Alphonse Daloz, né à Paris dans l'ancien arrondissement, le et mort à Nice le , est un notaire français, créateur de la forêt du Touquet, à l'origine de puis du .
Biographie Famille thumb|Acte de naissance reconstitué d'Alphonse Daloz. Alphonse Jean Baptiste Daloz est né à Paris le c'est-à-dire le acte reconstitué de l'état civil parisien .. Il est le fils d'André Louis Joseph Daloz et de Marie Catherine Sophie Gary.
Alphonse Daloz épouse en premières noces le ., Armandine Alphonsine Pignatelli d'Aragon Bigottini, fille naturelle d'Émilie Bigottini, danseuse étoile de l'Opéra de Paris, et du prince Pignatelli qui l'a reconnue. Elle est richement dotée. Elle meurt à Créteil le ., après lui avoir donné deux enfants. Elle lui a fait promettre de s'occuper de son frère, n'ayant pas confiance en sa mère pour s'occuper de ce garçon. Le à Paris, Alphonse Daloz épouse en secondes noces Herminie Juliette Henriette Petiniaud, fille de Jean Baptiste François Pétiniaud (député de Saint-Domingue (colonie française) au Conseil des Cinq-Cents.) et de Joséphine de Lacoste. Il tient la promesse faite à sa première épouse de s'occuper de son jeune frère, Charles, alors âgé de . Charles devient l'amant d'Herminie, puis est supplanté par un autre. Peu de temps après, le couple effectue une demande de séparation aux tribunaux. La séparation est effective par jugement du tribunalArticle paru dans la Gazette des tribunaux du , article repris par Mabile de Poncheville dans la Revue de Boulogne en 1964, article cité par Fernand Holuigue dans sa communication Alphonse Jean Baptiste Daloz à la société académique du Touquet-Paris-Plage (pages 45 à 51) de l'ouvrage Histoires de... Paris-Plage..
Vie professionnelle On connaît peu de chose sur sa vie professionnelle si ce n'est que le , il fait l'acquisition de l'étude de , notaire à Paris, il la conserve dix ans. Le , il la cède à qui la conserve quatre ans, puis quatre titulaires se succèdent jusqu'en 1889, et enfin .
Une fois retiré des affaires, il rêve de se livrer à une exploitation agricole.
L'aventure du Touquet 1837 : achat des terrains L’État met en vente par adjudication le domaine du Touquet, il s'agit d'un « lais de mer » c'est-à-dire des terrains dunaires à l'embouchure de la Canche de plus de , au lieu-dit Le Touquet, pour en faire un terrain de chasse. Ce domaine est vendu, en 1836, à , citoyen belge, mais au bout d'un an le paiement n'a pas encore été fait, l'État le remet en vente et le Alphonse Daloz l'achète aux enchères avec son associé pour .Journal municipal Le Touquet Magazine, janvier 1997, .Martine et Daniel Boivin, Édith et Yves De Gueeter, Paris-Plage en cartes postales anciennes, avril 1987, ..
1837-1855 : tentatives d'élevage et d'agriculture Fortune faite et après avoir cédé son office notarial, passionné par la nature et la chasse, Alphonse Daloz se consacre à l'élevage et à l'agriculture sur ses terres du Touquet. Ils établissent des pâturages et construisent de vastes étables pour et bœufs. L'affaire étant peu rémunératrice, son associé demande à vendre presque toutes ses parts. Le , Alphonse Daloz en acquiert une partie, une deuxième et le reste. Ils s'essayent à la culture de pommes de terre, de topinambours et de seigle, une féculerie et une distillerie sont installées près des bâtiments existants, à l'emplacement où, en 1903, John Whitley installe un théâtre puis une salle d'armes. Ces expériences durent neuf ans, Alphonse Daloz dit : Le , se retire complètement de l'affaire, suivi, le , par . Alphonse Daloz rachète toutes leurs parts, reste encore cinq ans, mais le il vend ses parts, « le domaine de la société de Stella-Plage », à Charles Louis Rigaud, le gendre d'Alphonse Daloz.
