thumb|Reconstitution d’un véhicule des FFI tel quel, à la libération de Paris. thumb|Maquisards et troupes régulières se concertent après le débarquement de Normandie.
Les Forces françaises de l’intérieur (FFI) sont le résultat de la fusion, au , des principaux groupements militaires de la résistance intérieure française qui s’étaient constitués de 1940 à 1944 dans la France occupée : l’Armée secrète (AS, gaulliste, regroupant les mouvements Combat, Libération-Sud, Franc-Tireur), l’Organisation de résistance de l’armée (ORA, giraudiste), les Francs-tireurs et partisans (FTP, communistes), etc.
Description La fusion s’opéra en à l’instigation notamment de Jacques Bingen. Elle n’était pas destinée seulement à unifier et à donner un cadre « légal » aux forces de la Résistance intérieure, mais aussi à les structurer de manière hiérarchique. C’est le COMAC ou COMIDAC, organe créé en par les différents mouvements de résistance sous le commandement du général Dejussieu, qui organise les FFI avant son arrestation en .
Les FFI jouèrent un rôle non négligeable dans la préparation du débarquement allié en Normandie de et dans la libération de la France. Le commandant des forces alliées en Europe, le général Eisenhower, estima l’aide apportée par les FFI à l’équivalent de quinze divisions régulières, La Grande Encyclopédie de Larousse, Librairie Larousse, 1978, . Certains historiens relativisent aujourd’hui ce jugement : selon Jean-François Muracciole, spécialiste de la Résistance, « sans l’aide de la Résistance, les Alliés auraient sans doute libéré la France en respectant un calendrier guère différent »Jean-François Muracciole, La France pendant la Seconde Guerre mondiale: De la défaite à la Libération, Le Livre de Poche, 2002, . Les effectifs des FFI étaient de en , en juin et en octobreIan Sumner, The French Army 1939-45 (2), p. 37, Osprey Publishing, London, 1998.. Selon la base de données Titres, homologations et services pour faits de résistance du site Mémoire des hommes, 252 000 dossiers individuels FFI ont été homologuésTitres, homologations et services pour faits de résistance, Mémoire des hommes (en ligne).
À l’issue de la libération de la France, FFI au total (30 %) si l'on tient compte des départs« Finalement, FFI ont rejoint la Armée en unités constituées, dont au titre du secteur français du front des Alpes, placés pour emploi à la Armée. engagés volontaires en majorité d’origine FFI l’ont rejointe individuellement. L’administration centrale lui a envoyé à partir des centres d’instruction des FFI des régions militaires », Maurice Vaïsse, La naissance de la nouvelle Armée française s’intégrèrent ensuite dans l’armée française régulière, en particulier au sein de la 1re armée du général de Lattre de Tassigny, dans le cadre de ce qui a été appelé à l’époque « l’amalgame » des Résistances intérieure et extérieure.
Les pertes des FFI, longtemps estimées à environ , ont été revues à la baisse par des recherches récentes. Elles sont de FFI tués dont victimes d’exécutions sommaires. 70 % des tués l’ont été entre juin et Jean Quellien, "Les pertes humaines" in La France pendant la Seconde Guerre mondiale - Atlas historique, Fayard, Ministère de la Défense, 2010, .
Commandement central des FFI EMFFI L’état-major des Forces françaises de l’intérieur (EMFFI), créé en , est dirigé par le général Dejussieu, puis par Alfred Masseret dit « Joinville ». Dès avant, le GPRF avait désigné des délégués militaires.
Délégués militaires Un délégué militaire national (DMN) en France : commandant Pierre Marchal « Hussard » commandant Louis Mangin « Losange » (1943-1944) ; adjoint Jacques Chaban-Delmas « Arc » commandant Maurice Bourgès-Maunoury « Polygone » ; adjoint Jacques Chaban-Delmas « Arc » colonel Paul Ély « Algèbre », général Jacques Chaban-Delmas « Arc » Deux délégués militaires de zone (DMZ), mis en place par le BCRA à l’été 1943 : DMZ Nord : commandant Pierre Marchal « Hussard » (1943), Jacques Chaban-Delmas « Arc » (1943), colonel André Rondenay « Lemniscate », « Jarry » (1944). DMZ Sud : colonel Paul Ély « Algèbre » (1943), commandant Maurice Bourgès-Maunoury « Polygone » (1944). 12 délégués militaires régionaux (DMR). Des délégués militaires départementaux (DMD).
