est un film d'animation américano-britannique réalisé par George Dunning. Sorti le , il est basé sur la chanson éponyme des Beatles qu'on peut entendre dans le film ainsi que quinze autres titres du groupe. La bande-sonore du film sort en album le comprenant six chansons, dont quatre titres inédits, et la trame orchestrale de George Martin.
Animé au départ par la volonté de « pousser l'animation au-delà des limites atteintes jusque-là en matière de style, de type et de ton », Yellow Submarine connaît dès sa sortie un très large succès et s’impose vite comme un chef-d’œuvre, tant pour son esthétique psychédélique et coloré, que pour ses avancées techniques qui marqueront durablement le monde de l’animation.
Synopsis vignette|Le sous-marin accueille le public au dédié au groupe à Liverpool. Il était une fois, un royaume enchanté situé sous les mers appelé Pepperland, un endroit merveilleux protégé par la fanfare du Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band, où le bonheur et la musique règnent en maîtres. Mais un jour, arrivent les méchants Blue Meanies. Appuyés par des armes terribles dont le terrifiant Gantelaid (Flying Glove), les intrus vident Pepperland de toutes ses couleurs et transforment les habitants du royaume en statues de pierres. Le Lord Maire décide alors d'envoyer le chef d'orchestre de la fanfare chercher de l'aide. Fred parvient donc à s'enfuir à temps dans un sous-marin jaune et va ressusciter la légende de Yellow Submarine racontant qu'un jour, des hommes arrivèrent sur la contrée de Pepperland pour y faire naître la musique et le bonheur. Ainsi, Fred va devoir trouver des personnes capables encore une fois de relever ce défi.
Après plusieurs jours, Fred échoue à Liverpool où il tombe d'abord sur un Ringo déprimé et errant sans but (au son de Eleanor Rigby) et essaie tant bien que mal de le persuader de l'aider. Touché par son histoire, Ringo rassemble ses trois amis John (qui apparaît initialement sous les traits du monstre de Frankenstein), George (au son de sa composition Love You To) et Paul (sous des applaudissements) qui acceptent d'aider Fred.
À bord du sous-marin jaune, durant leur odyssée vers Pepperland, les Beatles vont rencontrer de nombreux obstacles et traverser six mers différentes : La Mer du Temps () : où le temps les fait plonger en enfance ou dans la vieillesse (When I'm Sixty-Four) La Mer de la Science () : où ils chantent Only a Northern Song La Mer des Monstres ( : où un terrifiant aspirateur commence par aspirer le décor avant de s'aspirer lui-même. La Mer de Rien () : où ils rencontrent Jeremy Hilary Boob, Ph. D., un Nowhere Man. Ringo ayant pitié de lui, l'invite à bord du sous-marin. La Mer des Têtes ( ou ) : où ils sont séparés du sous-marin et John chante Lucy in the Sky with Diamonds. La Mer des Trous () : où Jeremy est enlevé par l'un des Blues Meanies patrouillant dans les périphéries de Pepperland. Lorsque Ringo saute par-dessus un trou vert (qui se transforme en Mer du Vert () et qui s'avère être un portail caché), ils arrivent enfin à Pepperland.
Réunis avec Fred, le Lord Maire et le sous-marin, le groupe prend la place du Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band. Armés de leur humour et de leur musique (With a Little Help from My Friends, All You Need Is Love, Hey Bulldog), le groupe réussit à sauver Pepperland de l'emprise des Meanie. Les fleurs repoussent, les couleurs reviennent, le Sgt. Pepper's Lonely Heart Club Band est libéré grâce au trou que Ringo ramène de la et Jeremy est sauvé. Vaincus, les Meanies sont forcés de battre en retraite, mais John leur propose de devenir amis. Le chef des Meanies accepte cette invitation et une grande fête s'ensuit, montrant chaque personnage vivant heureux pour toujours (It's All Too Much).
