(ou Pendant longtemps, son père Simon (mort en 1188) a été confondu avec son propre père (mort en 1181), grand-père de Simon mort en 1218. Cette situation a induit un problème de numérotation des Simon de Montfort. Simon de Montfort (mort en 1188) est nommé ici et sur le site internet Medlands. Son fils mort en 1218 est appelé sur MedLands.) de Montfort (c. 1170Martin Aurell, op.cit. Montfort-l'Amaury - , Toulouse), seigneur de Montfort-l'Amaury de 1188 à 1218, comte de Leicester en 1204, vicomte d'Albi, de Béziers et de Carcassonne de 1213 à 1218, comte de Toulouse de 1215 à 1218, est la principale figure de la croisade des albigeois.
Biographie Origines
Simon de Montfort. est issu de la maison de Montfort-l'Amaury, une famille de rang baronnial d'Île-de-France.
Son père est ., ou peut être Simon de Montfort (mort en 1188), qui était gruyer royal de la forêt d'Yvelines.. Son aïeul, était comte d'Évreux et sénéchal de France.
Sa mère, Amicie de Leicester (morte en ), est la fille de Robert de Beaumont Blanchemains et de Pernelle de Grandmesnil (morte le ). Elle est issue du baronnage anglo-normand par son père. Elle est l'héritière de la moitié du comté de Leicester et d'un droit au titre de sénéchal d'Angleterre..
Un baron français
À la mort de son père, il se retrouve à la tête de la seigneurie de Montfort, mais ne prend pas immédiatement part à la rivalité franco-anglaise pour diverses raisons : d'abord par prudence, ensuite parce que les opérations militaires ne se déroulent pas en Île-de-France mais en Flandre, et enfin pour ne pas perdre ses droits au comté de Leicester. En fait, il n'apparaît dans la vie politique qu'en 1188, au cours de l'entrevue de Gisors entre Philippe Auguste et .
Cette entrevue avait été organisée par l'Église pour sceller la paix entre les deux royaumes et permettre l'organisation et le départ de la troisième croisade, l'annonce de la prise de Jérusalem par Saladin étant parvenue en Europe l'année précédente. Simon ne se joint pas à cette croisade, au contraire de son frère Guy qui accompagne Philippe Auguste et le nouveau roi d'Angleterre, Richard Cœur de Lion, successeur en 1189 d', son père.
Il épouse alors Alix de Montmorency. (morte en 1221), fille de et sœur de , futur connétable de France. En 1192, Philippe Auguste revient de croisade, tandis que Richard Cœur de Lion reste en Terre sainte. Philippe Auguste en profite pour faire la conquête de plusieurs fiefs tenus par l'Anglais, opérations auxquelles Simon ne participe pas. Richard Cœur de Lion rentre de croisade en 1194, la guerre reprend et Simon se joint aux forces de Philippe..
La croisade en Terre sainte
L'œuvre de Richard Cœur de Lion en Terre sainte était restée incomplète : Jérusalem n'ayant pas été reconquise, le pape (1198-1216) demanda une nouvelle croisade. Le comte , sensible à cet objectif, organise le un tournoi à Ecry-sur-Aisne, où il invite tout le haut baronnage du royaume. À l'occasion du tournoi, Foulques de Neuilly prêche la reconquête de Jérusalem et les barons enthousiastes se joignent à la quatrième croisade. Les croisés décident de se rendre en Palestine par la mer et Geoffroy de Villehardouin négocie le passage avec les Vénitiens. Malheureusement, lorsque les croisés se regroupent à Venise, le nombre de soldats est loin d'être celui prévu, de nombreux croisés ayant trouvé le montant de la traversée trop onéreux et ayant opté pour un autre chemin. Comme c'était une somme globale et non une somme individuelle qui avait été convenue, les combattants réunis à Venise étaient loin de posséder la somme demandée..
