La bleue du Nord est une race bovine française. Elle appartient au rameau des races bovines du littoral de la mer du Nord. Elle provient de la race belge Tirlemont originaire de la région de Bruxelles. Race décimée par les deux guerres mondiales, elle a ensuite subi la concurrence de races plus spécialisées, comme la Prim'Holstein pour le lait ou la blanc bleu belge pour la viande. Elle fait l'objet d'un plan de préservation depuis la fin des années 1990. En 2011 l'effectif est stabilisé autour de , répartis entre dont au registre généalogique ouvert en 1986 et disponibles en insémination artificielle.

Elle porte une robe blanche tachetée de gris, bleu ou noir. Ses muqueuses sont sombres. La vache pèse pour une taille de , et le taureau pour . C'est une race dite mixte, utilisée pour produire du lait avec une productivité et des taux modestes, mais dont les mâles et les vaches de réforme peuvent être valorisés pour leur viande, réputée assez tendre. Cette vache caractéristique du département du Nord a trouvé une place de choix au sein du parc naturel régional de l'Avesnois.

Histoire Origine La bleue du Nord est originaire des environs de Tirlemont dans le Brabant flamand, région de Belgique située entre Liège et Bruxelles. Au paissent dans cette région des troupeaux très hétérogènes, dans lesquels se distinguent des animaux à la robe bleue et à l'ossature forte, plus grands que les animaux hollandais, et surtout utilisés comme bêtes de somme car moins productifs que les vaches hollandaises tant du point de vue de la viande que du lait.. Ces animaux sont alors connus sous le nom de « Bleue de Tirlemont » puis « Bleue du Hainaut » ou de « Mons » et même ensuite de « Haute et Moyenne Belgique ». C'est l'appellation « Bleue de Hainault » qui est utilisée initialement en France lorsque ces animaux y sont introduits à la fin du .

Vers 1845, la race profite d'un programme d'amélioration des bovins par inclusion de sang durham lancé par le gouvernement belge.. Les animaux venus du Royaume-Uni permettent d'améliorer le bétail local du point de vue de la précocité, de la conformation de la carcasse et de l'aptitude à l'engraissement, au détriment de la production laitière. Mais les animaux croisés sont rapidement décriés par les bouchers qui leur reprochent de ne déposer du gras qu'en surface et de ne pas développer de persillé dans la viande. Des taureaux hollandais et flamands sont alors importés pour améliorer la performance laitière des animaux..

Développement puis abandon de la race au début du La race se développe rapidement dans le Nord de la France. Les efforts de sélection et les croisements avec des taureaux hollandais lui permettent de devenir une des races les plus productives de la région, et ses effectifs atteignent dans les années 1910.. Malheureusement, sa situation géographique en plein cœur des champs de bataille de la Première Guerre mondiale va conduire à la perte d'une large partie des effectifs..

Pendant l'entre-deux-guerres, les éleveurs reconstituent peu à peu leurs cheptels. Un arrêté royal de 1919 en Belgique conduit à la réorganisation de l'élevage dans le pays et à la reconnaissance de la race et la création d'un herd-book dans le pays.. En France un herd-book voit le jour en 1923 à Bavay, et la race est de plus en plus présente sur les concours cantonaux et régionaux où elle remporte des places d'honneur. Ainsi, en 1934, neuf vaches sont classées parmi les vingt meilleures laitières du concours général agricole, et en 1938 c'est une vache de race bleue du Nord qui est classée seconde au contrôle laitier national.. Dans les années 1930, la race est représentée par pas moins de reproducteurs en France.

Toutefois, en 1943, le rapport Quittet juge la race bleue du Nord non indispensable, et à partir de 1945, la race est délaissée au profit de races plus spécialisées comme la française frisonne pie noire, qui deviendra plus tard la Prim'holstein. Les effectifs chutent très rapidement en France, où il n'y a plus d'aide officielle de l'État pour cette race. Il n'y a plus que en 1950, puis en 1955, après que le livre généalogique de la race ait été clos en 1953. En Belgique, la situation est bien différente, puisque la « bleue de haute et moyenne Belgique » comme on l'appelle représente 50 % du cheptel national.

Scission de la race thumb|Génisse blanc bleu belge, une race issue du même cheptel souche que la bleue du Nord, mais qui s'est orienté vers la production de viande. Au début des années 1960, la race a des difficultés à se maintenir en France, où la politique est de concentrer les efforts de sélection sur seulement quelques races très spécialisées. Ainsi, Paul Hollebecq, président de la société du herd-book de la race qui est reconstituée en 1960 après avoir cessé de fonctionner pendant plusieurs années, parvient difficilement à obtenir du ministre de l'agriculture l'autorisation d'importer de Belgique des paillettes pour l'insémination artificielle, afin de continuer à perfectionner la race. Ainsi, offertes par le centre d'insémination de Mons pour encourager le herd-book français de la race sont importées en 1961, et sont importées en 1962, malgré la réticence du ministre. La race parvient donc à se maintenir.

