vignette|Conseillers municipaux remplissant l'enveloppe pour l'élection du maire lors de la séance d'installation. Photographiés en , à Fontainebleau.

En France, les élections municipales permettent d'élire les membres du conseil municipal de chaque commune. Ceux-ci sont appelés conseillers municipaux. Ils élisent en leur sein le maire, qui préside le conseil municipal, ainsi que les adjoints au maire.

Le mandat des conseillers municipaux, du maire et de ses adjoints est de six ansArticle du Code électoral..

Depuis 2014, avec la mise en place de l'élection au suffrage direct dit « fléché » dans les communes de et plus, plus de 80 % des électeurs en France (soit quatre sur cinq) sont conduits à désigner leurs représentants au sein des conseils intercommunaux ou métropolitains.. Les bulletins de vote présentent à cet effet une double liste.

D'autres modifications du mode de scrutin ont été décidées en 1982 et 2025, concernant les trois plus grandes communes françaises : les lois PLM.. Une loi du 21 mai 2025, dans une volonté d'harmonisation des scrutins pour les autres communes, a également instauré le scrutin proportionnel de liste paritaire et supprimé les possibilités de panachage et de vote préférentiel dans les listes pour les communes de moins de ..

Les grands électeurs du Sénat sont déterminés à 95 % par les élections municipales.

Histoire

De 1831 à 1837, une série de lois vient préciser la composition et la compétence des conseils municipaux, qui reçoivent une personnalité juridique, mais qui sont recrutés par des élections de types censitaires et oligarchiques. L'élection des maires dans les petites communes fut introduite après la révolution de 1848 et la proclamation de la république. Rapidement cependant, la république prend un tournant conservateur et revient à un régime centralisateur quasi absolu : maires et adjoints restent nommés par les autorités supérieures.

La loi du 5 avril 1884 est considérée comme l'acte fondateur de la démocratie municipale en France, instituant un régime juridique uniforme pour toutes les communes (à l'exception de la ville de Paris). Elle affirme l'élection des membres du conseil municipal (les conseillers municipaux) au suffrage universel direct et l'élection du maire par le conseil municipal. Le mandat est fixé à quatre ans, il est porté à six ans en 1929..

Le mode de scrutin retenu est le scrutin majoritaire plurinominal à deux tours avec panachage. Il reste en vigueur pour toutes les communes jusqu'aux élections de 1947, où un scrutin proportionnel s'applique aux communes de plus de .

L'ordonnance du rétablit le scrutin majoritaire pour les communes de moins de . Pour les autres, le scrutin est un scrutin proportionnel de liste à un tour.. Mais dès 1964, une loi supprime totalement la proportionnelle. : dans les communes de moins de , le scrutin majoritaire avec panachage est maintenu ; dans les communes de plus de est créé un scrutin majoritaire avec liste bloquée à deux tours : la liste gagnante (majorité absolue au premier tour, relative au second) remporte la totalité des sièges du conseil municipal ; à Paris, Marseille et Lyon, le scrutin a lieu par secteurs composés d'un, plusieurs ou une partie d'arrondissement. Une loi du modifie le découpage des secteurs de Paris, Marseille et Lyon et crée des secteurs pour Toulouse et Nice..

La loi du instaure un double mode de scrutin, en fonction du nombre d'habitants. : dans les communes de moins de , le scrutin majoritaire avec panachage est maintenu ; dans les communes de plus de , un scrutin proportionnel de liste est instauré avec une prime majoritaire correspondant à la moitié des sièges à pourvoir pour la liste gagnante. Le scrutin a lieu dans le cadre de la commune, sauf à Paris, Marseille et Lyon pour lesquelles la loi PLM prévoit qu'elle ait lieu par secteur. Cette loi crée également les conseils et maires d'arrondissement.

En 2013, le seuil entre scrutin majoritaire et proportionnel est abaissé à . En 2025, entrant en application aux élections municipales françaises de 2026, le scrutin majoritaire est définitivement supprimé par la loi pour les communes de moins de au profit du scrutin de liste, sans panachage, déjà applicable aux autres communes.

Scrutins + Historique des élections municipales en France par régime Régime Élections Second Empire Élections municipales françaises de 1855 Élections municipales françaises de 1860 Élections municipales françaises de 1865 Élections municipales françaises de 1870 Paris Élections municipales de 1870 à ParisÉlections municipales françaises de 1871 Paris (Commune) Élections municipales du 26 mars 1871 à Paris ParisDe 1871 à 1896 les élections municipales à Paris se déroulent tous les trois ans contre quatre dans le reste du pays. Élections municipales de juillet 1871 à Paris Élections municipales françaises de 1874 Élections municipales françaises de 1878 Paris Élections municipales de 1881 à Paris Élections municipales françaises de 1884 Paris Élections municipales de 1887 à Paris Élections municipales françaises de 1888 Paris Élections municipales de 1890 à Paris Élections municipales françaises de 1892 Paris Élections municipales de 1893 à Paris Élections municipales françaises de 1896 Élections municipales françaises de 1900 Élections municipales françaises de 1904 Élections municipales françaises de 1908 Élections municipales françaises de 1912 Première Guerre mondialeÉlections reportées Élections municipales françaises de 1919Élections décalées en 1925 Élections municipales françaises de 1925 Élections municipales françaises de 1929La durée du mandat passe de quatre à six ans. Élections municipales françaises de 1935 Seconde Guerre mondialeÉlections annulées Régime de Vichy Seconde Guerre mondialeÉlections annulées GPRF Élections municipales françaises de 1945Premières élections où les femmes ont le droit de vote Élections municipales françaises de 1947 Élections municipales françaises de 1953 Territoires d'outre-mer Élections municipales de France d'outre-mer en 1956 Élections municipales françaises de 1959 Élections municipales françaises de 1965 Élections municipales françaises de 1971 Élections municipales françaises de 1977 Élections municipales françaises de 1983Création de modalités de votes spécifiques pour Paris, Lyon et Marseille Élections municipales françaises de 1989 Élections municipales françaises de 1995Les citoyens originaires de l'Union européenne obtiennent le droit de vote aux municipales grâce au traité de MaastrichtÉlections décalées en juin pour ne pas chevaucher la campagne présidentielle Élections municipales françaises de 2001La durée du mandat est exceptionnellement portée à sept ans pour ne pas chevaucher la campagne présidentielle Élections municipales françaises de 2008 Élections municipales françaises de 2014 Élections municipales françaises de 2020Élections décalées à fin juin en raison de la pandémie de Covid-19 Élections municipales françaises de 2026Modification des modalités de votes spécifiques pour Paris, Lyon et MarseilleUniformisation des modalités de vote pour toutes les autres communes En dehors de ces convocations, il est organisé plusieurs élections municipales partielles.

