Costigliole Saluzzo (Costiòle 'd Salusse en piémontais) est une commune de habitants de la province de Coni dans la région Piémont et fait aussi partie de la Communauté montagnarde du Monviso et Valle Varaita.

Géographie thumb|La vieille ville. Costigliole Saluzzo se trouve dans le Piémont, à l’entrée de la vallée Varaita, non loin des quelques villes les plus connues de la région : Saluces, Savillan, Fossano, Alba et Coni. Elle constitue une des portes d’accès au Piémont, en venant de France. En effet, pendant que les centres habités, et les montagnes de la vallée Varaita subissent significativement l’affluence provençale, Costigliole Saluzzo se met depuis toujours dans l’air piémontais à tous les effets. Le territoire se divise en collines et plateaux, avec le centre habité qui se délimite sur les rives du torrent Varaita.

Économie et produits typiques L’économie locale est constituée d’artisanat, de commerces et de petites et moyennes entreprises qui travaillent dans différents secteurs. Entre autres, le secteur du travail du bois et de la construction de meubles, du bâtiment, le secteur du tissu, la commercialisation et production de fruits, etc.

Tonda de Costigliole Les abricots de la variété « Tonda de Costigliole » sont de forme ronde et présentent un poids moyen. La peau est de couleur jaune orangé avec des nuances rosâtres. La pulpe est de couleur jaune orangé, elle a une consistance dure et présente un goût doux et un arôme intense. Elle représente un cas d’adaptation parfaite de culture. Dans l’air alpin, qui impose ses conditions climatiques, la Tonda est produite constamment grâce à sa grande tolérance aux basses températures hivernales et à une floraison moyennement tardive. Elle commence vers le et se prolonge dans la première quinzaine d’août.

Quagliano Colline Saluzienne Quagliano : Raisins Quagliano 100 %. Le vin a une couleur rouge faible, délicatement parfumé avec des senteurs de violette et des arômes agréables et caractéristiques, saveur appréciable et agréablement doux, de corps moyen, fruité, parfois vif. Le degré d’alcool minimum est de .

« L’siole ’d Costiole », les oignons de Costigliole Très recherchés sont les oignons de Costigliole, qui, autrefois, ont fait sa renommée. Aujourd’hui appréciés et consommés sur leur seul territoire de production, ils pourraient s'affirmer sur d'autres marchés régionaux en misant sur l’agriculture traditionnelle de haute qualité.

Histoire Domaine lombard et français Depuis 568 les Lombards ont commencé à apparaître dans le Piémont. Cette nouvelle occupation arriva progressivement et fut tout d’abord constituée de petits noyaux qui présidaient les grandes zones d’importance stratégique, puis une sorte de colonisation qui porta à la subdivision du territoire des ducs. Les luttes continuent entre Ducs rebelles et qui prenaient parti pour les rois aryens ou les rois catholiques portèrent à un déclin progressif de l’autorité royale. Les nécessités de défense du roi induisirent les "gastalds" (sorte de gouverneurs chez les Lombards) à élever des fortifications aux bases des vallées Varaita, Maira, Grana et Po. Et c’est ainsi que fut fondée l’abbaye de Villar San Constanzo particulièrement influente pour Costigliole Saluzzo. Successivement les Sarrasins apparurent en province jusqu’en 824 conditionnant le territoire en plusieurs petits territoires, rendant celui de Cunéais abandonné et exposé aux attaques. Ainsi les monastères de Pragno, Villar San Constanzo et la ville de Pedona (actuel Borgo San Dalmazzo) furent assaillis.

La période du marquis de Saluces Après l’expulsion des Sarrasins, le Piémont présente un aspect désolé. Puis l'agriculture progresse, et les conditions de vie s'améliorent. Des monastères se créent avec les donations faites par les marquis de Saluces. Saluces et les terres environnantes font partie du diocèse de Turin et l’évêque vante de droits importants sur ses juridictions à la suite des pouvoirs accordés par Frédéric Barberousse. Au temps de Manfred Ier de Saluces, les familles féodales du Piémont, celles des Constanzia de Costigliole sont connues sous le nom de « Costigliole ». Elles émergent avec le marquis, auquel elles lèguent leurs fortunes. Entre 1200 et 1300, Costigliole devient un pays d’une certaine importance.