Dans les années 1960, la production laitière devient un peu moins avantageuse économiquement, et certains éleveurs sélectionnent leurs animaux pour améliorer leur production de viande. Cette sélection, débutée dès la fin de la Seconde Guerre mondiale dans certaines régions tournées vers l'engraissement comme les secteurs de Liège, Namur et Luxembourg a très vite des résultats positifs, notamment du fait de la propension de la race à voir apparaître des animaux de type culard. Ce caractère, lié à une mutation génétique, s'exprime par une hypertrophie musculaire des animaux le possédant, avec notamment un arrière-train très rebondi et un sillon intermusculaire bien visible. Le squelette est plus fin, mais les animaux ont des performances de reproduction un peu moins bonne, et le vêlage pose souvent problème et nécessite bien souvent une intervention par césarienne. Le développement de cette pratique en médecine vétérinaire permise par l'utilisation de plus en plus fréquente des antibiotiques a d'ailleurs permis la sélection sur le caractère culard à ce moment. Tous les éleveurs ne prennent pas cette orientation vers la production de viande, et en France des éleveurs demeurent fidèles à l'orientation plutôt laitière de la race. En Belgique, la sélection est définitivement orientée vers la spécialisation en viande, et en 1973 le herd-book renomme la race « Blanc Bleu Belge ». En 1974, il décide de scinder la sélection de la race en deux branches, l'une orientée vers la production de viande et qui donnera la blanc bleu belge, et l'autre visant à préserver le type mixte, et qui forme la base de la race bleue du Nord que l'on connaît actuellement..

Reconnaissance officielle Le type mixte, qui se développe lentement en France en marge du type « viande », est officiellement reconnu par le ministère de l'agriculture en 1983. Afin de promouvoir la race à nouveau reconnue, un comité technique est créé en 1985 conjointement par l'Union Bleue mixte et l'union Blanc Bleu, avec la participation du conseil régional de ressources génétiques du Nord-Pas-de-Calais et l'institut technique de l'élevage bovin. Finalement, l'Union bleue du Nord se détache pour devenir une Unité Nationale de Sélection et de Promotion de Race (UPRA) à partir de 1991. Elle dispose alors de grilles de pointage spécifique et de son propre programme de sélection. Elle continue à promouvoir la race par le biais de comices agricoles et de divers concours. À partir de 1991, le troupeau de bleu du nord raugmente petit à petit. Ainsi, le nombre d'animaux contrôlés par le contrôle laitier est passé d'environ à presque en 2002.. En 1997, la création parc naturel régional de l'Avesnois offre à la bleue du Nord une nouvelle occasion d'être mise en valeur. L'espace naturel régional s'intéresse dès lors à la gestion de la race, et celle-ci est intégrée à l'association des races du Nord et à la maison de l'élevage du Nord.. Cette même année est créé un code spécifique à la race, le 52, tandis que la blanc bleu de type viande conserve le ..

Au recensement général agricole de 2000, bleues du Nord sont dénombrées dans 491 exploitations.

En France, l'effectif de la race s'élève a 1 470 vaches et 47 élevages ont été dénombrées, en 2014 2231 Insémination artificielle ont été réalisées avec cette race ce qui suit les standards des années précédentes. L'effectif de la race reste faible mais stable au cours des dernières années.

Description Morphologie La bleue du Nord est une vache de bon gabarit, les femelles pesant entre 700 et pour une hauteur au garrot variant entre , tandis que les mâles pèsent entre , et mesurent entre au garrot. Les femelles ont un tour de poitrine de , et celle-ci fait de large pour de haut. Elles ont une largeur aux hanches de . Les mâles quant à eux ont une poitrine de de large pour de haut et un tour de poitrine de . Leur largeur aux hanches et de .. La morphologie de la race peut varier de manière importante suivant la présence ou non du gène culard. Les animaux culards homozygotes, et d'une façon un peu moins marquée les hétérozygotes, présentent une ossature plus fine et surtout des masses musculaires plus rebondies.

Standard de la race Le standard officiel de la race est le suivant : « Tête : assez courte, front large, chanfrein de longueur moyenne, cornes assez courtes, horizontales chez le mâle, en croissant chez la femelle, mufle large, museau noir et pigmenté, cou svelte, plutôt court, fanon effacé. Encolure : horizontale chez la femelle, rebondie chez le mâle. Épaules : larges mais non saillantes (dites effacées), poitrine large et profonde. Garrot : assez large, dans la continuité du dos, peu saillant. Dessus : horizontal et large, sans gouttière au milieu du dos. Croupe : croupe longue et large, bassin plutôt horizontal avec hanches non saillantes légèrement apparentes, queue sèche ni implantée trop haut ni noyée, dégagée des ischions. Fesse : muscle long et épais bien descendu, jamais arrondi et globuleux (on rejette le caractère culard quoique toléré). Membres et aplombs : solides, onglons sains et résistants de couleur noire ou jaunâtre. Mamelle : attache arrière large et haute, attache avant longue, bon équilibre, trayons bien implantés. Robe : blanche, pie bleue, pie noire. »

Coloration de la robe thumb|Les bleues du Nord peuvent présenter différentes colorations de robe. Les standards de la race acceptent différentes robes : blanche avec les muqueuses colorées, bleue, pie bleue et même pie noire. Avant 1939 la robe pie bleue, avec un mélange égal de poils noirs et de poils blancs donnant à l'animal sa couleur caractéristique, est largement privilégiée, les autres animaux étant souvent soustraits de la reproduction. Toutefois, ces animaux sont souvent hétérozygotes et leurs descendances est donc hétérogène. La génétique de coloration de la robe chez les bovins est en effet complexe et fait intervenir de nombreux locus. Dans le cas de cette race, c'est principalement le locus Rouan qui nous intéresse. C'est ce locus qui est responsable du mélange de poils blanc et noir. On trouve deux allèles chez la bleue du Nord, l'allèle R responsable de la coloration blanche, à l'exception du mufle et l'allèle r+ responsable d'une coloration noire. Les animaux hétérozygotes R/r+ présentent la couleur bleue caractéristique de la race..

Aptitudes La bleue du Nord est typiquement une race mixte. Autrefois, elle ajoutait sa force de traction à la fourniture de lait et viande.

Production de lait