Buckingham est un secteur de la ville de Gatineau, au Québec (Canada). Situé dans l'est de celle-ci, de part et d'autre de la rivière du Lièvre, il s'agit du plus petit secteur de la ville, tant par sa superficie que par sa population, qui s’élève à en .

Géographie Situation Buckingham est un secteur situé dans l'est de la ville de Gatineau, au sud de la région administrative de l'Outaouais. Il fait aussi partie d'une région connue sous le nom de Basse-Lièvre, qui correspond au sud de la vallée de la rivière du Lièvre. Le secteur est traversé par cette rivière et se trouve à quelques kilomètres de l'endroit où elle se jette dans la rivière des Outaouais. Buckingham se trouve à environ au nord-est d'Ottawa et à environ à l'ouest de Montréal. Avec une superficie de , il s'agit du plus petit secteur de la ville. Il est bordé par le secteur de Masson-Angers au sud et à l'est, ainsi que par la municipalité de L'Ange-Gardien au nord et à l'ouest.

Localités limitrophes de Buckingham

Hydrographie vignette|gauche|alt=Photographie d'une rivière calme. Une forêt aux couleurs d'automne apparaît à l'arrière-plan.|La rivière du Lièvre en amont du barrage Rhéaume.Le principal cours d'eau à Buckingham est la rivière du Lièvre, qui traverse le secteur en son centre du nord au sud et qui est marquée par une série de chutes et de rapides. Affluent de la rivière des Outaouais, elle s'y jette quelques kilomètres plus au sud, dans le secteur voisin de Masson-Angers. Elle sert de première voie de communication et de transport dans le secteur, d'abord au peuple oueskarini, puis aux colons, et joue un rôle de premier plan dans le développement de l'industrie forestière. Au cours du , la rivière est aménagée pour la production hydroélectrique par la construction des barrages Maclaren (1916)., Rhéaume (1929). et Dufferin (1957)..

Buckingham est parcouru par plusieurs cours d'eau de moindre importance. En raison des interventions humaines, leurs tracés d'origine peuvent être difficiles à définir, notamment dans les zones résidentielles, où leurs parcours ont été modifiés par des canalisations, des routes ou des chemins privés. La partie ouest du secteur est traversée par plusieurs petits cours d'eau qui se déversent dans la rivière du Lièvre. C'est le cas du ruisseau de la Cinquième Concession, qui s'y jette à la frontière avec L'Ange-Gardien, au nord-ouest de Buckingham. Au nord-est, deux autres petits cours d'eau se jettent également dans la rivière du Lièvre.

L'extrémité est du secteur est traversée du nord au sud par le ruisseau Pagé. Ce dernier, affluent de la rivière des Outaouais, prend sa source dans les milieux humides situés au sud de L'Ange-Gardien, et termine sa course dans la baie de Lochaber, dans la municipalité de Lochaber-Partie-Ouest. Le sud-est de Buckingham est parcouru par le cours d'eau Smith, qui traverse une zone agricole et l'autoroute 50, avant de se jeter dans la rivière des Outaouais, dans le secteur de Masson-Angers.

Climat

Buckingham est exposé à un climat continental humide avec été tempéré (Dfb, selon la classification de Köppen), caractérisé par une forte amplitude thermique entre les saisons chaudes et froides. Les précipitations, abondantes tout au long de l’année, se manifestent sous forme de pluie, de neige ou de grêle, selon les saisons..

Une station météorologique est ouverte dans le secteur en , avant d'être fermée en .. Pour la période de 1961 à 1990, la température annuelle moyenne y est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec en moyenne 10 à 15 jours de précipitations par mois.. Pour la période de 1991 à 2020, la température moyenne annuelle observée à la station météorologique la plus près, soit celle d'Angers, située à l'ouest de Buckingham, est de , avec une amplitude thermique annuelle de . En moyenne, entre 10,8 et 13 jours de précipitations sont observés par mois..

