Cagli est une commune de la province de Pesaro et Urbino dans les Marches en Italie.

Géographie Cagli est située sur les flancs du Mont Petrano à au sud d'Urbino.

Histoire Les origines de Cagli remontent au sous le nom de Cale Umbra. La cité fut contrôlée successivement par les Romains et les Byzantins. Au , elle devient une cité libre. Elle dut subir des destructions à la suite du conflit ayant opposé les Guelfes et les Gibelins. Reconstruite en 1289, elle fut incorporée au duché d'Urbino, puis fut placée sous la domination des Della Rovere. Son destin est ensuite lié à celui des États pontificaux et c'est en 1860 qu'elle fut annexée au royaume d'Italie.

Aperçu historique vignette|Localisation de Cagli dans les Marches. Cagli est une ville fortifiée d’une apparente austérité avec des monuments qui se dressent sévères et compacts, comme pour répondre à la leçon rigoureuse de Saint Pierre Damiani : le prieur de l’Abbaye voisine de Fonte Avellana au a marqué l’architecture importante comme une superbia oculorum. Depuis les manufactures monumentales et les places qui rythment les espaces urbains le regard est attiré par les Apennins verdoyants : admirables coulisses de tout paysage qui en automne, avec des tonalités du jaune au rouge, deviennent protagonistes du feuillage. Cagli, qui au cours du constituait une des références de la Pentapole byzantine, est mentionnée de nombreuses fois dans les itinéraires de l’époque romaine. Au Servio Onorato, en commentant l'Énéide de Virgile, éclaircissait en outre la possible équivoque en affirmant « Cales civitatis [l'odierna Calvi] est Campaniae, nam in Flaminia est, quae Cale (Cagli précisément) dicitur ».

Constituée dès le , la Commune libre de Cagli soumet très vite plus de 52 châteaux dénichant la noblesse rurale et affrontant la politique féodale des abbés. Son expansion détermina les frontières de la juridiction du diocèse de Cagli qui avec Gratien () compte son premier évêque. En partie détruite par un incendie, provoqué par les Gibelins en 1287, la ville est transférée, depuis les ramification du mont Petrano, et entièrement reconstruite sur le plateau, englobant le bourg préexistant. Pour la refondation, sous l’aile protectrice de Niccolò IV, on utilise en 1289 le projet urbaniste à axes orthogonaux d'Arnolfo di Cambio. Le tissu urbain aurait inspiré Léon Baptiste Alberti pour tracer le dessin de la Cité idéale. À ce sujet certains éléments se trouvent sur la célèbre toile attribuée à Laurana (proche collaborateur d’Alberti) dont l’un d’eux, sur le fond, coïnciderait avec le haut plateau constitué par le Mont Petrano. Il ne s'agit pas là de simples coïncidences existant entre la Cité idéale et Cagli : une cité pour laquelle les Montefeltro manifestèrent pendant longtemps une attention particulière. D'autre part, écrit Franceschini, l'État des Montefeltro à sa naissance sur les territoires de l'Église est « un État régional, expression de la famille princière et des cités d'Urbino et de Cagli et de leurs campagnes ». En effet « lors de l'alliance de février 1376 les cités d'Urbino et de Cagli participèrent au pacte avec le Seigneur sur un pied d’égalité ». Malgré le coup d'arrêt dû à l'incendie de 1287, Cagli redevint vite un centre florissant. En effet sur un registre de paiement des taxes à l'Église de 1312, soumis à la révision à la suite de la forte baisse démographique à cause des famines, Cagli était composée d'environ . D'autre part, peu de temps après, dans les Constitutiones Aegidianae de 1357, Cagli figure parmi les neuf cités magnae de la Marche (avec pour la Province d'aujourd’hui, les villes de Pesaro, Fano et Fossombrone). Ce furent surtout les manufactures, en particulier celles qui travaillaient les vêtements de laine (et plus tard également la soie) et les tanneries, qui, s'étant développées considérablement sous les ducs d'Urbino soutinrent le développement économique de la ville. La dévolution du duché d'Urbino à l'État Pontifical, de 1631, soumet Cagli à la même politique économique dictée pour les Marches: en premier l'agriculture céréalière. Les bas rendements dans les zones des Apennins auraient comporté un recul économique inexorable. La ville, lentement, sort des nouveaux parcours de l'histoire de l’art. Le patrimoine historique et artistique consistant, qui avait été défiguré par le violent tremblement de terre de 1781, subit les nombreux « pillages » napoléoniens. L'unité d'Italie enflamme les esprits anticléricaux. La construction de la ligne ferroviaire Fano-Fabriano-Rome, la construction du nouveau Théâtre Communal et les nouveaux espaces publics donnent consistance à la vision progressiste. À côté de cela s’ouvre le chapitre des dépouillements des confréries et des monastères confisqués. Les vicissitudes de la cité de Cagli sont désormais diluées dans le vaste tableau de l'histoire nationale. La destruction de la ligne ferroviaire opérée par l'armée nazie en 1944 et la perte de son rôle de grande artère de liaison de la route consulaire Flaminia marquent pour Cagli et les vallées environnantes une longue période de déclin qui s’arrête et change de direction, enfin, lors de la dernière partie du second Millénaire.

