais dévolu à l'Administration des chemins de fer.. En 2010, l'Institut luxembourgeois de régulation (ILR) s'est vu confier la mission de veiller à ce que l'accès au réseau ferroviaire se fasse dans le respect des règles européennes sur la concurrence, dans le cadre de la libéralisation du transport ferroviaire au sein de l'Union européenne..
En 2017, les CFL se lancent dans l'autopartage avec le lancement du service Flex, comptant à son lancement une vingtaine de stations réparties à travers le pays et met en service le funiculaire Pfaffenthal-Kirchberg, première infrastructure de ce type au grand-duché.
Le réseau
vignette|La gare de Luxembourg, la plus importante du pays
La Société nationale des chemins de fer luxembourgeois est le gestionnaire du réseau ferré national luxembourgeois, propriété de l'État luxembourgeois.
En 2015, le réseau ferré du Luxembourg compte de lignes dont de lignes à double voie, de lignes à voie unique, de lignes électrifiées et de lignes non électrifiées.
Le tout représente un total de de voies ( de voies principales et de voies de services), dont sont électrifiées en courant alternatif monophasé – (il n'y a plus de sections en au Luxembourg depuis 2018).
Le réseau compte également 994 aiguillages et 40 embranchements particuliers. Bien que situées en France, les gares d'Audun-le-Tiche et Volmerange-les-Mines font partie du réseau ferré luxembourgeois et ne sont pas raccordés au réseau ferré national français.
La ponctualité des trains est élevée, avec 89,6 % en 2017 ; ce chiffre est toutefois en baisse au cours des années puisqu'il était de 89,8 % en 2016 et 90,9 % en 2015. La ponctualité varie aussi fortement selon les lignes. : Les lignes commerciales 10, 30 et 70 sont les plus ponctuelles avec un taux de 91,2 % pour les deux premières et 92,3 % pour la troisième en 2018, vient ensuite la ligne 60 avec 98,7 % puis la ligne 50 avec 87,7 %, la ligne 90 ferme le tableau avec 75,8 % et près de 7 % de trains annulés dont 0,5 % pour la ligne 30.
Le matériel roulant
Les CFL utilisent de nombreux matériels identiques à ceux de la SNCB belge et de la SNCF française. La plupart des engins des CFL portent une livrée à base de rouge bordeaux. Depuis 2017, l'ensemble de la flotte est équipée du système ETCS de niveau 1. Le remisage et la maintenance du matériel est regroupé au dépôt de Luxembourg. En outre, les CFL disposent de trains de type Stadler KISS qui circulent sur les lignes entre le Luxembourg et l'Allemagne (série 2300).
En 2024, l'ensemble de la flotte destinée au transport de voyageurs sera équipée de la climatisation ; cela se traduira par le remplacement des série 2000, dérivées des Z2, à partir de 2021..
Le groupe CFL vignette|Une CFL série 2300, de la famille Stadler KISS, sur le viaduc Dräi Eechelen.
Les CFL ont trois actionnaires, l'État luxembourgeois (94 %), l'État belge (4 %) et l'État français (2 %)..
Les CFL contrôlent vingt-deux filiales et entreprises. présentes dans des activités liées au transport de personnes ou de marchandises, à la logistique ou à des domaines complètement éloignées du chemin de fer comme l'autopartage ou plus simplement la gestion du parc immobilier des chemins de fer.
Ces filiales sont présentes non seulement au Luxembourg mais aussi en Belgique, en France, en Allemagne, au Danemark ou encore en Suède. En outre les CFL disposent, pour assurer les opérations de réassurance, d'une filiale nommée Rail Réassurances SA.
CFL Évasion Créée en 1999 et filiale à 100 %, CFL Évasion SA est une agence de voyages..
CFL Immo Créée en 1997 et filiale à 99,67 %, CFL Immo SA s'occupe du patrimoine immobilier ferroviaire, non seulement des CFL, mais aussi de celui appartenant à l'État luxembourgeois..
Elle dispose depuis 2009 d'une filiale nommée Immo-Rail SA, spécialisée dans la promotion immobilière..