Flore Le territoire de Buckingham est partagé entre deux domaines bioclimatiques, dont la limite approximative correspond à celle des régions physiographiques. La partie septentrionale du secteur est située dans le domaine de l'érablière à tilleul, dominé par l'Érable à sucre, accompagné notamment du Tilleul d'Amérique, du Frêne d'Amérique, de l'Ostryer de Virginie et du Noyer cendré.. La partie méridionale du secteur est quant à elle située dans le domaine de l'érablière à Caryer cordiforme, caractérisé par la présence de l'Érable à sucre, du Caryer cordiforme, du Caryer ovale, du Micocoulier occidental de l'Érable noir, du Chêne bicolore, de l'Orme de Thomas et du Pin rigide.

Voies de communication et transports Réseau routier Buckingham est desservi par une route régionale, la route 315 (R-315), qui traverse le secteur dans un axe nord-sud en longeant la rive est de la rivière du Lièvre. Elle relie la route nationale 148 (R-148) à la route régionale 309 (R-309), en traversant le secteur de Masson-Angers et la municipalité de L'Ange-Gardien.. Son tracé emprunte l'avenue de Buckingham, principale artère du secteur.., ainsi que la rue Joseph..

La rue Georges constitue également une voie importante à Buckingham. Elle relie la route 148, dans le secteur de Masson-Angers, au centre-ville de Buckingham, en longeant la rive ouest de la rivière du Lièvre.

Le sud-est de Buckingham est traversé par l'autoroute Guy-Lafleur (A-50). Une bretelle d’accès à celle-ci est située à l’extrémité sud du secteur, sur l’avenue de Buckingham.. Deux autres accès, en périphérie, se trouvent dans le secteur voisin de Masson-Angers : l’un au sud-ouest de Buckingham, sur la rue Georges., et l’autre à l’est, sur l’avenue Lépine.

Ligne ferroviaire Une ligne ferroviaire secondaire traverse l’est du secteur de Buckingham selon un axe nord-sud, le reliant à Masson. Ancienne propriété du Canadien Pacifique elle fait maintenant partie de l'embranchement Buckingham des chemins de fer Québec-Gatineau, exploité par la société Genesee & Wyoming. Elle est principalement utilisée pour le transport de wagons chargés de chlorate de sodium, et dans une moindre mesure de chlorite de sodium, en provenance de l'usine de produits chimiques ERCO Mondial.., située dans le nord-ouest du secteur.

Le transport de ces matières comporte certains risques, notamment celui d'un déversement. Un tel incident s'est produit en , lorsque quelques litres de chlorate de sodium se sont échappés d'un wagon-citerne, forçant alors l'évacuation de plusieurs résidences à proximité.

Transports en commun Buckingham, comme les autres secteurs de la ville de Gatineau, est desservi par la Société de transport de l'Outaouais (STO). Trois lignes d'autobus y sont en service. La ligne 97, une ligne de quartier, dessert les secteurs de Buckingham et de Masson-Angers.. Elle emprunte l'autoroute Guy-Lafleur pour rejoindre la station Lorrain., située à Templeton, dans le secteur de Gatineau. Cette station constitue le point d'entrée est du Rapibus, un corridor bidirectionnel réservé aux autobus.. Les lignes 95 et 98, quant à elles, sont en service dans les périodes de pointe et assurent la liaison jusqu'au centre-ville d'Ottawa..

Le corridor du Rapibus ne rejoint pas encore le secteur de Buckingham. La STO envisage à long terme le prolongement du tracé jusqu'à ce secteur, mais aucune décision n'a encore été prise en ce sens..

Depuis l'été 2021, un service de transport à la demande est offert dans les secteurs de Buckingham et de Masson-Angers.. Il permet aux voyageurs de partager un taxi et de rejoindre la station Lorrain, où ils peuvent accéder au réseau régulier d’autobus du reste de la ville..