Monuments

Principaux monuments du centre historique

Torrione martiniano (donjon) - Soccorso coverto-rocca (forteresse) et Centre de sculpture contemporaine

Construit en 1481, le complexe fortifié fut conçu, pour le Duc Federico da Montefeltro, par Francesco di Giorgio Martini. L’architecte dans son Traité cite en premier, parmi les six forteresses emblématiques, celle de Cagli avec une minutie de détails qui trahit une certaine complaisance. Le chemin secret dit soccorso coverto est suggestif, il relie le Donjon aux ruines imposantes de la Forteresse rhomboïdale (démantelée en 1502). La fortification appartient à la période féconde de transition lorsque des artistes de l’acabit de Francesco di Giorgio Martini expérimentèrent des solutions innovatrices pour faire face à l’emploi des armes à feu. Dans les salles (qui telle une sculpture semblent réalisées par soustraction de la matière) depuis 1989 le Centre de Sculpture Contemporaine a son siège, avec des œuvres réalisées ad hoc par des artistes de renommée internationale tels que: Alamagno, Coletta, Gastini, Icaro, Kounellis, Lorenzetti, Mattiacci, Nagasawa, Nunzio, Paolini, Porcari, Uncini, Zorio.

Théâtre communal Le Théâtre Communal se situe Piazza Niccolò IV. En 1878 avec l'œuvre le Violon du Diable (composée pour l'occasion par Mercuri) débute l'activité de la troisième structure théâtrale citadine qui conserve la machinerie du théâtre ainsi que la dotation de décors et de coulisses de Girolamo Magnani: le scénographe préféré de Giuseppe Verdi. Construit sur un projet de Giovanni Santini (auteur des théâtres d’Orvieto et Narni) avec des modifications de Coriolomo Monti, l'édifice constitue l'apothéose du style éclectique et les décorations internes, œuvre d’Alessandro Venanzi surprennent autant par le faste de l'ensemble que par la qualité des détails. La voûte de la Salle (avec lampadaire de l'atelier de Francesco Pucci) porte les figures allégoriques des Arts libéraux. Pour le rideau Venanzi utilise le fait historique de 1162 avec Frédéric Barberousse campant aux alentours de la ville. Le Théâtre Communal, dans lequel a débuté Mario del Monaco, est l’une des clefs de voûte de l’activité de l’art du spectacle. Ici les compagnies préparent et répètent leurs spectacles qui sont ensuite joués dans les théâtres les plus importants d’Italie. Ainsi l’expérience du spectacle vivant et de l’art scénique remplit toute l’année la scène de Cagli et la ville entière.

