L (en hébreu : ) est le nom de code d’une opération militaire lancée par Israël dans la bande de Gaza à partir du . C’est la première incursion terrestre de l’armée israélienne sur ce territoire administré par l’Autorité palestinienne depuis le plan de désengagement israélien terminé en .

Cette guerre asymétrique a mobilisé des milliers de soldats dans le but officiel de libérer Gilad Shalit, un soldat israélien capturé par un commando palestinien le , au lendemain de l’incident de détention de la famille Muamar. Mettre un terme aux attaques de roquettes artisanales Qassam sur les villes israéliennes à partir de Gaza et déstabiliser le gouvernement palestinien issu du Hamas sont des objectifs secondaires revendiqués par le gouvernement israélien, mais les officiels israéliens ont exprimé qu’ils ne comptaient pas réoccuper la bande de Gaza et que l’armée se retirerait au terme de l’opération.. L'offensive sur Gaza était en réalité prévue par le gouvernement israélien depuis la victoire du Hamas (Mouvement de résistance islamique) aux élections législatives de janvier 2006..

Les premiers jours de l’opération ont été marqués par la destruction de la principale centrale électrique de la Bande de Gaza, trois ponts puis de l’arrestation de plusieurs parlementaires palestiniens, de ministres de l’Autorité palestinienne . "Airstrikes and artillery pound Gaza". CNN. June 29, 2006. Retrieved January 6, 2008.. L'armée israélienne a également effectué de nombreuses incursions terrestres dans la bande de Gaza pour cibler les groupes militants et leurs infrastructures, notamment des tunnels de contrebande.

Les bouclages, incursions, arrestations, frappes aériennes ont fait près de 300 morts (pour la plupart des civils dont 46 enfants) et plus de 800 blessés (dont 230 enfants). Des centaines de détenus se sont ajoutés aux quelque déjà emprisonnés en Israël. Des dizaines de logements, bâtiments publics, routes, ponts et tunnels de contrebande ont été détruits..

Contexte vignette|Collection de roquettes Qassam envoyées sur la ville israélienne de Sdérot à partir de la bande de Gaza Depuis le désengagement unilatéral d'Israël de la bande de Gaza, après 38 ans d'occupation, et les élections législatives palestiniennes de 2006, remportées par le Hamas, la tension a été maintenue par :

La colonisation israélienne de la Cisjordanie. Les lancements de plus de 800 roquettes artisanales Qassam en 7 mois contre les villes frontalières israéliennes. Des décès de Palestiniens au cours d'incidents à la frontière ou de civils à la suite d'attaques aériennes de Tsahal sur Gaza. Le blocage systématique de la sortie ou de l'entrée de Palestiniens de la bande de Gaza par l'armée israélienne, partiellement à l'aide du mur. Environ sont retenus prisonniers en Israël. Une famille est décimée par un missile israélien, le , en marge d'une opération d'"assassinat ciblé" de membres du Hamas. Une grand-mère, sa fille et une de ses petites-filles sont tuées. Une autre fillette et son oncle se trouvent dans un état critique.

Massacre de la plage de Gaza La tension est montée d'un cran après le bombardement par un navire de l'armée israélienne d'une plage de Gaza le vendredi , jour de congé hebdomadaire pour les Palestiniens.

Cinq enfants et leurs parents sont tués (le bilan sera ensuite porté à huit morts). Des dizaines d'autres personnes ont été blessées, parfois grièvement.

Le Hamas a officiellement déclaré la fin du cessez-le-feu qu'il observait assez relativement depuis 16 mois et a soutenu désormais ouvertement les attaques par roquettes depuis le massacre de la plage de Gaza.

Le , un père et deux de ses fils sont tués dans une nouvelle attaque de missiles israélienne.

