L'endurance est une course de fond pratiquée à cheval et en pleine nature, dans laquelle le but est de parcourir une longue distance : de à en une journée, ou sur deux jours. Cette course chronométrée doit être réalisée à une allure définie selon la durée de la course tout en conservant une monture en parfait état de santé. Des contrôles vétérinaires obligatoires sont effectués de façon régulière tout au long du parcours. Ils garantissent la bonne santé du cheval car en cas de doute (épuisement, boiterie, déshydratation…) celui-ci est disqualifié. Tout au long de l'épreuve, l'effort de l'animal doit donc être maîtrisé.

L’endurance équestre est l’une des sept disciplines équestres mondiales agréées par la fédération équestre internationale et est donc présente aux Jeux équestres mondiaux. Il existe plusieurs types d'épreuves d'endurance qui sont différenciés par le nombre de kilomètres parcourus. La pratique de la discipline est abordable pour tout cavalier et tous types de chevaux, mais pour concourir en endurance à partir d'un certain niveau, il est préférable de choisir une monture au type adapté à la discipline, comme le pur-sang arabe entre autres races, mais également des chevaux issus de croisements avec le pur-sang arabe, et de s'équiper d'un matériel spécifique. L'endurance fait aussi l'objet de compétitions officielles internationales dont les épreuves se courent sur les distances maximales.

Depuis environ 2005, l'endurance est l'objet d'un conflit culturel entre les pays occidentaux et ceux du golfe Persique, appartenant au groupe VII sur les compétitions internationales. Le Qatar, les Émirats arabes unis et le Bahreïn sont fréquemment impliqués dans des affaires de dopage et des décès de chevaux lors d'épreuves. Le problème perdure en raison de l'impuissance de la Fédération équestre internationale à le résoudre.

Histoire thumb|Un cavalier du Pony Express, en 1861.|alt=Une photo en noir et blanc présente un très jeune homme à cheval en tenue de cowboy, à ses côtés se tient son cheval de bât ainsi qu'un personnage totalement emmitouflé dans une grande couverture. L'origine des épreuves d'endurance est liée aux besoins historiques des hommes de communiquer et de se transférer des informations d'un endroit à un autre en un minimum de temps. Les services postaux d’Europe et d’Amérique illustrent bien cette vision de l'histoire de l'endurance. L'exemple du Pony Express, qui relia aux États-Unis au cours de la seconde moitié du , St Joseph dans le Missouri à San Francisco sur . annonce les prémices de la discipline. Cependant, les services postaux d'Asie, notamment en Chine et en Mongolie, se sont dotés de systèmes similaires visant à parcourir de grandes distances à cheval et au galop dès les, respectivement et ..

La contribution militaire à l'endurance est également à noter : pour conquérir des territoires, les chevaux doivent être rapides et robustes pour tenir sur de longues distances. Les premières compétitions d’endurance apparaissent au cours du en Europe, en Australie et aux États-Unis. Les conditions de course sont alors très difficiles et l'état de santé des animaux à l'arrivée n'est pas du tout pris en compte..

Dans la première partie du , de grands raids équestres historiques voient le jour comme le raid militaire Bruxelles - Ostende en 1902, couru sur à en moyenne. et la Tevis Cup Ride qui existe aux États-Unis depuis 1955, sur une distance de (soit ) et sur une piste des plus rudes. Elle se court encore au ..

En France, la discipline apparaît vers le milieu des années 1970 mais ne prend vraiment son essor que vers le milieu des années 1990.. En 2008, il s'agit de la seconde discipline équestre pratiquée en France, avec .. En 2011, on recense organisées sur le territoire et près de . Les cavaliers français dominent la discipline au niveau mondial depuis les années 1990, mais une participation croissante des pays du Moyen-Orient est observée. Le sheikh Mohammed ben Rachid Al Maktoum a largement investi dans l'achat des meilleurs chevaux d'endurance du monde pour l'émirat de Dubaï, lui permettant de devenir champion du monde d'endurance en 2012. Le Qatar investit à son tour pour reprendre le titre de champion du monde à l'émir de Dubaï, achetant notamment des chevaux français parmi les meilleurs. Les cavaliers d'endurance français comparent cette situation à « l'achat de toutes les équipes de football de la ligue 1 par le Qatar et Dubaï ».. La discipline continue de s'ouvrir à l'Asie, puisqu'en , la première compétition d'endurance FEI a été courue en Chine dans la Mongolie intérieure.

