Pierre-Auguste Renoir dit Auguste Renoir, né le à Limoges (Haute-Vienne) et mort le au domaine des Collettes à Cagnes-sur-Mer, est l'un des plus célèbres peintres français.
Membre à part entière du groupe impressionniste, il évolue dans les années 1880 vers un style plus réaliste sous l'influence de RaphaëlIl fait un voyage en Italie en 1881 où il s'intéresse plus spécifiquement à Raphaël. Son attention à la composition s'en trouve accrue.. Il a été peintre de nus, de portraits, paysages, marines, natures mortes et scènes de genre. Il a aussi été pastelliste, graveur, lithographe, sculpteur et dessinateur.
Peintre figuratif plus intéressé par la peinture de portraits et de nus féminins que par celle des paysages, il a élaboré une façon de peindre originale, qui transcende ses premières influences (Fragonard, Courbet, Monet, puis la fresque italienne).
Pendant environ soixante ans, le peintre estime avoir réalisé à peu près quatre mille tableaux répertoriées, toutes catégories confondues..
Biographie thumb|upright|left|Frédéric Bazille, Pierre Auguste Renoir (1867), Paris, musée d'Orsay.
Enfance et premiers apprentissages Pierre-Auguste Renoir, dit Auguste Renoir, naît à Limoges à du matin, au de l'actuel boulevard Gambetta, ancien boulevard Sainte-Catherine, le . Il est le sixième de sept enfants, issu d'une famille d'artisans. Son père, Léonard Renoir ( - Léonard Renoir meurt à Louveciennes, Seine-et-Oise, le 22 décembre 1874, et son épouse Marguerite Merlet, dans la même ville, le 11 novembre 1896 ; Archives des Yvelines en ligne, état civil, acte du 22/12/1874 (vue ), et acte du 12/11/1896 (vue )) est tailleur, sa mère, Marguerite Merlet ( - ) est couturière. La famille vit alors assez pauvrement. En 1844, la famille Renoir quitte Limoges pour Paris, où le père espère améliorer sa situation. Ils s'installent au 16 rue de la Bibliothèque mais doivent déménager en 1855 au 23 rue d'Argenteuil. Pierre-Auguste y suit sa scolarité. La famille doit bientôt de nouveau déménager rue des Gravilliers.
À l’âge de , il entre comme apprenti à l’atelier de porcelaine Lévy Frères & Compagnie pour y faire la décoration des pièces. Dans le même temps, il fréquente les cours du soir de l’École de dessin et d’arts décoratifs jusqu’en 1862. À cette période, il suit des cours de musique avec Charles Gounod qui remarque cet élève intelligent et doué..
Débuts dans la peinture En 1858 à l’âge de , pour gagner sa vie, il décide de peindre des éventails et colorie des armoiries pour son frère Henri, graveur en héraldique.
En 1860, il s'inscrit au Louvre pour copier des tableaux anciens et entre l'année suivante à l’École des beaux-arts de Paris, dans l'atelier de Charles Gleyre (1806-1874), où il rencontre Frédéric Bazille (1841-1870), Claude Monet, et Alfred Sisley. Une solide amitié se noue entre les quatre jeunes gens qui vont souvent peindre en plein air dans la forêt de Fontainebleau. Il y fait la connaissance des peintres de l'École de Barbizon dont Diaz de la Peña et peint pour la famille Lacaux qui y séjournait, un portrait d'enfant, conservé au Cleveland MuseumMusée de Cleveland.
Après une tentative infructueuse en 1863, son premier tableau est accepté au Salon de 1864, l'année où il peint Romaine Lacaux. Il s'agit de l’Esméralda qui connaît un véritable succès, mais après l’exposition, il la détruit.
Ses relations avec Gleyre finissent par se détériorer peu à peu et lorsque ce dernier prend sa retraite en 1864, il quitte les Beaux-Arts. Les œuvres de cette période sont marquées par l'influence d'Ingres et de Dehodencq dans les portraits, de Gustave Courbet (particulièrement dans les natures mortes), mais aussi d'Eugène Delacroix, à qui il emprunte certains thèmes. Les femmes orientales, par exemple, sont visibles en 1872 dans sa toile Parisiennes habillées en Algériennes.