Enrico Dandolo, le doge de Venise, propose alors aux croisés qu'ils prennent la ville hongroise de Zara en échange de la somme manquante. Les chefs acceptent le marché, mais nombreux sont les croisés qui le désapprouvent, parmi lesquels Simon. Celui-ci et ses alliés refusent d'ailleurs d'attaquer la ville et restent dans leur campement pendant l'assaut. Après la prise de la ville, c'est ensuite Alexis Ange qui propose aux croisés de payer leur passage en échange de leur aide pour rétablir sur le trône. Simon refuse net cette proposition et dès prend contact avec le roi de Hongrie pour obtenir l'autorisation de traverser son royaume en sécurité avec ses compagnons. Avec tout le contingent d'Île-de-FranceDe tous les seigneurs franciliens, seul Mathieu de Montmorency, seigneur de Marly et oncle de la femme de Simon de Montfort continua vers Constantinople, où il meurt le . Mathieu de Montmorency est le père de Bouchard de Marly qui seconda Simon de Montfort pendant la croisade des Albigeois., il quitte l'armée croisée, traverse la Dalmatie, puis descend le long de la péninsule italienne pour embarquer à Barletta, dans les Pouilles..
Il débarque à Jaffa et rejoint le roi . Apprenant le détournement de la quatrième croisade, le roi négocie une trêve avec le sultan Al-Adel. Il dirige cependant avec Simon de Montfort une expédition punitive en Tibériade. Impressionné par leur valeur, Amaury veut les attacher à son service et accepte le mariage de Guy de Montfort, frère de Simon, avec Helvis d'Ibelin. Mais l'annonce de la prise de Constantinople et de la fondation de l'empire latin de Constantinople fait comprendre à Amaury que la croisade ne viendra pas en Terre sainte, et il signe en 1204 une trêve de six ans avec le sultan..
La tradition veut que Simon ait rapporté d'Orient un morceau de la sainte Croix qu'il offrira au monastère des Hautes-Bruyères. Cette relique, enchâssée dans une croix-reliquaire, fut déposée par la suite en l'église Saint-Lubin de Rambouillet où elle demeure toujours..
Son oncle (comte de Leicester) meurt peu après son retour. Simon en est l'héritier le plus proche et revendique la succession. Mais Jean sans Terre, roi d'Angleterre, après que se fut emparé de la Normandie et eut exigé de ses nouveaux vassaux qu'ils choisissent entre leurs biens normands et anglais, confisque à son tour tous les domaines anglais détenus par des barons français. Ce fut le cas du comté de Leicester qui est donné à Ramnulf de Chester..
Le croisé en Albigeois
Vers 1206, son ami et voisin Guy, abbé des Vaux-de-Cernay, est appelé pour prêcher dans l'Occitanie contre l'hérésie cathare, avec d'autres religieux comme Dominique de Guzmán et Pierre de Castelnau. La mission n'obtient que de maigres succès ; Pierre de Castelnau finit par excommunier le comte mais est assassiné le . Le pape décide alors d'organiser une expédition contre les Cathares, et accorde aux combattants les mêmes indulgences et faveurs qu'à ceux qui combattaient en Terre sainteBien que très différente de l'esprit des précédentes croisades, cette expédition prit le nom de croisade des Albigeois. Les objectifs des premières croisades étaient de délivrer les Lieux Saints, de protéger les chrétiens d'Orient et de repousser les Turcs qui menaçaient Constantinople. Les participants de la quatrième croisade détournés sur Constantinople avaient été à deux doigts de se faire excommunier, pour avoir combattu d'autres chrétiens. Avec la croisade des Albigeois, on assiste à une évolution de la notion de croisade, où il s'agit de combattre les ennemis de la papauté. Cette notion sera reprise lors des croisades contre , contre l'Aragon et contre les Hussites.. Arnaud Amaury et Guy des Vaux de Cernay parcourent le royaume de France afin d'inciter les barons à prendre part à la « croisadePour les barons, le voyage en Occitanie étant moins coûteux que celui en Terre sainte, la croisade des Albigeois était une aubaine pour obtenir la rémission de leurs péchés et l'indulgence de Dieu à moindres frais.. ».
, duc de Bourgogne, annonce son engagement, suivi d', comte de Nevers, et de , comte de Saint-Pol. Incité par Guy des Vaux de Cernay, Simon de Montfort s'engage dans la croisade, suivi par plusieurs barons voisins, Guy de Lévis, Bouchard de Marly, Robert de Mauvoisin… Pour écarter la menace de ses Etats, fait amende honorable le et rejoint la croisade..
