Le site nucléaire du Tricastin est un site industriel qui regroupe des installations du cycle du combustible nucléaire et une centrale nucléaire. Il est situé en France, dans la basse vallée du Rhône, au cœur de la région historique du Tricastin, sur la rive droite du canal de Donzère-Mondragon (canal de dérivation du Rhône) entre Valence ( en amont) et Avignon ( en aval). Il s'étend sur une surface de , répartie sur quatre communes, Saint-Paul-Trois-Châteaux et Pierrelatte dans la Drôme, Bollène et Lapalud dans le Vaucluse. La centrale nucléaire est l'objet de plusieurs signalements d'incidents et a été placée, en 2017, sous ..
Histoire thumb|Le président Charles de Gaulle en visite des installations de Pierrelatte et de Cadarache, le 23 septembre 1963.
Le nom propre « Tricastin » a pour origine la région historique dans laquelle le site est implanté. Cette région tire son nom d'une tribu celto-ligure ayant vécu sur le secteur : les Tricastini, des peuples de la Gaule narbonnaise qui habitèrent sur le Rhône, et dont la capitale fut nommée Augusta Tricastinorum par Pline et Silius Italicus. Le pays qu'ils habitèrent se nomme aujourd'hui Saint-Paul-Trois-Châteaux.
En 1958, le Général de Gaulle veut doter la France de l’arme atomique, le site du Tricastin est choisi pour accueillir une usine d’enrichissement d’uranium. En 1961, le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) crée le site pour produire de l'uranium très enrichi destiné à la fabrication de bombes atomiques. En 1962 démarre la Société des Usines Chimiques de Pierrelatte (SUCP), qui fabrique l’hexafluorure d'uranium (UF6) pour alimenter les futures Usines de Diffusion Gazeuses (UDG) qui démarrent en 1964Site AREVA du Tricastin, sur hctisn.fr du , consulté le , par la suite gérée par la Comurhex.
À partir des années 1970, le site s'ouvre d'avantage aux activités civiles. La construction des quatre réacteurs à eau pressurisée (REP) débutent en 1974 et 1975, suivis de l'usine Eurodif en 1978.
Dans les années 1980 et les 1990, l'usine FBFC, les ateliers de l'uranium de la Cogema, BCOT ouvrent successivement.
Organisation du site thumb|Le site vu d'avion. Le site accueille la plus importante concentration d'industries nucléaires et chimiques de FranceLe Monde, 17 juillet 2008.. C'est le site nucléaire le plus étendu de France devant l'usine de retraitement de La Hague. Le site regroupe de nombreuses activités liées à la fabrication et l'exploitation du combustible nucléaire. Les premières installations sont entrées en fonctionnement au cours des années 1960 pour enrichir de l'uranium à des fins militaires Georges Besse II : une nouvelle usine et son environnement Dossier d'Areva pour le débat public de construction de l'usine Georges Besse II. , plus de travaillent au Tricastin dans un important réseau d'entreprises. Le site fait partie du pôle de compétitivité Trimatec qui .
Ces entreprises se répartissent en trois sites séparés : le site EDF, le site Orano qui comprend six entreprises du groupe Orano et le site du CEA.
Site d'EDF EDF exploite la centrale nucléaire du Tricastin et la Base chaude opérationnelle du Tricastin (BCOT)
Centrale nucléaire du Tricastin thumb|Les quatre réacteurs de la centrale nucléaire du Tricastin.
La centrale nucléaire du Tricastin a été construite à partir de 1974, puis mise en service en 1980 (T1 & T2) et 1981 (T3 & T4).. Elle comprend quatre réacteurs à eau pressurisée (REP) de chacun, soit une puissance totale de pour la centrale..
Le refroidissement de la centrale est assuré par l'eau du canal de Donzère-Mondragon. Le combustible nucléaire neuf arrive en train, sous forme d'assemblages, fabriqué à la FBFC. Le combustible usé est entreposé en piscine de refroidissement pendant quelques mois, avant d'être expédié en train à l'usine de retraitement de la Hague.