En , il se lie d'amitié avec le peintre Jules Le Cœur qui participa au Salon des refusés de 1863. Jules loue une maison à Bourron-Marlotte, près de la forêt de Fontainebleau qui devient rapidement le lieu de rencontre de Renoir et de ses amis artistes Claude Monet et Alfred Sisley. Renoir y rencontre la compagne de Jules, Clémence Tréhot, dont la sœur, Lise, devient sa compagne et son modèle préféré pendant les sept ou huit années suivantes. Jules aide Renoir à plusieurs reprises en lui commandant des portraits de membres de sa famille et la décoration du plafond d'une pièce du palais du prince Georges Bibesco. .
thumb|upright|gauche|Lise (Tréhot) cousant (1866), musée d'Art de Dallas. Dès 1865, sont acceptés par le Salon : Portrait de William Sisley et Soirée d'été, une toile considérée comme perdue .
thumb|upright|gauche|Frédéric Bazille, Portrait de Renoir (1867), Cleveland, Cleveland Museum of Art. Vers 1867, il partage un atelier avec Bazille et Monet, ce dernier devenant une influence importante sur son art. Avec Monet ils entreprennent de documenter l’évolution de Paris dans une série de vues, parmi lesquelles Le Pont des Arts, Paris.
Sa compagne Lise Tréhot (1848-1922) pose pour le tableau Lise à l'ombrelle (1867), qui, exposé au salon de 1868, a suscité les commentaires élogieux d'un jeune critique, nommé Émile Zola. Mais en général, les critiques sont plutôt mauvaises, et de nombreuses caricatures paraissent dans la presse, telles celles de Bertall. Deux enfants naissent de cette relationHenri Gourdin, Jeanne, l'enfant cachée d'Auguste Renoir, Paris : les Éditions de Paris-Max Chaleil, 2018, (14-Condé-en-Normandie : Impr. Corlet numéric), 1 vol. (142 p.) : Pierre, né à du soir au 35 rue Saint-Claude à Ville-d'Avray le et mort vers 1930(Archives de Côte-d'Or, Champeau en Morvan, acte de décès , avec mention décès, dressé le 06 0ctobre 1868, vue 51 / 568], et Jeanne Marguerite, née à du matin au 200 faubourg Saint-Denis à Paris le (Archives de Paris , acte de naissance , avec mention naissance, dressé le 21 juillet 1870, vue 22/31) et morte le , inhumée à Sainte-Marguerite-de-Carrouges.
En 1869, dans une situation financière difficile, il doit vivre chez ses parents retirés dans le hameau de Voisins, non loin de Louveciennes où habite PissarroMetropolitan Museum. Il y fait le portrait de son père qui suggère une personnalité sévère..
L'Impressionnisme Le séjour que Renoir fait avec Monet à la Grenouillère sur l'île de Croissy-sur-Seine(établissement de bains et de canotage, lieu très populaire et un peu « canaille » selon Guy de Maupassant dans « La femme de Paul », La Maison Tellier, 1881., est décisif dans sa carrière. Il peint véritablement en plein air, ce qui change sa palette, et fragmente sa touche.
Il apprend à rendre les effets de la lumière et à ne plus utiliser le noir pour les ombres. Dès lors, commence la période impressionniste de Renoir. Monet préfère peindre les paysages, et Renoir préfère peindre les personnages. Pour les mêmes scènes de La Grenouillère, Renoir adopte un point de vue plus rapproché qui lui permet de donner une plus grande importance aux figures.
Il étudie les chevaux à l'académie militaire, comme on peut le voir dans Allée cavalière au bois de Boulogne., et pendant la guerre franco-prussienne de 1870-1871, il est mobilisé et affecté dans la cavalerie à Bordeaux puis à Tarbes. Tombé gravement malade, il est hospitalisé à Bordeaux avant d'être démobilisé en . Au printemps, il séjourne avec Bernier, son commandant de régiment, et son épouse chez le père de Bernier dans la ville de Tarbes. Il y fait le portrait de l'épouse du commandant, Marie-Octavie Bernier. Il se souvient avec tendresse qu'il avait passé « deux mois dans un château », où il était « traité comme un prince », montait à cheval tous les jours et enseignait la peinture à la fille de ses hôtes.
