André Boisclair, né le à Montréal (Québec), est un homme politique québécois. Il a été chef du Parti québécois (PQ) de à , et chef de l'opposition officielle à l'Assemblée nationale du Québec d' à .

Il occupe plusieurs postes de ministres dans les gouvernements de Lucien Bouchard et de Bernard Landry. Le , après la défaite de son Parti aux élections générales de mars 2007, il annonce sa démission comme chef du Parti québécois. Puis, le , il fait connaître son intention de quitter son poste de député. Le , deux ans après son élection à la tête du PQ, cette décision entre en vigueur. À partir de cette date, André Boisclair cesse toute activité politique pour se consacrer à l'enseignement et au conseil dans le domaine de la communication.

Sa réputation est ternie par les infractions criminelles qu'il a commises : la consommation de cocaïne, la conduite avec facultés affaiblies et des agressions sexuelles (voir la section « Mises en cause dans des affaires judiciaires »).

Parcours professionnel Député à l'Assemblée nationale du Québec André Boisclair est élu pour la première fois député de la circonscription électorale de Gouin le 25 septembre 1989. Âgé de , il devient à ce moment le plus jeune parlementaire élu à l'Assemblée nationale de l'histoire du QuébecSimon-Pierre Diamond lui ravira ce titre lors de l'élection de 2007 en étant élu député de Marguerite-d'Youville à l'âge de .. Il est réélu dans la même circonscription lors des élections de 1994. Seize mois plus tard, il fait son entrée au Conseil des ministres à titre de ministre des Relations avec les citoyens et de l'Immigration.

Aux élections de 1998, André Boisclair est à nouveau reconduit dans ses fonctions de député de Gouin. Il occupe le poste de ministre de la Solidarité sociale de 1998 à 2001. En 2002, il est nommé ministre de l'Environnement et des Affaires municipales, fonction qu'il occupe jusqu'aux élections du 14 avril 2003, remportées cette fois par le Parti libéral du Québec. Malgré la défaite de son parti, André Boisclair est encore une fois réélu dans Gouin.

Comme ministre de l'Environnement, André Boisclair a mis en place un moratoire sur la production porcine..

Études à Boston Il démissionne toutefois de son poste de député le , afin de poursuivre des études en administration publique à la John F. Kennedy School of Government, située sur le campus de Harvard, à Boston. C'est l'occasion pour lui de commenter la politique sur son blogue, un outil de communication encore peu utilisé par les politiciens québécois à ce moment.

En , Lysiane Gagnon, chroniqueuse du journal La Presse, remet en cause la valeur de son diplôme obtenu aux États-Unis, soulignant que l'on ne peut pas avoir de maîtrise sans avoir au moins un baccalauréat.. Sommée de se rétracter à la suite d'une mise en demeure émise à son endroit, elle s'exécute deux jours plus tard..

Chef du Parti québécois vignette|André Boisclair, nouvellement élu chef du Parti québécois, et Louise Beaudoin à Chambly, en 2005.Le , André Boisclair annonce sa candidature à la course à la chefferie du Parti québécois. Largement en tête dans les sondages depuis le début de sa campagne, il est finalement élu chef du Parti québécois le , au premier tour de scrutin. Il l'emporte avec 53,68 % des suffrages (), devant Pauline Marois, sa plus proche rivale, qui obtient 30,6 % des voix.

Puis, la population et les journalistes se plaignent, au cours des mois, de ses absences et de son manque de visibilité. Il répond à ces critiques en affirmant qu'il se déplace beaucoup et qu'il privilégie le travail de terrain afin de reconstruire les organisations péquistes locales.

Le , André Boisclair fait son retour à l'Assemblée nationale du Québec, à la suite de sa victoire lors d'une élection partielle dans la circonscription de Pointe-aux-Trembles (Est de Montréal). Il succède alors à la députée Nicole Léger. Il est assermenté une semaine plus tard, accédant au titre de chef de l'opposition officielle de l'Assemblée nationale du Québec, remplaçant ainsi Louise Harel, qui en avait assuré l'intérim depuis la démission de Bernard Landry, le .

