Matelica est une commune italienne d'environ (2022) située dans la province de Macerata, dans la région Marches, en Italie centrale.

Géographie Matelica est située à d’altitude, dans la vallée de la rivière Esino, la seule vallée des Marches qui se développe - au moins partiellement - du nord au sud. Le territoire est principalement vallonné, avec les montagnes qui le bordent sur les côtés de la vallée, y compris le mont San Vicino.

Origines du nom L’origine du nom Matelica est obscure et se perd dans la brume des temps anciens : dans le monde entier, il n’existe aucun autre lieu ou ville portant ce nom, et très rares sont ceux qui se terminent avec la même désinence. Si Pline l’Ancien appelle la ville Matilica Matilicatis, aucun terme latin s’en rapproche qui pourrait lui conférer un sens, sinon à mater liquoris, mère des eaux, mais aucune rivière ne naît dans son territoire. On atteste l’intéressante assonance avec Mensa Matellica, hameau de Ravenne, site datant de l’âge du Bronze. Aussi, le nom pourrait-il être d’origine celtique et signifier pays des prés, de la matten celtique, qui signifie prairie. Encore plus hasardeuse est une supposition d’origine grecque, les Grecs étant installés dans la voisine Ancône : du grec metelis, lieu de délices. Si l’on considère l’ancien nom dialectal de la Ville : Matelga, alors il pourrait être intéressant de considérer le mot teleg, qui dans de nombreuses langues antiques, comme les langues sémitiques, signifie neige, et donc lieu couvert de neige.

Histoire Les origines de la ville de Matelica remontent au Paléolithique. Les Ombriens s’étaient déjà installés en 2000 av. J.-C., dans la vallée de la rivière Esino, où se trouve la ville. La naissance véritable du centre habité remonterait à la rencontre des populations ombriennes et picènes. Les Piceni, peuple provenant des Abruzzes et de la région d'Ascoli, construisirent le premier centre habité véritable, en exploitant les anciennes installations.

Sous l’Empire romain Avec l’arrivée des Romains, la ville subit un changement rapide ; après la bataille du Sentino (295 avant J.-C.), à quelques kilomètres de Matelica, la ville fut assujettie aux nouveaux conquérants. Les terres contiguës à la ville furent réparties entre les légionnaires vétérans et il y eut un rapide processus de romanisation de toute la zone.

Après la guerre sociale, la citoyenneté romaine fut étendue d’abord aux Latins, puis aux Ombriens et ensuite à toute la péninsule ; en 70 av. J.-C., Matelica devint municipalité romaine, en construisant sa structure politique sur la ligne de celle de l’Urbe : commandée par un duumvir, aidé par cinq censeurs et un protecteur qui défendait les droits de la ville près de Rome.

Matelica est inscrite dans la tribu Cornelia et en 101 après J.-C. la ville accueille l’empereur Trajan en partance pour la Dacie d’Ancône. Par la suite, le général Caius Arrius Clementus, qui avait visité la ville à la suite de l’empereur, sera nommé Conservateur du Municipe.

Avec l’avènement de la Chrétienté sur l’Empire, Matelica fut siège épiscopal dès 400 après J.C. L’évêque resta la seule autorité après la chute de l’Empire : la ville se retrouva sujette à des incursions barbares et la population souffrit de la faim à cause des famines et des invasions.En 552, la bataille entre Totila et Narsete à Gualdo Tadino est décisive pour l’avenir de la ville. La défaite des Goths fit fuir leur roi, qui arriva à Matelica où il mourut et fut enterré. Les Byzantins qui le poursuivaient atteignent la ville et l’annexent à leur empire. Jusqu’à l’invasion des Lombards, la ville vécut une petite période de paix et de prospérité. Les nouveaux envahisseurs, vaincus par les Byzantins, la détruisirent en 578 après J.-C. Dès lors, la ville passa sous le diocèse de Camerino.

