Tomás Milián, né le à La Havane (Cuba) et mort le à Miami, Floride (États-Unis) est un acteur et scénariste cubano-américano-italienAddio a Er monnezza: è morto a Miami Tomas Milian..
Milián est surtout connu, en Italie, comme un des protagonistes des films poliziotteschi (policiers) des années 1970 et 1980.
En Italie, doublé par la voix reconnaissable entre mille de Ferruccio Amendola, Milián est identifié au rôle de Nico Giraldi, un policier romain aux méthodes peu courtoises, mais efficaces, et à Poubelle (Er Monnezza en VO), un petit voleur des quartiers ouvriers de Rome au fort accent romain.
Biographie
La Havane-New York-Spolète Issu de la grande bourgeoisie cubaine, le jeune Tomas Rodriguez qui s'identifie à James Dean quitte Cuba pour les États-Unis trois ans avant la révolution castriste et après le suicide de son père, colonel de l'armée cubaineJean-François Giré: "Le Vautour et la Proie" Editions Wild Side Vidéos. Après une année à l'université de Miami pour parfaire son anglais, le séduisant jeune homme passe six mois dans la marine puis passe le concours d'entrée de l'Actors Studio devant Elia Kazan, Lee Strasberg et Paul Newman : sur , il est un des deux reçus. En 1958, il débute sur scène dans le rôle principal d'une pièce de Meade Roberts écrite pour lui, Maidens and Mistresses at Home at the Zoo. Son succès lui permet de participer à une émission de télévision. Il rencontre à cette occasion le compositeur italien Giancarlo Menotti, maître d'œuvre du prestigieux festival de Spolète. Celui-ci lui offre de s'y produire en vedette dans la pantomime de Jean Cocteau Le Poète et la Muse.
Nouvelle Vague italienne
Dès lors que le néoréalisme s'éteint doucement dans la péninsule italienne - seul le militant Roberto Rossellini poursuivra dans cette veine -, le cinéma italien d'auteurs évolue dans une direction plus littéraire et moins naturaliste, vers une forme plus traditionnelle dont l'audace n'est pas exclue pourtant. Mauro Bolognini peut être considéré comme le plus parfait représentant de cette nouvelle voie, s'appuyant sur des scénarios magnifiques de Pier Paolo Pasolini.
Milian entame sa carrière cinématographique dans deux de leurs films, Les Garçons et Le Bel Antonio, et ceux qu'il tourne sous la direction de Francesco Maselli (Les Dauphins, Les Deux Rivales), Alberto Lattuada (L'Imprévu) et Franco Brusati (Le Désordre) se rattachent au même mouvement.
Intellectuels et chiens fous
L'auteur phare de cette époque est Alberto Moravia, coscénariste des Dauphins et dont les romans inspirent Les Deux Rivales et plus tard L'Amour conjugal de Dacia Maraini. Parmi les autres scénaristes à succès de l'Italie des années 1960, outre Pasolini, figurent également Ennio De Concini (Les Dauphins, L'attico de Gianni Puccini) et Suso Cecchi D'Amico (Les Deux Rivales), collaboratrice régulière de Luchino Visconti. Par ailleurs, Tomas joue le mari de Romy Schneider dans le sketch Le Travail que Visconti adapte d'un conte de Maupassant, et apparaît (non crédité) dans le sketch La ricotta réalisé par Pasolini.
Dans la deuxième moitié de la décennie, l'acteur cubain travaille avec d'autres cinéastes italiens de grande réputation : Valerio Zurlini, Carlo Lizzani, Pasquale Festa Campanile, Liliana Cavani (Les Cannibales d'après Sophocle). Fréquemment, il donne la réplique à des acteurs issus de la Nouvelle Vague française : Jean-Claude Brialy, Gérard Blain, Jean-Paul Belmondo, Anna Karina, et côtoie le gotha du cinéma italien : Vittorio Gassman, Marcello Mastroianni, Claudia Cardinale, Alida Valli, Gina Lollobrigida, interprétant aussi bien des premiers rôles que des rôles de complément.
Diversité
Très tôt Milian s'essaie au film de genre : film de guerre (Les Partisans attaquent à l'aube, Le Jour le plus court, Des filles pour l'armée), film du genre "Giallo" (Jour après jour) et dans la comédie. Il figure aussi dans la superproduction L'Extase et l'Agonie du britannique Carol Reed et dans l'adaptation du roman de Théophile Gautier Mademoiselle de Maupin par Mauro Bolognini.