Il rentre ensuite à Paris où il apprend la mort de Frédéric Bazille..
vignette|gauche|La Maison de Renoir Rue CortotGiuseppe Testi (1971).Actuel musée de Montmartre.
Il est influencé à l'époque par la tradition du réalisme d’Édouard Manet évoquée dans Nature morte au bouquet (1871). L'estampe accrochée au mur est une reproduction gravée par Manet des Petits Cavaliers de Vélasquez.
En 1872, Lise Tréhot le quitte et épouse le , un jeune architecte, Georges Brière de l'Isle. La tradition veut qu'elle n'ait plus jamais revu Renoir. Douglas Cooper laisse entendre que le portrait Lise au foulard blanc pourrait avoir été réalisé comme cadeau de mariage.
Au début des années 1870, il peint souvent côte à côte avec Monet, produisant des images du même sujet et s’utilisant parfois l’un l’autre et d’autres membres de la famille, comme modèles. C'est aussi durant cette période, qu'il copie les œuvres de Delacroix et étudie les nouveaux effets de couleurs. Cela se manifeste dans Intérieur de harem à Montmartre (1872) qui se réfère au tableau célèbre de Delacroix au Louvre, Les Femmes algériennes (1834).
En , il rencontre le marchand d'art Paul Durand-Ruel., et en , il quitte son studio de la rue Notre-Dame-des-Champs pour un atelier plus grand rue Saint-Georges.
Ses tableaux sont régulièrement refusés au Salon, et il participe à la première exposition impressionniste en 1874. Il y présente notamment Danseuse, La Loge et La Parisienne. Cette exposition attire l’attention de la critique et du public, mais est loin d’être un succès sur le plan financier. Le Pêcheur à la ligne est peint au cours de l'été 1874, alors que Renoir travaillait avec Claude Monet dans sa maison d'Argenteuil.
Pour continuer à faire connaître le travail du groupe, Renoir a l'idée inhabituelle d'organiser en 1875 une série de ventes aux enchères à l'Hôtel Drouot.. Elle se tient le , sous la direction du marchand Paul Durand-Ruel, avec Monet, Morisot et Sisley. La réaction du public est extrême et parfois même tumultueuse : .
Le Pêcheur ainsi que deux autres tableaux sont les tout premiers Renoir acquis à Drouot, par l'éditeur Georges Charpentier, qui deviendra le plus grand mécène et ami de toujours de l'artiste. Contrairement à Monet, qui dès cette époque, se concentre principalement sur le paysage, Renoir reste attaché à ses personnages, décrivant des scènes de la vie moderne..
vignette|gauche|upright|Le Jardin de la rue Cortot à Montmartre, 1876,Carnegie Museum of Art, Pittsburgh.
Cette même année il rencontre Victor Chocquet (1821-1891), un douanier qui, avec de modestes moyens, avait réussi à constituer une collection d'art français des de premier ordre. Chocquet rencontre d'abord Degas en 1875 et, dès la deuxième exposition impressionniste, en 1876, il devient un fervent partisan du mouvement artistique progressiste, collectionnant des œuvres de Renoir, Monet et Cézanne. Il admire particulièrement Delacroix et identifie Renoir comme l’héritier de son approche de la couleur. Renoir reconnaît ce compliment et rend hommage au célèbre coloriste en incluant en arrière-plan du portrait de Victor Chocquet, l’une des études préparatoires de Delacroix provenant de sa collection. Chocquet approcha Delacroix, en vain, pour lui commander un portrait de son épouse Augustine Marie Caroline, née Buisson (1837-1899). C'est Renoir qui remplit ce souhait plus tard et là encore, en hommage à Delacroix, une esquisse du maître est visible dans Madame Victor Chocquet.
En 1876, il loue un modeste atelier au rue Cortot (devenu en 1960 le musée de Montmartre). Ce nouvel atelier est entouré d'un grand jardin et George Rivière se souvient : « Dès que Renoir entra dans la maison, il fut fasciné par la vue sur le jardin, qui ressemblait à un beau parc abandonné. » Femme à l'ombrelle dans un jardin est exposé, sous le nom de Jardin, à la Troisième Exposition Impressionniste d' et admiré par la critique.