Réseau cyclable vignette|Le sentier du Lièvre Ouest.|alt=Photo d'une piste cyclable sinueuse traversant un boisé aux couleurs d’automne.Buckingham compte plusieurs pistes cyclables intégrées au réseau de la ville de Gatineau. Trois d'entre elles suivent les principaux axes routiers du secteur. La première, aménagée sur les terrains de la compagnie James Maclaren, longe l'avenue de Buckingham (R-315) et rejoint le chemin Montréal Ouest (R-148) dans le secteur de Masson-Angers.. La deuxième, le sentier du Lièvre Est, suit la rive est de la rivière du Lièvre, qu'il franchit à l'aide d'un pont pour atteindre la rive ouest. La troisième, le sentier du Lièvre Ouest, prolonge le précédent en longeant une partie de la rue Georges. Un projet de prolongement vise à relier le sentier au chemin Montréal Ouest dans le secteur de Masson-Angers, rejoignant ainsi la première piste..

Toponymie Le secteur de Buckingham et la ville qui l'a précédé, tiennent ce nom du canton dans lequel la ville a pris naissance. Certains estiment que le toponyme Buckingham a été choisi par les arpenteurs et fonctionnaires souhaitant reproduire le modèle britannique sur le plan toponymique et ainsi constituer une au Québec. C'est dans ce contexte que sont attribués des toponymes britanniques — comme Buckinghamshire, Devon et Dorchester — aux circonscriptions électorales de la première législature du Bas-Canada. Le nom de Buckingham pourrait ainsi faire référence à la ville éponyme, située dans le comté du Buckinghamshire, en Angleterre.

Le toponyme désignant le canton de Buckingham est attesté dès par les arpenteurs Samuel Gale et Jean-Baptiste Duberger. Ces derniers se réfèrent alors à une carte dessinée en par Patrick Mc Niff, intitulée A Survey of Part of the Ottawa River Fronting the Townships of Chattham, Grenville, Coermarthen, Norfolk, Suffolk and Buckingham. Cette utilisation antérieure à la première législature du Bas-Canada pousse l'historien Pierre Louis Lapointe à penser que le choix de ce nom est plutôt le fruit d'une marque d'amiration pour William Pitt, premier ministre de Grande-Bretagne de à , dont le cousin, George Nugent-Temple-Grenville, est nommé marquis de Buckingham en .

Histoire Premiers occupants vignette|left|Carte représentant le territoire des Oueskarini lors de la première moitié du .Très peu d'informations sont connues à propos des premiers occupants du territoire de Buckingham et de la Basse-Lièvre. Samuel de Champlain, sur sa carte de , décrit la région de la rivière du Lièvre comme étant occupée par les Oueskarini, soit le en langue algonquine. Ce peuple semi-nomade — baptisé par les Français et par les Hurons-Wendat — occupe également le territoire traversé par la rivière de la Petite Nation et la rivière Rouge.

À la suite de leurs contacts avec les colons européens, les Oueskarini, comme leurs cousins algonquins, délaissent leur mode de vie traditionnel et adoptent des produits européens. Au cours du , ils sont décimés par le choc bactériologique résultant de leurs contacts avec les colons et sont chassés de leur territoire par les Kanien'kehá:ka. Ce n'est qu'à partir de la fin du qu'ils recommencent à exploiter leur territoire de chasse traditionnel. Ils doivent alors faire face aux Métis et aux Haudenosaunee qui ne reconnaissent pas leurs droits ancestraux dans la région.

Période coloniale Régime français En , Samuel de Champlain remonte la rivière des Outaouais jusqu'à l'île aux Allumettes et en recense les principaux affluents, telle que la rivière du Lièvre. Dès les débuts de la Nouvelle-France, la Basse-Lièvre, comme le reste de l'Outaouais, joue un rôle important dans le commerce des fourrures, au cœur des échanges commerciaux avec l'Europe. Le castor, particulièrement, connaît une forte demande en Europe en raison de ses qualités de feutrage. La valeur qui y est associée suscite une ruée vers cette ressource. Dans ce contexte, la région voit le passage de coureurs des bois et d'interprètes.