Marie-Monique Robin est une journaliste d'investigation, réalisatrice et écrivaine française, née le à Gourgé (Deux-Sèvres).
Elle reçoit le prix Albert-Londres en 1995 et le prix norvégien Rachel CarsonCf. Award winner 2009: Marie-Monique Robin sur rachelcarsonprisen.no et Prix Rachel Carson. en 2009. Le , elle est décorée de la Légion d'honneur à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), remise par la sociologue Dominique MédaMarie-Monique Robin reçoit son "improbable" Légion d'Honneur à Notre-Dame-des-Landes , France 3 Poitou-Charentes, Élodie Gerard, 8 juin 2013.
Parcours Marie-Monique Robin naît et grandit à Gourgé dans une ferme des Deux-Sèvres. Aînée de six enfants, elle a appris à être fière de ses racines paysannes avec ses deux parents agriculteurs, son père Joël ayant présidé la jeunesse agricole catholique, sa mère Jeanne en étant responsable régionale...
Elle étudie les sciences politiques à l’université de la Sarre, en Allemagne, et est diplômée du centre universitaire d'enseignement du journalisme de l'université de Strasbourg. Elle commence sa carrière avec France 3 Région puis travaille pour l’agence CAPA de 1989 à 1999 avant de devenir journaliste indépendante. Depuis 1989, elle réalise une quarantaine de films d’investigation et obtenu une trentaine de prix dont le prix Buffon du festival international du film scientifique, plusieurs prix au festival international du scoop d’AngersFestival international du Scoop d’Angers. ou au Festival international du grand reportage d'actualité et du documentaire de sociétéFestival international du grand reportage d'actualité..
Ses films, qui sont souvent le fruit d’une longue enquête de terrain, offrent un regard critique sur la situation des droits de l’homme dans différentes régions du monde notamment en Amérique latine où elle s’est rendue plus de .. Elle enquête ainsi sur l’utilisation de la coca par les indigènes en Colombie (Mama Coca, 1990), sur la prévention du sida à Cuba (Sida et Révolution, 1989) ou encore sur l’implication de l’armée française dans l’opération Condor (Escadrons de la mort, l'école française, 2003). On lui doit aussi plusieurs documentaires réalisés en France notamment La Révolte des femmes battues (2000), L'École du soupçon (2005) qui montre les dérives de la lutte contre la pédophilie.
En 2002, elle réalise un film sur la recherche scientifique concernant les phénomènes paranormaux (Le Sixième Sens : science et paranormal) où elle filme en particulier la voyante Maud KristenDiffusé sur Canal +, Lundi Investigation, en 2004, sur Arte en 2006 avec une rediffusion en 2009..
Depuis 2004, elle s’intéresse plus particulièrement aux menaces qui pèsent sur la biodiversité et à l’appropriation du vivant par les géants de la biotechnologie (Les Pirates du vivant et Blé : chronique d’une mort annoncée, 2005), et aux conséquences sanitaires de l'emploi de produits controversés, dans l'industrie agro-alimentaire (Notre Poison quotidien, 2010) et dans l'agriculture, notamment ceux à base de glyphosate (Le Monde selon Monsanto, Le Roundup face à ses juges, 2008 et 2017). Mais elle enquête aussi sur des expériences de villes en transition (Qu'est-ce qu'on attend ?, 2016)
Son dernier documentaire, Nouvelle cordée, 2019, porte sur l'expérience positive des Territoires zéro chômeur de longue durée.
En 2021, elle fait paraître un livre qui cherche à dégager les leçons de la pandémie de Covid-19. Écrit à partir d'entretiens inédits avec plus de soixante chercheurs du monde entier, l'ouvrage considère que la pandémie prouve que la destruction des écosystèmes (par la déforestation, l’urbanisation, l’agriculture industrielle) et la globalisation menacent directement la santé planétaire. Cette enquête donne lieu à un documentaire qu'elle présente en avant-première en ..
