Lorette. est une commune italienne de , située dans la province d'Ancône, dans la région des Marches, en Italie centrale.

Lorette est en outre le sanctuaire de la Sainte Maison de Lorette un lieu de pèlerinage fréquenté.

Géographie

La ville de Loreto a pris naissance au sommet d'une colline boisée en pente douce surplombant la campagne environnante.

Des Terrasses de la Ville sont visibles, à trois kilomètres à l’est, le mont Conero () se jetant dans l’Adriatique, et à à l’ouest les du mont San Vicino au fond d'une campagne des Apennins verte et vallonnée.

Toponymie La Ville de Loreto a pris au fil de l'Histoire les noms de « Loreto », « Loreta », « Laureta ». Sur les estampes étrangères, elle est souvent orthographiée des noms de « Laurette », « Lorette », « Loretta » ou « Loretto ».

Une hypothèse s'appuyant sur une gravure du légendée : Sancta Casa dello Reto pourrait donc se rapporter à Lo reto, à savoir le réticulé posé au sol à partir duquel a été reconstituée la Santa Casahypothèse tirée de « les peintures de la Madone de Lorette et du Transport de la Sainte Maison »- Tentative d'inventaire iconographique 2020/2021 - Compte d'auteur - chez Négatif+ . Ce même réticulé étant représenté dans des estampes du .

Mais l'explication la plus répandue veut que la Ville fut établie sur une colline recouverte d’une forêt de lauriers (d'où l'association avec le mont aventin lauretum) et dont la propriétaire, probablement originaire de la ville voisine de Recanati, se nommait Laureta.

Histoire La cité s'est développée autour de la basilique qui abrite la , c'est-à-dire la sainte maison où naquit la Vierge Marie, où elle vécut et reçut l'Annonciation de la naissance miraculeuse de Jésus.

La première mention écrite de l'existence de la sainte Maison remonte à l'écrit d'un certain Pierre, franciscain de Macerata datant de 1339 lui-même mentionné dans l'ouvrage d'un certain Giovanni Paolo Cirillo imprimé à Macerata en 1376 dont des exemplaires se trouvaient encore à Recanati au .

Un court texte légendaire de Pietro Giorgio Tolomei écrit en 1475, quand Nazareth (où se trouvait la maison de la Vierge Marie), fut sur le point d'être conquise par les Musulmans, mentionne un cortège d'anges soulevant la maison (que visitèrent Charlemagne et saint Louis en terre sainte) au cours de la nuit du 9 au , et la transporta au-delà des mers à Lorette en cette seule nuit. Ce à quoi fera allusion, deux cent cinquante ans plus tard, Voltaire : (...) Enfin portés sur les bords du Musône / Près Recanati en la Marche d'Ancône / Les pèlerins virent briller de loin / Cette maison de la sainte Madône / Ces murs divins de qui le ciel prend soin / Murs convoités des avides corsaires / Et qu'autrefois des anges tutélaires / Firent voler dans les plaines des airs / Comme un vaisseau qui fend le sein des mers / À Loretto les anges s'arrêtèrent (...)La Pucelle, chant , Voltaire.

En réalité, c'est peut-être un prince byzantin, Commène, ou bien les membres d’une famille nommée de Angelis qui prirent le l'initiative de transférer une maison typique de Palestine depuis Nazareth dans les Marches italiennes (sans doute contre rémunération, puisque cela avait réussi quelques décennies plus tôt avec le roi de France ). La maison fut démontée à Nazareth en 1291, débarquée ensuite à Tersatta (actuelle Trsat) sur les côtes de Dalmatie et finalement réassemblée à Lorette au cours de l'année 1294.

En 1315, les archives de la Ville de Macerata rapportent un procès contre des voleurs Gibelins ayant pillé et saccagé la Santa Casa en août et ainsi qu'en février et ; c'est le plus ancien témoignage de l'existence d'une statue de la Vierge, où l’on y apprend également que le sanctuaire était pourvu d’un chapelain.

Pour le Marquis de Sade qui séjourne deux jours à Lorette, en , et se fonde sur de supposés documents anciens, une église Notre-Dame existait déjà à Lorette plus d’un siècle avant ladite translation, et les croisés avaient l’habitude de reproduire en Europe les hauts lieux de la Terre Sainte..

