250px|vignette|Couronne héraldique des barons français. Baron est un titre de noblesse. Il se place dans la hiérarchie nobiliaire tel quel : prince > duc > marquis > comte > vicomte > baron > chevalier.
Le mot « baron » vient du terme latin baro, dont l'étymologie est incertaine. Ce pourrait être un mot archaïque baro (homme libre) apparenté au vieil anglais beorn (homme guerrier.). Le passage au sens de « noble » s'est fait ensuite par l'intermédiaire du composé vieux-francique sacebaro (subordonné du comte chargé de percevoir les amendes), formé avec un préfixe pouvant avoir le sens (litige) en rapport avec le vieux norrois saka (accuser.).
Dans la hiérarchie moderne des titres de noblesse, « baron » est un titre inférieur à celui de vicomte, mais supérieur à celui de chevalier. La femme et plus rarement la fille d'un baron portent le titre de baronne, tandis que le mari d'une baronne (dans le cas d'un anoblissement à titre personnel, comme cela peut être le cas en Belgique) ne peut jamais porter le titre reçu par son épouse.
Les titres de baron et de comte sont au croisement de tous les systèmes nobiliaires en Europe.
En Europe
En Allemagne
Le titre de « baron » (en allemand : Freiherr pour les hommes et Freiin pour les femmes) est un titre de noblesse dont le rang est immédiatement supérieur à celui de chevalier (Ritter) et immédiatement inférieur à celui de comte (Graf).
Le système nobiliaire allemand naît sous le Saint-Empire romain germanique (962-1806) et se perpétue sous la confédération du Rhin (1806-1814) et la Confédération germanique (1815-1866), puis sous l'Empire allemand (1871-1918). Une noblesse allemande unique n'a jamais existé au sens d'un corps unique et centralisé. Avant l'unification de l'Allemagne sous Otto von Bismarck en 1870, les territoires germanophones faisaient partie du Saint-Empire romain germanique puis d'une mosaïque d'États, de royaumes, de principautés et de duchés ayant chacun sa propre noblesse avec ses titres, ses traditions et ses hiérarchies (noblesse du Saint-Empire romain germanique, noblesse du royaume de Prusse, noblesse du royaume de Bavière, noblesse du royaume de Saxe, noblesse du royaume de Westphalie, noblesse du grand-duché de Hesse-Darmstadt...).
La noblesse allemande est abolie à la chute de l'Empire allemand à la fin de la Première Guerre mondiale en 1918. Cependant, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, on assiste à l'émergence d'une noblesse allemande « unifiée » à la suite de la formation le de l'Association des associations de la noblesse allemande (Vereinigung der Deutschen Adelsverbände).
La noblesse allemande ou germanique se caractérise pour ses membres par l'usage de particules nobiliaires : am, an, auf, auf der, aus der, im, vom, von (la plus courante), von dem, von den, von der, von und zu, zu, zum, zur.
La particule nobiliaire dans la noblesse allemande se porte comme suit : après le prénom : Herbert von Karajan ; après le titre de politesse ou de civilité : Herr/Monsieur von Karajan ; après le titre de noblesse : le prince von Bismarck ; après un titre ou une fonction : le maréchal von Kleist, le colonel comte von Stauffenberg, le comte von Zeppelin
En 1945, les troupes soviétiques russes envahissent l'Allemagne de l'Est. Cette invasion divise et bouleverse la société allemande. Le droit à la propriété privée est aboli par le nouveau régime communiste et toutes les propriétés sont nationalisées. Depuis la réunification allemande, le , les libertés et le droit à la propriété privée sont rétablis.
De nombreuses familles nobles allemandes ont entamé des procédures de restitution des biens spoliés par le régime communiste. Plusieurs familles nobles allemandes ont pu racheter et restaurer leurs anciennes propriétés de famille dans le Mecklembourg, la Poméranie, la Saxe-Anhalt, le Brandebourg, la Thuringe et la Saxe. Ces restaurations constituent un effort financier pour les familles qui mobilisent et dynamisent localement l'ensemble des corps de métier du bâtiment. Le pays compte 20 000 châteaux et manoirs.
