thumb|Jean-Jacques Chifflet (Cornelis Galle II, 1647) thumb|Jean-Jacques Chifflet, Recueil des traittez de paix, trèves et neutralité entre les couronnes d'Espagne et de France, Anvers 1664. Jean-Jacques Chifflet, né à Besançon ville libre d'empire, en 1588 et mort le à Bruxelles aux Pays-Bas espagnols., est un médecin, antiquaire et archéologue franc-comtoisLa Franche-Comté n'est rattachée au royaume de France par le Traité de Nimègue qu'en 1678, cinq ans après sa mort ; Jean-Jacques Chifflet n'est donc pas français, mais comtois.
Il est le frère de Philippe Chifflet et un neveu du jurisconsulte Claude Chifflet.
Biographie Jean-Jacques Chifflet est, à Besançon, le médecin de Caroline d'Autriche, fille naturelle de Rodolphe II (empereur des Romains) et épouse de François Thomas Perrenot de Granvelle.
Il visite Paris, Montpellier, voyage en Italie, en Allemagne ; il occupe à son retour les premières places dans sa ville natale, et est choisi pour médecin par le roi d'Espagne Philippe . Ses travaux sur la ville antique d'Epomanduodurum (l'actuelle Mandeure dans le (Doubs) permettent d'attirer l'attention sur ces vestigesMandeure, une ville antique sur le Doubs, Archéologie en Franche-Comté, DRAC Franche-Comté, 2011, , ISSN 2109-7585 (Lire en ligne).
En 1653, dans l'église Saint-Brice de Tournai, le tombeau de , roi des Francs mort en 481, père de , est découvert... Le père de l'humaniste, Jean Chifflet, chanoine à la cathédrale de Tournai, parvient à récupérer une partie du trésor archéologique et l'envoie à la cour de l'archiduc Léopold-Guillaume, gouverneur des Pays-Bas espagnols, à Bruxelles, pour le faire analyser par son fils passionné d'histoire.. Jean-Jacques Chifflet entame l'inventaire et l'étude de ce trésor, qu'il dévoile en 1655 dans son ouvrage Anastasis Childerici I. Francorum regis, sive Thesaurus sepulchralis Tornaci Nerviorum effossus et commentario illustratus (« Résurrection du roi des Francs Childéric , ou le trésor funéraire des Nerviens de Tournai »), comportant des dessins du mobilier archéologique.. Parmi plusieurs bijoux zoomorphes, un ensemble de en or cloisonné et grenats est sujet à interprétation..
Dans l'effervescence de la « République des Lettres », Chifflet échange sur la botanique avec l'érudit provençal Peiresc (et à travers lui Jérôme de Winghe, Caccini) et l'héraldique franque avec son voisin flamand Wendelin, à une période où la science des blasons connaît un vif essor. La disposition des « abeilles », qui semblent avoir été cousues sur un habit d'apparat, lui fait en imaginer l'origine des manteaux semés de fleur de lys des rois ultérieurs. Féru d'héraldique, Chifflet interprète ainsi l'abeille comme l'emblème royal mérovingien, ce qui serait le plus ancien symbole de la monarchie française, et l'assimile à un potentiel ancêtre graphique de la fleur de lys, déformé au fil du temps dans sa forme et sa signification... Il approfondit cette idée dans Lilium francicum veritate historica, botanica, et heraldica illustratrum (« Le Lys de France, éclairé par la vérité historique, botanique et héraldique »), paru en 1658. Toutefois, en pleine rivalité entre les puissances françaises et espagnoles, Chifflet livre à travers ses essais d'histoire sur divers sujets de la propagande pro-Habsbourgs d'Espagne, en les reliant à de glorieuses traces du passé, tandis qu'il amoindrit le prestige historique de l'ennemi français. Le Lilium francicum a surtout pour dessein de prouver que la monarchie française a pour symbole le lys depuis bien moins longtemps qu'elle n'essaie de le faire croire. Chifflet correspond et échange des documents avec l'historiographie français André Du Chesne, malgré leurs allégeances opposées, recevant notamment des manuscrits médiévaux et contemporains ainsi que des dessins de monnaies. Son rival français le numismate affronte ses thèses sur la fleur de lys dans un Traité du lis, symbole divin de l'espérance, contenant la juste défense de sa gloire, dignité et prérogative.