Alphonse Daloz est maire de Cucq de 1855 à 1865. Parmi les décisions importantes qu'il prend, il y a la construction de la mairie le , l'avis favorable pour la construction du pont sur la Canche le et la construction de l'école communale des garçons le .
1856 : création de la forêt En 1856, aidé par son gendre Charles Louis Rigaud, Alphonse Daloz tente l'aventure que venait de réussir Nicolas Brémontier dans les Landes de Gascogne en 1786 : fixer les dunes par des plantations de pins maritimes. Ils décident donc de planter sur , une forêt pour fixer le sable très mobile en y faisant pousser arbres (essentiellement des pins maritimes).
Le , les deux associés se partagent le domaine, Alphonse Daloz, en prend les trois-quarts, environ , situés plutôt vers la Canche et Charles Rigaud le reste, environ , situé vers Berck, entre Cucq et la mer. Ils continuèrent le boisement des vastes espaces qui n'ont pas encore été ensemencés, le pin maritime devant être semé dans des plantations d'oyats exécutés au préalable. En 1864, la forêt est déjà fort séduisante. Quand Alphonse Daloz parle de ses arbres, il les appelle ses « enfants ».
1864 : construction et installation au « château » vignette|upright=0.6|Le château Daloz fin . En 1864, n'habitant plus guère à son domicile du à Paris, Alphonse Daloz se fait construire un grand chalet appelé « le château », à l'emplacement de l'actuel « Palais de l'Europe »Martine et Daniel Boivin, Édith et Yves De Gueeter, Paris-Plage en cartes postales anciennes, avril 1987, ..
En 1870, il remarque que la mer ronge sa forêt du côté de la Canche, il demande à l'administration que la digue soit prolongée jusqu'à la pointe, il obtient satisfaction, mais à partir de cette époque, c'est l'inverse qui se produit sur la côte de Camiers, et la mer a tendance à se retirer du côté du Touquet. Conséquence heureuse pour Alphonse Daloz, son domaine ne cesse de s'agrandir en direction de la mer. Alors qu'en 1857 on compte entre la plage et les phares, plus tard on en compte .
Pour embellir sa forêt, il décide de planter d'autres espèces d'arbres, comme les blancs de Hollande, les trembles, les frênes, les ormes et les chênes. Il y réussit à merveille, et en 1875, un agronome distingué, F. Robiou de La Tréhonnais, émerveillé par les résultats obtenus, publie la brochure pour signaler l'œuvre d'Alphonse Daloz. il écrit. :
1874 : visite d'Hippolyte de Villemessant En , Alphonse Daloz invite son ami, Hippolyte de Villemessant, fondateur du quotidien Le Figaro, à une partie de chasse. Ce dernier, émerveillé par le décor qu'il qualifie d'« Arcachon du Nord », lui dit :
Un commencement de publicité a lieu avec de très beaux articles dans le Figaro, mais s'arrête prématurément avec la mort d'Hippolyte de Villemessant.
1880 : premier lotissement En 1880, Alphonse Daloz reprend l'idée à son compte et décide de lotir une partie de son domaine, d'en faire une station balnéaire et de lui donner le nom de « ».
C'est ainsi qu'en 1882, Alphonse Daloz crée le premier lotissement (partie du Touquet aujourd'hui à l'ouest du boulevard Daloz). Ce premier lotissement appelé est dessiné par le géomètre Raymond Lens et achevé le . Les deux premières maisons (La Vigie et l'Avant-Garde) construit par l'entreprise Dequéker, propriétés d'Henri Saumon, y sont construites dès 1882, le deuxième propriétaire est Léon Garet avec le chalet Suzanne construit en 1886.
Le il promulgue le premier règlement de la station balnéaire, lequel est longtemps le code des premiers habitants, à cette époque, la ville de Cucq n'a rien à voir dans le domaine d'Alphonse Daloz, le châtelain du Touquet est maître chez lui. Cela dure jusqu'à l'époque où les possesseurs du domaine font appel aux pouvoirs publics pour l'entretien de la route départementale, la fondation d'école publique et les questions d'hygiène.
