Novate Mezzola est une commune de la province de Sondrio, dans la région Lombardie, en Italie. Comptant près de en 2021, elle fait partie de la communauté de communes de la Valchiavenna et occupe l’extrémité sud de la vallée de Valchiavenna, où la rivière Mera, sous-affluent du Pô, se jette dans le lac de Mezzola.
Située sur l’axe de communication qui reliait Milan avec les Grisons et, au-delà, avec l’Allemagne, et qui avait justifié la construction d’une chaussée à l’époque romaine, la zone de Novate fut choisie au haut Moyen Âge pour l’établissement d’un monastère, tandis que le premier foyer de peuplement remonte à l’an mille, sous le nom de « Villa Nova ». Novate était pendant le Moyen Âge le noyau prédominant d’un ensemble de localités avec lesquelles elle formait une commune. Au , elle eut à subir les tribulations de la guerre dite de la Valteline, épisode de la guerre de Religion.
Ses atouts sur le plan touristique sont notamment l’église de la Trinité, de plan médiéval, mais remaniée et pourvue d’une décoration luxuriante à l’époque baroque, et l’environnement naturel marqué par les montagnes abruptes et pierreuses qui cernent l’agglomération sur ses flancs nord, est et sud-est, mais qu’entrecoupent d’étroites vallées encaissées livrant passage à des chemins muletiers (devenus sentiers de randonnée) menant à plusieurs hameaux de montagne.
Géographie Géographie physique vignette|350px|gauche|Position du bourg de Novate (au centre droit de la photo) dans l’extrémité sud de la plaine de Valchiavenna. Nous regardons vers le nord-nord-ouest. Le lac de Mezzola, dans lequel se jette la rivière Mera, est partiellement visible en bas à gauche. Le modeste plan d’eau tout de suite au nord de Novate est le Pozzo di Riva. Le torrent Codera prend la forme d’un trait blanc oblique presque rectiligne au bas de la photo. Dans la plaine s’échelonnent les différentes localités de la Valchiavenna : (par ordre d’éloignement) Casenda, Era, San Pietro (tous trois appartenant à la commune de Samolaco), Gordona et, plus à droite (c’est-à-dire à l’est) Somaggia. La commune de Novate Mezzola est située à environ au nord de Milan et à environ à l’ouest de Sondrio, chef-lieu de la province homonyme dont la commune fait partie. Elle occupe l’extrémité sud de la Valchiavenna, vallée longue d’une quinzaine de km s’étirant selon un axe grosso modo nord-sud et dont la ville de Chiavenna occupe l’extrémité nord. La commune borde sur son flanc sud le lac de Mezzola, qui est alimenté principalement par la rivière Mera, affluent de l’Adda (et donc sous-affluent du Pô), et également par plusieurs torrents, dont le Codera, qui sépare Novate d’avec Campo Mezzola et dont les crues ont eu des effets dévastateurs dans le passé.
Le village de Novate donne au nord-ouest et au sud-ouest sur la plaine de la Mera, tandis qu’il est cerné sur ses flancs nord-est et sud-est par des formations montagneuses escarpées et rocheuses, dont en particulier au nord le Monte Avedèe (alt. 1448m). vignette|centre|400px|Lac de Mezzola, avec à droite la gare (et ses quelques hangars désaffectés) et les premières maisons de l’agglomération de Novate. En face à droite, de l’autre côté de la rivière Mera, la montagne Berlinghera (alt. .
Communes limitrophes Novate Mezzola jouxte les communes de Cercino, Cino, Civo, Dubino, Mello (Italie), Piuro, Prata Camportaccio, Samolaco, Sorico, Traona, Val Masino, Verceia et Villa di Chiavenna.
Bourgs et hameaux appartenant à la commune de Novate Outre le village de Campo Mezzola, les localités suivantes relèvent de la commune : Avedèe, Codera, Besciadega et San Giorgio di Cola.
Administration vignette|Mairie.