À partir de 1966 commence un cycle fécond de westerns spaghettis signés notamment Sergio Sollima et Sergio Corbucci, où il est abonné aux rôles de Mexicains, avec pour partenaires des vedettes américaines telles que Lee Van Cleef, Jack Palance ou Telly Savalas, et d'autres stars du genre comme Franco Nero. Dans le thriller, Milian s'illustre au côté d'Ernest Borgnine, Henry Silva ou Joseph Cotten. Companeros et On m'appelle Providence d'une part, Le Coriace ou Bandits à Milan d'autre part consacrent un nouveau type de personnage, moins intellectuel et plus physique.
Parmi les curiosités de cette période, Un couple pas ordinaire, une comédie de Francesco Maselli avec Rock Hudson, The Last Movie de et avec Dennis Hopper, le film d'horreur La longue nuit de l'exorcisme de Lucio Fulci, dont la distribution comprend Florinda Bolkan et Irène Papas, ainsi que le giallo Folle à tuer du Français Yves Boisset où il donne la réplique à Marlène Jobert.
Ajoutons que Tomas Milian a épousé une italienne en 1968 (dont il aura un fils, Tommaso) et pris la nationalité italienne en 1969.
Du flic en jean à Antonioni
En 1975, plus actif que jamais, Milian incarne pour la première fois le policier Nico Giraldi sous la direction - non dénuée d'humour - de Bruno Corbucci : la série des Squadra, puis Delitto, inaugurée avec Flics en jeans, comprend une dizaine de titres jusqu'en 1985 et permet au comédien de conquérir un public plus large ; en outre, elle lui donne pour partenaires notamment David Hemmings et Eli Wallach. Avec Bruno Corbucci, Tomas fait aussi une première incursion dans le péplum, genre alors en pleine déchéance, et succède à Terence Hill face à Bud Spencer dans la comédie Escroc macho et gigolo - dont il joue l'unique rôle-titre… Toujours dans le registre de la comédie populaire, il "affronte" Michel Serrault dans Le Coucou dont les dialogues sont signés Michel Audiard.
À l'opposé, Tomas Milian se souvient de ses débuts dans le cinéma d'auteur lorsqu'il s'illustre dans des œuvres plus ambitieuses : La Luna de Bernardo Bertolucci (1979) ou Identification d'une femme de Michelangelo Antonioni, où il incarne le cinéaste, seul fil conducteur de cette œuvre sibylline (1982), ou encore Manolesta de Pasquale Festa Campanile (1981).
Retour en Amérique
À partir de 1985, Milian paraît le plus souvent dans des productions américaines marquantes. Si Le Roi David constitue un coup pour rien (le film échoue à relancer le péplum américain - il faudra attendre Gladiator de Ridley Scott pour cela - et Milian n'est pas crédité au générique), suivront Vengeance de Tony Scott (frère de Ridley), Cat Chaser d'Abel Ferrara, la comédie Coup de foudre et conséquences où il interprète le père de Salma Hayek, Amistad de Steven Spielberg, Havana de Sydney Pollack, JFK d'Oliver Stone, de Steven Soderbergh… L'acteur ne dédaigne pas pour autant la télévision - Deux flics à Miami, Equalizer, La Loi de Los Angeles, Arabesque, Oz… Sa dernière incursion dans un cinéma européen plus confidentiel remonte à 1986 : il incarnait Hérode dans la Salomé de Claude d'Anna.
Considéré comme un acteur hispanique de premier plan, Milian est le partenaire d'Andy Garcia dans The Arturo Sandoval Story sur le petit écran, et son interprète sur le grand dans The Lost City ; il donne par ailleurs la réplique à Isabella Rossellini dans La Fête au Bouc de Luis Llosa.
Vie privée Il épouse Rita Valletti (décédée en 2012) en 1964. Ensemble, ils ont un fils.
Mort Il meurt d'un accident vasculaire cérébral à Miami à l'âge de 84 ans.
Filmographie Acteur de cinéma Années 1960
Années 1970
Années 1980, 1990 et 2000
Acteur de télévision
Scénariste
1978 : Échec au gang (La Banda del gobbo)
Notes et références
Bibliographie Giorgio Navarro, Er Cubbano de Roma, Edizioni IME, Firenze, 1999, Gordiano Lupi, Il trucido e lo sbirro, Edizioni Profondo Rosso, Roma, 2001, Alessandro Ticozzi, Identificazione di un attore: il cinema d'autore di Tomas Milian, Edizioni SensoInverso, Ravenna, 2018, Daniele Magni e Silvio Giobbio, Ancora più... Cinici infami e violenti - Dizionario dei film polizieschi italiani anni '70, Bloodbuster Edizioni, 2010, Paolo Spagnuolo, Milano odia. La polizia non può sparare. Storia di un cult nell'Italia degli anni settanta, Milieu, Milano, 2018, .
Annexes
Liens externes
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