Lors d'un Conseil national du Parti québécois en , il refuse de se soumettre à une résolution sur l'environnement votée par une majorité des délégués présents. Alors que ses militants préconisent la nationalisation de l'énergie éolienne, lui juge cette idée trop . gauche|vignette|redresse=0.8|André Boisclair lors de son assemblée d'investiture dans la circonscription de Pointe-aux-Trembles en 2006. Nicole Léger à ses côtés. Cette décision est critiquée par plusieurs membres du parti, mais saluée par des chroniqueurs de La Presse et du journal Le Devoir. À Matane, le , André Boisclair confirme sa décision de ne pas nationaliser l'énergie éolienne, se disant d'accord pour qu'Hydro-Québec procède par appels d'offres avec le secteur privé, mais exigeant que le gouvernement encadre de façon claire le développement de la production éolienne.

Vers la fin de l'année, André Boisclair accepte de jouer dans un sketch des Justiciers masqués, diffusé dans la nuit du Nouvel An (2007). Ce sketch parodiait le controversé film Le Secret de Brokeback Mountain, portant sur l'homosexualité de deux hommes mariés. Sa participation à ce sketch humoristique souleva un tollé. La journaliste Denise Bombardier prétendit d'ailleurs que le sketch n'était pas drôle du tout et dénigrait les homosexuels. Aussi, elle demanda à André Boisclair de démissionner, sous prétexte qu'il n'était pas à la hauteur de sa fonction.

En , André Boisclair affirme que son gouvernement ne ferait pas de envers les syndicats, accusant au passage ses prédécesseurs de favoritisme envers ces groupes.

Le mois suivant, à la suite d'un sondage dévastateur, Bernard Landry critique violemment le leadership de son successeur, le jugeant responsable de la déconfiture de son parti (passé de 50 % à 30 % en un an et demi; l'option souverainiste ayant également chuté) et l'invitant à plus d'humilité et de modestie. Quant à Yves Michaud, il va même jusqu'à réclamer sa démission.

La campagne électorale de 2007

Le , André Boisclair se montre émotif dans un discours sur l'homosexualité et le sexisme.. Il reçoit les soutiens de Henri Massé., président d'une centrale syndicale, de Gilles Duceppe., chef du Bloc québécois, et de Jacques Parizeau., ancien premier ministre du Québec et chef du Parti québécois. Lors de l'affaire Philpot, au cours de laquelle un de ses candidats, Robin Philpot, se fait accuser de nier le génocide rwandais., il se dit embarrassé, puis défend son candidat..

Les libéraux accusent André Boisclair d'incohérence dans le dossier du prolongement de l'autoroute 30. Pendant la campagne, des péquistes désabusés prennent publiquement leurs distances face à leur parti. Aussi, André Boisclair se trouve obligé de dialoguer avec les anciens sympathisants de son parti.. Selon les analystes, c'est lui qui a le plus à gagner au cours du débat des chefs., qui s'avère finalement un match nul, bien que lui-même. ou Mario Dumont soient perçus comme les plus performants..

Le , André Boisclair annonce que le Parti québécois pourrait tenir un référendum même en cas de gouvernement minoritaire, et qu'il serait prêt à en faire plusieurs de suite jusqu'à la victoire du OUI.. Jacques Parizeau et Bernard Landry affirmeront cependant que ce geste serait impossible. Pour la première fois, un sondage lui donne une légère avance, le .. Le , alors qu'il courtise les socialistes, Dumont affirme en revanche qu'il est le prisonnier du groupuscule SPQ Libre..

Le jour du scrutin, le , le Parti québécois fait élire , ce qui est son pire résultat électoral depuis 1989, lorsque Jacques Parizeau avait été défait par Robert Bourassa. De plus, en nombre absolu de votes, ce résultat est inférieur à celui du parti en 1970, à l'époque de René Lévesque.. Le parti a néanmoins réussi à conserver certaines circonscriptions qui lui sont traditionnellement favorables (notamment au Saguenay–Lac-Saint-Jean, en Gaspésie, en Abitibi et dans l'est de Montréal).