Les croisésRaisonnablement, on peut estimer leur nombre à (voir ). se réunissent à proximité de Lyon et se dirigent vers le sud, sous la direction du légat Arnaud Amaury. étant parmi les croisés, l'objectif n'est plus le Toulousain mais le domaine de Raimond-Roger Trencavel, vicomte de Béziers et de Carcassonne, qui abrite également des cathares..
Les villes de BéziersContrairement à une idée répandue, ce n'est pas à Simon de Monfort, mais au légat Arnaud Amaury que sont attribuées les paroles "Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens" (sur la véracité de ces paroles, voir l'article sac de Béziers). À cette époque, Simon de Montfort était d'un rang bien moindre que les principaux participants à la croisade tels l'archevêque de Sens, l'évêque de Clermont, le duc de Bourgogne ou le comte de Nevers. et de Carcassonne sont prises, Trencavel est déchu de ses vicomtés et un successeur lui est choisi parmi les barons croisés. Après les refus du duc de Bourgogne, du comte de Nevers et du comte de Saint-Pol, Arnaud Amaury préside une commission formée de deux évêques et de quatre barons, qui fixe son choix sur Simon de Montfort. Ce dernier commence par refuserEn effet, le pays, très favorable aux Cathares, laisse penser qu'il n'acceptera pas son nouveau seigneur et doit de ce fait être conquis, avec un effectif de soldats fluctuant., mais l'insistance de son ami Guy des Vaux de Cernay et d'Arnaud Amaury finit par le faire revenir sur sa décision. Il accepte, à la condition que tous les barons présents fassent serment de venir l'aider au cas où il serait en péril.
La première difficulté du nouveau vicomte se manifeste avec la fin de la quarantaine qui survient peu après la reddition de Carcassonne, et seul le duc de Bourgogne accepte, par amitié, de rester quelque temps. Ils prennent Fanjeaux, puis Simon reçoit l'hommage des habitants de Castres. Il tente ensuite de prendre les châteaux de Lastours, mais doit abandonner le siège après le départ du duc de Bourgogne. Il ne peut alors compter que sur une trentaine de chevaliers et d'une troupe de cinq cents soldats. Il prend Mirepoix, qu'il donne à son beau-frère Guy de Lévis, détruit la maison de Parfaits implantée à Pamiers (où il rédigera les statuts de Pamiers en 1212) par Esclarmonde sœur du comte de Foix, prend Saverdun et Preixan et reçoit l'hommage des habitants d'Albi ainsi que de plusieurs seigneurs locaux.
Il rencontre le roi à Narbonne, mais ce dernier n'est pas décidé à le reconnaître comme vassal. C'est à ce moment, le , que meurt dans sa prison Raimond-Roger Trencavel. Les ennemis de Montfort font courir le bruit qu'il a été assassiné. Le pays se révolte alors, son cousin Bouchard de Marly tombe dans une embuscade tendue par le seigneur Pierre Roger de Cabaret et plusieurs de ses châteaux sont assiégés, pris par les Occitans et leur garnison massacrée. Simon de Montfort ne peut compter que sur quelques villes et doit se préparer à faire une conquête complète du pays. Sa femme Alix de Montmorency le rejoint alors, amenant avec elle des renforts. Il commence à prendre quelques châteaux révoltés, et fait preuve d'une cruauté équivalente à celle des seigneurs occitans qui avaient massacré ses garnisons.
Après les prises de Minerve, Termes, Lastours et Lavaur, il contrôle suffisamment le pays pour envisager de s'attaquer au comte de Toulouse, qui vient de se faire excommunier à nouveau. Simon occupe Castelnaudary et y bat . Il occupe ensuite l'Albigeois, l'Agenais, puis occupe Muret, achevant d'encercler Toulouse. Inquiet de ses progrès, le roi , qui vient de remporter la bataille de Las Navas de Tolosa contre les Maures, prend les comtes de Toulouse, de Foix et de Comminges sous sa protection. Au mois d', franchit les Pyrénées et rejoint les trois comtes à Muret. Simon de Montfort attaque l'alliance et la défait le au cours de la bataille de Muret où est tué le roi .