Haut Moyen Âge Avec l’arrivée des Francs, la ville fut reconstruite et, après 800 après J.C., comme beaucoup d’autres villes, elle fut assujettie à des comtes, qui représentaient l’empereur du Saint-Empire romain germanique puis le roi d’Italie. La ville, bien que formellement sous la domination du Saint-Siège, fut incorporée dans la Marche d’Ancône et donc soumise au pouvoir impérial. Le plus célèbre d’entre eux, le comte Attone, mena, en 964 après J.-C., une partie des troupes d’Hugues roi d’Italie contre celles du Duc de Spolète, Ascaro, près de Camerino, où ils perdirent la vie.

La commune (1100 à 1200) Lorsque l’empereur Frédéric Barberousse retourna en Allemagne, Matelica se révolta contre l’empire et chassa les comtes Ottoniens, et se constitua libre commune, soutenu par deux consuls d’origine nobiliaire. Le retour de l’empereur en Italie provoque de nouvelles guerres dans la Marche et l’archevêque de Mayence Christian, fidèle au pape Alexandre III, rase la ville en 1174.

La communauté de Matelica fit une série de pactes avec les fils du comte Othon, qui jurèrent fidélité et s’engagèrent à la protéger ; de cette façon la ville fut reconstruite, grâce aussi à l’appui de l’Empereur Frédéric II de Hohenstaufen, qui s’était pacifié avec le pape en 1185. Le comte Othon ne se rend pas et, profitant de la volonté d’expansion de la voisine Camerino, construit une ligue entre celle-ci et les communes de Fabriano, San Severino, Tolentino, Cingoli, Recanati et Civitanova.

Trecento Au début du , Matelica conclut une alliance de nature militaire et administrative, sous la supervision du gouverneur pontifical, avec les villes de Fabriano, Camerino et San Severino. Les quatre contractants s’engageaient à se prêter mutuellement secours et aide, en plus de respecter les édits des autres. Cela n’empêcha pas certaines escarmouches, mais la paix renouvelée permit à la ville de pouvoir se consacrer plusieurs fois aux révoltes intestines à l’État de l’Église, se rangeant parfois aux Guelfes et aux Gibelins. La Commune était gouvernée, outre par le Podestat, par le Capitaine du Peuple et par le Conseil des Anciens ; au gouvernement de la ville participaient des Recteurs et des Conseillers des diverses corporations artisanales constituant le noyau principal du Conseil citadin. Elles étaient neuf : Notaires, Marchands, Cordonniers, Forgerons, Tourneurs, Tisserands, Charpentiers, Tailleurs et Maçons. C’est à cette époque que se formèrent les Sociétés et Compagnies d’Armes, pour la défense et la sécurité de la ville. Pendant ce temps, les Othons se rétablissent à Matelica et commencent à s’immiscer de plus en plus profondément dans la vie politique.

La seigneurie des Othons À la fin du , le vicariat de la ville est confié par le pape Boniface IX aux Othons. Cette famille, dans un premier temps, laissa inchangée la structure communale, pour ensuite lentement la supprimer et centraliser tous les pouvoirs sur elle. Les Othons commencèrent alors une réforme fiscale, ils promurent le développement de l’industrie de la laine, de la teinturerie et du tannage, ils restaurèrent les murs, ils construisirent le clocher de la cathédrale, surtout sous la conduite d’Alexandre Othon, Ils essayèrent à plusieurs reprises de définir une fois pour toutes les frontières avec San Severino et Camerino. Au début du , les commerces et les rues s’agrandirent, si bien qu’on pouvait compter cent dix marchands dans la Ville. Certains choix de nature ecclésiastique irritent le peuple et avec la seigneurie d’Antoine Marie Othon commence le mécontentement général, dû surtout à la cruauté excessive et la tyrannie de ce dernier, qui n’hésite pas à incarcérer et à tuer ses adversaires politiques. À cause de cette conduite tyrannique, les relations avec les Matelicates étaient tellement tendues que certains citoyens, en février 1545, fomentent une conspiration dans le but de tuer des membres de la famille, mais le complot est découvert par un certain Falcone da Falconara. Après tant de luttes, y compris au sein de la famille, et de nombreux voyages de délégation des citoyens à Rome, le pape Grégoire XIII dépouille définitivement les Othons du vicariat en 1576. En 1578, Nicolò d’Aragon, gouverneur général de la Marche d'Ancône, prend possession de la Ville au nom du Siège apostolique. Matelica fut ainsi gouvernée par un Commissaire apostolique envoyé par le Pape.

