Iglesias est une ville italienne située dans la province du Sud-Sardaigne, dans la région Sardaigne. En 2017, elle compte .
Histoire La tradition attribue la fondation de Iglesias au comte Ugolin della Gherardesca dont le travail d’urbanisation vise à l’exploitation minière de la zone. Au lendemain de la victoire des Aragonais sur la république de Pise en 1324, la ville devint le premier bastion du royaume de Sardaigne et de Corse ainsi que celui de la couronne d’Aragon, qui façonna les lieux pendant environ quatre siècles.
L’aragonisation se manifesta surtout dans l’architecture religieuse, à travers un subtil dosage de monumentalité et de décoration, comme en témoignent les églises San Francesco, San Michele, San Giuseppe et San Domenico. Durant la période tridentine, la religiosité s’intensifia encore davantage ; la Compagnie de Jésus construisit, en lieu et place de l’ex-Palais Donoratico, l’église de la Purissima.
En 1720, le passage à la maison de Savoie comporta de nouvelles coutumes et l’architecture se fit plus sobre, comme en témoigne l’Evêché, conçu par des ingénieurs de la maison de Savoie.
C’est aussi à cette époque qu’on s’intéressa davantage aux richesses du sous-sol. En 1871, le député fonda l’École des mines pour former les cadres ainsi que le Musée minéralogique annexe.
Étymologie Au Moyen Âge, la ville était citée en latin comme Villa Ecclesiae, en toscan antique comme Villa di Chiesa, en catalan comme Viladesgleyes ou Vila d'Esgleyes, traduisibles par « Ville de l'Église » ou « Ville des Églises », et en espagnol comme Iglesias, « Églises ». La plus ancienne citation du toponyme Villa Ecclesiae se trouve dans un document conservé dans la cathédrale de San Lorenzo de Gênes et remonte à 1272.
Géographie
Économie
Culture
Édifices
vignette|Château de Salvaterra. Le château de Salvaterra Ce château fut certainement construit dans le cadre de l’urbanisation entamée après 1258 par Ugolin della Gherardesca. Il fut conçu à l’instar d’un bastion pour surveiller la ville et ses environs, ceci jusqu’aux mines d’argent. En 1297, la Sardaigne et la Corse furent affectées à la couronne d’Aragon par le pape Boniface VIII, mais les Aragonais prirent véritablement possession de l'île puis du château à partir de 1324. D'abord appelé château de San Guantino, il changea de nom pour celui de Salvaterra et l’on modifia son statut, comme en témoigne une plaque de 1325 signalant qu’il s’agit désormais d’un castris regalis (un château royal). Il se présente comme un quadrilatère. Les côtés est et nord sont construits à l’aide de couches de pierres alternant avec des couches de briques qui semblent davantage correspondre au bâtiment médiéval originel et confèrent sa solidité à la structure. Il était également doté d’une chapelle consacrée à saint Guantino, puis à sainte Eulalie de Barcelone. Dans la cour intérieure du château, le puits a été reconstruit.
Cathédrale Sainte Chiara vignette|Cathédrale de Sainte Chiara. La construction de la cathédrale Santa Chiara relève des initiatives visant au développement démographique et urbain décidé par la famille des Donoratico della Gherardesca. L’église ne présente pas de style unitaire. Au cours des siècles, elle a été transformée à plusieurs reprises, du fait des dominations qui se sont succédé et de multiples restaurations, surtout après la réfection à partir du . La façade munie d'un toit en pavillon est divisée en deux ordres par un encorbellement qui la parcourt horizontalement à la hauteur de l’architrave du portail. L’intérieur se compose d’une vaste nef unique rythmée par des chapelles latérales et des voûtes en étoile reposant sur des colonnes à chapiteaux sculptés. Le campanile abrite une cloche en bronze de 1337, œuvre de Andrea Pisano. Il est crépi et doté d’une pointe en 1862. Les caves de la cathédrale abritent le Musée d’art sacré.