À la fin, les vrais Beatles apparaissent et nous montrent tous leurs souvenirs. George a le moteur du sous-marin, Paul a (a little love) et Ringo a toujours la moitié d'un trou dans sa poche parce qu'il a donné le reste à Jeremy. Cependant, John repère que et dit gaiement qu'il n'y a plus qu'une seule chose à faire pour les faire sortir : (). Le quatuor reprend la chanson All Together Now en chœur avec diverses traductions de la chanson qui apparaissent dans l'ordre sur l'écran.
Fiche technique Titre : Réalisation : George Dunning, Dennis Abey Scénario : , Erich Segal, Lee Minoff, Jack Mendelsohn Production : Al Brodax Société de production : Apple Corps, King Features Production, TVC London Société de distribution : United Artists Budget : £ Musique : The Beatles et George Martin Chansons : John Lennon, Paul McCartney, George Harrison Orchestration : George Martin Direction musicale : George Martin Directeur artistique : Heinz Edelmann Producteur associé : Mary Ellen Stewart Assistant production : Sally Hyman Superviseur production : John Coates Directeurs animation : Jack Stokes, Robert Balser Pays de production : Royaume-Uni, États-Unis Format : Couleurs (DeLuxe) - 35 mm – 1.66:1 - Mono Genre : Animation, film musical, aventure, comédie et fantastique Durée : 90 minutes Dates de sortie : Royaume-Uni : Irlande : États-Unis : Canada : France :
Distribution Voix originales John Clive : John : Paul Peter Batten : George (non-crédité.) : Ringo, le chef des Blue Meanies, George (dialogues additionnels) Dick Emery : Lord Mayor, Nowhere Man (Jeremy Hillary Boob, Phud (Ph.D.)), Max : Old/Young Fred Parties chantées et caméo en finale John Lennon Paul McCartney George Harrison Ringo Starr
Voix françaises Le second doublage a été effectuée aux studios Dubbing Brothers..
doublage (1969) Bernard Murat : Paul Philippe Ogouz : George Claude Bertrand : le chef des Blue Meanies Teddy Bilis : le maire
doublage (1999) Pierre Laurent : John Adrien Antoine : Ringo Pierre Baton : le maire Patrice Dozier : Nowhere Man (Jeremy Hillary Bloup Ph.D.) Christophe Lemoine : Max Henri Labussière : Fred
Production Genèse vignette|alt=Certificat de 25 actions de 1 £ chacune de Beatles Film Production Limited, émis le 2 mars 1964, enregistré au nom de Ringo Starr. La société, créée le 25 février 1964 avec Brian Epstein comme directeur général, a été rebaptisée Apple Film Production Limited le 12 janvier 1968.|Certificat de 25 actions de 1 £ chacune de Beatles Film Production Limited, émis le 2 mars 1964, enregistré au nom de Ringo Starr. La société, créée le 25 février 1964 avec Brian Epstein comme directeur général, a été rebaptisée Apple Film Production Limited le 12 janvier 1968. En 1964, alors que les Beatles tournent pour la première fois aux États-Unis, leur manager Brian Epstein, est approché par le producteur Al Brodax, patron de la société américaine King Features. Ce dernier convainc Epstein de le laisser produire, pour ABC Television, une série animée destinée aux enfants, mettant en scène le groupe. Flairant la bonne affaire, Epstein signe un contrat, sans en référer aux Beatles, puisque leur participation n'est pas requise. Pas assez vigilant, il néglige une clause de contrat qui donne à Brodax la possibilité de faire transposer la série au cinéma en cas de succès. Lancée le , la série intitulée The Beatles marche fort et comprend une cinquantaine d'épisodes de trente minutes, chacun s'articulant autour de deux chansons choisies dans le répertoire des Beatles. Leurs voix sont interprétées par des comédiens, et leurs silhouettes calquées sur leurs attitudes dans A Hard Day's Night. La série dure jusqu'à l'automne 1969.
