est un film franco-tunisien réalisé par Fernando Arrabal et sorti en 1971. Il traite de la guerre civile espagnole à travers les yeux d'un enfant de 10 ans.

Avec Claudine Lagrive, Fernando Arrabal coécrit le scénario d'après son livre semi-autobiographique, Baal Babylone. Il est aussi acteur dans le film.

L'expression espagnole ¡Viva la muerte! () est un cri de ralliement du camp franquiste pendant la guerre d'Espagne.

Synopsis Le pays n'est pas nommé mais le film se situe après la guerre d'Espagne, sous le régime franquiste. Des soldats passent sur une route en criant : Fando, un garçon d'une dizaine d'années, est caché au bord de cette route. Il se souvient de son enfance et cherche à comprendre pourquoi son père a disparu. Il ne tarde pas à découvrir que c'est sa mère, pieuse catholique, qui a dénoncé son mari en l'accusant d'athéisme et d'antifascisme. Déchiré par ces révélations, Fando va enquêter de bureau en bureau pour savoir ce qu'est devenu son père, sans obtenir de réponse. Dans un pays cadenassé par la censure et les interdits religieux, Fando, partagé entre haine et amour pour sa mère et l'espoir de retrouver son père vivant, va enfanter autant de délires sexuels que morbides, en un flot de symboles et de réminiscences. Hospitalisé, il est opéré du cœur. Ses visions s'amplifient et deviennent intolérables. Il finit par s'enfuir de l'hôpital quand sa seule amie lui apprend que son père est vivant et qu'il a rejoint le maquis.

Tournage Arrabal étant interdit de séjour dans l'Espagne franquiste, les prises de vue extérieures se font en 1970 à Hergla en Tunisie, où Roberto Rossellini a tourné Les Actes des Apôtres en 1968, grâce aux accordés par la commission française d'avance sur recettes. Il choisit un jeune Tunisien comme acteur principal, Mehdi Chaouch, frère aîné de la future star de la radio tunisienne Donia Chaouch, prend Férid Boughedir comme premier assistant et Hassen Daldoul comme producteur.

Arrabal utilise dans son film des caractéristiques locales d'Hergla. Le coiffeur du village pratiquant la par la pose de ventouses sur la nuque incisée de coups de lame de rasoir, il ajoute une scène où le petit garçon voit son grand-père subir cette saignée chez le coiffeur. Hamda, l'un des chauffeurs tunisiens de l'équipe, se porte volontaire comme doublure pour prêter sa nuque le temps d'un gros plan. On trouve également dans le film la technique des habitants d'Hergla de confection de nasses ou scrottins en joncs tressés pour la pêche, dans lesquels le petit Fando se cache, ainsi que la mise en valeur de l'architecture des maisons traditionnelles d'Hergla avec leurs lits creusés en hauteur dans le mur et leur rangement creusé en-dessous. Fando court également dans le cimetière marin d'Hergla et la tradition tunisienne des combats de béliers apparaît dans ses rêves..

Un court métrage documentaire sur le tournage est réalisé par Abdellatif Ben Ammar, Sur les traces de Baal, du nom original du film issu du roman semi-autobiographique d'Arrabal, Baal Babylone, le nom de Viva la muerte ! n'ayant été attribué que plus tard.

Réception du film Le film est interdit de sortie en Espagne, ainsi qu'en Tunisie. En France, la commission de contrôle des films demande son interdiction totale par 18 voix contre 4.. Il est cependant autorisé à être projeté dans son intégralité au Festival de Cannes 1971, et ne reçoit son visa d'exploitation que le . grâce au ministre de la Culture Jack Lang, assorti d'une interdiction aux moins de douze ans.. Il fait l'ouverture de la Semaine de la critique en . Pour Henry Chapier, cet .. Claude Mauriac insiste même sur la noblesse du film : .. Quant à Jean de Baroncelli, il parle d'un reflétant ..

John Lennon, enthousiasmé par Viva la muerte, vient à la rencontre d'Arrabal au festival de Cannes en sifflant la musique du film. Pablo Picasso peint pour lui un tableau intitulé Viva la vida et charge Luis Buñuel de lui porter ce cadeau..

Fiche technique Titre original : Réalisation : Fernando Arrabal Assistant-réalisation : Férid Boughedir Scénario : Claudine Lagrive et Fernando Arrabal d'après son roman Baal Babylone (éditions Julliard, 1959) Conseiller technique : Jacques Poitrenaud Décors et sculptures : Hachemi Marzouk Dessins : Roland Topor Photographie : Jean-Marc Ripert Son : Pierre-Louis Calvet Montage : Laurence Leininger Musique : Jean-Yves Bosseur Production : Hassen Daldoul, Jean Velter Sociétés de production : Isabelle Films (France), SATPEC (Tunisie) Société de distribution : Accatone (France) Pays de production : , Langue originale : français Format : — couleur par Eastmancolor — 1.66:1 — son monophonique Genre : drame Durée : Date de sortie : France : (Festival de Cannes) Classifications CNC : interdit aux -12 ans, art et essai (visa d'exploitation délivré le )

Distribution Fernando Arrabal Mohamed Bellasoued : le colonel Mehdi Chaouch : Fando Victor Garcia : Fando à 20 ans Jean-Louis Chassigneux : le grand-père Suzanne Comte : la grand-mère Núria Espert : la mère Anouk Ferjac : la tante Clara Víctor García : le jeune homme Ivan Henryques : le père Jazia Klibi : Thérèse

Bande originale 45 tours simple Barclay 61452L : Face A : Ekkoleg (« jeu d'écho »)., paroles et musique de Grethe Agatz (1913-2004), chanson interprétée en danois.. Face B (pas dans le film) : Siesta (instrumental), musique d'Eddie Barclay (crédité sous son nom de naissance, Édouard Ruault) et Raymond Le Sénéchal. 45 tours simple Bocaccio Records B-32510 : Face A : Ekkoleg. Face B (pas dans le film) : Juegos (Jacques Denjean).

Restauration La restauration du film est achevée en et présentée au Festival de Cannes dans la section Cannes Classics le .

Viva la muerte est scanné et restauré en 4K par la Cinémathèque de Toulouse à partir du négatif original image 35 mm, du négatif son 35 mm de la version française, et d'un élément interpositif 35 mm, contenant le générique de fin qui était absent du négatif. La numérisation et la restauration de l'image sont réalisées par le laboratoire de la Cinémathèque de Toulouse, avec la collaboration de Fernando Arrabal. Les travaux de numérisation et restauration du son sont effectués par le studio L.E. Diapason. Cette restauration est rendue possible grâce au soutien d'Arrabal, du ministère tunisien des Affaires culturelles, de Mohamed Challouf (Association Ciné-Sud Patrimoine, Tunisie) et de Samir Zgaya (ministère tunisien des Affaires culturelles).

L'édition DVD et Blu-ray sort le aux éditions Montparnasse.

Références

Liens externes

.

Catégorie:Film français sorti en 1971 Catégorie:Film tunisien sorti en 1971 Catégorie:Film dramatique français Catégorie:Film dramatique tunisien Catégorie:Film de guerre français Catégorie:Film de guerre tunisien Catégorie:Film sur l'enfance Catégorie:Film sur la guerre d'Espagne Catégorie:Film tourné en Tunisie Catégorie:Adaptation d'un roman français au cinéma Catégorie:Adaptation d'un roman espagnol au cinéma Catégorie:Film réalisé par Fernando Arrabal Catégorie:Film frappé d'interdiction totale en France Catégorie:Film interdit aux moins de 12 ans en France