Résidente de Pierrefitte-sur-Seine, Marie-Monique Robin est également l’autrice de plusieurs essais dont certains ont connu un réel succès public (Les 100 photos du siècle, vendu à plus de ). C'est une des particularités de son travail d'investigation : chacun de ses livres raconte en détail l’enquête menée à l’occasion d’un de ses films et approfondit son propos par un complément documenté.
Engagement
En 2013, elle a soutenu la création du parti politique Nouvelle Donne Voir à ce sujet, sur son blog : https://www.arte.tv/sites/robin/2013/11/29/pourquoi-je-soutiens-nouvelle-donne .
En 2018, elle a soutenu en devenant marraine le collectif pour le Triangle de Gonesse qui lutte contre le projet EuropaCity, méga-centre commercial prévu dans le Val-d’Oise.
En , elle rejoint le parlement de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale.
Filmographie
Publications 1996 : Voleurs d’organes. Enquête sur un trafic, Éditions Bayard, (Voir Voleurs d'yeux) 1999 : Les Cent Photos du siècle, éd. du Chêne, (éd. Tachen et France Loisirs) 2001 : Grand reportage. Les Héritiers d'Albert Londres, Œuvre collective, Éditions Florent Massot 2002 : Le Sixième Sens, en collaboration avec Mario Varvoglis, Éditions du Chêne 2004 : Escadrons de la mort, l'école française, La Découverte 2005 : L’École du soupçon : les dérives de la lutte contre la pédophilie, La Découverte 2008 : Le Monde selon Monsanto, La Découverte, (plus de 15 traductions) 2010 : 100 photos du , La Martinière, avec David Charrasse 2011 : Notre poison quotidien, La Découverte 2012 : 2013 : , réédition avec une postface inédite. 2014 : 2017 : 2021 : .
Détails sur certaines œuvres Voleurs d'yeux, 1993
Voleurs d'yeux est un documentaire réalisé en 1993 et traitant de la question du trafic d'organes. Pour son film, la journaliste enquête en Argentine, au Mexique, en Colombie, aux États-Unis et en Europe et met en relation la pénurie d'organes notamment en Europe et les cas avérés de trafic d'organes en Amérique latineLife, octobre 1993.. Acclamé et primé dans un premier temps, le film a été par la suite l'objet d'une polémique centrée sur un des témoins du reportage, un enfant retrouvé sans yeux. La véracité du vol des yeux de cet enfant est en effet contestée par des ophtalmologistes qui affirment qu'il a été victime d'une infection. Le prix Albert-Londres (en plus de cinq autres prix) a été décerné à Marie-Monique Robin pour ce documentaire. Suspendu au moment de la polémique, il a été confirmé, le jury n'ayant relevé « aucune intention frauduleuse »Le Républicain lorrain, 9 juin 1996, « Voleurs d’organe enquête au-dessus de tout soupçon »...
Les 100 photos du siècle, 1998
Entre 1998 et 2000, Marie-Monique Robin réalise 100 courts métrages de et rédige une série d’articles sur 100 photographies ayant marqué l’histoire du photojournalisme au . Le principe de la série est de retrouver et d’interviewer pour chaque photographie sélectionnée, son auteur et les protagonistes ou les plus proches témoins vivants de la scène immortalisée. Marie-Monique Robin rencontre ainsi Conrad Schumann, le Vopo berlinois de la célèbre photographie de Peter Leibing, Jan Rose Kasmir, la jeune pacifiste à la fleur saisie par Marc Riboud, ou encore Kim Phuc, l’enfant brûlée au napalm pendant la guerre du Viêt Nam. Il faut parfois plusieurs mois et une enquête minutieuse pour que l’équipe de CAPA avec la complicité des photographes ou de leurs éventuels ayants droit retrouve certains des protagonistes de ces scènes que la photographie a fait entrer dans la mémoire collective. La série sera d’abord diffusée sur Arte et dans les pages du Figaro Magazine puis sur une trentaine de chaînes étrangères. Elle donnera lieu à un livre du même nomLe Monde mars 1998, Ces photos qui ont écrit l’histoire, Télérama 25 février 1998, Ces clichés qui ont secoué le monde, une riche idée de MMR.
