vignette|Des habitants de Berlin Ouest observent l’atterrissage d’un Rosinenbomber à Tempelhof (1948).

Le pont aérien de Berlin (en allemand, « die Berliner Luftbrücke ») approvisionna la ville de Berlin grâce aux avions des occidentaux, pendant le blocus de la ville mis en place entre le et le par l'Union soviétique.

Les routes et les voies de chemin de fer qui relient la zone ouest jusqu’à Berlin-Ouest ont été coupées pendant le blocus de Berlin. À la fin du blocus, le trafic aérien a tout d’abord continué quelques mois et a été officiellement arrêté le .

Histoire vignette|Général Lucius D. Clay, gouverneur militaire de la zone d’occupation américaine. Le chef de l’administration militaire soviétique en Allemagne Wassili Danilowitsch Sokolowski a ordonné la fermeture temporaire des frontières le . Il prend cette décision pour répondre à l’accord passé lors de la « conférence de six pouvoirs » () entre Britanniques, Français et Américains. Par conséquent, les puissances occidentales doivent fournir des avions à leurs garnisons présentes à Berlin.

Le , une réforme monétaire lancée dans les trois zones d’occupation provoque la réaction des autorités soviétiques. Trois jours plus tard, une réforme est mise en place dans la zone soviétique pour empêcher l’inondation du marché économique par le Reichsmark des zones occidentales.

L'Union soviétique souhaite appliquer cette réforme à la totalité de Berlin, mais les Occidentaux refusent et introduisent le Deutschemark dans leurs secteurs. Cette décision occidentale est le prétexte à de nombreuses mesures prises par les Soviétiques. Elles ont conduit au blocus de Berlin.

L'administration soviétique justifie la régulation du trafic avec un message : .

Les habitants de Berlin-Ouest sont coupés de toutes communications pendant près d’un an. Dans la nuit du 23 au , l’approvisionnement de Berlin-Ouest en électricité par la centrale électrique Zschornewitz est interrompu.

Le , toute la circulation routière, le trafic ferroviaire et maritime sont coupés entre les deux zones d’occupation de Berlin. Berlin est encore un grand champ de ruines dans les secteurs occidentaux où vivent de personnes. Leur vie dépend donc complètement de l’approvisionnement extérieur. vignette|Général William H. Tunner, organisateur du pont aérien. Les gouvernements de l’Ouest peuvent abandonner la population berlinoise ou lui venir en aide. Le général Lucius D-Clay propose alors une solution militaire afin de contrer le blocus, mais le président américain Harry S. Truman refuse, pour ne pas provoquer de nouveaux conflits.

Le couloir aérien gauche|vignette|Voies aériennes pendant le blocus de Berlin. Après la guerre, le territoire de Berlin est divisé en quatre zones d’occupation, dans lesquelles chaque État peut utiliser toutes les voies de communication.

Le , à six heures du matin, toutes les voies de communication sont coupées. Les Alliés ne peuvent donc plus approvisionner, non seulement leurs troupes, mais également les civils. Le Commodore Rex Waite de la Royal Air Force avait déjà mis en place un plan logistique préparant l’éventualité d’un blocage des voies de communication. Ces plans logistiques ont été réalisés pour approvisionner les troupes britanniques uniquement. Cette idée britannique est modifiée et permet d’approvisionner immédiatement les Berlinois.

Dès le , la US Air Force et la Royal Air Force commencent à improviser un pont aérien à Berlin. Le le général William H. Tunner devient commandant de la , qui est chargée de la mission du pont aérien. Tunner a déjà organisé le pont aérien Américain au-dessus de l’Himalaya.

Le pont aérien commence vignette|redresse|Soldats américains chargeant un avion en direction de Berlin Ouest. Le premier vol du pont aérien a lieu le soir du . Le pilote civil américain Jack O. Bennett rapporte qu’il a emmené, dans son avion, des pommes de terre à Berlin et que les soutes étaient vides lorsqu’il est reparti. Cependant il s’agit encore de l’un des vols militaires réguliers à destination de la ville divisée.