Démographie
Histoire Période romaine et haut Moyen Âge À l’époque romaine, le site où se trouve l’actuelle Novate Mezzola était traversé par la via Spluga, chaussée romaine qui reliait Lindau, sur le lac de Constance, à Milan, en passant par le col du Splügen. Les moines de l’abbaye Saint-Colomban de Bobbio (en Émilie-Romagne) y fondèrent le monastère Saint-Colomban, dans le village (et actuelle section de commune) de Campo Mezzola.
Du à 1797 En tant que commune du comté de Chiavenna, Novate relevait de la piève de Samolaco.
vignette|redresse|Aspect du vieux centre de Novate. Le premier noyau habité du village, appelé Villa nova et destiné à devenir ensuite le bourg-centre de la commune de Lezzeno Superiore, avait été fondé peu après l’an mille par l’évêque de Côme Alberico.
L’origine du toponyme remonte à la villa « quae dicitur villa nova » (qui était dite villa neuve) dont Alberico avait fait don lors de la fondation du monastère Sant'Abbondio de Côme en 1013. Au , Novate et le village voisin Verceia étaient des fiefs du monastère Sant'Abbondio et leur administration fut confiée en 1193 à des vicedomini, avec l’aval d’Henri VI. Dans la suite, par la volonté de Frédéric II, les deux localités furent cédées à Lucino (dans l’actuelle commune de Montano Lucino), cession confirmée en 1260 par l’évêque de Côme Raimondo della Torre.
De la fin du jusqu’au milieu du , Novate et Verceia allaient constituer une commune unique, sous le nom de Lezzeno superiore, toponyme qui trouve son origine dans la dénomination « loco et fundo Leucilio » (ou Leuzolo, ou encore Lezini), mentionnée dans des actes de 998, 1035 et 1092. Ledit locus et fundus comprenait les localités habitées de Cillio, Vico, Villa et Vercelli (Verceia), auxquelles donc l’évêque Alberico amalgama, peut-être vers 1010, la « villa nova », c’est-à-dire Novate. Cependant, la dénomination de la commune changea à la suite d’une crue de la « rivière de Verceia » (nom actuel torrente dei Ratti), qui inonda l’ancienne Leuzolo vers la deuxième décennie du .
En 1620, date de début des guerres de religion en Lombardie, il n’y avait à Novate qu’une seule famille adepte de la Réforme, et donc aucune situation propice à une rébellion contre l’autorité grisonne et contre les Protestants, comme ce fut le cas p. ex. dans la Valteline voisine. Le comté de Chiavenna, s’il était éloigné du conflit dans ses débuts, y fut cependant entraîné lorsque les troupes espagnoles, qui avaient sous leur coupe l’État de Milan, envahirent les vallées stratégiques des rivières Adda (baignant la Valteline) et Mera (baignant la Valchiavenna) sous prétexte de vouloir défendre les insurgés catholiques. La zone de Novate fut, en raison de sa situation sur un axe de communication avec l’Allemagne, la première à être occupée et à devoir fournir logis et nourriture à une vaste troupe.
La situation devint critique quelques années plus tard, lorsque les forces de la ligue d’Avignon, alliée des Trois Ligues grisonnes, firent mouvement début 1625 afin de déloger les Espagnols des vallées alpines, et mirent le siège devant Novate après avoir préalablement conquis toute la Valteline et le reste de la Valchiavenna. Le bourg de Novate, d’où avait fui la totalité des habitants, fut presque entièrement détruit par l’incendie allumé le par les Espagnols, qui désespéraient de pouvoir tenir le bourg et avaient donc décidé de l’abandonner. Peu après, s’avisant qu’ils avaient surestimé l’adversaire, les Espagnols reconquirent le bourg et s’y maintinrent jusqu’à la fin des hostilités, en repoussant durement les assauts de la Ligue.
Les hostilités cessèrent avec la conclusion du traité de Monzón de , même s’il fallut attendre un an avant qu’il ne soit pleinement mis en œuvre. Finalement, en début de , les troupes évacuèrent la vallée, en laissant derrière elles un village dévasté.
vignette|La Via San Fedele, avec à l’avant-plan à droite le portail d’entrée du vieux cimetière. En , dévalant des cols de Splügen et du Septimer, l’avant-garde de l’armée de l’empereur Ferdinand II, envoyée d’Allemagne pour conquérir Mantoue et menée par le comte de Mérode, fit son apparition inopinée dans la région. Par malheur, la cavalerie allemande et les redoutables lansquenets, n’ayant pas obtenu promptement la permission de traverser le territoire de l’État de Milan, durent installer leurs quartiers pour quelques mois dans la Valchiavenna et y commirent leurs habituels ravages. Ils quittèrent la région début septembre, mais un ruineux va-et-vient de la même soldatesque allait persister jusque tard au printemps de 1631.
