La centrale nucléaire de Penly est une centrale nucléaire française, située en Seine-Maritime dans la commune de Petit-Caux sur la côte de la Manche.

En 2024, Électricité de France exploite deux réacteurs à eau pressurisée de modèle P'4, en service depuis 1990 et 1992. Deux réacteurs EPR2 sont prévus sur le site et sont actuellement en phase de pré travaux. Leur mise en service est estimée à 2035-2036.

Caractéristiques du site

La centrale se situe sur le territoire de la commune de Petit-Caux sur la côte de la Manche en Seine-Maritime, entre Le Tréport (situé à au nord-est de la centrale) et Dieppe (situé à au sud-ouest de la centrale), et à de Rouen. Le début de la construction date de 1982 et 1984 (respectivement pour les tranches 1 et 2) par EDF, qui est autorisée à l'exploiter depuis 1990 et 1992..

Le site de la centrale de Penly occupe une superficie de dont gagnés sur la mer, au bord de la Manche, où la centrale puise l'eau pour son refroidissementDébat public de Penly 3 : Dossier du maître d'ouvrage , Commission nationale du débat public.. Le site avait été initialement préparé pour quatre réacteurs, mais seuls deux ont été construitsRéponse de EDF du avril 2010 lors du Débat Public Penly 3, Commission nationale du débat public.Débat public projet Penly 3 - page 6, cpdp.debatpublic, 22 avril 2010.

La centrale est construite au débouché de la valleuse de PenlyLa gestion du trait de côte - Ministère de l'écologie - Éditions Quæ, 2010. Les bâtiments de la centrale sont construits au pied de falaises en craie datant du TuronienIFREMER - Février 1976 : Étude écologique d'avant projet sur le site de Penly. Selon EDF, la zone a été choisie pour ses caractéristiques géologiques favorables. Encaissé en bordure du littoral du Talou, le site nucléaire a un impact relativement limité sur le paysage car les bâtiments sont peu visibles depuis la terre.

Funiculaire Le site a la particularité d'abriter le seul funiculaire à usage industriel en France encore en fonctionnement. Il permet l'accès rapide aux installations depuis l'entrée du site située en haut de falaise. Son dénivelé est de pour 30,7 % et sa ligne forme une grande courbe avec un croisement au centre.

Il a une longueur de , a été construit par la société Skirail en 1991. et fut inauguré en 1992. Sa vitesse est de (environ ) et il transporte en . Son fonctionnement est entièrement automatisé et il est ouvert . Si le vent dépasse (environ ), les cabines sont immobilisées dès leur arrivée en station jusqu'à ce que le vent chute au-dessous de cette valeur pendant plus de trois minutes. Le départ est géré par un programme aux heures de pointe et par appel aux heures creuses. Les deux cabines roulent sur un viaduc métallique qui culmine jusqu'à sur le talusJean Gennesseaux, Funiculaires et crémaillères de France, La vie du rail et des transports, Paris, 1992, 232 p. ..

Caractéristiques des réacteurs Le site est doté de deux réacteurs à eau pressurisée de deuxième génération, d'une puissance électrique nette de chacun, et appartenant au palier P'4. Ils ont été mis en service en 1990 et 1992 et sont refroidis par l'eau de la Manche.. Comme tous les autres réacteurs nucléaires français, la chaudière nucléaire (cuve, générateurs de vapeurs, circuit primaire, pressuriseur et groupes moto-pompe primaires) est fournie par Framatome ; et l'îlot conventionnel (groupes turbo-alternateurs équipés de turbines à vapeur, l'essentiel de leurs auxiliaires mécaniques et électriques, et le poste d'eau) par Alsthom Arabelle steam turbine for nuclear power plant , Alstom, 2012, page 10.Alstom confirme sa position de leader pour les îlots conventionnels de centrale nucléaire, Alstom, 18 juin 2008.