Le , le général Clay ordonne l’établissement du pont aérien berlinois et, le , le premier avion de l’US Air Force atterrit à l’aéroport de Tempelhof à Berlin. Cet aéroport construit en 1923 est réaménagé pour l'occasion, ce qui nécessite de raser un cimetière. Il démarre ainsi officiellement « l’opération Vittles ». « L’opération Plainfare » de l’armée de l’air britannique suit deux jours plus tard. Dans un premier temps, les Américains utilisent seulement de petits avions du type C-47 Skytrain.

Cependant il apparaît rapidement que tous les trajets doivent être optimisés pour transporter les quantités nécessaires. Cela concerne les types d’avion, les pistes d’atterrissage, l’entretien du matériel aéronautique, le déchargement des marchandises et le planning des lignes aériennes.

L’optimisation du pont aérien gauche|vignette|Déchargement de Rosinenbomber sur l’aéroport de Tempelhof à Berlin (1948). vignette|Enfants jouant avec des maquettes des avions du pont aérien. Au début, de provisions sont livrées chaque jour. Grâce à une nouvelle organisation par le général William H. Tunner, qui utilise les méthodes du pont aérien de Wiesbaden, plus de sont déchargées par jour, après seulement quelques semaines. Du 15 au , la plus grande livraison de produits est atteinte avec et en . À côté des produits alimentaires comme des céréales, le lait en poudre, les pommes de terre séchées et la farine, le charbon, devenu le principal combustible, l’essence, des médicaments et toutes les autres choses nécessaires pour les Berlinois arrivent aussi par avion.

Les Britanniques transportent environ 33 % de toutes les marchandises destinées à Berlin. Des bateaux chargés de céréales et destinés aux États-Unis et à la Grande-Bretagne sont déviés par les Britanniques vers l’Allemagne. Ces déviations entraînent un rationnement des céréales en Grande Bretagne. Le Royaume-Uni n’avait même pas connu cela durant la Seconde Guerre mondiale. Les avions britanniques emportent sur le vol de retour des enfants berlinois qui peuvent se reposer et se soigner en Allemagne de l’Ouest.

Le transport de quantités de marchandises aussi importantes est rendu possible grâce à un système élaboré et exceptionnel. Trois couloirs aériens sont utilisés à sens unique. Le couloir du Nord, de Hambourg à Berlin, celui du Sud, de Francfort sur le Main à Berlin. Celui du milieu sert pour les trajets retours et relie Berlin à Hanovre. De plus, les avions volent sur cinq niveaux d’altitudes différents et chaque pilote ne peut tenter d’atterrir qu’une seule fois. Si celui-ci échoue, il doit rentrer avec tout son chargement. Grâce à ce système, un avion peut atterrir toutes les trois minutes à Berlin. Le temps au sol est passé de , ce qui implique une organisation parfaite. Le largage aérien des provisions est ré-envisagé après quelques vaines tentatives.

Aux côtés des Britanniques et des Américains, des pilotes d’Australie, de Nouvelle-Zélande, du Canada et d’Afrique du Sud se greffent à la mission et les relaient ultérieurement. La France ne peut participer directement, car l’armée de l’air est occupée par la guerre d’IndochineAnn Tusa, John Tusa: „The Berlin Blockade“. Coronet Books, Aufl. 1989, 557 pages, ..

Les Français reçoivent l’accord des Alliés pour bâtir un nouvel aéroport dans leur secteur de Berlin-Tegel. il est construit en un temps record de par une unité du génie des troupes d'occupation françaises à Berlin avec l’aide de volontaires berlinois.

L’arrêt du pont aérien vignette|Timbre de la poste allemande (1959) commémorant les 10 ans de la fin du pont aérien. Le développement d’une nouvelle politique mondiale, notamment un embargo des pays de l’ouest sur les nouvelles technologies et l’expression à travers le pont aérien d’un refus de l’annexion de Berlin Ouest par l’URSS, contraignent les soviétiques à lever tous leurs barrages (terrestres et maritimes) le à . L’approvisionnement aérien s’arrête alors le .