À partir de 1480, le rayonnement du sanctuaire attire un nombre croissant d'habitants et de travailleurs, et l'on construit un hôpital pour les pèlerins venus de toute l'Europe. gauche|vignette|350x350px|Peut-être la vue la plus ancienne de Lorette, datant de 1539 représentée par Francisco de Hollanda, bibliothèque El Escorial de Madrid. La construction de l’église de Lorette débute en 1468 et s'achève en 1587 à l’exception du campanile qui ne prendra sa forme définitive qu'en 1754, ainsi que des ouvertures du tambour et de la lanterne de la coupole qui, à la suite des bombardements des deux guerres mondiales ont eu leurs formes modifiées lors des reconstructions.

Après l’année 1480, commence l’édification du Palais Apostolique de Lorette conçu par le grand architecte et polymathe de la Renaissance Donato Bramante, présent sur les lieux en septembre 1507 à la demande du pape .

Le bâtiment doit en effet être pourvu de trois ailes ainsi que d'une double rangée d'arches de manière à entourer toute la place devant le Sainte Maison de Lorette, l’actuelle piazza della Madonna ( en 1818).

La cité est enceinte de murailles dessinées par Antonio da Sangallo le Jeune et érigées en 1518. gauche|vignette|400x400px|Loreto sur une gravure de 1580 signée de Braun et Hogenberg Le projet des trois ailes du Palais Apostolique est malheureusement interrompu par en 1581.

Ce dernier ordonne la construction d'un collège illyrique sur le versant Ouest de la place pour accueillir les étudiants provenant de l’autre côté de l'Adriatique, mettant ainsi un terme au projet de Bramante.

En 1586, le pape , originaire de la Marche d’Ancône, redonne un nouvel élan au sanctuaire. Il crée l'ordre de chevalerie de Notre-Dame de Lorette en élevant la cité au rang de Ville, l’église au rang de Basilique et lui nommant Francesco Cantucci pour premier évêque.

, également originaire de la Marche ancônitaine, fait flanquer la muraille de quatre bastions en 1600.

En 1643, le pape tente d'exproprier les maisons situées au sud de la place pour prolonger la Palais apostolique, en vain.

Le campanile, œuvre de Luigi Vanvitelli est érigé entre 1750 et 1754.

Le , Napoléon est à Lorette. Le sanctuaire est fermé sous scellé, les restes du trésor de la Santa Casa qui n'ont pas été emporté par le commandant de l'armée papale, le baron Colli, sont emportés par les troupes napoléoniennes. La statue de la Madone emportée elle aussi ne sera restituée qu'en 1802.

Le eurent lieu des festivités pour proclamer Notre-Dame de Lorette sainte patronne des aviateurs, au terme d'un bref du pape , prononcé le de cette même année. Une conséquence de cette décision fut la construction de l'École d'aviation militaire italienne (SPSAM). Un institut d'études linguistiques lui fut adjoint plus récemment.En 1921, dans le Sacellum de la Sainte Maison, un anarchiste pose une bombe qui fait éclater un violent incendie et enflammer la sculpture de la Vierge noire. Elle fut aussitôt refaite par la volonté du pape en utilisant le bois d’un cèdre du Liban provenant des Jardins du Vatican. Elle fut modelée par Enrico Money et exécutée et peinte par Leopoldo Celani.

En 1922, le pape la couronna dans la basilique Saint-Pierre du Vatican et la fit porter solennellement à Lorette, où elle se trouve encore aujourd’hui.

Le , le pape avec la bulle a supprimé la chaire épiscopale de Lorette, plaçant le sanctuaire sous l’autorité directe du Saint-Siège.

Le , la juridiction de l’Administrateur pontifical fut étendue au territoire de la ville de Lorette. centre|vignette|Place de la Madone, Lorette. Enfin, le , le pape Paul VI, avec la bulle Lauretanae Almae Domus, supprima l’Administration pontificale et créa la Délégation pontificale pour le Sanctuaire de Lorette et la Prélature de la Sainte Maison, en établissant en même temps la chaire épiscopale dans la basilique.

La chaire de l’archevêché de la Prélature territoriale de Lorette se trouve désormais dans la Basilique de la Sainte Maison.