Les caractéristiques des réacteurs en service sont les suivantes :

Nom du réacteurModèleCapacitéExploitantConstructeurDébut constructionRaccordement au réseauMise en service commercialeNette (MWe)Brute (MWe)Thermique (MWt)Penly-1.P'4 REP   EDFFramatomePenly-2.P'4 REP   EDFFramatome

Production et maintenance En 2023, l'exploitation des deux réacteurs emploie plus de ..

Comme pour les réacteurs nucléaires français de deuxième génération, les réacteurs de Penly étaient conçus pour une durée d’exploitation d'au moins . Pour atteindre voire dépasser cette durée de fonctionnement, une réévaluation et un réexamen de sûreté ont lieu tous les dix ans lors des visites décennales. En fonction de l'évolution de la réglementation, des progrès technologiques et du retour d'expérience de l'ensemble des installations nucléaires dans le monde, des modifications sont nécessaires, et sont effectuées pour respecter le niveau de sûreté requis. Une fois terminées, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) peut autoriser une poursuite de l'exploitation pour dix années supplémentairesRappels sur la visite décennale des réacteurs nucléaires en France connaissancedesenergies et AFP, 28 juin 2019. +Calendrier des visites décennales à la centrale de Penly visite décennale visite décennale visite décennalePenly-12002. au . au .Penly-22004 au .depuis le Note : la date indiqué correspond au début de la visite décennale.

Incidents vignette|Clôture de la centrale, franchie par des militants de Greenpeace en décembre 2003, avant de monter sur le bâtiment réacteur et sur des cheminées de la centraleNouvel Obs - 5/12/2003 : Greenpeace investit une centrale

Le , des rejets faiblement radioactifs ont été déversés en mer en raison d'une fuite au niveau d'un des réservoirs de collecte du circuit secondaire des réacteursASN - 31/08/2004 : Rejets faiblement radioactifs en mer.

Le , un agent d’une entreprise prestataire a été contaminé au niveau du visageASN - 24/10/2011 : Contamination externe au visage d’un agent lors d’une intervention.

2012 : incendie et fuite d'eau du circuit primaire au réacteur Le , à , un incendie se produit sur le réacteur numéro 2 et conduit à l'arrêt automatique du réacteur.ASN - 5 avril 2012 : Départ de feu à la centrale nucléaire de Penly. À , soixante pompiers interviennent sur le site avec une dizaine de véhicules d'intervention et maîtrisent l'incendieLe Parisien - 5/04/2012 : Incendie: la centrale de Penly à l'arrêtCentrale nucléaire de Penly: un incendie en cours, Huffingtonpost du 5 avril 2012. Dans l'après-midi, une fuite d’eau est diagnostiquée au niveau du joint de l'une des quatre pompes de refroidissement du circuit primaire du réacteur , probablement en lien avec l'incendieRTL.be - 6/04/2012 : Fuite à Penly: l'eau n'a jamais quitté le "circuit primaire" du réacteurLa chaudière des réacteurs à eau sous pression : 7.3.2. Système d'étanchéité d'arbre. En réduisant la pression d’eau dans le circuit primaire, le débit de la fuite passe de en début de soirée à plus tard dans la soiréePenly: le réacteur 2 en cours de refroidissement malgré une fuite d'eau sur Le Point.fr. Publié le 5 avril 2012.. Vers , la situation est stabilisée et EDF attend un refroidissement complet du réacteur avant d'intervenir..

Le , l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) réalise une inspection sur le site pour analyser les causes de l'incidentL’ASN fait le point sur les investigations menées à la suite de l’incident survenu le 5 avril 2012 sur le réacteur n°2 de la centrale nucléaire de Penly, asn.fr, 25 avril 2012. Selon Jean-Christophe Niel, directeur général de l'ASN, une personne a été légèrement brûlée pendant l'intervention dans le bâtiment réacteur et aucune contamination radioactive n'a été décelée sur les vingt-neuf personnes qui sont entrées dans le bâtiment réacteur pour éteindre les départs de feu. Il a également indiqué que l'eau radioactive a été récupérée dans des bacs prévus à cet effet et que l'incident n'a eu aucun impact sur l'environnement...