Environ de tonnes de provisions sont livrées entre et dont par des avions américains. Parmi ces marchandises, on retrouve de tonnes de charbon, de produits alimentaires et de matériaux nécessaires à l’agrandissement de l’aéroport, mais aussi à la construction d’un nouvel immeuble et d’une centrale électrique. Les produits déshydratés sont privilégiés en raison du gain de place qu’ils représentent (lait en poudre ou pommes de terre séchées entre autres). de produits sont exportés de Berlin, ils sont reconnaissables par le label « produit à Berlin Ouest ». Au total, sont également évacués de la villeRoger G. Miller: , ..

{| class="wikitable" |- ! Statistiques de l’USAFE !! Total !! U.S. Air Force !! Royal Air Force |- | Vols | style="text-align:right" | | style="text-align:right" | | style="text-align:right" | |- | colspan="4" | |- |Cargaison importée | style="text-align:right" | | style="text-align:right" | | style="text-align:right" | |- |Dont charbon | style="text-align:right" | | style="text-align:right" | | style="text-align:right" | |- |Dont provisions | style="text-align:right" | | style="text-align:right" | | style="text-align:right" | |- |Dont autres cargaisons | style="text-align:right" | | style="text-align:right" | | style="text-align:right" | |- | colspan="4" | |- |Cargaison exportée | style="text-align:right" | | style="text-align:right" | | style="text-align:right" | |- | colspan="4" | |- |Passagers | style="text-align:right" | | style="text-align:right" | – | style="text-align:right" | – |- | colspan="4" | Chiffres du au .

Le , c’est un Rosinenbomber qui est le dernier avion à décoller de l’aéroport de Tempelhof, il emporte à son bord de charbonTagesschau vom 30. September 1989 (ab Min. 12:58)..

Accidents vignette|Plaque commémorant un accident d’avion. Sur , sont recensés au cours desquels sont décédées.

Confrontation Sur les bases, les avions sont parfois sabotés. En vol, les pilotes sont dérangés par des manœuvres d’avions de chasse soviétiques, des bombardements de défense sur les couloirs aériens et ils sont aveuglés par des projecteurs. de ce type sont recensés par les forces américaines. Dans ce contexte a eu lieu la première confrontation directe entre un avion allié et un chasseur soviétique MiG-15John Provan, ..

Infrastructures Hors de l’Allemagne Le pont aérien existe non seulement par les couloirs aériens entre l’Allemagne de l’Ouest et Berlin-Ouest, mais les marchandises auxiliaires doivent d’abord être acheminées jusqu’en Allemagne. Pour les avions de l’époque la distance de vol est trop étendue pour un vol direct des États-Unis vers l’Allemagne. Des escales sont donc nécessaires, comme dans les aéroports de Søndre Strømfjord et de Narsarsuaq, au Groenlandwww.polarwelten.de.Museum Narsarsuaq sowie Jørgen Vaengtoft, Museum Kangerlussuaq..

Berlin Au début, les plus grands aéroports sont de simples pistes d’herbe non construites. Dans l’aéroport de Tegel, la piste de décollage la plus longue d’Europe est bâtie, avec de longueur. Cette piste a servi pour entraîner les pilotes alliés. De plus, le modèle de radar le plus performant de l’époque est installé dans cet aéroport afin de réguler le trafic aérien très dense.

Les aéroports de Gatow (secteur britannique), Tempelhof (secteur américain) et Tegel (secteur français) sont interconnectés.

De grands hydravions britanniques apportent du sel et du charbon. À Tempelhof, le service de radar a été modernisé pour permettre un contact direct jour et nuit avec les pilotes et pour maintenir un trafic aussi dense que possible.

Allemagne de l’Ouest La plaque tournante majeure des marchandises, et plus précisément le charbon, est dans la zone d’occupation britannique. C’est d’ici que partent les hydravions, qui suivent l’Elbe.

La coordination du pont aérien est réalisée au « Combined Airlift Task Force » (CALTF) à Wiesbaden.

Les avions du pont aérien de Berlin