Le siège de Savoie en 1487 Le marquis de Saluces continua à supplier lourdement le roi de France pour obtenir l’aide de l’armée pour faire front aux pressions de la Savoie, mais à la fin du les Français prirent du temps et échelonnèrent leurs interventions.

1796, Costigliole est française En 1795 et en 1796, la France attaqua la Savoie et Vittorio Amadeo dut pactiser et traiter à Cherasco. Les troupes françaises étaient installées dans la partie cunéaise et occupèrent le même chef-lieu. Les Savoyards étaient disposés devant l’ennemi et à Costigliole ; ils avaient laissé de côté le régiment Crist, formé par les jeunes Suisses. Le front continuait de se déplacer et le les soldats français passèrent à Costigliole. L’idée républicaine commença à germer dans la population qui voyait en Napoléon Bonaparte la lueur d’une nouvelle liberté. Le Piémont en 1799 vint s’unir à la France, les symboles de la Révolution arrivèrent aussi à Costigliole. Quand Bonaparte fut battu, Vittorio Emanuele retourna à Turin et Saluces regagna ses anciennes frontières auxquelles il ajouta Valmala.

Le retour à la Savoie, les années 1800, Italie 1861 Avec le retour de la Savoie, la Restauration démarre dans le Piémont. Le retour du monarque suscita pour les Piémontais des sentiments différents. Dans la noblesse, prévalut un sentiment de satisfaction, on retrouvait des anciennes certitudes, même si ceux qui reconnaissaient les progrès durant l’Empire, ne manquaient pas.

Après des années de gouvernement et de succès de Cavour, qui conditionnèrent aussi Costigliole Saluzzo avec des actions de modernisation économique qui signifièrent la construction de chemins de fer, et tunnels dans le Royaume de Piémont et en Sardaigne, l’amélioration du réseau routier, l’accroissement des industries, l’introduction de techniques plus avancées en agriculture, l’élite intellectuelle piémontaise embrassa la cause de l’unité italienne, qui survint en 1861 après une série de guerres. Avec la formation du royaume d’Italie, le Piémont perdit de l’importance, la littérature devint provinciale. Les Piémontais passèrent de la condition de citoyens d’un État respecté et fort, à celle d’habitants d’une région périphérique d’un royaume à peine né et plein de problèmes. En 1864, Turin perdit son rôle de capitale. Les années suivantes furent difficiles, marquées sur le territoire par une série de conflits et de migrations vers la France et l’Argentine qui impliquèrent une bonne partie de la jeunesse, au moins dans la première décennie du .

Le , période giolittienne, la Grande Guerre et le fascisme L’amélioration des conditions survient avec la période giolittienne, qui récolta de suite un grand succès dans l’opinion publique piémontaise. Le pragmatisme, les capacités administrative et financière élargirent le consentement de Giolitti, dans les secteurs amples des classes productives. La fin de la période giolittienne coïncida cependant avec le début de la Première Guerre mondiale, qui aussi à Costigliole Saluzzo coûta la vie à une bonne partie de la jeune population. La faiblesse structurale et le climat de protestation furent interceptés par la proposition fasciste, particulièrement appuyée par la population, pour les attentes économiques qui trouvèrent une bonne partie de réponses au coût économique.

La Seconde Guerre mondiale Le drame des années 1940 à Costigliole est témoin de nombreuses pertes au front, qui encore une fois touchera la jeune population. Une série de guerres et d’évènements tragiques impliquaient les habitants de Costigliole, disparus dans la dramatique division Cunéaise en Russie ou dans les camps d’extermination nazis ou impliqués dans les luttes partisanes. Aujourd’hui on commémore le massacre de Ceretto. L’après-guerre coïncide avec une période de développement économique et de la production qui a permis, généralement une bonne qualité de vie jusqu'à nos jours.