Les Beatles détestent unanimement cette série télévisée qui les caricature à outrance. John Lennon dira en avoir . Alors lorsqu'ils apprennent que les mêmes équipes de production se retrouveront aux commandes du long-métrage, ils se montrent peu enthousiastes et décident de prendre de la distance avec le projet. De leur propre aveu, ils sont peu consultés : dira George Harrison.
En 1967, Brodax encouragé par le succès de la série, veut produire un long métrage animé. En , une réunion informelle est organisée par George Martin aux studios Abbey Road à Londres. L'idée est alors de mettre en image l'univers de l'album Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band qui vient d'être publié. Une seule écoute de ce dernier suffit à convaincre les producteurs que ce film pourrait être plus ambitieux que tout ce que les Beatles ont fait auparavant et une aventure de fiction est rapidement évoquée. Brodax associe au projet le producteur canadien George Dunning, qui a également travaillé sur la série télévisée et dont le court-métrage The Flying Man a remporté le grand prix au Festival international du film d'animation d'Annecy en 1962. Lorsque les contrats sont signés, l'équipe de production dispose de onze mois pour développer le film, la première étant prévue pour . Le budget est de , une valeur de plus de en 2020..
Les Beatles sont consultés dans un premier temps, mais, absorbés par Sgt. Pepper, le travail sur le film Magical Mystery Tour et l'album du même nom, et bouleversés par la mort de Brian Epstein survenue le alors qu'ils se trouvent à Bangor, au Pays de Galles, où ils assistent à une conférence sur la méditation transcendantale que donne le Maharishi Mahesh Yogi, ils n'ont ni le temps, ni l'envie de doubler leurs personnages : . Néanmoins, ils accepteront de se faire filmer pour la dernière séquence du film, dans les studios de Twickenham en : .
Scénario vignette|Le producteur Al Brodax. Plusieurs scénarios sont présentés à Epstein, dont un écrit par Joseph Heller. Tous sont refusés par l'impresario., Brodax déniche alors un jeune auteur alors inconnu, Lee Mintoff. Les Beatles le rencontrent et approuvent ses idées, mais refusent son script, aux airs de conte de fées. C'est alors que Brodax contacte Erich Segal, professeur d'anglais américain qui gagnera une réputation mondiale quelques années plus tard avec le scénario du film Love Story, afin de remanier l'histoire, qui ne sera achevée que peu avant le montage final. Est également recruté le poète , chargé de vérifier que l'écriture du scénario et des dialogues reflètent bien la saveur du dialecte de Liverpool. Celui-ci fait partie groupe humoristique The Scaffold qui comprend aussi Mike McGear, le frère de Paul McCartneyThe Beatles VH1 Special - Yellow Submarine. 1999.. Ce film d'animation pour enfants est le premier à mettre dans son scénario certains dialogues axés pour les adultes..
Les Beatles ne prennent pas part au scénario, même si John Lennon et George Harrison contactent parfois la production pour lancer quelques idées : c'est par exemple Lennon qui imagine le Vacuum man dont la trompe engloutit tout ce qui l'entoure et qui finit par s'aspirer lui-même. Mais en réalité, le groupe a très vite le sentiment d'être dépouillé de ses idées sans être consulté. En 1980, John Lennon s'exprimera encore avec ressentiment : .
Pour les dessins, le responsable des effets spéciaux Charlie Jenkins, suggère de contacter l'illustrateur tchécoslovaque Heinz Edelmann, collaborateur régulier de Twen, un magazine pour la jeunesse. Ce dernier, qui n'a encore jamais travaillé pour le cinéma, livre en deux semaines des dessins au style coloré et surréaliste, à la fois rétro et moderne, qui éblouissent les animateurs et contribue largement à l'atmosphère générale du film. Nommé directeur artistique, Edelmann étudie durant des semaines les poses et l'attitude de chacun des Beatles, imagine des traitements visuels différents en fonction des séquences et des chansons. Le style visuel est semblable au travail de l'artiste britannique The Art of the Beatles, Mike Evans, édition Anthony Blond (Muller, Blond & White), UK, 1984, , et, aux dires du critique américain du National Review, est un mélange d'..
Bande originale