CFL Cargo
Créée en 2006 par la fusion des activités Fret des CFL (ex-EuroCargoLux) et du département de transport interne des sites de production luxembourgeois d'ArcelorMittal et filiale à 66,67 % des CFL et à 33,33 % d'ArcelorMittal, CFL Cargo SA est chargée des transports et de la logistique, exclusivement pour les marchandises.. CFL Cargo travaille en étroite collaboration avec CFL Multimodal..
CFL Multimodal Créée en 1979 et filiale à 99,99 %, CFL Multimodal est une filiale orientée logistique, en particulier via la gare multimodale de Bettembourg.. CFL Multimodal travaille en étroite collaboration avec CFL Cargo.
CFL Multimodal dispose de plusieurs filiales au Luxembourg et en Belgique :
CFL Intermodal (ex-Eco Logistics Operator), spécialisée dans le transport combiné rail-route ; CFL Logistics (ex-Lentz multimodal), spécialisée dans l'entreposage de marchandises ; CFL Port Services (ex-Van Eecke & Govers),assure des services portuaires et douaniers dans le port d'Anvers en Belgique ; CFL Terminals (ex-Terminaux Internationaux Bettembourg), gestionnaire du terminal intermodal de Bettembourg. CFL cargo opère dans le port autonome de Strasbourg..
En 2016, CFL Multimodal a pris le contrôle des Transports internationaux Fischbach, et procède de façon progressive à l'intégration de l'entreprise en son sein..
Lorry-Rail Lorry-Rail SA, filiale à 33,34 %, est l'opérateur de l'autoroute ferroviaire reliant le Luxembourg à Perpignan (France)..
neg Niebüll La (neg) est devenue une filiale à 100 % des CFL en 2004.. Une filiale-sœur, NEG Siderau Betriebs, existe aussi.
L'entreprise opère entre Niebüll et Dagebüll et entre Niebüll et Tønder à la frontière entre l'Allemagne et le Danemark.
CFL Mobility Créée en 2017 et filiale à 100 %, CFL Mobility est destinée à la gestion du service d'autopartage Flex.
Anciennes filiales Le groupe CFL a compté par le passé deux autres filiales : ACTS Logistik- Dienstleistungssysteme AG, liquidée en 2003 et PKP Cargo CFL International (joint-venture avec , division Fret des chemins de fer polonais), liquidée en 2014.
Identité visuelle (logo) Au cours de son histoire, les CFL ont connu six logos différents..
Activités La Société nationale des chemins de fer luxembourgeois est une entreprise ferroviaire dite « intégrée » : elle exerce à la fois le métier d'exploitant (voyageurs et marchandises) et celui de gestionnaire d'infrastructure ferroviaire.
En 2022, le président du conseil d'administration des CFL est Jeannot Waringo. Le directeur général du groupe est Marc Wengler.
Transport de voyageurs Fréquentation En 15 ans, la fréquentation du réseau a presque doublé et augmente presque chaque année : elle passe ainsi de 13,5 millions de voyageurs en 2003 à 22,9 millions en 2017 soit près de 70 % de hausse, alors qu'entre 1960 et 2005 elle n'avait que peu augmenté et même stagné dans les années 1980 et diminué au début des années 2000...
En pourcentage, la fréquentation augmente de 3 à 5 % par an, il était alors estimé qu'elle pourrait augmenter avec l'application de la gratuité des transports en 2020.. Toutefois, la pandémie de Covid-19 a fait chuter la fréquentation, passant de 25 à 14,5 millions de voyageurs.. Cependant, après 2021, la fréquentation augmente fortement chaque année, avec un nouveau record établi en 2023 puis en 2024...
AnnéeFréquentation (millions de voyageurs)195010,61960 10,61970 12,51980 14,01990 13,92000 14,92003 13,52004 13,72005 14,12006 14,82007 16,42008 17,72009 17,02010 18,02011 18,42012 19,82013 20,72014 21,52015 22,52016 22,52017 22,92018 23,32019 252020 14,52021 16,62022 222023 28,72024 31,3
Par ligne commerciale, la fréquentation a évolué comme suit, sur la période 2012-2024.