COMAC Le COMAC ou Comidac (Comité d’action militaire), censé regrouper à la fois des représentants d’Alger (CFLN-GPRA) et des résistants de l’intérieur (CNR). Les membres sont les suivants : mouvements de zone sud : Maurice Chevance-Bertin, Maurice Kriegel-Valrimont ; mouvements de zone nord : Jean de Vogüé « Vaillant » ; Front national : Pierre Villon ; représentant du CNR : Marcel Degliame, Pierre Villon ; chef de l’état-major national des FFI : Général Pierre Dejussieu, Alfred Malleret, représentant des FFI ; délégué militaire national représentant le CFLN d’Alger : Louis-Eugène Mangin, Jacques Chaban-Delmas ; conseiller technique : général Georges Revers.
Un autre Comidac existe à Alger.
Organisation régionale des FFI vignette|Brassard FFI (collection personnelle) L’état major des FFI a nommé, dans chacune des régions qu’il a définies : un commandant régional des FFI ; un délégué militaire régional (DMR), avec un surnom géométrique : carré, circonférence, diagonale, ellipse, hypoténuse, orbite, polygone, pyramide"chaban"&pagemode=none&navpanes=1 Fondation de la Résistance : carte et liste des DMR ; un responsable des opérations aériennes, Section des atterrissages et des parachutages (SAP), avec un surnom venant des titres : « Archiduc », « Pacha », « Pape », « Sultan »
Ces chefs, arrivant dans des régions qu’ils ne connaissaient souvent pas, n’ont parfois joué qu’un rôle de vague coordination, le véritable pouvoir opérationnel restant souvent entre les mains des chefs des réseaux locaux et des maquis. Une exception notable est le DMR Valentin Abeille, qui réussit à regrouper les forces des sous sa responsabilité malgré les problèmes de défiance de principe auxquels il a dû faire face et l’organisation inconsistante dont il avait héritée. Ce n’est probablement pas une coïncidence s’il fut affecté au secteur où eut lieu le débarquement de Normandie, et c’est le commandement décentralisé qu’il accepta au grand dam du haut commandement (mais avec la compréhension d’Henri Frenay, délégué militaire de la zone Nord) qui permit a ses unités de rester opérationnelles malgré son décès juste avant le débarquement, mais aussi lorsque presque tout le commandement du Nord-Ouest fut décimé par la Gestapo.
La plupart des chefs régionaux des FFI et des DMR ont été faits compagnon de la Libération.
Zone sud Région R1 : Rhône-Alpes (Lyon). Commandant FFI R1 : colonel Albert ChambonnetBiographie d'Albert Chambonnet sur le site de l'ordre de la Libération ; Alban VistelAlban Vistel, directeur d'usine, résistant à Libération, compagnon de la Libération, commandant FFI R1 à partir de juillet 1944.Biographie d'Alban Vistel sur le site de l'ordre de la Libération. DMR R1 : Maurice Bourgès-Maunoury « Polygone »Biographie de Bourgès-Maunoury sur le site de l'ordre de la Libération. Adjoint : Charles Gaillard « Triangle » ; Paul Leistenschneider « Carré »Paul Leistenschneider, avocat, résistant du réseau Kléber pour le de Vichy, compagnon de la Libération)Biographie de Paul Leistenschneider sur le site de l'ordre de la Libération. Chef du Service d’opérations aériennes (ou section atterrissages-parachutages, SAP) : Paul Rivière « Galvani » et « Marquis »Biographie de Paul Rivière sur le site de l'ordre de la Libération ; Pierre-Paul UlmerBiographie de Pierre Paul Ulmer sur le site de l'ordre de la Libération.
Région 2 : Provence-Côte d’Azur (Marseille) - R2 couvre : Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Basses-Alpes, Gard, Hautes-Alpes, Vaucluse, Var Commandant FFI R2 : Robert RossiBiographie dans le dictionnaire des polytechniciens dans la Résistance (XRésistance)Biographie de Robert Rossi sur le site de l'ordre de la Libération ; Jacques Renard « Turpin »Jacques Renard, X, ingénieur, résistant Libération (?)- AS, compagnon de la Libération) nommé commandant FFI R2 le 16 juillet 1944, arrêté le 28 juillet puis fusillé.Biographie de Jacques Renard sur le site de l'ordre de la Libération ; Henri SimonHenri Simon, chef du service du cadastre de Marseille, communiste, résistant FN-FTPF, compagnon de la Libération..