Église de La Purissima Une caractéristique prédominante de ce seul exemple d’architecture de la Contre-réforme à Iglesias est la parfaite correspondance entre l’intérieur et l’extérieur. L’équilibre des espaces est déjà perceptible sur la façade, qui joue sur le contraste entre le crépi blanc et la trachyte rouge. À gauche se trouve le clocher qui sert aujourd’hui de tour de l’Horloge. À l’intérieur, une ample nef est dotée de trois chapelles par côté et d'un remarquable mobilier en marbre. La sobriété générale de l’édifice tranche avec les motifs décoratifs ajoutés en 1774 lorsque les jésuites quittèrent la ville à la suite de la suppression de leur ordre. Les décorations datent du début du . Les souterrains abritent un parcours d’exposition sur le thème des architectures religieuses de la région du Sulcis-Iglesiente.
Église de Saint Domenico L‘église touche par la sobriété des éléments en saillie qui ornent la façade comme une broderie. Flanquée de colonnes corinthiennes et surmontée d’une architrave où figure l’écusson de la famille Cannavera, la majestueuse entrée relève de la sensibilité gothique catalane. L’espace, à nef unique, est surmonté d’une voûte en berceau divisée en quatre travées par des arcs en ogive. La nef est dotée de deux chapelles par côté, consacrées aux corporations qui financèrent les travaux. Du côté droit, les pierres apparentes des chapelles, posées en 1910, rompent avec le projet initial. Parmi les quatre pierres tombales, figure celle de l’évêque Nicolò Cannavera auquel on doit la construction de l’église.
Église de Saint Francesco vignette|Église de San Francesco, . La façade en pavillon présente des maçonneries lisses ; au centre, le portail est surmonté par une rosace et flanqué de deux oculus latéraux. La nef unique est surmontée d’un plafond en bois. Elle se divise en sept travées flanquées de sept chapelles latérales ; les chapelles et le presbytère furent ajoutés à partir du . Les chapelles présentent une simple voûte en croisée d’ogives terminée par une clef pendante, à l’exception de la cinquième chapelle à gauche, dite « du Crucifix ». La tribune des chantres, en pierre, remplace l’original en bois démoli au début du . Parmi le mobilier, figure le bénitier en marbre, le mobilier qui orne les chapelles de gauche, dont le retable, une œuvre de Antioco Mainas. Au , on annexa à l’église le couvent, dont le cloître est consacré à saint François.
Église de Saint Marcello L’église San Marcello, siège de la confrérie homonyme, était située à gauche de l’église San Francesco jusqu’à la fin du , époque où elle fut déplacée pour laisser la place aux nouvelles écoles primaires et élémentaires. Le projet de reconstruction (1901) est l’œuvre de l’ingénieur Luigi Degrossi qui utilisa en partie des matériaux de récupération appartenant à l’oratoire, comme les grosses plaques d’ardoise pour le carrelage intérieur. On peut aujourd’hui admirer la façade rouge de style néo-gothique de l’édifice, qui présente un portail surmonté d’un arc en ogive. Au centre de la flèche, une croix grecque guide le regard vers une rosace, tandis qu’un motif d’arceaux gothiques, identiques à ceux qui décorent les fenêtres du palais l’Évêché, orne la façade.
Église de Saint Michele Cette église datant de l’époque aragonaise est liée à la présence de la Grande Confrérie de la Vierge de Pitié du saint Mont. L’intérieur est un petit espace à nef unique traversé par un arc brisé qui le divise en deux travées. Au centre du presbytère, se trouve une mense en pierre décorée d’un bas-relief figurant la Cène et, derrière, une niche abrite une statue de saint Michel. À droite, une chapelle consacrée aux Mystères, fut érigée en 1727 pour abriter les statues processionnaires des différentes étapes de la Passion. Un remarquable bénitier en pierre – que l’on peut dater du – est orné de quatre poissons sculptés dans le bassin.
