thumb|Façade et entrée et les statues répliques des David de Michel-Ange à gauche et Hercule et Cacus de Baccio Bandinelli, à droite

Le Palazzo Vecchio est l'hôtel de ville de Florence, chef-lieu de la Toscane en Italie. Ce palais-forteresse, en forme de parallélépipède situé sur la Piazza della Signoria, est un des plus beaux bâtiments de la ville. Il côtoie la Loggia dei Lanzi et les Offices. Son nom remonte au transfert des Médicis pour le nouveau palais Pitti situé de l'autre côté de l'Arno, à partir de là, le palais sera qualifié de vecchio (« vieux » en italien).

La construction du palais débuta en 1299 sous la direction de l'architecte Arnolfo di Cambio. À l'origine, il portait le nom de Palazzo dei Priori et après, Palazzo della Signoria.

Histoire À la fin du , la ville de Florence décide de construire un palais, pour montrer sa puissance et garantir une plus grande sécurité aux magistrats de la ville, en cette période de troubles. Celui-ci abritera la Signoria (la « Seigneurie »), c'est-à-dire le gouvernement de la République florentine.

Le bâtiment est attribué à Arnolfo di Cambio, l'architecte du Duomo et de l'église Santa Croce. Sa construction a commencé en 1299 et s'est achevée en 1314. Le palais a été érigé sur les ruines du Palazzo dei Fanti et du Palazzo dell'Esecutore di Giustizia. Arnolfo di Cambio s'est appuyé sur la tour antique de la famille Vacca et de la famille Bizzo dans la structure de la façade. C'est la raison pour laquelle la tour ( de hauteur) n'est pas au milieu du bâtiment. Cette tour contient deux petites cellules, dont on voit les petites fenêtres de l'Alberghetto à mi-hauteur et qui servirent de prison à Cosme l'ancien (1433) et Jérôme Savonarole (1498). La tour de guet porte le nom de son concepteur Torre di Arnolfo, c'est un beffroi de style architectural typiquement toscan, crénelé.

L'horloge a été à l'origine construite par Donatello, mais a été remplacée en 1667 par une horloge de Vincenzo Viviani.

Une répliqueL'original est à la Galleria dell'Accademia de Florence du David de Michel-Ange se trouve sur la place publique, au-devant du bâtiment, un emplacement stratégique emblématique et symbolique (puissance, et puis touristique, aujourd'hui), ainsi que Hercule et Cacus de Baccio Bandinelli.

Architecture La torre d'Arnolfo thumb|La Torre di Arnolfo. Tour de guet achevée en 1310, c'est un beffroi à triple rangée de créneaux carrés de type guelfe comportant un chemin de ronde en saillie. Elle est excentrée du plan général du palais car construite sur les ruines de l'ancienne tour gibeline des Foraboschi. Au sommet de la tour se trouve une girouette en forme de lion, copie de l'original exposé au rez-de-chaussée du bâtiment.

Certains châteaux de la Toscane copieront cette tour-beffroi (à une échelle moindre) pour agrémenter leur palais (exemple : castello di Montegufoni près de Montespertoli sur la frazione de Montagnana) et ainsi étaler leur allégeance à la république de Florence.

Les blasons de la façade thumb|center|upright=1.8|Les blasons de la façade Sur la façade principale donnant sur la piazza della Signoria, en dessous des arcs de la coursive, sont peints une série de blasons, dont la réalisation remonte à 1353 et qui, à leur manière, offrent un aperçu de la situation politique de la ville au cours du Due et du Trecento (). La série se répète plusieurs fois et comprend, à plusieurs reprises et dans le désordre, les blasons suivants, présentés ici par ordre chronologique. Tout d'abord, l'emblème historique de la ville, le champ vermeil au lys blanc. Le champ (fond) reprend la couleur des étendards de Rome, laquelle joue, dans les mythes de fondation, le rôle de cité-mère pour nombre de communes italiennes (Pérouse, Aquilée, Pise, etc.). À partir du , l'historiographie communale insiste sur cette filiation et fait de Florence la figliuola e fattura di Roma, la « fille et créature de Rome ». Au champ vermeil est joint le lys, logiquement choisi comme symbole de la Florentia romaine, qui doit son nom, selon ces mêmes mythes, au héros éponymes Fiorino, général de César en lutte contre la sédition de Catalina.