centré|vignette|300x300px|Fontaine octogonale de l'époque seigneuriale.|alt=

Après la période seigneuriale Avec le pape Paul V, en 1618, Matelica fut confiée à un Gouverneur indépendant de celui de la Marche, avec pleine juridiction, et pour cette reconnaissance le blason de Paul V Borghese fut élevé sur les portes des principaux édifices publics. Matelica conserve l’ancienne division de la ville en quatre quartiers : Santa Maria, Campamante, Civita et Civitella.

À la tête de chaque quartier fut placé un Prieur, faisant partie de droit du Conseil général. L’administration de la Ville était dirigée par un Gonfalonnier et trois prieurs, élus au Conseil général. La population accepta pacifiquement le nouveau gouvernement, dans lequel elle vit une période de paix après des siècles de luttes internes.

En 1692, la citoyenneté se réconcilie avec les comtes Othons, les nommant citoyens honoraires.

En 1761, la ville fut rebâtie siège épiscopal, (...) avec Fabriano.

L’époque napoléonienne et le Risorgimento L’arrivée des troupes napoléoniennes supprime l’évêché et, avec l’introduction de la libéralisation du commerce, la ville subit un fort déclin industriel, surtout dans le secteur de la laine. Le retour sous les États pontificaux fut presque un soulagement pour la population, qui toutefois hissa les drapeaux tricolores pendant les émeutes de 1848 sur le Palais de la Commune par solidarité avec les révoltés de toute l’Italie. Après la bataille de Castelfidardo, les drapeaux furent à nouveau exposés dans la ville et, dans le plébiscite, le "oui" à l’union au royaume d’Italie gagna à une majorité écrasante.

Du royaume d’Italie à nos jours gauche|vignette|275x275px|Panorama de Matelica. La nouvelle situation ramena le libre-échange et l’activité industrielle devint agricole, appauvrissant ainsi toute la population. Il y eut beaucoup de matelicates qui s’exilèrent pendant la Première Guerre mondiale, et la ville subit, comme tant d’autres, de nombreux deuils. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, Matelica accueillit un bataillon de soldats italiens, qui, après l’armistice, furent cachés par les habitants et, avec les jeunes du lieu et quelques soldats étrangers, formèrent la résistance locale. Le guide spirituel des partisans, Don Enrico Pocognoni, a été tué par les nazis dans le massacre de Braccano le 24 mars 1944. Après la guerre, grâce à l’intérêt d’Enrico Mattei, l’activité industrielle reprit fortement.

Économie L’économie est passée de l’Agriculture à l’Industrie au cours du siècle dernier. Les champs cultivés entourent la ville, et l’activité principale est la production de raisins de cuve. L’industrie s’est beaucoup développée avec l’aide de Enrico Mattei, et la ville peut se vanter de quelques grandes usines et entreprises qui vont des secteurs de l’informatique (Halley Informatica, leader dans le secteur des logiciels pour communes), à celui des bouteilles de gaz (grâce aux usines Merloni), à la couture (dernier vestige de l’activité textile, aujourd’hui propriété du Groupe Armani), ainsi que de nombreuses petites entreprises locales. Récemment, la ville a connu un véritable boom économique commercial, avec l’ouverture, en trois ans, de deux centres commerciaux, un multiplex et plusieurs nouveaux magasins dans le centre historique grâce à sa position intermédiaire entre Macerata et Fabriano.

Culture

Université Matelica est le siège détaché de l’Université de Camerino de la faculté de Médecine Vétérinaire.

Évènements culturels