Honneurs Médaille d’Argent au mérite Civil

À voir thumb|Palazzo Giriodi di Monastero. thumb|Palazzo Sarriod de La Tour. thumb|L'Église Paroisse. thumb|Le petit château. thumb|Le Château roux. thumb|Le Château Reynaudi. L’itinéraire de visite se partage entre le Bourg médiéval de Costigliole Saluzzo, avec un hommage à l’art du peintre Hans Clemer et à ses fresques, les palais du , Giriodi de Monastère, Sarriod de la Tour. Il y a aussi l’église paroissiale Sainte-Marie-Madeleine, le château Rouge et le château Reynaudi.

Palais Giriodi de Monastero Les Giriodi vivaient déjà à Costigliole en 1600, tous occupés aux activités agricoles et commerciales. Ce fut grâce à leur forte montée sociale que le palais fut construit à la première moitié de 1700, on le doit au génie de l’architecte piémontais Bernardo Antonio Vittone, il fut ensuite peint en fresque en 1804 par Luigi Vacca, important scénographe de Turin. Le Palais est réalisé avec des matériaux de l’endroit, pierres des carrières de Piasco et Rossana et des briques probablement fabriquées à Costigliole Saluzzo. La façade est imposante avec des colonnes et des décorations qui s’alternent avec des briques. Le porche d’entrée se caractérise par une particulière voute en « voile » placée entre deux « tonneaux ». À travers un élégant escalier on atteint l’étage noble du palais qui présente quelques salles contenant des fresques peintes par Vacca. Le salon d’honneur est couvert par une voute décorée avec des mastics et dans le médaillon on peut trouver des illustrations allégoriques qui symbolisent le triomphe de l’agriculture et de l’abondance. Les décorations de Vacca dans la salle « des héroïnes Bibliques » portent la date de leur réalisation (1804). La salle prend le nom des représentations des dessus de portes : dans la centrale Miriam est représentée dans la danse de remerciement après le passage de la mer Rouge de la part du peuple juif, à droite est représentée tuant Holopherne, le dernier dessus de porte raconte le meurtre de Siséra ennemi du peuple de Dieu, par Yaël. Dans cette salle aussi la technique du trompe-l’œil est grandement utilisée par Vacca, en particulier pour le plafond, avec des fleurs qui imitent une décoration en mastic. Depuis 1923 la résidence est le siège de la Mairie de Costigliole.

Palais Sarriod de la Tour Il se détache entre les palais et les maisons nobles dans la partie basse de l’antique Costigliole Saluzzo, dans l’ancienne entrée rue Maestra, aujourd’hui rue Vittorio Veneto, caractérisé par une loggia et un arc unique. Le bâtiment actuel est le résultat des interventions qui ont modifié la structure médiévale initiale, les remparts restent visibles dont une tour au sommet portant des créneaux. L’agrandissement vers le sud est dû au comte Tommasso Alberto Saluzzo qui, en 1734 acheta la seigneurie de Costigliole. L’ajustement du bâtiment en noble palais demanda la création d’un grand escalier et d’une galerie d’Orient, on suppose que la galerie ouest a été créée en dernier. Le blason en pierre sur la porte rappelle l’union des deux familles des Saluces en 1720, à la suite du mariage de Tommasso Alberto Saluzzo, des Saluces, de Paesana, avec la fille du marquis Carlo Emanuele Saluzzo de la famille Miolans Spinola. La famille étant disparue, la propriété appartiendra au comte Louis Antoine Gaétan Sarriod de la Tour de Bard. Actuellement la propriété appartient à la commune et accueille des expositions et des événements. Elle est aussi siège de la bibliothèque municipale et des associations culturelles.

Église paroissiale Sainte-Marie-Madeleine