Vient ensuite le deuxième blason de la ville, parti de blanc et vermeil. Il symbolise la population florentine après la destruction de l'ennemi séculaire, Fiesole. La lutte entre les deux cités voisines est l'un des faits importants des premiers siècles de l'histoire médiévale florentine, jusqu'à la défaite définitive de Fiesole en 1125, lorsque la cité est vaincue et détruite par les Florentins. La population fésulane est alors contrainte d'abandonner les collines et de rejoindre les faubourgs de Florence. Un emblème est alors choisi pour représenter cette double constitution : le blanc, couleur que Fiesole avait reçu de Catalina, et le rouge, couleur de Rome mais surtout de César. C'est aussi l'emblème qui sera choisi en 1250 par le primo Popolo, le gouvernement mis en place les guelfes après que Frédéric d'Antioche, fils de Frédéric II, fut chassé par les guelfes, permettant la mise en place d'un gouvernement formé par les représentants du peuple et des corporations de marchands.

thumb|Le giglio, symbole de Florence Le champ blanc au lys vermeil, aujourd'hui symbole de la ville, est le blason de la Parte Guelfa, le parti guelfe, exilé par les Gibelins (partisans de l'empereur) après la bataille de Montaperti en 1260, et qui en 1266 reprend le pouvoir après la victoire du nouveau souverain de Sicile Charles d'Anjou contre les troupes du fils et successeur de Frédéric II, Manfred. Le blason reprend en en inversant les couleurs celui de la cité qui, entretemps et avec le gouvernement des Gibelins, était de fait devenu celui de la Parte Ghibelina.

En 1289 est instauré le secondo popolo lorsque les corporations (les Arti) reprennent le contrôle des organes de gouvernement, avant d'émettre une série de mesures anti-magnats (les Ordonnances de justice de 1293) qui ont pour effet de chasser de la cité un certain nombre de familles nobles, jugées trop turbulentes. Le blason adopté reprend encore une fois les couleurs traditionnelles de la cité, le champ blanc à la croix vermeil, un blason par ailleurs adopté par un nombre important de cité italiennes (Bologne ou Milan, mais aussi Gênes).

Enfin, le blason de la seigneurie, au champ azur portant l'inscription libertas, reprend l'un des leitmotivs de la politique des communes italiennes, en guerre constante pour assurer leur indépendance et leur liberté.

Après ces cinq blasons, symboles de l'histoire et des différentes étapes politiques de la cité viennent ceux des puissances amies. Tout d'abord les clefs d'or sur champ rouge (3), emblème de la papauté, à laquelle Florence, principale commune guelfe du centre-nord italien, a juré fidélité. Entre la seconde moitié du , Florence joue en effet le rôle de principale alliée de l’Église et surtout, grâce à son commerce florissant et sa finance solide, de banquier du pape (par l'intermédiaire de compagnies telles que celles des Peruzzi, des Bardi ou des Buonaccorsi). Le départ des papes pour Avignon et le changement d'orientation politique sous la domination des papes français bouleversent l'équilibre au sein du parti guelfe italien, mais les relations entre Florence et la papauté restent une constante de l'époque, au moins jusqu'au dernier quart du Trecento et la guerre des huit saints.

L'aigle rouge agriffant un serpent sur champ blanc est le symbole de l'alliance guelfe. D'une manière générale, les blasons des cités guelfes sont caractérisés par l'usage des couleurs blanche et rouge (Pise, Pérouse, etc.), tandis que pour les cités gibelines prévalent davantage le blanc et le noir (Sienne, Arezzo, etc.).

