(tué à la bataille de Verneuil, le ), vicomte de Narbonne (1397-1424) et juge d’Arborée (1407-1420), est un capitaine français du parti armagnac et un conseiller du dauphin, le futur , au cours de la guerre des Armagnacs et des Bourguignons.

Vicomte de Narbonne

est le fils de , vicomte de Narbonne de 1388 à 1397, et de son épouse, Guérine, fille de Marquis de Beaufort, seigneur de Canillac et de Catherine d’Auvergne.

Par son testament du , rédigé peu avant sa mort, son père lui lègue la vicomté de Narbonne. Comme son fils est encore mineur, il lui donne comme tuteurs Pierre de Fenouillet, vicomte d’Ille et de Canet, son cousin germain, Jean de Son, seigneur de Fitou, son oncle et Raymond de Cascastel, son écuyerClaude Devic et Joseph Vaissète (et Ernest Roschach), Histoire générale de Languedoc, vol. 9 : 1271-1443, édition, Toulouse, Privat, 1885, . .

Devenue veuve, sa mère Guérine se remarie rapidement avec Guillaume de Tinières, seigneur de Mardogne en Auvergne, de qui elle aura deux enfants, Pierre et Marguerite.

Le , le vicomte épouse Marguerite d'Armagnac, la nièce du connétable , chef de la faction des Armagnacs. Elle est la seconde fille de , comte d’Armagnac († 1391) et de Marguerite (1363-1443), comtesse de Comminges.

Le , il reçoit à Narbonne l’empereur Sigismond et les ambassadeurs de Castille, de Navarre, d’Aragon, des comtes et d’Armagnac qui signent les capitulations de Narbonne (soustraction d’obédience au pape ).

Juge d’Arborée En 1407, à la mort de son cousin , juge d’Arborée, en Sardaigne, Guillaume revendique le judicat, en tant que petit-fils de Béatrice d'Arborée, fille du juge et épouse du vicomte . Le vicomte entre ainsi en compétition avec , héritier d’Aragon.

Le , Martin de Sicile débarque à Cagliari avec une forte armée, et ouvre les négociations avec Léonardo Capello, le représentant de Guillaume. Le , Guillaume arrive à son tour en Sardaigne et rompt les négociations. Il est couronné à Oristano le . À la recherche d’appuis militaires pour faire face aux forces aragonaises, le vicomte obtient le soutien du maréchal Boucicaut, gouverneur de Gênes pour le roi de France. En , le roi envoie un ambassadeur à pour se plaindre des agissements de Boucicaut, qui fait armer des galères et lever des troupes pour venir en aide aux Sardes révoltés contre les Aragonais et soutenir le vicomte de Narbonne Jeanne Vielliard et Léon Mirot, « Inventaire des lettres des rois d'Aragon à et à la cour de France, conservées aux Archives de la Couronne d'Aragon à Barcelone », Bibliothèque de l'école des chartes, tome 103, 1942, .. En juillet suivant, rappelle à l’ordre Boucicaut, lui rappelant l’alliance existant entre la France et l’Aragon et lui ordonnant de décommander les préparatifs militaires faits pour soutenir les SardesJeanne Vielliard et Robert Avezou, « Lettres originales de conservées aux Archives de la Couronne d'Aragon à Barcelone », Bibliothèque de l'école des chartes, tome 97, 1936, , note 5..

L’infant Martin est victorieux à la le , mais est victime de la malaria le . Son père Martin l’Ancien, roi d’Aragon, meurt quelques mois plus tard (). Guillaume rentre en France pour chercher du secours, laissant à Leonardo Capello le gouvernement du judicat. Celui-ci capitule le . Guillaume retourne en Sardaigne cette même année et réorganise ses possessions autour de Sassari.

Les menées de en Sardaigne sont cependant toujours vues d’un mauvais œil à la cour de France, car elles compromettent les excellentes relations entretenues avec le royaume aragonais depuis plusieurs décennies. Le , le duc de Berry, lieutenant du roi en Languedoc, écrit aux sénéchaux de Toulouse, Carcassonne et Beaucaire pour les aviser qu’il interdit de s’armer en faveur de l’expédition sarde du vicomte de NarbonneClaude Devic et Joseph Vaissète (et Ernest Roschach), Histoire générale de Languedoc, vol. 9 : 1271-1443, édition, Toulouse, Privat, 1885, . .

Le , le vicomte vend le judicat d’Arborée à pour d’orDocuments historiques inédits tirés des collections manuscrites de la bibliothèque royale et des archives ou des bibliothèques des départements. Tome troisième : et des archives ou des bibliothèques des départements, de Aimé Champollion-Figeac..

Activité politique et militaire en France Lors de la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, le vicomte de Narbonne adhère au parti des Armagnacs dès la constitution de la Ligue de Gien, le .

Il siège au conseil de de 1418 à 1420, puis de nouveau en 1424..