Version des faits pour Israël Concernant le bombardement d'une plage ayant tué huit civils, dont un couple et ses enfants, les autorités israéliennes, promettent de faire « toute la lumière » sur ce drame., « ont suspendu les tirs d'artillerie contre les sites soupçonnés de servir aux tirs de roquettes »., puis se sont rétractées à la suite des résultats de l'enquête de l'armée israélienne qui avance qu'elle « possèd(e) la preuve que son artillerie n'était pas responsable de la bavure »... De sources israéliennes, les médecins de l'hôpital israélien ayant accueilli les victimes auraient ainsi retrouvé des éclats d'obus n'appartenant pas aux engins utilisés par les Israéliens et auraient orienté les enquêteurs vers la piste d'explosifs enterrés par les activistes palestiniens. En protestation contre le massacre, des militants pacifistes israéliens ont manifesté samedi devant le domicile du chef d'état-major de Tsahal.

L'organisation américaine de défense des droits de l'homme Human Rights Watch, qui a pu enquêter sur place, a démenti la version officielle israélienne et confirmé qu'un tir d'obus israélien était la cause la plus probable du massacre.

Enlèvements et demandes d'échanges Le , un commando des forces israéliennes dans le sud de la bande de Gaza enlève deux personnes, Osama et Mustafa Abu Muamar, fils de Ali Muamar, membre du parti Hamas. Tsahal a précisé que cette capture était celle de deux militants du Hamas préparant des attaques imminentes en Israël. Le Hamas a nié le fait que ces personnes appartenaient au mouvement. vignette|L'otage Gilad Shalit sur une affiche du Hamas. Inscriptions : « Nos héros prisonniers, puissions-nous avoir un nouveau Gilad chaque année… Ils (les prisonniers palestiniens) ne sont pas seuls », 2007 En réponse, les Comités de résistance populaire et la branche armée du Hamas attaquent un poste militaire de Tsahal à proximité de Kerem Shalom en territoire israélien, en passant par des tunnels souterrains. Le bilan de l'attaque est de 2 morts et 4 blessés parmi les soldats israéliens tandis que 3 des activistes palestiniens étaient tués. Un caporal israélien, Gilad Shalit, a été capturé pendant cette attaque. Cette attaque aurait été planifiée depuis longue date : l'armée israélienne a évalué qu'il avait fallu entre 3 et 6 mois pour creuser le tunnelGil Hoffman et. al., , Jerusalem Post, Tim Butcher, Soldier kidnapped and two killed in Gaza tunnel attack, Daily Telegraph, . En réalité de nombreux tunnels existent entre Israël et les territoires sous autorité palestinienne pour contourner le blocus et le mur.

Les combattants palestiniens ont réclamé la libération de toutes les femmes et des mineurs emprisonnés par Israël.. Le Premier ministre Ehud Olmert a clairement exprimé son refus de « négocier avec des terroristes » pour obtenir la libération du soldat..

Par la suite, vers le , les combattants palestiniens ont aussi exigé la libération de de toutes les factions..

Le , le président égyptien Hosni Moubarak précisa dans un entretien que le gouvernement israélien avait refusé les conditions proposées par le Hamas pour la libération de Shalit (soit masculins, toutes les femmes et les mineurs emprisonnés). Le ministère des Affaires étrangères israélien a réagi en expliquant qu'il n'avait reçu aucune proposition de ce genre ..

Concernant les efforts égyptiens pour intercéder auprès de la direction palestinienne, Mahmoud Abbas a exprimé leurs difficultés à trouver les bons interlocuteurs à qui s'adresser au Hamas et l'absence de décideurs uniques..

Ultimatum Le , les combattants palestiniennes annoncent que si Israël n'obtempère pas avant 6 heures du matin le lendemain, les négociations cesseront. Les officiels israéliens rejettent rapidement l'ultimatum, refusant de négocier avec les Palestiniens. Le premier ministre israélien Ehud Olmert annonce que son armée va poursuivre ses attaques contre Gaza.. Le gouvernement suisse a accusé Israël de violer le droit humanitaire en infligeant des « punitions collectives » aux Palestiniens.

Le , au terme de l'ultimatum, un porte-parole israélien a confirmé que le soldat prisonnier était vivant mais blessé et qu'il avait été examiné par un médecin palestinien. Une faction palestinienne a déclaré que « toutes les options » étaient ouvertes, hormis tuer le soldat..