1885 : mort Alphonse Daloz meurt à onze heures du matin sur la promenade des Anglais à Nice le Le Touquet-Paris-Plage à l’aube de son nouveau siècle, éditions Flandres-Artois-Côte d’Opale, août 1982, .. Il est inhumé le au cimetière du Père-Lachaise ().
En 2025, la municipalité de la commune du Touquet-Paris-Plage décide de faire restaurer la tombe d'Alphonse Daloz. Celle-ci, à l'abandon, est tombé dans le domaine privé de la ville de Paris en , ce qui permet à la commune de la restaurer..
1885 : vente des terrains par les consorts Daloz vignette|upright=0.6|Vue du domaine Daloz et de la commune d'Étaples vers 1894. Après la mort d'Alphonse Daloz, l'entente se fait entre les différents héritiers : née Jeanne Rigaud et son fils André ; née Louise Rigaud ; alors consul à Bogota. Ce dernier confie sa procuration pour la gestion du domaine à Marguerite Marie Camusat de Saint-Edme, son épouse en 1885.
À partir de 1887, tous les deux ans, la famille Daloz entreprend des coupes claires dans la forêt, au grand désespoir des propriétaires, qu'elle vend pour les mines de charbon du Nord. Ces coupes portent sur des espaces variant de dont le rendement produit de suivant l'importance. Durant plusieurs années également, à la suite de l'arrêt de la location de la chasse, la solution trouvée contre la prolifération des lapins a été de les attraper pendant l'hiver, et de les expédier principalement en Belgique pour le repeuplement des forêts, cela rapporte annuellement de .
En 1891, l'État impose aux consorts Daloz l'établissement d'une digue, à l'endroit de la grande échancrure, entre la route départementale et la Canche, pour arrêter l'envahissement de la mer et éviter la détérioration de la route départementale toute nouvelle. Le marché est passé avec l'entreprise Charles Prévost le pour un montant de . Sur cette nouvelle plaine ainsi créée, la famille Daloz y cultive des céréales.
En 1894, Madame Daloz se décide à créer de nouvelles zones de lotissement, derrière la rue de Metz, jusqu'au pied de la forêt. C'est Charles Prévost qui, par un marché amiable en date du , est chargé de l'entreprise de ces travaux. La superficie était de pour un forfait de , moitié en espèces et moitié en terrains. La méthode fut la même que lors du lotissement de Raymond Lens.
1896 : vente du domaine des consorts Daloz à John Whitley Durant les années 1896 et 1897, le terrain des consorts Daloz est sensiblement diminué par la vente des terrains en bordure de mer, pour la création de « Mayville » pour une superficie de , avec un front sur la mer de et une profondeur de . Cette vente est faite pour un montant de échelonnée sur plusieurs années.
Les consorts Daloz décident de mettre en vente leur domaine, le , un premier essai d'adjudication a lieu, pour une mise à prix de , il n'y a aucun amateur. Le , un second essai est tenté pour une mise à prix de pour les restant déduction opérée de la vente du territoire à « Mayville », à Paris-Plage même environ , des terrains et dunes situés partie au midi, partie au nord environ , d'autres terrains sur le littoral, au-delà de « Mayville » vers Merlimont sur une profondeur de soit environ et enfin le château du Touquet, la forêt du Touquet et tous les terrains boisés et dunes en arrière du littoral, le tout tenant à Paris-Plage pour environ : . Une nouvelle fois, aucun amateur ne se manifeste. Une nouvelle adjudication a lieu en pour seulement , mais toujours sans succès.
1902 : fin de l'aventure Daloz au Touquet Une dernière adjudication a lieu le pour un montant de , l'adjudication a lieu à Paris, John Whitley qui est présent, est déclaré adjudicataire pour .
Ainsi s'achève l'histoire d'Alphonse Daloz et de sa famille avec le Touquet et Paris-Plage, le domaine du Touquet, après être resté en leur possession, pendant , passe entre les mains de John Whitley, qui le remet au “Touquet Syndicate Limited” pour le compte duquel il avait opéré l'achat..
En 1903, le chalet Daloz est transformé en hôtel de la Forêt sous l'impulsion de John Whitley...
2024 : les descendants d'Alphonse Daloz