En , il est parmi les conseillers du dauphin qui négocie avec le camp bourguignon l’accord qui se conclut par le traité de Pouilly-le-Fort, le .

vignette|Assassinat de Jean sans Peur sur le pont de Montereau, enluminure du Maître de la Chronique d'Angleterre dans un manuscrit des Chroniques d'Enguerrand de Monstrelet, vers 1470-1480 Le , il participe, dans la suite du futur , à l’entrevue de Montereau qui se termine par l’assassinat de Jean sans Peur. Selon le témoignage de deux membres de l’hôtel d’Archambaud de Foix, sire de Navailles (membre de la suite bourguignonne), qui recueillirent les paroles de leur maître blessé mortellement lors de l’attentat de Montereau, Navailles s’interposa lorsque Tanguy du Châtel tenta de porter un coup de hache au duc de Bourgogne. Le vicomte de Narbonne aurait alors levé sa hache de façon menaçante, disant « Si un de vous bouge, il meurt immédiatement ». Alors que le sire de Navailles agrippait l’arme du vicomte de Narbonne, le cri « Tuez, tuez » retentit et Tanguy du Châtel frappa alors le duc à la tête avec une hacheRichard Vaughan, John the Fearless: The Growth of Burgundian Power, Woodbridge, Boydell Press, 2002 ( édition), volume 2, ..

En 1422, Guillaume de Narbonne bat les Anglais à Bernay, conjointement avec le comte d’Aumale qu’il fait chevalier avant l’action. , pour le récompenser de ses services, lui offre la châtellenie de CessenonClaude Devic et Joseph Vaissète (et Ernest Roschach), Histoire générale de Languedoc, vol. 9 : 1271-1443, édition, Toulouse, Privat, 1885, . .

Il contribue, en 1424, à la prise de la Charité-sur-Loire et de Cosne.

Mort, sépulture et succession

Le vicomte Guillaume est tué à la bataille de Verneuil, le . Son corps ayant été retrouvé sur le champ de bataille, les Anglais le font écarteler et pendre au gibet pour son implication dans le meurtre de Jean sans Peur à MontereauBertrand Schnerb, Jean sans Peur, le prince meurtrier, Payot, Paris, 2005, .. Selon le Journal d’un bourgeois de Paris, son corps fut aussi décapité et Journal d'un bourgeois de Paris, 1405-1449, Paris, Champion, 1881, .. D'après une autre chronique anonyme rédigée par un noble de sympathie bourguignonne, il eut aussi la main droite coupéeNicole Pons, « Mémoire nobiliaire et clivages politiques : le témoignage d'une courte chronique chevaleresque (1403-1442) », Journal des savants, 2002, no 2, . ..

Sa dépouille est par la suite inhumée à l’abbaye de Fontfroide, lieu traditionnel de sépulture de la famille vicomtale narbonnaise. Au début du , son tombeau, dont il ne reste rien aujourd’hui, était toujours visible au milieu du chœur de l’égliseEdmond Martène et Ursin Durand, Voyage littéraire de deux religieux bénédictins de la congrégation de Saint-Maur, F. Delaulne, Paris, 1717, vol. 1, partie, . : .

Dernier vicomte de Narbonne de la famille de Lara, il meurt sans postérité et lègue sa vicomté à son demi-frère utérin Pierre de Tinières, né du remariage de sa mère avec le seigneur de Mardogne, à condition qu’il relève les armes de Narbonne et le nom de Guillaume. Celui-ci vend la vicomté de Narbonne en 1447 à .

Notes et références

Bibliographie Medieval European Coinage, de Philip Grierson, Mark A. S. Blackburn, Lucia Travaini L’art de vérifier les dates…

Bibliographie complémentaire Sur les prétentions de de Narbonne sur la Sardaigne Luisa D’Arienzo, Documenti sui visconti di Narbona e la Sardegna, Padoue, CEDAM, 1977, coll. Pubblicazioni dell’Istituto di storia medioevale e moderna dell’Università degli studi di Cagliari ; no 24-25, 2 vol.

Luisa D’Arienzo, « La lotta contro gli Arborea in Sardegna. La spedizione di Martino il Giovane (1408-1409) e la fine del Giudicato », dans Martí l'Humà : El darrer rei de la dinastia de Barcelona, Barcelone, 2015, .

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Sur la résolution du Grand Schisme d’Occident à Narbonne à l’époque de Guillaume II .

Liens externes Sceau de Guillaume II de Narbonne sur SIGILLA - Base numérique des sceaux conservés en France

Catégorie:Date de naissance non renseignée (XIVe siècle) Guillaume 02 Catégorie:Histoire de la Sardaigne Catégorie:Mort à la guerre lors de la guerre de Cent Ans Catégorie:Personnalité de la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons Catégorie:Personnalité française de la guerre de Cent Ans Catégorie:Personnalité liée à l'Aude Catégorie:Militaire de la guerre de Cent Ans Guillaume 02 Catégorie:Décès en août 1424 Catégorie:Juge d'Arborée