La centrale produit chaque année environ , soit 6 % de la production électrique française. L'usine voisine d'enrichissement Eurodif consommait environ par an, soit environ deux tiers de la production de la centraleNon truvée le 23 mars 2019, sur industrie.gouv.fr. Cette proximité permettait de limiter les pertes dues au transport de l'électricité. Des modifications du procédé d'enrichissement à l'usine d'EURODIF (passage à la centrifugation) ont permis de baisser d'environ 50 fois la consommation d'électricité de cette usine.
Selon un document d'AREVA Georges Besse II - Quand l’enrichissement entre dans une nouvelle ère, sur uarga.org, consulté le 23 mars 2019, p. 4/10, la centrifugation consomme moins d’électricité que la diffusion gazeuse et ne nécessite pas de prélèvement d’eau dans le Rhône. Cela a mené à l'abandon des tours réfrigérantes, avant leur destruction courant 2025..
EDF finance les collectivités locales à hauteur de d'euros par an au titre de la taxe professionnelle de la centrale du Tricastin.
En 2019, le CNPE de Tricastin était la première centrale nucléaire du parc français à subir une quatrième visite décennale pour l'un de ses réacteurs, décisive pour la suite de la vie du site de production. Il était ainsi tête de pont pour le palier .
BCOT
La Base chaude opérationnelle du Tricastin (BCOT) est une installation nucléaire spécialisée dans la maintenance nucléaire. Elle entretient et entrepose des matériels et outillages provenant des circuits et matériels contaminés des réacteurs électronucléaires, à l'exclusion d'éléments combustibles, et notamment les tubes guides, les outillages d'intervention, les matériels voués au démantèlement et les couvercles de cuve..
Site Orano Six entreprises interviennent sur le site Orano (auparavant "Areva", jusqu'en 2018).
Eurodif Production thumb|Les deux tours de réfrigération de l'usine d'enrichissement Eurodif.
Eurodif Production exploitait l'usine d'enrichissement de l'uranium Georges-Besse jusqu'à son démantèlement en 2012 et son remplacement par l'usine Georges-Besse II.
Lors de son activité, l'usine Georges-Besse I était alimentée en uranium (sous la forme d'hexafluorure d'uranium ()) par l'usine Comurhex présente sur le site du Tricastin, et en électricité par la centrale nucléaire du Tricastin. Le combustible nucléaire produit par l'usine d'Eurodif était ensuite envoyé à la FBFC sur le site de Romans-sur-Isère.
L'entreprise employait , sur le site, en 2009..
Cette usine a longtemps été le plus important consommateur d'électricité en France, et le tout premier client d'EDF Avis du 28 avril 1998 du Conseil de la concurrence, sur conseil-concurrence.fr, jusqu'à son démantèlement en 2012.
Orano Chimie Enrichissement (CE)
Orano Chimie Enrichissement exploite une installation nucléaire spécialisée dans le retraitement de matières radioactives issues du cycle du combustible nucléaire : défluoration de l’hexafluorure d'uranium appauvri, dénitration du nitrate d'uranyle, maintenance des conteneurs et démantèlement de certains produits.. Elle assure également des services supports au site Orano du Tricastin.
L'entreprise emploie sur le site en 2009.
Comurhex
Comurhex exploite une installation nucléaire procédant à la transformation de tétrafluorure d'uranium (), en provenance du site de Malvési, en hexafluorure d'uranium (), destiné à être ensuite traité dans l'usine Georges-Besse sur le même site par la société Eurodif Production pour produire de l'uranium enrichi..
L'entreprise emploie sur le site en 2009.