Église de Saint Salvatore vignette|Église de San Salvatore, . L’église, qui est l’un des bâtiments de culte ayant précédé l’érection de la ville (après 1258), se trouve hors les murs. Du fait d’analogie avec l’église Santa Croce de Ittireddu, on considère que San Salvatore a été construite entre le et le . Cette église reproduit les schémas de construction présents dans d’autres bâtiments de culte en croix latine de dimension moyenne, érigés par l’Empire byzantin non loin des centres en voie de développement. Dans la façade en pavillon, s’ouvre un portail surmonté d’un arc dont l’architrave s’appuie sur des maçonneries périmétrales. La nef croise le transept pour se terminer par ce qui semble être une harpe, et correspond aujourd’hui à une baie vitrée qui simule l’ancienne abside.
Église de Saint Antonio Abbé L'église compte parmi les bâtiments de culte dont la construction a précédé l’érection de la ville elle-même (après 1258). Bâtie sur une hauteur, non loin de la vallée du Cixerri, elle devait constituer le cœur d’un petit village. L’édifice, maintes fois remanié au cours des âges, présente une simple façade surmontée d’un toit en pavillon qui reproduit les schémas de type byzantin. La façade laisse deviner l’ancien plan du monument, dont témoigne aujourd’hui la construction de droite faisant office de sacristie : les espaces ont absorbé une des trois nefs qui devaient constituer le bâtiment d’origine. L’intérieur est une salle quadrangulaire plutôt exiguë, où les quatre arcs en plein cintre déterminent quatre travées. Au fond, se trouve une grande abside en fer à cheval.
Église de Sainte Maria De Valverde vignette|Église de Nostra Signoria di Valverde, . L’église fut élevée hors les murs, presque en même temps que la cathédrale, avec laquelle elle partage des affinités stylistiques et structurelles. Comme la cathédrale, cette église présente un modèle architectural roman, sur lequel viennent se greffer des lignes gothiques. La façade a été restaurée et remaniée maintes fois jusqu’aux . Réalisée à l’aide de claveau de trachyte rose, elle présente deux ordres séparés par une corniche horizontale moulurée. L’intérieur est constitué d’une nef unique qui possédait à l’origine un plafond en bois plus bas. La nef se termine par un vaste espace presbytéral quadrangulaire surmonté par une voûte d’arête en étoile ornée de clefs pendantes. La clef centrale, plus grande, figure la Vierge et l’Enfant.
Cloître Saint Francesco L’église et le couvent San Francesco, constituent un des témoignages les plus intéressants et précieux laissé par les Frères mineurs conventuels en Sardaigne. Le cloître était un espace ouvert, entouré de quatre côtés à arcades. Le couvent comprend en outre quelques ailes bâties à l’instar de loggias ouvertes au rez-de-chaussée, disposées autour d’un espace vert auquel on accédait grâce à des arcades en plein cintre en trachyte rose. Hélas, l’absence de sources documentaires et les dommages subis durant les années 1940 lorsque le couvent fit office de refuge anti-aérien, ne nous permettent pas de dire si ce cloître est vraiment d’origine. Aujourd’hui, à la suite d'une série de restaurations, on a pu récupérer une partie de l’ensemble d’origine.
Cimetière Monumental Le cimetière se situe dans l’aire comprise entre la via Cappuccini et Su Pardu, selon un schéma où les intersections des allées déterminent les carrés. Au centre, un escalier conduit à la chapelle de l’allée principale. Le cimetière, souvent agrandi, ne présente pas un plan ordonné, même si l’on devine des agencements particuliers comme celui de l’allée appelée « Viale dei bambini ». Le noyau le plus ancien se caractérise par un éclectisme également représentatif de la grille, des stèles, des urnes, des chouettes et des anges qui flanquent l’escalier. L’entrée de la via Cappuccini sépare d’une part les sobres fioritures Art Nouveau aux symbologies maçonniques des tombes des morts des deux Grandes Guerres. On mentionnera les œuvres remarquables de Giuseppe Sartorio.
Fortifications médiévales vignette|Murailles médiévales.