Le Sixième Sens, 2002
Le Sixième Sens, science et paranormal propose un panorama des phénomènes dits paranormaux (transmission de pensée, rêves prémonitoires, lévitation, etc.) à travers le récit d’histoires, de témoignages, de croyances ancestrales, d’expériences menées notamment à l’université d'Édimbourg et dans des centres universitaires américains comme à Princeton. À la sortie du film, le magazine Le Monde télévisions écrivait : « Boudés par les scientifiques, surtout en France, les phénomènes paranormaux intéressent de nombreux parapsychologues, professeurs et neurologues à travers le monde. Tous cherchent à comprendre, à l'aide d'expériences souvent troublantes, ce qui se passe dans le cerveau lorsqu'une personne entre dans ce qu'ils appellent un « état modifié de conscience » […] sans chercher à convaincre à tout prix, cette enquête s'attache surtout à l'étude des phénomènes observés quotidiennement par ces drôles de chercheurs […] mais cette enquête manque d'un regard critique permettant de comprendre pourquoi, en France, voyance rime toujours avec croyance »Le Monde Télévision, samedi 17 janvier 2004, la science face au paranormal.
Escadrons de la mort, l'école française, 2003
Le livre et le film documentaire sont fondés sur une enquête montrant les liens unissant les services secrets français à leurs homologues argentins et chiliens (DINA). Robin montre que les méthodes contre-insurrectionnelles utilisées durant la guerre d'Algérie (1954-1962), notamment l'usage généralisé de la torture, avaient été enseignées par des Français aux forces de sécurité argentines, qui les utilisèrent lors de la guerre sale de 1976 à 1982 et au cours de l'Opération Condor. Ce film obtient le Prix du meilleur documentaire politique décerné par le Sénat français. Par ailleurs, Escadrons de la mort, l'école française a contribué à l'arrestation d'anciens généraux de la dictature argentine. En effet, la réalisatrice parvient à rencontrer certains d'entre eux et à obtenir d'importants aveux concernant notamment la pratique de la torture et l’élimination systématisée des opposants politiques. Ces vidéos constitueront des preuves lors de leur jugement en ArgentineEl Pais, 3 septembre 2003, 2000 militares volvieron a ser juzgados, Newsweek, 6 octobre 2003, Movies learning deadly lessons : « Her film has already caught the eye of Argentine justice officials, who are considering using it to investigate past war crimes », La Nación (Argentine), 4 septembre 2003: « Derechos humanos: imminente definición en el govierno. Podrían destituir a tres millitares retirados […] Los militares retirados hablaron para el documental « Escuadrones de la muerte. La escuela francesa » ». Traduction : « Droits de l'homme. Décision imminente du gouvernement qui pourrait destituer trois militaires à la retraite. Les militaires ont parlé dans le documentaire Escadrons de la mort, l'École française » El Diario, 11 avril 2008 : « la periodista francesa Marie-Monique Robin, autora del documental Escuadrones de la muerte: la escuela francesa, prestó testimonio en una nueva audiencia en el proceso por el ex RI 9 de Corrientes […] En efecto su testimonio fue fundamental para entender algunas claves del plan sistemático de exterminio perpetrado con una habilidad quirúrgica por las FF.AA durante la última dictadura militar » . Escuadrones de la muerte: la escuela francesa, Editorial Sudamericana, Buenos Aires, 2005, préface d'Horacio Verbitsky : « Une prouesse journalistique. Marie-Monique Robin parvient à dévoiler les secrets les mieux cachés des forces armées argentines, lesquels sont indispensables pour comprendre ce qu'il nous est arrivé. Son livre rejoint de plein droit le cercle réduit des grands classiques nationaux »..
Le Monde selon Monsanto, 2008