L'Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (ACRO), un laboratoire indépendant en matière de contrôle nucléaire, a indiqué avoir effectué trois prélèvements d'air à deux kilomètres de la centrale pour vérifier l'absence de rejets radioactifs.. Selon l’ACRO., « aussitôt l'incident à la centrale de Penly connu, des préleveurs volontaires de l'ACRO ont effectué trois prélèvements d'herbe sous les vents dominants de la centrale. Les résultats d'analyse n'ont pas mis en évidence de contamination artificielle à deux kilomètres de la centrale. Nous regrettons que nos préleveurs n'aient pas eu le droit de prélever plus près. »

Lors de la réunion plénière de la CLIN (commission locale d'information sur le nucléaire Paluel-Penly) du à Saint-Martin-en-Campagne (près de Penly), Alban Verbecke, le directeur du site, déclare que d'huile ont été répandus au pied de la pompe primaire et que les flammes mesuraient de de haut au plus fort du sinistre. Il présente plusieurs images sur lesquelles on peut voir que des chemins de câbles avec des câbles de couleurs verte et bleue ont été touchés par le début d'incendie. Il déclare également que l'arrêt coûte de un million et demi à deux millions d'euros chaque jour.

Lors d'une réunion publique de la CLIN, le à Dieppe, on apprend que la véritable origine du sinistre est due à une erreur humaine commise le à par un opérateur d'EDF ; en effet, treize secondes avant d'arrêter effectivement un ventilateur, ce pour quoi il intervenait, il a mis en marche, par erreur, une pompe de graissage haute pression qui fonctionnera plus de NUCLEAIRE Incident de PENLY- Dieppe - 5 avril 2012 Une erreur humaine à 150 millions d’euros. Un joint mal monté (serrage insuffisant) fuira et l'huile coulera sur les canalisations du circuit primaire avec les conséquences connues le .. Le directeur de la centrale confirmera cette information lors de la séance plénière de la CLIN du http://www.clin76.fr/wp-content/uploads/2014/02/Compte-rendu_CLIN-du-3-octobre-2013_FINAL-3.pdf (page 34 du document bas de page).

En , l'ASN et l'IRSN présentent leurs conclusions sur l'analyse de l'incident qui est classé au niveau 1 de l'échelle INES par l'ASN..

2023 : phénomène de corrosion sous contrainte En , sont détectés sur le réacteur n°1 de la centrale nucléaire de Civaux des micro-fissures au niveau des soudures des circuits RRA (refroidissement du réacteur à l’arrêt), et des circuits RIS (circuit d'injection de sécurité permettant l'injection d'eau borée en cas de brèche du circuit primaire). Ces fissures sont liées à un phénomène de corrosion sous contrainte (CSC) générique atteignant potentiellement plusieurs réacteurs du parc français. EDF procède en et en à l'inspection des circuits RRA et RIS de ses réacteurs potentiellement atteints, c'est-à-dire les plus récents appartenant au palier P4/P'4 et au palier N4.

Le , EDF signale par une information réglementaire la détection d'une fissure en lien avec de la CSC sur la « branche chaude » du circuit d'injection de sécurité (circuit RIS) du réacteur numéro 1 de PenlyContrôles complémentaires de recherche de corrosion sous contrainte, edf, 24 février 2023. Cette fissure d'une longueur de (soit environ le quart de la circonférence de la tuyauterie), et d'une profondeur maximale de (pour une épaisseur de tuyauterie de ), est bien plus importante que les autres micro-fissures en lien avec le phénomène de CSC retrouvé sur le reste du parc (au maximum à Civaux). La particularité de cette soudure est d'avoir été doublement réparée lors de la construction du réacteur. L'incident est classé au niveau 2 sur l'échelle INES...

Le , après complément d'information transmis par EDF le , l'ASN demande à EDF .

Projet Penly 3 (EPR) - 2008 à 2012

Un troisième réacteur de modèle EPR a été en projet à la centrale de Penly.