Palazzo Berardi Mochi-Zamperoli Le Palazzo Berardi Mochi-Zamperoli se situe au 39 de la Via Imbriano Alessandri. Ce palais monumental fut agrandi au début du sur dessin d’Anton Francesco Berardi. L’architecture du Palais a bénéficié au cours du de l'influence d’un autre Berardi (Anton Francesco junior) élève de Fontana et travaillant aux côtés de Murena, proche collaborateur de Vanvitelli. Sous les salles décorées de fresques au cours du par des élèves de Barocci au rez-de-chaussée se trouve le Pôle Culturel d'Excellence avec des bibliothèques et des archives (en cours d’aménagement) tandis qu’au dernier étage se trouve le Centre de Documentation de la Sculpture (en cours d’aménagement) avec des dessins et des modèles de sculptures publiques d’artistes italiens du . À l’étage noble se succèdent durant l’année de nombreuses expositions d’art.

Église Saint-François

L'église Saint-François se situe Piazza San Francesco.

L’église, datant de 1234, est le pivot autour duquel en 1289 Cagli, avec la protection du premier pape franciscain, a été construite. Le portail de marbre avec architrave à emboîtement et colonnes torses et lancéolées (et la chouette stylisée en bas à gauche) date de 1348. À l'intérieur avec le démontage récent de la cuvette de l'abside du on a découvert la cuvette médiévale située au-dessus avec le cycle de fresques datant des années 1340 (avec des influences du siennois Ambrogio Lorenzetti) considéré comme le chef-d'œuvre de Mello de Gubbio. En contre façade les deux fragments de fresques du sont de l’entourage du Maître de Montemartello. Sur les autels latéraux les œuvres les plus importantes sont en partant de la droite dans le sens contraire des aiguilles d’une montre: deux fragments de fresques encadrés, autrefois attribués à Antonio Alberti da Ferrara, alors qu'aujourd'hui ils sont attribués au Second Maître de l'Oratoire du Baptiste d'Urbino ; les miracles de la neige d’Ernst van Schayck (datable de 1617) et du jeune Gaetano Lapis (datée de 1730) ; le Crucifix processionnel en bois, d'école nordique, de la seconde moitié du ; le retable de Raffaellino del Colle (1540). À côté de l'orgue le plus ancien des Marches datant de la seconde moitié du (attribué à Baldassarre Malamini) se trouve l'une des trois détrempes de Battaglini d'Imola de 1529. Sur la place en face, la statue de bronze d'Angelo Celli, placée en 1959 devant les arcades de 1885 est du sculpteur Angelo Biancini.

Église Sainte-Marie de la Miséricorde L'église Sainte-Marie de la Miséricorde se situe Via Marconi. C'est l'église de la confrérie du même nom qui en fit son siège depuis 1301. Le portail robuste, avec la porte d’entrée datée de 1537, est surmonté par la fresque de la Madonna della Misericordia (Sainte Vierge de la Miséricorde) du . L'intérieur de la salle fut enrichi avec des fresques, dont il reste de grands fragments sur les murs pour en témoigner: le Martyre de Sainte Apollonie de 1455 est de l'artiste de Gubbio Jacopo Bedi tandis que les autres présentent des éléments ramenant à la source iconographique constituée par la basilique de Saint François d’Assise. L'autel majeur, avec baldaquin du avec Les quatre évangélistes, souligne la niche avec le groupe polychrome de la Sainte Vierge de la Miséricorde. Sur les deux autels latéraux se trouvent les retables de Claudio Ridolfi estimés à 1625 et la prédelle avec le Massacre des Innocents de Girolamo Cialdieri de 1634.

Église Saint-Ange mineur

L'église Saint-Ange mineur se situe Via Lapis. Au-delà de logette surélevée de style (bien qu'accomplie en 1560) se trouve l’autel majeur élaboré datant de la première moitié du , en bois doré et laqué avec de grandes colonnes de Salomon et le tableau signé THIMOTHEI DE VITE URBINAT. OPUS représentant le Noli me tangere. Il s'agit de l'œuvre la plus importante de Timoteo Viti (élève de Francia) avec l'œuvre réalisée pour le mausolée des ducs d'Urbino. Le tableau avec une tonalité qui assume une profondeur étincelante avec des tons presque émaillés et des personnages à l'influence évidente de Raphaël est défini par Vittorio Sgarbi « un chef-d'œuvre sublime qui apparaît dans cet oratoire de petite taille comme une vision ». Cette œuvre de Viti (aux côtés de Raphaël lors d'importantes entreprises) a été datée par Cuppini Sassi de l'année 1504.