À l'issue du scrutin, André Boisclair devient chef du deuxième groupe d'opposition, le Parti québécois ayant été doublé par l'Action démocratique du Québec pour former la nouvelle opposition officielle. Malgré la contestation ouverte de sa direction, il affirme vouloir rester à la tête du Parti québécois.

Après le 26 mars 2007 À la suite de la défaite électorale du Parti québécois, le 26 mars 2007, des rumeurs circulent quant au remplacement d'André Boisclair à la tête du parti. Au même moment, Boisclair affirme que la souveraineté est devenue irréalisable et que le Parti québécois doit se défaire de la promesse de tenir un référendum le plus tôt possible dans un premier mandat, approche qu'il avait pourtant défendue haut et fort tout au long de la campagne.

Certains croient qu'il doit être remplacé par le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe. Dans une entrevue qu'il accorde au début de , André Boisclair dénonce ce qui, pour lui, sont des manœuvres visant à le déloger.. Il mentionne alors le nom de Gilles Duceppe, qu'il dit en faveur de l'« affirmation nationale », courant dont il se méfie.. Le , ayant perdu l'appui de la majorité des députés de son caucus, André Boisclair annonce finalement sa démission comme chef du Parti québécois.. Il précise néanmoins qu'il conservera son poste de député de Pointe-aux-Trembles. À la suite de cette démission, l'ex-candidat péquiste Réjean Thomas déclare qu'André Boisclair a été chassé par les « dinosaures » du Parti québécois.. Il fait alors référence à Yves Michaud, Denis Lazure et Bernard Landry.

Après la démission d'André Boisclair, la course à la direction du Parti québécois commence, mais seule Pauline Marois y participe officiellement, puisque Gilles Duceppe, pourtant vu comme son éventuel successeur, se retire après une journée. Le , Marois succède à Boisclair.

Le , André Boisclair annonce qu'il quitte la vie politique.. De fait, il confirme qu'il laissera, le , son siège de député de Pointe-aux-Trembles. Pour son parti, cette date est symbolique, car elle soulignera le de l'élection du premier gouvernement péquiste. Pour Boisclair, elle souligne plutôt le deuxième anniversaire de son élection à la direction du PQ.

Carrière dans le secteur privé Le , il est nommé au conseil d'administration de la Régie des installations olympiques où il siège jusqu'en 2010.

De 2010 à 2013, il préside le conseil d'administration du Regroupement des événements majeurs internationaux (R.E.M.I.) ainsi que celui de la Fondation l'Actuel.. Il siège de plus au conseil d'administration de Mobilys. Il préside finalement le comité d'affaires urbaines de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. André Boisclair fut recruté en par la firme Questerre Energy à titre de conseiller en relation publique..

En , il est nommé président-directeur général de l'Institut du développement urbain du Québec., poste dont il démissionne le dans la foulée de son accusation d'agression sexuelle armée..

Idéologie politique . S'opposant aux thèses du SPQ libre, Boisclair voit dans la social-démocratie de Tony Blair un modèle à suivre. De plus, il a déclaré vouloir et faire du Québec .

André Boisclair a refusé d'écarter tout recours à la « médecine à deux vitesses ». Aussi, la nomination de Daniel Audet (de l'Institut économique de Montréal) à titre de conseiller est un signe de sa volonté de recentrage.

Quant au statut du Québec et des Québécois, André Boisclair est un partisan du « nationalisme civique ». Il souhaite donc que le combat indépendantiste soit coupé de toute référence historique, ethnique ou linguistique, comme en témoigne sa modération dans le dossier des accommodements raisonnables (notamment en ce qui a trait au droit de faire du sport en portant le hidjab, et à la présence du crucifix à l'Assemblée nationale).