Le huitième blason est celui de la maison d'Anjou, branche cadette de la maison de France (champ azur semé de lys au lambel rouge) qui, sous Charles et avec l'appui du pape, s'empare du trône de Sicile et devient le garant de l'ordre guelfe en Italie (avant d'être chassé de l'île et de s'installer à Naples, partie continentale du royaume de Sicile). Les difficultés rencontrées par Florence au début du face au renouveau de la menace gibeline (descente et siège de l'empereur Henri VII puis guerres contre Castruccio, seigneur de Lucques) les poussent à s'en remettre à la protection des Angevins, en leur offrant temporairement le titre de seigneur de la cité (d'abord au roi Robert puis à son fils, le duc Charles de Calabre).

Enfin, le dernier blason est celui de Louis de Hongrie, issu d'une branche parallèle des Angevins de Naples et candidat au trône napolitain après l'assassinat de son jeune frère André par la reine Jeanne, petite-fille du roi Robert, en 1345. La rage et l'obstination qui poussent Louis à se faire justice et à venger l'honneur son frère bouleverse le cadre politique italien, contraignant même la reine Jeanne à fuir temporairement. En 1347, devant l'avancée des troupes hongroises, Florence décide d'agir de manière pragmatique et, sans trahir l'alliance séculaire avec la maison d'Anjou (à laquelle Louis appartient finalement), décide de se ranger de son côté.

thumb|Girouette en forme de lion

Corps du palais Le corps du palais est massif et ses façades sont percées de baies géminées qui en atténuent l'aspect austère. Les consoles d'encorbellement affichent les céramiques des armes et des possessions obtenues militairement ou politiquement.

La cour d'entrée (première cour ou cour de Michelozzo) La première cour, à laquelle on accède par la porte principale depuis la Piazza della Signoria, fut projetée en 1453 par Michelozzo. En 1565, à l'occasion des noces de François de Médicis, fils de Cosme , et Jeanne d'Autriche, sœur de l'empereur Maximilien II, la cour fut transformée et ornée dans un style maniériste exubérant sur un projet de Giorgio Vasari.

Sur les tympans, tout autour de la cour, sont reproduites les enseignes des églises et des congrégations des membres et des métiers de la ville, tandis que dans les registres inférieurs sont peintes, en honneur de Jeanne d'Autriche, des vues des villes de l'Empire des Habsbourg. Les voûtes sont enrichies de décorations grotesques.

Au centre, à la place de l'ancien puits, Battista del Tadda et de Raffaello di Domenico di Polo érigèrent une fontaine en porphyre, sur laquelle fut placée la plus ancienne statue en bronze de Le Petit Ange au dauphin d'Andrea del Verrocchio (1476).

Dans la niche devant la fontaine se trouve Sansone e il Filisteo de Pierino da Vinci : les colonnes sont richement décorées de cannelures alternées de parties en stuc doré. Il s'agit d'une copie de la statue originale (déplacée au second étage sur la terrasse de Giunone).

Sur le côté de la cour, une porte mène à l'ancienne Salle d'armes : celle-ci, utilisée un temps comme dépôt d'armes et de munitions, sert aujourd'hui pour des expositions temporaires ou des manifestations diverses. - En , le groupe de luxe Kering annonce le financement de la rénovation de la cour de Michelozzo.

La deuxième cour La seconde cour, connue sous le nom de Cortile della Dogana (cour de la Douane), a des piliers massifs construits en 1494 par Il Cronaca pour soutenir le Salone dei Cinquecento au second étage ; c'est dans cette pièce que se réunissaient les uffici della dogana (officiers de la Douane) qu'on trouvait depuis le temps de Léopold II de Toscane.

La douane florentine prenait en dépôt les marchandises provenant de l'extérieur du Grand-Duché, dans l'attente de l'enlèvement par le destinataire qui les enlevait moyennant le paiement d'une taxe. Après la crue de l'Arno du , les marchandises ayant été gravement endommagées, on déplaça ce bureau dans le Casino di San Marco via Cavour, où étaient placés les bureaux de la cour d'appel.

Aujourd'hui s'y trouvent la billetterie du musée et la boutique.

La troisième cour