Sa théorie sur l'origine de la fleur de lys s'impose en partie dans l'historiographie de l'époque.. Cette idée fait son chemin puisque, plus tard, à l'avènement en France de l'Empire, adopte l'abeille comme emblème personnel, utilisé de la même manière que la fleur de lys, afin de rattacher son jeune pouvoir impérial à celui de la royauté abolie par la Révolution tout en passant outre au souvenir négatif des Bourbons.. Bien plus tard, les historiens contemporains réfutent tout autant que l'abeille aurait été le symbole de la royauté mérovingienne et que ce motif ait donné lieu par transformation à la fleur de lys. Au , l'historienne Colette Beaune date l'apparition de la fleur de lys comme symbole de la royauté française au et démontre la difficulté d'en retrouver l'origine précise parmi de nombreuses hypothèses émises...
Descendance Il eut deux fils : Jules Chifflet, jurisconsulte et historien, auteur du Breviarium ordinis velleris aurei, Anvers, 1652 ; Jean Chifflet, ecclésiastique, historiographe, auteur de dissertations historiques fort curieuses, dont une sur la papesse Jeanne, Anvers, 1666.
Publications On a de lui : Asitiae in puella helvetica mirabilis physica exetasis, Besançon, sans date, probablement 1607. Le titre signifie Examen médical d'une extraordinaire abstention d'aliments chez une jeune fille suisse. La jeune fille en question, une certaine Apollonia Skreier, était réputée jeûner depuis cinq ansBernard de Vregille, « Le Vesontio de Jean-Jacques Chifflet : Histoire d'une histoire », dans Laurence Delobette et Paul Delsalle (dir.), Autour des Chifflet : aux origines de l'érudition en Franche-Comté, Presses universitaires de Franche-Compté, 2007, , en ligne sur OpenEdition et sur Google Books.. Vesuntio, histoire de Besançon, Lyon, 1618 ; De linteis sepulcralibus Christi, Anvers 1624, in 4°. Sur les suaires de Jésus Christ Porlus lecius Julius Caesaris (il place ce port à Mardick), 1627 ; le Blason des chevaliers de la Toison d'Or, 1632 ; Recueil des Traittez de Paix, Treves et Neutralité entre les couronnes d’Espagne et de France. Seconde Edition. Anvers, Plantin [Balthazar Moretus], 1645. In-12, [1 (titre)], [1 bl.], [1 (titre frontispice de Galle)], [1 bl.], [8 (avis au lecteur, privilège, table)], 392, [50 (index et marque typographique in fine)] p. (première édition en 1643 et éditions ultérieures en 1650 et 1664).
des écrits politiques où il soutient les droits de l'Espagne et de l'Autriche contre la France. Anastasis Childerici Francorum regis : Officina Plantiniana, Anvers, 1655. Lilium francicum veritate historica, botanica, et heraldica illustratrum. Antverpiae [Anvers] : ex officina Plantiniana Balthasaris Moreti, 1658
Notes et références
Bibliographie . .
Liens externes
Catégorie:Médecin français du XVIIe siècle Catégorie:Archéologue français du XVIIe siècle Catégorie:Personnalité franc-comtoise de l'époque moderne Catégorie:Naissance en janvier 1588 Catégorie:Naissance à Besançon Catégorie:Naissance dans la province de Franche-Comté Catégorie:Décès en avril 1673 Catégorie:Décès à Bruxelles Catégorie:Décès à 85 ans