L'épreuve Déroulement Une épreuve d'endurance comporte plusieurs étapes :

Accueil À l'arrivée sur le site de la course, le cavalier doit se présenter et récupérer son dossard, la carte du parcours, la carte et le « road book » pour l'équipe suiveuse, ainsi que la carte vétérinaire de son cheval. Il en profite pour repérer l'aire de contrôle vétérinaire, les points d'eau et les lignes de départ et d'arrivée. Il se renseigne sur le balisage utilisé, les difficultés particulières qu'il peut rencontrer sur la piste et s'informe du nombre exact de kilomètres à parcourir.. En effet, le parcours à réaliser possède une tolérance quant au nombre exact de kilomètres, cette marge s'étalant entre 2 et en fonction du type d'épreuve.. La connaissance de la distance à parcourir est particulièrement importante pour le cavalier puisqu'elle lui permet de calculer la vitesse moyenne qu'il doit maintenir sur la piste et ainsi de déterminer sa fourchette horaire..

thumb|Vétérinaire mesurant le rythme cardiaque d'un cheval lors du contrôle.|alt=Un homme positionné de dos regarde sa montre à gauche alors que sa main droite tient un stéthoscope placé au niveau du passage de sangle d'un cheval; la cavalière de ce dernier étant positionnée à la tête de l'animal et le tenant.

Premier contrôle vétérinaire

Avant de prendre le départ, le concurrent se présente au contrôle vétérinaire pour s'assurer que sa monture est apte à prendre part à la course. Il présente les papiers de son cheval au contrôle et sa carte de suivi vétérinaire. Le vétérinaire fait passer les tests d'usage à l'animal à savoir: mesurer sa fréquence cardiaque, vérifier ses allures, son niveau d'hydratation et la présence éventuelle de blessures. Le cavalier ne doit pas hésiter à prévenir le vétérinaire de la présence d'anciennes cicatrices ou blessures.

Départ

Après des exercices d'assouplissement et de détente très souvent au pas, le couple cavalier-cheval se présente au responsable sur la ligne de départ, et celui-ci inscrit sur sa carte son heure de départ. Sur les parcours à vitesse imposée, les départs se font en décalé. Le cavalier peut donc choisir de partir seul ou en groupe. Sur les parcours à vitesse libre, en revanche, les départs se font groupés. Une fois le chronomètre lancé, la course peut démarrer.

thumb|left|Cheval rafraîchi pendant sa course par son équipe suiveuse.|alt=Sur une piste de sable gris dans un paysage assez vert, un homme en t-shirt orange court à côté d'un cheval gris foncé au trot en l'arrosant avec une bouteille d'eau; la cavalière du cheval fait de même en l'arrosant avec une seconde bouteille d'eau.

Première boucle

La première boucle s'effectue en suivant le balisage du parcours. Le cavalier cherche à régler sa vitesse tout en ménageant son cheval. La principale difficulté de cette première boucle est la gestion de la fougue de l'animal, qui, ravi de pouvoir courir, risque de se fatiguer inutilement en début de course, ce qui peut lui faire manquer de fond pour la finir. Tous les environ, le cavalier retrouve son équipe suiveuse, qui est chargée de rafraîchir cheval et cavalier tout au long de la course.

Halte intermédiaire

Sur une épreuve à vitesse imposée, le franchissement de la ligne d'arrivée de l'étape déclenche l'arrêt du chronomètre. Le cavalier dispose alors de une heure avant son second départ. Au bout de 30 minutes d'arrêt, il doit se représenter au contrôle vétérinaire pour vérifier l'état de son cheval avant d'entamer une nouvelle boucle. Les 30 premières minutes sont donc consacrées aux soins du cheval et à sa récupération en vue du contrôle. Une fois le contrôle passé, le cavalier peut se reposer pendant les 30 minutes restantes et se préparer pour la seconde boucle.