Passée cette période néfaste, une autre s’instaura en , avec l’arrivée depuis le nord d’une armée française, placée sous le commandement du duc de Rohan et chargée de s’emparer, en faveur de ses alliés grisons, de la Valteline, alors sous la protection espagnole. Comme conséquence de la position stratégique de Novate, ses habitants eurent à nouveau la lourde charge de subvenir aux besoins d’un important effectif militaire, même si les dévastations leur furent cette fois épargnées. La visite pastorale de l’évêque Carafino d’ trouva l’église en grand abandon et la paroisse privée de curé.
En 1636, on assista, par suite de la guerre, à une nouvelle flambée de la grande peste, ce qui explique le tableau votif représentant la crucifixion (dû probablement aux frères Recchi) offert à l’église par la veuve de Gian Giacomo Giani en remerciement d’avoir échappé à la maladie.
Par le traité de dit « capitulat de Milan », conclu entre l’Espagne et les Trois Ligues, et dont une des clauses stipulait que Milan retournait sous la tutelle grisonne, la paix fut enfin rétablie dans la zone de Novate.
À l’époque grisonne, Novate faisait partie, au titre de « commune extérieure », de la juridiction de Chiavenna, de même que Prata, Mese, Gordona et Samolaco. À la fin du , Vico, Verceia et Scellio étaient catégorisées comme « voisinages de la commune de Novate » (vicinanze del comune di Novate) et jouissaient d’une certaine autonomie administrative.
La commune de Lezzeno superiore (Novate) était subdivisée en cinq cantons ou « terres », disparates par la superficie et par la population, parmi lesquels Novate occupait une position prédominante aux . Outre Novate, ces cinq cantons étaient Codera, Cola (avec San Giorgio), Campo, et Verceia, parcourue par la Valle dei Ratti. Verceia, y compris les hameaux de Scellio et de Villa, était également appelée « cantone ultra Saxum » ou « cantone della chiesa di San Fedele » (canton de l’église Saint-Fidèle). Chaque canton de la commune de Lezzeno superiore/Novate gérait, à travers un conseil, sa propre économie de façon autonome. De même, les curés de paroisse étaient élus en toute autonomie par les cantons et ce n’est qu’après coup qu’ils obtenaient le placet de l’évêque de Côme..
Un inventaire daté de 1668 fait état pour Novate de ou familles, et d’un total de seulement , qui vivaient des maigres revenus de la pêche, du transport lacustre de marchandises et du travail d’une terre ingrate et exposée souvent aux crues du torrent Codera, mais qui apparaissaient disposées néanmoins à financer les travaux d’équipement et d’embellissement de l’église. Certes, l’église ne se prêtait pas uniquement à la célébration des offices religieux, mais aussi à la tenue d’assemblées populaires pour traiter les affaires de la communauté civile.
vignette|redresse|Arrestation des ambassadeurs Sémonville et Maret le à Novate Mezzola. Le , les ambassadeurs de France Charles-Louis Huguet de Sémonville et Hugues-Bernard Maret furent faits prisonnier par les Autrichiens près de l’auberge dell'Angelo, puis libérés au bout de de captivité en échange de Marie-Thérèse Charlotte de France..
De 1798 à 1815 En , par le remodelage résultant de la création du département du Lario (en vertu de la loi du 7 germinal de l’an VI), la commune de Novate fut incorporée dans le district de Gordona. Par l’instauration du département de l’Adda-et-Oglio (loi du 11 vendémiaire de l’an VII), la commune de Novate se retrouva comprise dans le district II de Chiavenna. Selon la conformation définitive de la République cisalpine, définie en (loi du 23 floréal de l’an IX), Novate était devenue l’une des composant le district III, de Sondrio, dans le département du Lario.