Si certains anciens propriétaires ont bel et bien retrouvé leurs propriétés, il reste encore de nombreuses demeures abandonnées dans les campagnes de l'ex-Allemagne de l'Est, non encore récupérées par leurs anciens propriétaires.
En Angleterre (Royaume-Uni) vignette|Coronet du baron britannique.
La noblesse britannique est l'ensemble des personnes qui portent officiellement dans le Royaume-Uni un titre de noblesse.
Dans le système nobiliaire britannique, il ne faut pas le confondre avec le « baronnet ». En Angleterre, le titre de baron est le plus bas degré des pairies d'Angleterre, d'Irlande, de Grande-Bretagne et du Royaume-Uni. Quelques titres de noblesse sont attribués sous chaque règne à des personnalités. Certains titres sont héréditaires, d'autres ne le sont pas.
Les titres de noblesse anglais sont les suivants : 1) prince, 2) duc, 3) marquis, 4) comte, 5) vicomte, 6) baron, 7) baronnet, 8) chevalier, 9) écuyer.
Les noms nobles anglais ne possèdent pas de particule ( Lord Attenborough, Baron Londesborough...). Le pays compte près de 10 000 châteaux et manoirs.
On s'adresse à lui par lord N. et ses enfants reçoivent le titre de Honourable, abrégé en Hon.
En Autriche (ex-empire d'Autriche-Hongrie) Le système de la noblesse autrichienne est très proche de celui en cours en Allemagne en raison de leur origine commune dans la noblesse du Saint-Empire romain germanique. La noblesse a été officiellement abolie à la chute de l'Empire austro-hongrois en 1919.
Les anciennes familles nobles et leurs descendants font toujours partie de la société autrichienne contemporaine mais ne disposent plus des privilèges qui furent les leurs.
Dans l'empire d'Autriche, les titres de noblesse sont les suivants : 1) prince, 2) comte, 3) baron, 4) chevalier, 5) noble sans titre.
En Belgique La noblesse belge plonge ses racines dans la noblesse des Pays-Bas méridionaux, dans la noblesse du Saint-Empire romain germanique, dans le système nobiliaire des Habsbourg et dans le système nobiliaire français.
Depuis 1830, la Constitution belge (en son article 113) prévoit que le roi peut accorder des titres nobiliaires, sans y attacher aucun privilège. Mais l'usage de faux titres de noblesse entraîne de lourdes condamnations (article 230 du code pénal.). Quelques titres de noblesse sont attribués sous chaque règne à des personnalités. Certains titres sont héréditaires, d'autres ne le sont pas.
En Belgique, la hiérarchie nobiliaire est la suivante : prince, duc, marquis, comte, vicomte, baron, chevaliers et écuyer.
En Bretagne Contrairement à la hiérarchie utilisée en France, le titre de baron est le plus élevé en Bretagne. À partir de 1451, le duc introduit un nombre maximum de neuf barons pouvant siéger aux États en référence aux neuf évêchés bretons. On distingue alors les baronnies comme suit. : baronnie d'ancienneté : une des nombreuses seigneuries citées comme baronnies avant 1451 ; baronnie d'États : une des seigneuries officiellement reconnues comme ayant le droit de garder leur dignité et titre de baronnie lors des sessions des États de Bretagne ; ancienne baronnie d'États : baronnie d'État sans élection. Il y en six incontestablement reconnues : Léon, Vitré, Fougères, Châteaubriant, Retz, La Roche-Bernard et Ancenis, et deux temporairement tolérées : Pontchâteau, et Pont-L'Abbé ; nouvelle baronnie d'États : baronnie d'État avec élection. Il n'y en a que huit et seulement deux ducs et une duchesse de Bretagne en ont érigé : , et Anne. Dans l'ordre de leur première élection : Derval (), Malestroit (), Quintin (), Lanvaux ( puis réérigée le ), Avaugour (), Coëtmen (), La Hunaudaye (), Pont-L'Abbé (, confirmée en 1505-1506), Pontchâteau (), élection déguisée par .