Sur une épreuve à vitesse libre, le chronomètre continue de tourner après le franchissement de la ligne d’arrivée de l’étape. Il ne s'arrête que lors de l'entrée du cavalier et du cheval dans l’aire de contrôle vétérinaire. On appelle « temps neutralisé » le temps passé par le cavalier et sa monture dans l’aire de contrôle. Le délai maximum pour passer au contrôle vétérinaire est de 20 minutes, et un réexamen est obligatoire 10 minutes avant de repartir sur la dernière boucle.

thumb|Cavaliers sur une boucle approchant d'une route à traverser.|alt=Sur une route bétonnée à la campagne, deux cavaliers montant des chevaux gris arrivent de face, un homme avec un gilet de sécurité jaune fluo leur faisant signe sur la droite.

Boucles suivantes

Les boucles suivantes se déroulent de la même façon que la première boucle. En fonction de la distance à parcourir, celles-ci peuvent être différentes de la première ou alors identiques.

Arrivée

À la fin de la course, le responsable du chronomètre inscrit l'heure d'arrivée. Le cavalier a 30 minutes pour présenter son cheval au contrôle vétérinaire qui se déroule de la même façon que les contrôles précédents.

Après l'épreuve

Si le cheval réussit sa course dans le temps imparti et en ayant passé tous les contrôles vétérinaires avec succès, il est qualifié sur la distance et peut prétendre s'engager sur une épreuve de difficulté supérieure. On assure à l'animal un temps de "repos relatif" (= activité réduite et modérée) d'une semaine par tranche de parcouru.

Types d'épreuves Il existe deux catégories d’épreuves se décomposant en plusieurs types liés à la distance à parcourir : les épreuves à vitesse limitée et les épreuves à vitesse libre.

Épreuves à vitesse limitée Club A : 10 km à une vitesse de 6 à 8 km/h Club Poney 4 : 10 km à une vitesse de 8 à 10 km/h Club 4 : 10 km à une vitesse de 10 à 12 km/h Club 3 : 20 km à une vitesse de 10 à 12 km/h Club 2 ou Amateur 4 : 20 km à une vitesse de 12 à 15 km/h Club 2 Spéciale ou Amateur 4 Spéciale : 30 km à une vitesse de 12 à 15 km/h Club 1 : 40 km à une vitesse de 10 à 12 km/h Club Élite ou Amateur 3 : 40 km à une vitesse de 12 à 15 km/h Club Élite Grand Prix ou Amateur 2 : 60 km à une vitesse de 12 à 15 km/h Amateur 1 : 90 km à une vitesse 16 km/h

Le système de notation est le suivant : le classement est établi à la fois en fonction de la vitesse et en fonction de la fréquence cardiaque finale. Le gagnant n'est donc pas le plus rapide, mais celui qui a réussi à respecter le mieux la vitesse imposée tout en ayant la monture la plus « fraîche » avec une fréquence cardiaque la moins élevée possible. Chaque concurrent voit ainsi sa performance calculée selon la formule suivante :

Le gagnant est celui qui obtient le résultat le plus élevé.

Épreuves à vitesse libre Amateur 1 Grand Prix ou CEI* : 100. km Amateur Elite ou CEI** : 130 km Amateur Elite Grand Prix ou CEI*** : 160 km

Les concours d'endurance internationaux (CEI et CEIO) possèdent les mêmes exigences de distances et de temps, mais obéissent aux règlements de la fédération équestre internationale (FEI). Pour les épreuves à vitesse libre, le classement est obtenu selon l’ordre de franchissement de la ligne d’arrivée. Le gagnant est validé après un dernier contrôle vétérinaire et l'accord du président du jury.

Acteurs Le commissaire en chef