L’usine historique Comurhex de Pierrelatte, construite en 1962 pour réaliser la conversion de l’uranium, a cessé définitivement sa production en . : elle laisse sa place à une nouvelle installation plus moderne, l’usine Comurhex II. Celle-ci entrera en service courant 2018 : elle est encore en test lors de la fermeture de Comurhex I. Orano confirme que « l’ensemble du personnel de Comurhex I sera affecté dès 2018 à la poursuite des essais » de Comurhex IITricastin : arrêt de la production de Comurhex I, La Provence, le 28 décembre 2017..Comurhex II, exploitant une nouvelle technologie d’enrichissement, permettra de réduire la consommation électrique de 96 % et les émissions de gaz à effet de serre de 85 %..
FBFC
Franco-Belge de Fabrication du Combustible (FBFC) exploite une installation industrielle spécialisée dans la fabrication de composants d’assemblages de combustible, des grilles de structure d’assemblages et des grappes de contrôle et de bouchonsUnité de fabrication de combustibles nucléaires FBFC Pierrelatte - source Site ASN.
Les entreprises FBFC et CERCA emploient 135 employés sur le site en 2009.
Socatri La société auxiliaire du Tricastin (SOCATRI) assure la maintenance et le démantèlement de matériels nucléaires, le traitement d’effluents liquides nucléaires et industriels issus de ses activités et de celles des autres industriels du site Orano avant rejet dans le milieu naturel, la gestion et le traitement de déchets nucléaires en vue de leur élimination..
L'entreprise emploie 261 employés sur le site en 2009.
SET
La Société d’Enrichissement du Tricastin (SET) exploite l’usine d'enrichissement d'uranium par centrifugation Georges Besse II., qui remplace depuis 2012 l'ancienne usine Georges-Besse.
Cette usine est constituée de deux unités, Sud et Nord, séparées physiquement sur le site, qui ont été mises en service progressivement, grâce à leur conception modulaire.
En , la nouvelle usine atteint une production suffisante pour permettre le passage de relais avec l'usine Eurodif/Georges-Besse.. L’ancienne usine (Georges-Besse I) est donc fermée. Son démantèlement s’étendra sur une quinzaine d’années.
En 2016, Georges-Besse II atteint sa pleine capacité, avec 7,5 MUTS (millions d'UTS)Enrichissement : atteinte de la pleine capacité de l’usine Georges Besse II, Euronext, CP du 18 janvier 2017..
L'entreprise emploie 141 employés sur le site en 2009.
Site du CEA
Historiquement premier institut à s'installer sur le site du Tricastin, le CEA exploite l'usine d'enrichissement militaire du CEA en 1964. En 1969, un partenariat entre le CEA et Technetics group aboutit à la création d'un laboratoire à Pierrelatte..
À la suite de la fermeture de l'usine militaire en 1996, le CEA a conservé un pôle de recherche civile à Pierrelatte. Les laboratoires du site de Pierrelatte dépendent du CEA Valrho (ou CEA Marcoule).
Information et concertation du public Trois instances d'information et de concertation du public relatives au site nucléaire du Tricastin coexistent. : la Commission Locale d’Information auprès des Grands Équipements Énergétiques du Tricastin (CLIGEET), qui suit l’activité des installations nucléaires de base. Elle est présidée par le Président du Conseil général de la Drôme ; la Commission d’Information Orano Cycle, qui suit l’activité de l’installation nucléaire de base secrète. Il s’agit d’une installation nucléaire dont les activités appellent une protection particulière au titre de la défense nationale. Elle est présidée par le Préfet de la Drôme ; le Comité local d'information et de concertation (CLIC), qui suit l’activité des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE), comme COMURHEX. Il est présidé par le Préfet de la Drôme.
"Quand la centrale irradie... au quotidien", le Ravi, juin 2011..
Sûreté nucléaire Tricastin est la centrale nucléaire qui a fait l'objet de plus de signalements depuis sa mise en service en 1980. "L'ASN en dénombre 264, dont sept incidents de niveau 2 sur l'échelle internationale des événements nucléaires INES".