Le , le pape y effectue le dernier voyage officiel de son pontificat , sur vatican.va. Le , le pape François s'est rendu à Lorette en la Santa Casa pour y célébrer une messe à titre de simple pèlerinMesse du Pape François au Sanctuaire de Lorette - autrefois sur Youtube, vidéo du 25 mars 2019.

À l'issue, il a signé sur l'autel, l'exhortation apostolique Christus Vivit, adressée aux jeunes du monde entier à la suite du synode sur ce sujet à l'automne 2018Pape François au sanitaire de Lorette autrefois sur Aleteia.

Économie À Lorette, l'on trouve le siège du studio d’animation Rainbow. Srl connu au niveau international pour la série d'animation Winx.

Culture Pinacothèque communale Pinacothèque communale du Palais apostolique est composée de , est situé aux étages supérieurs du palais apostolique. Il abrite le Trésor de la Sainte Maison, peintures, sculptures, tapisseries et majoliques, des objets d'orfèvrerie et des meubles du sanctuaire, donnés à la Sainte Maison de Lorette au fil des siècles, avec des œuvres de Lorenzo Lotto, Cesare Maccari, Jean Bologne, Simon Vouet.

Basilique vignette|Basilique de Lorette - vue sur les absides et la coupole depuis le Parc du Souvenir. 2020La Basilique comprend des fresques de Melozzo da Forlì, Luca Signorelli, Cristoforo Roncalli, Federico Zuccari, Francesco Menzocchi, Charles Lameire, Ludovico Seitz, Biagio Biagetti. Une copie de l’Annonciation de Federico Barocci marque la présence jadis de la toile dans la Basilique qui a été volée par Napoléon puis restituée et exposée aujourd’hui aux musées du Vatican.

Le revêtement de marbre (réalisé par Andrea Sansovino, Antonio da Sangallo le Jeune et Raniero Nerucci, sculpteur pisan.) renferme la sainte Maison recouverte de fresques d’Olivuccio di Ciccarello.

Les éléments architecturaux qui entourent la place de la Madone sont l’œuvre de Marino di Marco Cedrino, Baccio Pontelli, Giuliano da Sangallo, Giuliano da Maiano, Francesco di Giorgio Martini, Bramante, Andrea Sansovino et Antonio da Sangallo le jeune.

Il existe une dizaine de copies de la sainte Maison en Italie et à l'étranger, ainsi qu’une quarantaine d’Églises en Italie et dans le monde (Chili, Slovénie, France, Espagne, République tchèque) qui sont consacrées au culte de la Madone de Lorette. Lieu majeur des pèlerinages mariaux durant trois siècles, Lorette a vu y séjourner les plus grandes figures d’Europe : Érasme, Montaigne, René de Savoie, Louis d'Arpajon, Baptiste Spagnoli, René Descartes. On y retrouve de nombreux ex-voto parmi lesquels ceux d'Anne d'Autriche et des marins de Christophe Colomb... De nombreuses peintures se réfèrent à ladite translation à l’origine du sanctuaire (Raphaël, Le Caravage, Le Pérugin, Giambattista Tiepolo, Annibale Carracci, Claudio Ridolfi).

Fontaine majeure La Fontaine majeure, œuvre baroque de Carlo Maderno et de Giovanni Fontana, réalisée entre 1604 et 1614, ornée de statues de bronze des frères Tarquinio et Pier Paolo Jacometti en 1622 et alimentées par un conduit hydraulique de cinq kilomètres pour le besoin des pèlerins.

Statue de Sixte V Monument en l'honneur de Pape Sixte V, d'Antonio Calcagni et Tiburzio Vergelli, 1587-1589, érigé par la province de la Marche et huit cardinaux nommés par Sixte V.

Hôtel de Ville Hôtel de Ville, datant du , œuvre de Giovanni Branca avec merlons de 1887.

Monuments et patrimoine religieux Sanctuaire La maison de la Vierge, la Santa Casa, que la tradition religieuse veut apportée par les Anges sur la Colline de Lorette entre l’Adriatique et Recanati, consistait en un ensemble de trois murs adossés à une grotte creusée dans un rocher (laquelle se trouve à Nazareth, dans la Basilique de l'Annonciation de Nazareth).

Les graffitis trouvés sur certains blocs de maçonnerie ont été datés entre le .

Les fragments de fresques internes représentant l'Adoration des mages sont l’œuvre d’Olivuccio di Ciccarello réalisée lors de la première moitié du quattrocento.