DMR R2 : Robert Burdet « Circonférence »Joseph Girard, La résistance et la libération de Nice: la fin d'une légende, Serre Ed., 2006 , page 57. Responsable atterrissages-parachutages : Camille Rayon « Archiduc ». Adjoints Petitjean « Binette » et Gaillard « Triangle ».
Région R3 : Languedoc-Roussillon (Montpellier) - R3 couvre : Aude, Aveyron, Hérault, Lozère, Pyrénées Orientales Commandant FFI R3 : (…) DMR R3 : Paul Leistenschneider « Carré »Paul Leistenschneider, avocat, résistant du réseau Kléber pour le de Vichy, compagnon de la Libération. ; colonel Jacques Picard « Sultan »Selon L'État-Major des Forces Françaises de l'Intérieur, L'appui aux débarquements, document de la Fondation de la Résistance, page 15 du Pdf et 272 de l'ouvrage général ; Lucien Cambas « Trapèze »Lucien Cambas, pompier, compagnon de la Libération), nommé le 6 juin 1944.Biographie de Lucien Cambas sur le site de l'ordre de la Libération.
Région R4 : Sud-Ouest (Toulouse) - R4 couvre : Lot, Lot-et-Garonne, Tarn, Tarn-et-Garonne, Gers, Hautes-Pyrénées, Ariège et Haute-Garonne Commandant FFI R4 : Serge Ravanel ; Jean-Pierre Vernant « colonel Berthier ». AdjointEn avril 1944. : Commandant Sarda de Caumont, « Rosette »selon Maquis de Vabre. DMR R4 : Paul Leistenschneider « Carré »Paul Leistenschneider, également DMR R3 apparemment, avocat, résistant du réseau Kléber pour le de Vichy, compagnon de la Libération. ; Bernard Schlumberger « Droite »"Les réseaux action de la France combattante", Ed. France Empire ; Colonne R4 dite «FFI de Toulouse» hommes : colonel Maurice Redon « Durenque ».
Région R5 : Limousin (Brive-la-Gaillarde puis Limoges) - R5 couvre : Corrèze, Creuse, Dordogne, Vienne, Haute-Vienne Commandant FFI R5 : colonel Maurice Rousselier « Rivier »Maurice Rousselier, X1933, chef de l’A.S. de la région R4 puis commandant F.F.I. de la région R5.Des officiers d'actives passés à la Résistance, sur le Mémorial des résistants de l'X (x-résistance.org). DMR R5 : Eugène Déchelette « Ellipse »Eugène Déchelette, administrateur de société, compagnon de la Libération.Biographie d'Eugène Dechélette sur le site de l'ordre de la Libération. Chef SAP : Alain Grout de BeaufortAlain Grout de Beaufort, chef SAP en avril-août 1943, compagnon de la Libération, lire plus bas en R6..
Région R6 : Auvergne (Clermont-Ferrand) - R6 couvre : Allier, Cantal, Haute-Loire, Puy-de-Dôme voir aussi sud du Cher Commandant FFI R6 : Émile Coulaudon « colonel Gaspard »Émile Coulaudon, directeur commercial, résistant du mouvement Combat, compagnon de la Libération.Biographie d'Emile Coulaudon sur le site de l'ordre de la Libération. DMR R6 : Alexandre de Courson de la Villeneuve « Pyramide »Alexandre de Courson de La Villeneuve, officier d'active, arrêté par les Allemands le 2 juillet 1944 puis mort sous la torture ou exécuté par les Allemands le 19 août 1944.Revue des Anciens des services spéciaux de la Défense nationale, Bulletin 186, synthétisant les de l'ouvrage du colonel Claude Cazals, sur la Garde sous Vichy, juin 1997 et Eugène Martres, Les archives parlent : Auvergne, Bourbonnais, 1940-1945, Éditions de Borée, 2004, , page 47 ; Puis Guy Vivier, « Isotherme »Gilles Levy Francis Cordet, À nous Auvergne, Presses de la Cité, 1990, p. 291 ; Chef de la Section des Atterrissages et des Parachutages (SAP) :