Femmes lors des élections municipales françaises

La place des femmes dans les élections municipales françaises demeure, à l'instar de celle qu'elles occupent dans la vie politique française en général, nettement minoritaire. Si d'indéniables progrès ont été réalisés depuis 1947 (date du premier scrutin municipal auquel les femmes sont électrices et éligiblesChristophe Doré et André de Chastenet, « La parité en marche lente », Le Figaro Magazine, semaine du , .), la marche vers la parité se révèle extrêmement lente. Ainsi, après une longue période de stagnation de 1947 à 1965, la féminisation des conseils municipaux ne commence à s'opérer que timidement à partir du début des années 1970. Il faut attendre les années 2000 pour que des mesures législatives viennent imposer la parité. Toutefois, si la part des femmes dans les conseils municipaux atteint 40,3 % en 2014, seuls 16 % des maires sont des femmes à cette date.

Stagnation (1947-1965) thumb|400px|Évolution du pourcentage de femmes maires en France entre 1947 et 2014. thumb|400px|Évolution du pourcentage de conseillères municipales en France entre 1947 et 2014. Bien que le droit de vote ait été accordé aux femmes en 1944, la féminisation des conseils municipaux demeure longtemps extrêmement faible.. Ainsi, de 1947 à 1965, la part des femmes dans les conseils municipaux ne dépasse jamais le record établi lors des élections municipales de 1947 (3,1 %). Cette part tend même à diminuer au cours des élections suivantes pour ne plus atteindre que 2,4 % en 1965. Durant la même période, la part de femmes endossant l'écharpe de maire est encore plus faible : de 0,7 % en 1947, elle atteint péniblement 1,1 % en 1965.

Progression timide (1971-1995) Les élections municipales de 1971 constituent une première rupture : bien que le taux de féminisation demeure encore très faible (1,8 % de femmes maires et 4,4 % de conseillères municipales), il connait pour la première fois un bond qui se poursuivra lors des scrutins suivants. Le nombre de femmes maires augmente ainsi de plus de 60 % tandis que la part des femmes dans les conseils municipaux bondit de l'ordre de 80 %. Les élections municipales qui suivent consacrent la marche vers la parité en même temps que la lenteur du processus : de 8,3 % en 1977, le taux de féminisation des conseils municipaux atteint 21,7 % en 1995. Sur la même période, la part des femmes maires ne passe que de 2,8 % à 7,5 %. Ainsi, un demi-siècle après que le droit de vote leur ai été accordé, les femmes demeurent encore très largement sous-représentées lors des scrutins municipaux.

Féminisation institutionnelle et juridique (2001-2014) La législation concernant la parité dans les scrutins à listes prend forme à partir des années 2000. Une première loi dite « de parité » est adoptée le et oblige les partis politiques à inscrire dans leurs listes de candidats le même nombre d'hommes et de femmes, sous peine de sanctions financières. Cette loi est complétée en 2007 avec l'obligation pour les partis d'alterner sur leurs listes des candidats des deux sexes sous peine de sanctions financières encore plus lourdes ; cette disposition ne concerne toutefois que les communes de plus de avant d'être étendue en 2014 à toutes les communes de plus . De surcroit, une loi adoptée en 2010 prévoit que la dotation publique des collectivités territoriales prend en compte le respect de la parité aux élections locales.

Grâce à ces mesures, la féminisation des conseils municipaux connait une nette progression, passant de 21,7 % en 1995 à 40,3 % en 2014. La même année, la ville de France la plus peuplée, Paris, élit une femme maire, Anne Hidalgo. Toutefois, à la même date, 84 % des maires de France étaient encore des hommes. Cette situation s'explique par le fait que : pour ne pas rendre la formation de listes excessivement contraignante, les règles de la parité ne s'appliquent pas dans les communes de moins de alors que celles-ci représentent des communes françaises en 2014. Dans ces communes, le taux de féminisation des conseils municipaux n'atteint que 35 %. ; 87 % des têtes de listes sont des hommes en 2014.

Caractéristiques

Modes de scrutin Depuis la loi de 2025, il s'établit avec un scrutin de liste majoritaire mixte avec 50 % des sièges répartis proportionnellement, le mode de scrutin connait quelques différences pour les communes de moins de .

Antérieurement à la réforme de 2013, le scrutin proportionnel de liste ne concernait que les communes de plus de .. La réforme de 2025 étend également le scrutin de liste paritaire aux communes de moins de et entre en vigueur pour les élections de 2026.. La réforme met également fin au panachage.