En Biélorussie
La noblesse biélorusse est issue de la noblesse lithuanienne, de la noblesse polonaise et de la noblesse russe.
En Bulgarie
La noblesse bulgare est ancienne mais moins connue que les noblesses d'Europe occidentale car son évolution a été fortement influencée par les empires voisins et des ruptures historiques majeures. Après la libération de la Bulgarie de l'Empire ottoman, la principauté de Bulgarie devient le royaume de Bulgarie en 1908.
Dans le royaume de Bulgarie, il n'y a pas de système de noblesse structuré comme en Europe occidentale et les titres aristocratiques ne sont pas officiellement développés. La Bulgarie est successivement dirigée par le roi Alexandre de Bulgarie (1879-1886), par le prince, puis tsar Ferdinand Ier de Bulgarie (1887-1908, 1908-1918), par le roi Boris III de Bulgarie (1918-1943) et par le roi Siméon II de Bulgarie (1943-1946) qui ne créent pas une noblesse traditionnelle puissante.
À la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945, l'arrivée des communistes au pouvoir marque en 1946 une rupture. La monarchie pourtant populaire dans l'opinion publique bulgare, pour son refus de participer militairement à la Seconde Guerre mondiale et son refus de déporter les Juifs bulgares, est abolie par le nouveau régime communiste qui exproprie ou marginalise les anciennes élites.
Après la chute de la dictature communiste en 1989, l'intégration de la Bulgarie au monde démocratique a été plus longue que pour d'autres pays de l'ancien pacte de Varsovie. La Bulgarie rejoint les pays de l'OTAN (2004) et de l'Union européenne (2007). Les libertés et le droit à la propriété privée sont rétablis. En 2026, la Bulgarie devient le vingt-et-unième pays de la zone euro.
Dans le même mouvement, la famille royale est réhabilitée par les nouvelles autorités démocratiques. En 2022, sous l'action du roi Siméon II, la famille royale de Bulgarie retrouve la pleine propriété de quelques palais royaux en Bulgarie.
En Croatie
La noblesse croate a joué un rôle déterminant dans la défense contre l'expansion de l'Empire ottoman. Sous la monarchie des Habsbourg, la noblesse croate est intégrée à l'aristocratie impériale d'Autriche-Hongrie. Les titres de noblesse sont : Duc, Prince, Marquis, Comte et Baron. Voir : :en:List of noble families of Croatia. Pas de particule nobiliaire.
La fin de la Première Guerre mondiale en 1918 se traduit par un effondrement de la monarchie des Habsbourg dont dépendait la noblesse croate. En 1918, le royaume de Croatie entre dans le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes. En 1929, cet État est rebaptisé « Royaume de Yougoslavie » sous le règne du roi Alexandre Ier de Yougoslavie.
À la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945, le régime communiste procède à la création de la Yougoslavie communiste. Le pouvoir communiste nationalise les biens. Les titres et privilèges n'ont plus de reconnaissance officielle. De nombreuses familles croates sont persécutées ou sont contraintes à l'exil.
La chute du régime communiste yougoslave (années 1990) marque un tournant. En 1990, la population croate se prononce par référendum pour l'indépendance. En 1991, la Croatie proclame son indépendance. Certaines familles nobles réapparaissent publiquement après des années d'effacement dans leur pays. Des biens familiaux sont parfois restitués. Ce retour est aussi marqué par un intérêt des croates pour leur histoire nobiliaire. Les libertés et le droit à la propriété privée sont progressivement rétablis.
La Croatie rejoint les pays de l'OTAN (2009), de l'Union européenne (2013) et la zone Euro (2023).
De nos jours, la noblesse croate n'a plus de reconnaissance juridique. Certaines familles existent toujours et participent activement à la préservation du patrimoine mémoriel, historique et culturel du pays.
Au Danemark
Au royaume de Danemark, la noblesse danoise est divisée entre la noblesse dite « ancienne » et la noblesse dite « moderne ». La noblesse ancienne date d'avant la période de la Réforme.
Les titres de la noblesse sont les suivants : 1) prince, 2) duc, 3) comte, 4) baron.
En Écosse (Royaume-Uni)