Opérations Bombardements Dès les premières heures du déclenchement de l'opération, l'aviation israélienne détruit 3 ponts dans la Bande de Gaza, officiellement dans le but d'empêcher le déplacement des activistes palestiniens, et une centrale électrique dans le sud (privant le territoire de 70 % de sa production d'électricité et d'eau potable)- L'Express.

Selon de nombreux témoignages de familles, l'armée israélienne téléphone dans des foyers pour leur demander d'évacuer et préserver leur vie, leur disant que leur maison va être bombardée dans le quart d'heure, terrorisant ainsi la population civilePas de répit à Gaza, Médecins sans frontières.

Le , une attaque de l'aviation israélienne frappe les bureaux inoccupés du Premier Ministre palestinien Ismaïl Haniyeh, issu des rangs du Hamas.

Le , les Forces de défense israéliennes frappent également des bureaux du Fatah au centre-ville de Gaza et des sites dans le nord de Gaza. Elles lancent une attaque aérienne contre une installation de Beit Hanoun utilisée par les Brigades des martyrs d'Al Aqsa pour produire et stocker des armes ; une autre contre un centre d'opérations des Brigades des martyrs d'Al Aqsa dans la ville de Gaza. Toute la nuit, les forces de Tsahal opèrent dans le nord de la bande de Gaza pour localiser des tunnels et des explosifs.

Le , l'Université Islamique de Gaza est prise pour cible à son tour. Les FDI attaquent également 22 sites, 26 routes d'accès, des membres de la Brigade des martyrs d'Al-Aqsa et six membres du Hamas.

Le , les forces israéliennes frappent une institution du Hamas fondée par Ahmad Yassin en 1998, aidant notamment les familles des Palestiniens tués et de ceux emprisonnés en Israël.

Le , « les forces de défense israéliennes identifient plusieurs Palestiniens qui installent des engins explosifs dans la ville de Jénine afin de les faire exploser contre des forces opérant dans la région. La force a tiré sur la cellule, tuant l'un des hommes et blessant un autre. Un engin explosif de 24 kg et un engin explosif supplémentaire de 12 kg, câblés pour une détonation à distance avec un téléphone portable, sont découverts lors de fouilles ultérieures menées par les forces de Tsahal et les sapeurs de la police des frontières ». Dans le camp de réfugiés de Jénine, les FDI découvrent une voiture piégée équipée d'explosifs et deux engins explosifs qu'ils font exploser de manière contrôlée.

Le , les militants du Hamas lancent une roquette Qassam améliorée, qui vole 11 kilomètres pour atterrir dans une cour d'école de la ville d'Ashkelon, sans faire de blessés.

Le , une attaque de drones israélienne sur un véhicule tue deux membres du Jihad islamique palestinien, tandis qu'une autre frappe aérienne tue une personne près du carrefour de Karni.

Le , les Forces israéliennes déclarent avoir attaqué un camp d'entraînement des Brigades des Martyrs d'Al Aqsa alors qu'elles se préparaient à tirer des roquettes mais si les roquettes et les lanceurs ont été détruits, les activistes palestiniens se sont échappés.

Le , les bureaux du ministère palestinien des Affaires Étrangères sont gravement endommagés.

Six enfants sont tués par des tirs de missiles israéliens dans la région de Dir el-Balah le .

Le , l'aile militaire du Hamas affirme avoir lancé 10 roquettes Qassam sur Israël depuis Gaza, sans faire de blessés, selon Israël.

Le , une structure supposée être utilisée par le Hamas, à Jebalya, au nord de la bande de Gaza, est attaquée par un avion de l'armée israélienne. En outre, l'armée de l'air israélienne attaque des infrastructures de tunnel dans le sud de la bande de Gaza, qui auraient permis de mener des raids et des attaques par des factions militantes du Hamas. Les FDI mènent également des tirs d'artillerie contre les zones de lancement de roquettes Qassam dans le nord de la bande de Gaza.